L’abomination de l’antéchrist

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L’empire de l’Antéchrist deviendra universel.

« Et la puissance fut donnée à la Bête sur toute tribu, sur tout peuple, sur toute langue, sur toute nation ». (Apoc., XIII, 7)

Cette accumulation d’expressions ne laisse aucun doute sur l’universalité de l’empire de l’Antéchrist. Il deviendra, soit par lui-même, soit par ses lieutenants, maître du monde. Ce sera alors la catholicité de l’anti-christianisme en face de la catholicité de l’Église. De même que Notre-Seigneur a mérité de racheter par Son sang l’humanité tout entière (Apoc., V, 19), ainsi l’Antéchrist, par une rage d’opposition et par une permission divine, étendra, pour un temps, son joug de fer et d’impiété sur toute tribu, sur tout peuple, sur toute langue et toute nation. Les découvertes modernes, qui abrègent le temps et font disparaître les distances, montrent que l’homme de péché ne manquera pas de moyens pour arriver à cette domination. À la facilité des communications, il joindra à son service la puissance dite scientifique, avec tout ce qu’on y mêle d’anti-rationnel et d’anti-chrétien. Centralisant aussi les forces de l’esprit révolutionnaire, il entraînera les foules qui ne sont que trop souvent prêtes à aller au devant de toutes les servitudes. Avec l’appui qu’il trouvera dans les sociétés anti-chrétiennes, cet ennemi de Jésus-Christ pourra former en peu de temps un empire gigantesque. C’est alors que se réaliseront dans leur entière plénitude ces expressions de l’épître aux Thessaloniciens : Revelabitur ille iniquus, cet impie se manifestera ; il sera en évidence, sa puissance éclatant d’une façon mondiale.

L’Antéchrist fera une guerre acharnée à Dieu et à l’Église.

« Il proférera des paroles contre le Très-Haut, il opprimera les saints du Très-Haut, et il pensera qu’il pourra changer les temps et les lois ». (Dan., VII, 27)

« Et elle (la bête) ouvrit la bouche pour blasphémer contre Dieu, pour blasphémer Son Nom, et Son tabernacle, et ceux qui habitent dans le ciel. Et il lui fut donné le pouvoir de faire la guerre aux saints, et de les vaincre ». (Apoc., XIII, 6, 7)

Lorsqu’on interroge la Tradition et qu’on lui demande de quelle manière s’exercera, d’après ces textes, la persécution de l’Antéchrist, saint Augustin se lève et répond : « La première persécution (celle des Césars) a été violente pour forcer les chrétiens de sacrifier aux idoles, on les proscrivait, on les tourmentait, on les égorgeait. La seconde est insidieuse et hypocrite ; elle existe actuellement : les hérétiques et les faux frères en sont les auteurs. Il en viendra plus tard une autre, plus dangereuse que les précédentes ; car elle joindra la séduction à la violence, c’est la persécution de l’Antéchrist » (S. Aug. Enarrat in Psalm., IX, n°27).

Tout d’abord, sa haine se tournera contre Dieu Lui-même : « Et la Bête ouvrit la bouche pour blasphémer contre Dieu, pour blasphémer Son Nom, et Son tabernacle et ceux qui habitent dans le ciel ». Défense de rendre à Dieu le moindre culte, défense d’en prononcer le Nom, défense de communiquer avec l’Église, Son vivant tabernacle, défense d’honorer les saints du ciel. Mais, par contre, liberté du blasphème contre Dieu, liberté du blasphème contre Son Nom, liberté du blasphème contre l’Église, liberté du blasphème contre les saints du ciel ! Mais, parmi tous ces blasphèmes, ceux proférés par l’Antéchrist, provoqueront un enthousiasme indescriptible. D’un bout du monde à l’autre, on les colportera, on les répétera ! « Qui est semblable à la Bête » !

Tel sera le cri de triomphe, d’impiété et d’orgie qui ébranlera les airs ! Cri sauvage constituant le plus grand blasphème dont les hommes se seront rendus coupables, puisqu’il supposera que tout ce qui existe et qui vient de Dieu sera inférieur à la Bête, porte-parole de Lucifer.

Et, à côté de ces attentats contre Dieu, oppression de l’Église, oppression de tous ceux qui voudront demeurer fidèles au Christ. Contre eux toutes sortes de mesures iniques. En voici quelques-unes :

  • Proscription de tout enseignement chrétien.
  • Plus de neutralité, mais proscription !
  • Défense absolue d’enseigner les vérités chrétiennes et, par conséquent, suppression des écoles, fermeture des églises, interdit de la prédication.

Exclusion même d’un enseignement quelconque. Déjà, sous Julien l’Apostat, il s’est fait un essai de cette inique mesure. « Alors, rapporte saint Grégoire de Nazianze, on dépouilla les églises, et leurs richesses furent transportées dans les temples des idoles qu’on réparait aux frais des chrétiens. Alors on ferma les écoles, et défense fut faite aux chrétiens d’enseigner la grammaire, la rhétorique, la médecine et les arts libéraux. Convient-il, disait en ricanant l’empereur Julien, que les adorateurs du vrai Dieu cultivent les muses et la littérature païenne, eux qui estiment nos divinités infâmes et notre science impie » (Greg. Naz., Oratio 1 in Julianum).

Autre mesure inique :

  • Lacération, et destruction des Livres Saints

On fera plus que de proscrire les ouvrages où se rencontre le nom de Dieu, ainsi qu’on le pratique déjà ; on poursuivra sur tous les Livres Saints, pour les lacérer et les détruire. Ainsi en fut-il, aux temps passés, durant la dure persécution d’Antiochus Épiphane, pronostic, au témoignage de saint Jérôme, de celle de l’Antéchrist.

On vit alors, ainsi que le rapporte le premier livre des Machabées, toute une armée de fonctionnaires et de sbires occupés à envahir les maisons, à en fouiller les recoins. « On jetait au feu les livres de la Loi de Dieu, après les avoir déchirés. Et ceux chez qui l’on trouvait les livres de l’alliance du seigneur, étaient mis à mort selon l’édit du roi » (I Mach, I, 59, 60). Alors aussi, d’après un autre passage du même livre, des troupes d’Hébreux fidèles abandonnèrent Jérusalem, pour se réfugier dans les montagnes, au plus profond des cavernes.

Les infortunés ! Ils avaient, pour sauver leur vie, tout quitté, sauf quelques feuillets de ces livres, disputés à la flamme, et empourprés du sang des martyrs. Mourants de faim et de froid, mais pressés autour de ces feuillets, ils les lisaient, pour relever leur âme, à la lueur vacillante de torches moins pâles que leurs visages. Mais il arriva que ces cavernes de Judée s’illuminèrent, comme plus tard les catacombes romaines, de telles flammes divines et de tels transports, que, bien des années après la persécution, Jonathas Machabe, l’un des survivants de ces luttes héroïques, pouvait répondre aux Spartiates, qui lui avaient proposé une alliance : Nous n’avons nul besoin de consolations humaines ; notre consolation ce sont les Livres Saints qui se trouvent entre nos mains.

Encore une mesure inique : Enseignement obligatoire et universel de l’erreur. Il y en a comme une préparation dans les écoles sans Dieu, ou plutôt contre Dieu. Généralisées au temps de l’Antéchrist, elles poseront leur main de fer, pour les plier à l’apostasie, non seulement sur les jeunes gens et les jeunes filles, mais encore sur des enfants incapables de se défendre, au mépris des protestations des pères et des larmes de leurs mères !

Sous l’étreinte oppressive de ces mesures iniques et d’autres encore, verrait-on s’accomplir la lettre l’une des paroles les plus formidables de la Sainte écriture : La vérité sera renversée à terre, Prosternetur veritas in terra ? (Daniel, VIII, 12)

Dans la longue suite des tentatives de l’homme depuis l’origine des siècles, on a bien vu la vérité diminuée, bafouée, défiguré, mais renversée à terre, jamais ! Le serait-elle au temps de l’Antéchrist ? Qu’on se garde bien de le croire ! Si le prophète Daniel s’est servi de cette expression, ç’a été pour peindre d’une manière énergique tout ce qu’il y aurait de fureur dans la persécution d’Antiochus, et tout ce qu’il y aura de fureur dans celle de l’Antéchrist. Il emploie le même langage, lorsque, parlant des épreuves auxquelles les chrétiens fidèles seront en butte, il annonce que ; « la corne fera la guerre aux saints et l’emportera sur eux » (Dan., VII, 21). Oui, assauts contre les chrétiens, assauts contre la vérité chrétienne !

Mais tandis que les saints, assaillis et meurtris dans leur corps, tiendront tête dans l’indépendance et la fermeté de leur âme, la vérité chrétienne, mieux enracinée au sein de l’Église que ne le sont les montagnes dans les entrailles de la terre, verra se briser tous ces assauts ; et les arrière-descendants de nos contemporains rediront comme nous, chaque dimanche, à l’heure du chant des vêpres, ce verset des psaumes, qui proclame d’avance l’issue de toutes les batailles de Dieu : « Veritas Domini manet in æternum, la vérité du Seigneur demeure éternellement » (Ps. CXVI, 2).

Mais, parmi les textes qui annoncent la guerre incessante que l’Antéchrist fera à Dieu et à l’Église, il en est un qu’il importe de ne pas laisser sans explication : « Et il pensera, dit Daniel, qu’il pourra changer les temps et les lois ». Que faut-il entendre par cette annonce ? Elle apprend que l’Antéchrist s’arrogera une puissance surhumaine, car il n’appartient qu’à Dieu, le souverain législateur, de régler et de changer les temps.

L’homme de péché voudra renverser toutes les institutions les plus sacrées, tous les fondements de la religion et de la société. Il y a déjà eu comme un essai de la part de ses précurseurs. Mahomet a changé les jours de fêtes et la Loi en publiant le Coran. De même, aux jours néfastes de la tyrannie jacobine, en 1792, le culte catholique fut interdit en France, et le compte du temps modifié par l’introduction d’un nouveau calendrier. Aux saints de chaque jour, dont les noms furent effacés, on fit succéder des légumes, des animaux, la carotte et même le porc… Mais à quoi bon rappeler le passé ? Le présent n’est-il pas suffisamment instructif et menaçant ? N’est-ce pas au sein du Parlement d’une grande nation européenne qu’on a osé proposer naguère l’amendement suivant, afin qu’il fût érigé en loi : « Les quatre fêtes dites concordataires établies sous un vocable religieux s’appelleront à partir de la promulgation de la présente loi : celle de l’Ascension, fête des Fleurs ; celle de l’Assomption, fête des Moissons ; celle de la Toussaint, fête du Souvenir ; celle de Noël ou de la Nativité, fête de la Famille ». Le motif allégué par l’auteur de l’amendement n’était autre que celui-ci : « Le christianisme a fait disparaître toutes les fêtes de l’antiquité… Les fêtes païennes avaient au moins un mérite, c’était d’idéaliser la vie, de l’exalter, de la célébrer. Le christianisme a voulu mettre toujours entre l’homme et la nature son Dieu ». C’est par 356 voix contre 195 que l’amendement proposé a été repoussé. S’il est repris au temps de l’homme néfaste, qui pensera qu’il pourra changer les temps et les lois, il obtiendra une majorité.

Mais voici l’abomination des abominations : L’Antéchrist se fera lui-même passer pour Dieu, il voudra être adoré lui seul !!

Pour lire le texte complet : http://www.a-c-r-f.com/documents/Abbe_Augustin_LEMANN-Antechrist.pdf

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