Les temps nouveaux

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On dit souvent que les anciens appelaient cela le progrès ou le modernisme. Je me réveille chaque matin dans une parfaite solitude. De la fenêtre, je vois le temps qui court à sa perte. Je sens la froideur humaine. Les hommes sont devenus aussi cruels que des reptiles. C’est dans un lointain passé que leur cœur a pris la fuite. Lui qui connaissait l’histoire de l’humanité ne pouvait se résigner à subir l’horreur des temps nouveaux. Ce cœur libre, comme l’est la colombe, n’existe plus que dans nos rêves les plus beaux.

Heureux oiseau, noble créature, tu es maintenant loin de cette horreur funeste pendant que je suis dans l’obligation de regarder, d’un œil éteint, ce monde idolâtre. Partout où je donne la tête, ce n’est que futilité et raideur.

J’avance sans regarder mes pieds et j’ai pourtant la tête basse pour ne pas voir l’impensable. Je souffre en silence. J’ai l’impression d’être enfermée dans une cage d’acier pendant que je marche dans cette foule de zombis illusionnés par la réalité augmentée et par leurs prothèses cybernétiques. Je passe sous une voûte pendant que des images de l’océan y sont diffusées. Ces poissons n’existent plus que dans ces scènes de synthèse.

Je sors du tunnel, la lumière revient. J’observe, pétrifiée d’horreur, le spectacle tridimensionnel se déroulant au-dessus de ma tête. Le spot publicitaire holographique vomit la promotion de produits à la fois futiles et grotesques. Les rues de ce siècle sont propres mais j’ai pourtant l’impression de marcher dans un bidonville rempli de détritus et de déchets toxiques.

L’horreur frappe seulement ceux qui subissent de plein fouet leur peine quotidienne. L’implant oculaire de réalité virtuelle a remplacé les chaînes des captifs d’autrefois. Maintenant, les citadins ne marchent plus avec les pieds entravés : c’est leur tête qui est faite prisonnière pendant que leur corps est libre de ses mouvements.

C’est exactement l’inverse des esclaves au temps de l’empire romain. La fausse liberté contemporaine me donne la nausée. Mes yeux se posent sur l’hologramme d’un individu mi-homme mi-femme qui est outrageusement vêtu. Ce spectre danse éternellement dans les rues de cette ville abasourdie par une technologie dénuée de sens.

Je vais rendre l’âme si je ne me reprends pas immédiatement. Je suis née dans un vingt-deuxième siècle sordide et répugnant qui a toutes les apparences de la perfection. On y mange et on y dort sans contraintes apparentes. Nos cerveaux connectés à cette intelligence artificielle doivent chanter les louanges de ces nouveaux dieux païens, sous peine d’être condamnés à mort par crémation instantanée. Des personnages habillés en combinaisons dorées répètent inlassablement les mêmes sermons sur la beauté de la technologie. Ils vantent les mérites des corps hybrides, ces cyborgs qui, pendant les spectacles nocturnes, se mélangent impudiquement dans d’immondes râles bestiaux.

La technologie a tué la beauté chez l’être humain. Nos cerveaux se délectent d’étranges substances synthétiques produites par ces puces implantées dans nos têtes. La morale est désormais inconnue. J’ai eu la chance de pouvoir lire en secret les magnifiques livres interdits de nos ancêtres qui racontaient l’histoire d’un Dieu trinitaire parfait. De nos jours, il faut obéir à la réalité virtuelle, sans se poser de question. Le soir venu, nous devons danser, vêtus d’une tenue transparente, devant nos maîtres assoiffés de perversités. Nous sommes leurs jouets. Je suis une martyre des temps nouveaux.

Ces dominants, descendants de ce que l’on appelait autrefois les « dirigeants de multinationales », se régalent de la perfection de nos corps cybernétiques soumis à leur imagination dépravée. Pendant que ces sadiques nous chevauchent sans compassion, je me souviens de ces lectures fabuleuses afin d’oublier ma souffrance morale. J’aurai préféré vivre enchaînée, comme une esclave dans la Rome Antique, pour que mon esprit puisse vagabonder librement.

Je sais maintenant que l’enfer se trouve ici, dans cet empire technologique gouverné par la compagnie HappySlave. Nos maîtres dominent le monde de leur impudeur inhumaine. Je me demande souvent pourquoi nos aïeux n’ont jamais rien tenté pendant qu’ils le pouvaient encore. Aujourd’hui, tout ce que nous pouvons faire, c’est prier pour le salut de nos âmes…

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Le maître de cérémonie

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L’homme qui était en face de moi portait un costume impeccable. Son élégante cravate, parfaitement centrée sur la chemise de grande qualité, ainsi que sa coiffure lui donnaient un aspect soigné. Pas un cheveu ne dépassait d’un côté ou de l’autre. Sa peau semblait ne pas connaître les turpitudes du rasoir, puisque tout y était lisse. Un parfum délicat formait une espèce d’aura, autour de lui. La montre de grande marque rivée à son poignet finissait de l’embellir. Une bague en or faisait l’effet de la cerise sur le gâteau. Cet homme était assurément redoutable, de par sa puissance financière.

De ce que j’en avais appris, il pouvait faire la pluie et le beau temps simplement en claquant des doigts. Sa colossale fortune ainsi que son aspect grandiose l’élevait au-dessus du lot de l’humanité. J’avais le sentiment que son argent lui aurait permis de s’asseoir sur un trône à la fois majestueux et étincelant.

Il me salua brièvement de l’index de la main droite avant d’entamer la conversation. Ses propos étaient parfaitement cohérents. Sa voix sensuelle, tout en étant grave, me rassurait. Cet homme était à la tête d’un véritable empire. Il rayonnait dans la splendeur, celle qu’il s’était érigée par et pour lui-même. Au premier abord, la haute estime qu’il se portait n’entachait nullement son élégance.

L’espace d’un instant, je ressentis un malaise sous-jacent, avant de penser que cet homme-là pouvait incarner la beauté cruelle. Je voyais défiler, d’un côté ou de l’autre, des millions de dollars au rythme de son souffle. Il ôtait le pain de la bouche des miséreux qui se trouvaient écrasés par le poids du chômage, impuissants qu’ils étaient, après avoir découvert que le président de leur usine souhaitait faire fructifier ses bénéfices dans un pays offrant une main d’œuvre beaucoup plus soumise, docile et surtout moins payée. Il me paraissait maintenant évident que la faim dans le monde ne concernait nullement cet homme, la puissance et la gloire étant ses deux véritables et uniques joyaux. Ce faux roi était l’esclave des tourments qu’il faisait s’abattre sur le monde. Il conservait, malgré cela, un délicat sourire posé sur des lèvres parfaites.

Un malaise plus profond me serra les entrailles. Pendant que je me frottai les yeux pour ne pas défaillir, j’avais l’intuition que j’allais percevoir cet individu sous son vrai jour. Ceci me semblait incohérent avant qu’une illumination soudaine ne me fasse comprendre que j’allais bientôt voir apparaître le siège du cœur, c’est-à-dire l’âme, de cet épouvantail. Je sentis une odeur de putréfaction qui me souleva l’estomac. Une toux sévère s’empara de moi, cela m’obligea à ouvrir les yeux pour découvrir un affreux spectacle. Les murs de la pièce étaient désormais noirs comme le charbon. Les baies vitrées du bureau s’opacifièrent pour se transformer en d’affreuses pierres de couleur sombre. La lumière du jour céda la place à une faible luminosité. Quelques bougeoirs éclairaient désormais la pièce. Je vis alors une forme grossière trôner sur un siège de bois chancelant. Des mouches volaient autour de la funeste ombre dans un bruit infernal. Je dus reculer d’un pas vacillant avant de me reprendre.

J’avançai alors intrépidement en direction de l’étrange forme. Je vis dans la pénombre un être nauséabond au ventre proéminent. Son visage outrageusement boursouflé m’horrifia. Ses lèvres grossières dévoilèrent des dents pourries ou tout au mieux noircies par le restant d’une grave maladie. Sa main droite couverte de moisissures se posa sur une joue infestée de poils rêches et parsemée d’un liquide visqueux ressemblant à de la chair en putréfaction. Les paupières gonflées de la bête étaient surmontées de sourcils noirs broussailleux et difformes. À la vision de la peau de ce monstre, corrompue et noirâtre comme un tapis d’excréments bovins, je crus défaillir. Sa tunique en toile de jute me fit penser à un sac de pommes de terre éventré.

La chose souleva un coin de la bouche, ce que je t’interprétai comme un affreux rictus. Une langue gonflée et noirâtre jaillit de cet orifice difforme. Une bruyante éructation diffusa une odeur pestilentielle dans la pièce. Après le méfait, le monstre se mit à rire d’une voix rauque pendant que son ventre se soulevait à la manière d’une gélatine dégoulinante. Saisi d’une peur mortelle, je fermai de nouveau les yeux pour ne pas m’évanouir.

Je savais maintenant que j’avais vu l’âme de cet individu classieux. J’avais-là, devant moi, la flagrante horreur de son être. Je compris soudainement que sa véritable personnalité, pestilentielle et grossière, était cachée derrière un masque d’élégance et de politesse. Sa lourdeur intérieure, aussi imposante que la somme des richesses accumulées le long de sa glorieuse vie, me sauta spontanément aux yeux. La beauté superficielle de cet être se révélait être le pire des cauchemars pour ceux qui devaient supporter la monstruosité de ce caractère. Je ne souhaitais plus percevoir cette chose répugnante. J’éprouvais finalement de la honte pour cet être abject. Je pris conscience de la joie d’être né de parents pauvres, parce que c’était-là une grande richesse.

Je pardonnai intérieurement cet homme horrifiant avant de rouvrir les yeux. Je vis de nouveau l’homme impérial, le maître de cérémonie, celui qui m’avait froidement accueilli dans son immense bureau après m’avoir fait patienter de longues années. Je devais signer ce jour le contrat qui allait définitivement transformer ma vie de jeune entrepreneur. Je lançai soudainement le plus beau des sourires à cet homme. Je balançai le bras dans sa direction en ricanant nerveusement avant de me lever de cette chaise trop usante pour les reins. Je marchai en direction de la porte sans me retourner. J’entendis alors l’homme me dire d’un ton infect que je ne réussirai jamais dans les affaires. Je me retournai pour le regarder quelques instants avant de lui rétorquer « Dieu m’en garde ». J’ouvris la porte et sortis avant de la claquer violemment derrière moi.

Je me retrouvai bientôt sur le pas de l’immeuble à la façade marbrée. Le ciel était bleu, il faisait doux et les oiseaux chantaient. Une vie nouvelle s’ouvrait à moi. Je sortis de ma poche tout le fatras commercial accumulé pendant de longues années avant de le jeter, sans aucune hésitation, dans la première poubelle venue. Je ne voulais surtout pas pourrir de l’intérieur. Je pris conscience de ma liberté. Ce fut le plus beau moment de ma vie.

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Les robots pourront bientôt vous remplacer !

Les robots pourront bientôt remplacer l’homme dans les entreprises. Dès lors, il n’y aura plus besoin de salariés puisque les machines effectueront mieux le travail, et, cela sans être payés. Le coût de production et de maintenance étant plus rentable que le salariat puisque ce dernier est à perte. Il faut donc se rendre à l’évidence : le salaire universel pourrait être un moyen de financer un chômage de masse avant de parquer les récalcitrants ou de les éliminer. L’avortement permet déjà de limiter fortement les naissances humaines, tout comme la dépravation. Bien sûr, il y aura toujours des humains, les kapos, qui collaboreront activement avec leurs ennemis pour se mettre à l’abri de leur extermination.  Cette guerre est insidieuse mais sera bientôt mortelle. Prenons-en conscience avant qu’il ne soit trop tard.

La perversité syncrétique du transhumanisme

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Le transhumanisme est une perversité syncrétique redoutable. Cette doctrine englobe les défauts d’un grand nombre de dystopies. Elle cherche à transformer les lois fondatrices de la civilisation, grâce à l’usage débridé de la technologie. Qu’elles en aient conscience ou non, toutes les mouvances progressistes œuvrent pour l’instauration d’une société esclavagiste. Celle-ci se cache sous de faux-semblants jusqu’à ce qu’elle puisse s’emparer du pouvoir par la ruse.

Voici une liste détaillée des réjouissances que le transhumanisme recèle

– Abolition des codes moraux

Un homme a besoin de codes moraux afin que son comportement ne soit pas une gêne pour autrui. Le transhumanisme s’affranchit de la moralité puisque la technologie se charge de gérer les comportements autorisés et non autorisés. D’autant plus que la violence, les incivilités et le manque de respect fait davantage progresser sa cause. Plus le chaos se développera, plus la demande de contrôle semblera nécessaire à une humanité trompée.

– Abolition des tabous

La copulation bestiale a été abolie afin d’éviter de donner la vie à des enfants difformes. Pourtant, la pédophilie et l’inceste, pour ne citer qu’elles, sont des pratiques épouvantables que l’on doit interdire. Le transhumanisme lève tous les tabous sexuels afin de favoriser son avènement. D’autant plus que le contrôle des natalités et la fin des rapports charnels font partie du programme. Il est indispensable de rappeler que la dégénérescence de l’humanité fournit au transhumanisme une excellente excuse pour mettre en œuvre sa doctrine liberticide.

– Eugénisme et euthanasie

L’eugénisme élimine, en amont, les êtres qui ont des défauts, tandis que l’euthanasie met un terme, en aval, à la vie des êtres épuisés ou contre-productifs. Le transhumanisme considère que l’élimination des êtres inadaptés au travail est un devoir pour le bien de la communauté.

– Totalitarisme technologique

Le transhumanisme donne le pouvoir aux machines grâce à l’intelligence artificielle. L’être humain n’est pas en mesure de résister face au pouvoir oppressif des robots. Le contrôle de la génétique et la production d’organes biotechnologiques permettent de modifier la physionomie et le psychisme d’un individu. Le cerveau d’un cyborg (ou sujet) est relié au Cloud et contrôlé par des programmes autonomes. Les citoyens sont incapables de s’émanciper de la machine, leur cerveau étant asservi à la technologie. Dans un tel système, les pensées des individus sont contrôlées et modifiées afin que leur libre-arbitre ne puisse plus s’exercer.

– Dystopie syncrétique

Les dystopies qui ont actuellement le vent en poupe, que ce soit au cinéma ou dans le monde des jeux vidéos, annoncent la volonté transhumaniste. Pourtant, la plupart des consommateurs ne semblent pas faire le lien entre ce qu’ils regardent et la réalité probable. Le but du transhumanisme est d’asservir l’humanité au pouvoir des multinationales grâce à leur maîtrise de la technologie dans tous les domaines du vivant. Les mauvais penchants de la plupart des dystopies existantes se trouvent au cœur du transhumanisme. Finalement, il s’agit d’une gnose chargée de régir la civilisation. Le tort des consommateurs est de s’évader naïvement dans les dystopies en pensant qu’il s’agit seulement d’inoffensifs films. Cependant, qui est assez stupide pour souhaiter un tel futur ? C’est grâce au manque d’effort intellectuel et au pouvoir d’illusion de la société médiatique que les êtres humains deviennent comparables à un cheptel.

Quelques liens pour réfléchir sur la dystopie

L’utopie, une histoire !

« Avec les univers carcéraux de la Science-Fiction, l’idéal de sociétés justes dans le sein desquels l’humanité vivrait heureuse, s’évanouit pour laisser place à la pure contrainte, au déni de la liberté et aux pires régimes totalitaires d’autant plus aliénants qu’ils ont su donner à leurs peuples le goût de l’esclavage grâce à des systèmes de conditionnement des plus perfectionnés. »

Anti-utopies et dystopies

« Comme l’utopie, l’anti-utopie et la dystopie décrivent une société imaginaire. Mais la forme est le roman et non la description. L’action se déroule dans le futur. Suite à une guerre, une société dirigée par une dictature mondiale est créée. Elle est organisée comme une machine pour durer éternellement. Ce qui importe est qu’elle fonctionne bien, pas qu’elle apporte le bonheur. L’illusion d’être heureux suffit. Souvent, les hommes travaillent beaucoup et n’ont pas conscience d’être opprimés. Le héros tombe amoureux alors que c’est interdit et prend conscience du manque de liberté injustifié, de la perversité du système et devient un opposant. Il n’est pas le seul à souhaiter l’abattre, mais en général, à la fin, il échoue. La surveillance est omniprésente et pour les insoumis les punitions sont dissuasives. Dans l’utopie, l’auteur pense réellement que son modèle de société est bon, même si le lecteur n’a pas cette impression. Dans l’anti-utopie et la dystopie, c’est l’inverse. L’auteur souhaite mettre le lecteur en garde contre la direction que pourrait prendre la société de son époque. Sa vision est pessimiste. »

Quelques dystopies publiées au format papier

– Communisme totalitaire

Le transhumanisme est un communisme totalitaire : c’est d’ailleurs parfaitement illustré dans les films « divergente » et « labyrinthe ». Abolition de la propriété privée pour les sujets, vie communautaire et bourrage de crâne en guise d’éducation sont la base même de cette doctrine syncrétique. Tandis que les quelques « maîtres » humains possèdent les richesses matérielles, des privilèges et une liberté complète. La technologie permet de créer un mur infranchissable entre le monde des sujets et leurs maîtres.

– Le transhumanisme s’oppose au christianisme

Pour simplifier grandement, le christianisme donne des règles de vie équitables permettant d’élever l’âme humaine vers la sagesse divine et la foi en un Dieu d’amour. Les vertus cardinales et théologales sont les piliers du christianisme. L’obéissance au décalogue permet d’harmoniser les rapports humains tout en rappelant l’existence de Dieu. La liberté des fidèles est grande puisque leur obéissance est seulement nécessaire à des lois intelligibles et simples. Le transhumanisme, quant à lui, est à l’exact opposé du christianisme puisque le « maître » se substitue à Dieu, que la propriété privée ainsi que la liberté sont abolies et que la technologie prime sur l’être humain.

– Condition nécessaire à l’instauration du transhumanisme

Une crise économique mondiale permet d’abolir la propriété privée de manière fallacieuse en arrachant le pouvoir financier au peuple. Les multinationales deviennent alors propriétaires de toutes les richesses. La guerre mondiale qui découle de cette crise permet de détruire les nations et les religions. L’ordre totalitaire dit « nouveau » découle de la fin de la civilisation. Ceci dit, la destruction affaiblirait considérablement le pouvoir humain et donnerait un coup fatal à la technologie. L’humanité pourrait être victime d’une illusion orgueilleuse et signer son propre arrêt de mort. Dans tous les cas, le transhumanisme est une dangereuse dystopie qu’il faut absolument refuser en ne cédant pas à la peur.

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COMMENT CROIRE LIBREMENT SOUS LA MENACE DE L’ENFER ?!

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Plusieurs refusent de devenir chrétiens au motif que le choix : « Ou tu M’aimes, ou tu vas en enfer ! » est ridicule. Et il est vrai que posée ainsi, « Ou tu M’aimes, ou tu vas en enfer ! », l’offre du salut chrétien est impossible, car qui va jamais choisir d’aller en enfer ou d’aimer un dieu cruel ?!

Mais cette présentation du salut chrétien est fausse, parce que ni Dieu n’est cruel, ni il n’est question de choisir l’enfer. De toute façon, aller en enfer, nous y allons, que nous le voulions ou non. En effet, en vertu de la Loi de l’Amour, qui a présidé à notre création, et qui nous rend interdépendants les uns des autres, nous sommes solidaires aussi du premier péché, le péché originel, qui, à travers la nature humaine, affecte toute l’humanité. À preuve le mal multiforme et universel qui n’épargne pas même les petits enfants, et nous plonge tous dans la mort, que nous le voulions ou non… C’est pourquoi Jésus a présenté Sa mission comme étant celle du Sauveur, disant : « Je suis venu chercher et sauver ce qui était perdu (Lc 19.10) ». Nous sommes donc tous perdus, nous allons tous en enfer ! Si nous ne nous convertissons pas, si nous ne saisissons pas la main tendue par Jésus, nous allons en enfer ! « Je suis venu chercher et sauver ce qui était perdu (Lc 19.10) » ! La menace de l’enfer n’est donc pas postérieure au choix, mais antérieure. Parce que nous sommes déjà perdus, l’offre du salut chrétien n’est donc pas, comme l’imagine par exemple l’islam : « Si tu ne crois pas en Moi, tu vas en enfer ! », mais « Parce que tu vas en enfer, Je viens te sauver. ». Et pour te sauver, J’ai besoin que tu M’aimes. Car c’est le propre de l’Amour d’unir ceux qui s’aiment, de sorte qu’en M’aimant, tu participeras à ce que Je suis, « la Résurrection et la Vie (Jn 11.25) » ! Mais Je te laisse libre : tu peux choisir de ne pas M’aimer… Mais si tu ne M’aimes pas, qu’aimeras-tu ? Et comment aimer sans aimer l’Amour ? Si tu ne M’aimes pas, Moi qui suis ton Sauveur et ton Dieu, alors non seulement tu finiras en enfer, où tu vas, comme la vie en ce monde t’en donne déjà un avant-goût, pour peu que tu acceptes d’avoir les yeux en face des trous, et ne choisisses pas de t’abrutir par quelque drogue ou distraction, mais encore, tu porteras éternellement la honte et la haine de toi-même pour avoir été la cause de ton propre malheur. Tu te maudiras d’avoir refusé le salut que Je t’offrais gratuitement, au prix de Ma passion, par laquelle J’ai expié tous tes péchés, et fait don de Ma vie, la vie même de Dieu, moi à qui tu devais tout ! Certes, aujourd’hui l’homme est devenu tellement bon et irréprochable que ce n’est plus lui qui doit quelque chose à Dieu, mais Dieu – s’il existe ! (Rm 1.20), qui lui doit le Paradis. Mais Dieu ne nous doit rien. Il nous a tout donné, gratuitement. Et s’Il nous a créés sans nous – et pour cause -, Il ne veut cependant pas nous sauver sans nous. Dieu veut être choisi parce qu’aimé. Et ce choix crucial est si évident que même les petits enfants sont capables de le faire. Seuls les orgueilleux en sont incapables (Lc 10.21).

Le choix de Dieu n’est pas comparable à un autre choix, comme celui entre une glace à la vanille ou une glace au chocolat, entre des réalités comparables. Non, aussi vrai que Dieu est unique et qu’en dehors de Lui rien n’existe ni ne peut exister, ne pas choisir Dieu, c’est nécessairement choisir de tout perdre. Dieu n’est pas une créature, ni une hypothèse, mais Il est aussi réel et indépendant de nous que ce que nous sommes en train de vivre sans l’avoir choisi… La vie n’est pas un jeu, mais un don, qui appelle notre reconnaissance. Et si, après nous avoir tout donné de ce que nous sommes et de ce que nous avons, Dieu veut même pardonner, et mettre le comble à Son amour en Se donnant Lui-même, qui ira le Lui reprocher ? Telle est donc notre raison d’être : transformer le don de cette vie en celui de la vie divine, éternelle et glorieuse. Choisir Dieu, c’est tout gagner, ne pas Le choisir, c’est tout perdre. Quoi de plus juste ?!

L’enfer n’existe donc que parce que l’Amour existe, et que l’Amour ne s’impose pas… A la différence d’Allah qui s’impose par la violence, jusqu’à créer « des hommes pour l’enfer (Coran 6.125 ; 7.179 ; 11.119 ; 33.17 ; 80.17…) », le Dieu chrétien n’a créé personne pour l’enfer, mais tous les hommes pour le Paradis, et c’est aussi la raison pour laquelle, à la différence de toutes les autres créatures terrestres, Dieu nous a créés et nous veut libres, et non pas esclaves, comme le croit l’islam… Vous ne pouvez pas me forcer à vous aimer, et je ne peux pas vous forcer à m’aimer. Il en va de même pour Dieu, qui préfère souffrir de ne pas être aimé ―et jusqu’à la mort de la croix ! ― plutôt que de forcer votre liberté… L’amour suppose la liberté. Celui qui ne comprend pas cela ne connait pas Dieu. Tout vient de l’Amour et tout doit retourner librement à l’Amour. L’enfer n’existe que pour ceux qui ne connaissent pas ou ne veulent pas aimer Dieu, qui est Amour (1 Jn 4.8,16).

Malheureusement, c’est aujourd’hui exactement le contraire de cette bonne nouvelle qui est prêché : Au lieu de dire « Vous allez en enfer ! Convertissez-vous ! », on dit : « Dieu est tellement bon que vous irez certainement tous au Paradis ! ». Jusque dans la Maison de Dieu les perspectives sont radicalement inversées par ce faux Évangile, si insipide que le péché n’a plus besoin d’être haï ni réparé. Désormais plus rien n’est grave, ni l’impiété, ni la fornication, ni le divorce, ni le mensonge, ni le vol, ni l’avortement, rien, et il n’est même plus nécessaire de vouloir convertir autrui à la foi catholique, puisque de toute façon, tout le monde sera sauvé… Même de Judas on ne dit plus aujourd’hui qu’il est damné…

Ce n’est pas sans raison que la Vierge Marie est apparue au début du siècle passé, en pleine guerre mondiale, et alors que s’achevait le génocide des Arméniens par les Turcs, en un lieu appelé « Fatima », pour y montrer l’enfer, « où les âmes tombent comme des flocons de neige en hiver, parce qu’il n’y a personne qui prie et se sacrifie pour elles », mais c’était certainement parce qu’Elle savait que le rappel de ce dogme allait non seulement nous être nécessaire, à nous qui sommes aujourd’hui damnés par ce faux-Évangile (Ga 1.8-9), mais encore aussi aux musulmans, qui craignent si justement, eux, d’aller en enfer, afin qu’ils sachent que les chrétiens, du moins les vrais, les enfants de Marie, croient eux-aussi à l’enfer, même si ce n’est pas le même qu’en islam !

Dans Son infinie patience et miséricorde, Dieu nous supporte encore, dans l’espoir de notre conversion et de notre salut. Mais pour combien de temps ? C’est maintenant le temps de la miséricorde (2 Co 6.2) ! C’est maintenant le temps où nous pouvons mériter notre salut en faisant nous-mêmes miséricorde à autrui (Jn 13.34 ; 1 Jn 4.20-21). Lorsque le temps sera fini, il ne sera plus possible de faire quoi que ce soit. Ce jour-là, Celui qui aujourd’hui est le doux Sauveur sera le Juste Juge, qui rendra à chacun selon ses œuvres (Mt 13.37-50 ; 24.36-51 ; 25.1-46 ; Rm 14.10 ; Ap 2.23, 14.13, 20.12,13)… Ce jour-là, ceux qui auront pleuré leurs péchés et ceux d’autrui, riront, les affamés de la justice seront rassasiés, les persécutés exulteront, les cœurs purs verront Dieu, les doux seront couronnés, les miséricordieux glorifiés, tandis que les indifférents et les suffisants, dans des tourments éternels, manqueront de tout et pour toujours. Ô Jour du Jugement dernier qui rend supportable la vie d’ici-bas, mais jour ô combien redoutable !

Puissions-nous choisir d’aimer Dieu, qui est si aimable, tant qu’il est encore temps !

Source : Abbé Guy Pagès