Qu’est-ce que la dévotion selon le vénérable Saint François de Sales ?

Saint François de Sales, nous enseigne, à travers « la vie dévote », ce qu’est la dévotion et une vie pieuse. Son ouvrage, rédigé en 1609, est un trésor spirituel. La plupart de nos contemporains ignorent tout de la spiritualité. Ils préfèrent se perdre dans les méandres du matérialisme, en désacralisant à chaque instant de leur vie ce qui aurait pu leur apporter le véritable bonheur. Lisons un extrait de « la vie dévote ».

« Celui-là tient toujours sa bourse ouverte aux pauvres, mais il a le coeur toujours fermé à l’amour de son prochain, à qui il ne veut pas pardonner. Celui-ci pardonne de bon coeur à ses ennemis; mais payer ses créanciers, c’est ce qu’il ne fait jamais, s’il n’y est contraint. Toutes ces personnes passent pour fortes dévotes, et ne le sont pourtant nullement. Les officiers de Saül étant allés chez David avec ordre de l’arrêter, Michol, son épouse, mit une statue dans son lit, la couvrit des habits de David, et leur fit accroire que c’était David lui-même qui était malade et qui dormait. Voilà l’erreur de beaucoup de personnes qui se couvrent de certaines pratiques extérieurs de dévotions, et que l’on prend pour très-spirituelles et très-dévotes; mais, au fond ce ne sont que des statues et des fantômes de dévotion.

La vraie et solide dévotion, Philothée, présuppose l’amour de Dieu; ou plutôt elle n’est autre chose qu’un vrai amour de Dieu, cet amour qui s’appelle grâce, parce qu’il embellit notre âme et nous rend agréables à la divine Majesté; qui s’appelle charité, parce qu’il nous donne la force de faire le bien, et qu’il s’appelle dévotion quand, parvenu jusqu’à sa perfection, il nous fait opérer le bien avec soin, avec promptitude et fréquemment. J’explique ceci par une comparaison fort simple et bien naturelle : les autruches ont des ailes, et ne volent jamais : les poules volent, mais pesamment, rarement et fort bas ; les aigles, les colombes et les hirondelles ont le vol rapide, élevé et presque continuel. Ainsi les pécheurs ne volent point en Dieu, mais rampent toujours sur la terre; les justes qui sont encore imparfaits volent en Dieu par leurs bonnes actions, mais rarement, lentement et pesamment ; il n’y a que les âmes solidement dévotes qui s’élèvent en Dieu d’un vol rapide, élevé et presque continuel. En un mot, la dévotion n’est autre chose qu’une certaine agilité et vivacité spirituelle, par laquelle ou la charité agit en nous, ou nous agissons par elle promptement et avec affection. …/…

Celui qui n’observe pas tous les commandements de Dieu n’est ni juste ni dévot ; car pour être juste il faut avoir la charité, et pour être dévot il faut avoir, outre la charité, un grand zèle et une grande promptitude à faire des actions charitables. »

la_vie_devote_saint_francois_de_sales_1609

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