Les temps nouveaux

les_temps_nouveaux_enfer_sur_terre_realite_virtuelle_technologie

On dit souvent que les anciens appelaient cela le progrès ou le modernisme. Je me réveille chaque matin dans une parfaite solitude. De la fenêtre, je vois le temps qui court à sa perte. Je sens la froideur humaine. Les hommes sont devenus aussi cruels que des reptiles. C’est dans un lointain passé que leur cœur a pris la fuite. Lui qui connaissait l’histoire de l’humanité ne pouvait se résigner à subir l’horreur des temps nouveaux. Ce cœur libre, comme l’est la colombe, n’existe plus que dans nos rêves les plus beaux.

Heureux oiseau, noble créature, tu es maintenant loin de cette horreur funeste pendant que je suis dans l’obligation de regarder, d’un œil éteint, ce monde idolâtre. Partout où je donne la tête, ce n’est que futilité et raideur.

J’avance sans regarder mes pieds et j’ai pourtant la tête basse pour ne pas voir l’impensable. Je souffre en silence. J’ai l’impression d’être enfermée dans une cage d’acier pendant que je marche dans cette foule de zombis illusionnés par la réalité augmentée et par leurs prothèses cybernétiques. Je passe sous une voûte pendant que des images de l’océan y sont diffusées. Ces poissons n’existent plus que dans ces scènes de synthèse.

Je sors du tunnel, la lumière revient. J’observe, pétrifiée d’horreur, le spectacle tridimensionnel se déroulant au-dessus de ma tête. Le spot publicitaire holographique vomit la promotion de produits à la fois futiles et grotesques. Les rues de ce siècle sont propres mais j’ai pourtant l’impression de marcher dans un bidonville rempli de détritus et de déchets toxiques.

L’horreur frappe seulement ceux qui subissent de plein fouet leur peine quotidienne. L’implant oculaire de réalité virtuelle a remplacé les chaînes des captifs d’autrefois. Maintenant, les citadins ne marchent plus avec les pieds entravés : c’est leur tête qui est faite prisonnière pendant que leur corps est libre de ses mouvements.

C’est exactement l’inverse des esclaves au temps de l’empire romain. La fausse liberté contemporaine me donne la nausée. Mes yeux se posent sur l’hologramme d’un individu mi-homme mi-femme qui est outrageusement vêtu. Ce spectre danse éternellement dans les rues de cette ville abasourdie par une technologie dénuée de sens.

Je vais rendre l’âme si je ne me reprends pas immédiatement. Je suis née dans un vingt-deuxième siècle sordide et répugnant qui a toutes les apparences de la perfection. On y mange et on y dort sans contraintes apparentes. Nos cerveaux connectés à cette intelligence artificielle doivent chanter les louanges de ces nouveaux dieux païens, sous peine d’être condamnés à mort par crémation instantanée. Des personnages habillés en combinaisons dorées répètent inlassablement les mêmes sermons sur la beauté de la technologie. Ils vantent les mérites des corps hybrides, ces cyborgs qui, pendant les spectacles nocturnes, se mélangent impudiquement dans d’immondes râles bestiaux.

La technologie a tué la beauté chez l’être humain. Nos cerveaux se délectent d’étranges substances synthétiques produites par ces puces implantées dans nos têtes. La morale est désormais inconnue. J’ai eu la chance de pouvoir lire en secret les magnifiques livres interdits de nos ancêtres qui racontaient l’histoire d’un Dieu trinitaire parfait. De nos jours, il faut obéir à la réalité virtuelle, sans se poser de question. Le soir venu, nous devons danser, vêtus d’une tenue transparente, devant nos maîtres assoiffés de perversités. Nous sommes leurs jouets. Je suis une martyre des temps nouveaux.

Ces dominants, descendants de ce que l’on appelait autrefois les « dirigeants de multinationales », se régalent de la perfection de nos corps cybernétiques soumis à leur imagination dépravée. Pendant que ces sadiques nous chevauchent sans compassion, je me souviens de ces lectures fabuleuses afin d’oublier ma souffrance morale. J’aurai préféré vivre enchaînée, comme une esclave dans la Rome Antique, pour que mon esprit puisse vagabonder librement.

Je sais maintenant que l’enfer se trouve ici, dans cet empire technologique gouverné par la compagnie HappySlave. Nos maîtres dominent le monde de leur impudeur inhumaine. Je me demande souvent pourquoi nos aïeux n’ont jamais rien tenté pendant qu’ils le pouvaient encore. Aujourd’hui, tout ce que nous pouvons faire, c’est prier pour le salut de nos âmes…

Lien vers le fichier PDF : https://lafrancechretienne.files.wordpress.com/2017/11/les_temps_nouveaux.pdf

Publicités

Une réflexion sur “Les temps nouveaux

  1. Pingback: Décryptage du nouvel âge d’or, une ère tyrannique et esclavagiste | La France Chrétienne et son histoire

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s