Y a-t-il quelqu’un pour sauver la France ?

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Un terrible brouhaha régnait dans la cour de l’immeuble. La foule, agacée et meurtrie, s’excitait durablement. Au-dehors, le chaos régnait. Une insurrection terrible opposait diverses communautés dans un désordre destructeur. La France subissait de plein fouet les conséquences de lois aussi iniques que stupides. La défaillance gouvernementale était désormais une réalité. Le quinquennat d’un certain François avait fait sombrer la nation dans la guerre civile. 2017 était une année tragique.

Soudainement, la porte s’ouvrit. Un homme vêtu de blanc pénétra dans la cour. Il marchait d’un pas étrange, presque flottant. Il semblait glisser majestueusement sur le sol. Il avança devant la foule agitée et dit d’une voix aussi douce que confiante : « Y a-t-il quelqu’un pour sauver la France ? »

Un homme l’ayant entendu fit taire les autres : « Cessez de parler ! Écoutez-le ! ». Les gens, stupéfaits, se turent. Le brouhaha fit place à un silence gêné. L’individu au visage franc demanda de nouveau, d’une même voix : « Y a-t-il quelqu’un pour sauver la France ? ». Estomaqués, certains hommes regardaient le sol comme s’ils n’avaient rien entendu. Des raclements de gorge remplaçaient les réponses franches.

Soudainement, une petite voix s’éleva : « Moi ! ». Des cris d’étonnement retentirent. Quelques personnes se déplacèrent pour laisser passer l’individu à la voix aiguë. Un enfant sortit de l’attroupement pour rejoindre l’homme vêtu de blanc. Il lui tendit un ours en peluche avant de dire : « Monsieur, je veux bien sauver la France. Donnez-lui mon doudou. » Quelques rires gênés s’élevèrent.

L’homme de tête leva le bras d’un geste autoritaire en maintenant un sourire sur son beau visage : « Merci mon enfant. Tu es généreux. Y a-t-il quelqu’un d’autre pour sauver la France ? » lança-t-il en contemplant un à un les individus.

Une vieille femme sortit péniblement de la foule, appuyée sur une canne. Elle rejoignit l’homme pour lui dire d’une voix tremblante : « Monsieur, je suis prête à soigner les malades et les infirmes. » Le silence se fit encore plus rude. Les regards fuyaient davantage devant le courage de cette noble dame.

L’homme qui ressemblait à un prince glorieux répondit : « Madame, votre aide sera précieuse. Peu nombreux sont ceux qui avancent sur l’étroit chemin. Y a-t-il encore quelqu’un pour sauver la France ? »

Un homme leva le doigt avant de s’avancer. Ses vêtements usés et sa longue barbe rappelaient qu’il était mendiant. Il marcha en boitant jusqu’à l’étrange individu avant de lancer d’une voix grave en brandissant une vieille gourde métallique : « Je partagerai ce qui me reste de pain ainsi que mon vieux manteau troué. Si quelqu’un a soif je lui donnerai de cette eau. »

L’homme en blanc, qui semblait quadragénaire, sourit avant de lui répondre d’une voix suave : « Monsieur, votre cœur est pur. Ce n’est pas la force armée qui sauvera la France, mais, c’est l’esprit de charité. Noble peuple français, vous n’avez pas su conserver Mes paroles. Vous vous êtes mortellement assoupis dans vos rêves de confort solitaire en laissant le mal ronger la nation. Vos véhicules de métal réunis ne valent pas un seul cheval : que ferez-vous lorsque le pétrole cessera d’alimenter vos pompes à essence ? Allez-vous vous ruer les uns sur les autres, comme des sauvages, afin de vous emparer du carburant qui vous fait défaut ? Viderez-vous les étalages de sucre, d’huile et de pommes de terre en vous terrant dans vos appartements respectifs ? En vérité, je vous le dis, le manque de charité a fait de vous des êtres aigris livrés au chaos. Un enfant, une vieille femme et un mendiant sont plus courageux que tous les hommes réunis à cet instant même. Souvenez-vous que c’est l’esprit de charité qui a sauvé votre pays dans le passé. Rendez-vous compte du pouvoir hypnotique de la technologie sur vos esprits désemparés. Vous êtes livrés au loup comme des brebis parce que vous n’avez pas su garder le bon berger à la porte du bercail. La France doit périr jusqu’à ce qu’elle comprenne la nature même de son péché d’orgueil. Mon Père vous contemple en ce moment même d’un regard miséricordieux. À vous de vous souvenir de Mes enseignements : mon joug est facile à porter et mon fardeau est léger. »

Des cris de protestation s’élevèrent soudainement. Les hommes lancèrent en chœur : « Qui êtes-vous pour jouer le redresseur de torts ?!!! Vous n’avez qu’à sauver la France puisque vous y tenez tant ! ». Devant eux, se tenaient l’enfant, la dame âgée et le mendiant. Un linceul blanc reposait sur le sol de la cour : l’individu avait disparu. Une agréable odeur de fleurs flottait encore dans l’air pollué… FIN.

 

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