La renaissance de la Croix

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Michel marchait d’un pas résolu dans la ville assombrie par la pollution et la criminalité banalisée. Le ciel était couvert. Une pluie souillée de produits toxiques venait de s’abattre brutalement sur la capitale grisâtre. La radio venait d’annoncer que si de grandes résolutions n’étaient pas prises dans les prochains mois, l’humanité allait prochainement sombrer dans le chaos le plus total. La faim dans le monde avait décimée, l’année passée et sur l’ensemble de la planète, des millions d’individus. À l’échelle de la terre, les richesses étaient concentrées sur deux immenses métropoles. Ce qui avait fait la gloire de l’humanité était tombé, depuis longtemps, dans l’oubli. La pauvreté, la violence et la maladie régnaient en despote.

La première lueur du soleil attira l’œil aguerri de l’individu, ce qui lui décrocha un sourire. Michel était un homme brun de très grande taille. Ses mains étaient larges, ses doigts étaient longs et parfaitement droits. Michel avait une carrure imposante. Il mesurait 2m31. Sa personnalité était tellement charismatique que son regard suffisait à apaiser les tensions.

Michel tourna sur la gauche pour passer, comme chaque jour, par cette petite ruelle glauque qui menait à son domicile. Ses bruits de pas résonnaient le long des murs fissurés et salis par une crasse visqueuse. Un peu plus loin, devant lui, deux hommes se frappaient violemment. L’un était petit, vêtu de blanc, tandis que l’autre devait frôler les 2 mètres. Il était entièrement recouvert d’une combinaison noire. Michel avançait prudemment dans la pénombre. Un peu avant qu’il n’arrive à leur hauteur, la lumière blafarde d’un réverbère éclaira le visage des deux hommes qui venaient de se retourner pour l’observer.

« Qu’est-ce que tu fais là, toi ? demanda le géant revêtu de noir.
– Je ne fais que passer. Ne vous occupez pas de moi, répondit Michel d’une voix grave.
– C’est un peu trop tard, mon gars, annonça l’homme baraqué.
– Laisse le partir, Molosse, répliqua le petit homme d’une voix nasillarde.
– Toi, le minus, ferme-la ! gronda le géant qui bloqua le passage à l’étranger.
– Laissez-moi passer, voulez-vous, dit Michel en posant amicalement la main sur l’épaule de l’homme dont la tête lui arrivait à peine au menton.
– Non, pas question. J’ai envie de te mettre une branlée ! annonça le rebelle d’une voix puissante.
– Vous risqueriez de le regretter. Je vous conseille de vous en aller maintenant avant qu’il ne soit trop tard, répliqua Michel d’une voix posée.
– C’est ce qu’on va voir. Tu te crois fort alors que tu n’es qu’un vulgaire humain » répondit l’homme vêtu de noir en arborant un affreux rictus.

Le géant agrippa le petit homme blanc avant de le serrer de toutes ses forces contre lui. Leurs corps se mélangèrent dans un affreux craquement d’os. Sous les yeux épouvantés de Michel, les deux hommes se fondirent en une seule et unique créature à la peau écailleuse et au visage reptilien. La bête grandissait à vue d’œil en même temps qu’elle prenait sa forme définitive. À la fin de sa douloureuse transformation, le monstre dépassait Michel d’environ deux têtes. Ses muscles saillants étaient bordés d’épines osseuses. Sa peau était de couleur verdâtre. De grandes griffes acérées remplaçaient les doigts de ses mains tandis que des serres jaunâtres lui servaient de doigts de pieds. Michel recula nerveusement contre le mur situé un peu plus loin derrière lui.

« Alors, minable, que dis-tu de ma nouvelle force ? demanda le monstre d’une voix caverneuse.
– Je ne vois en toi qu’une abomination, répondit Michel qui revenait un peu de sa surprise.
– Tu ne sais donc pas reconnaître la puissance ? Agenouille-toi devant moi. Ainsi, je t’épargnerai en te donnant une mort immédiate, répondit la bête.
– Il n’est pas question que je m’incline devant toi. Tu es grand et fort, certes, mais tu restes une horreur blasphématoire, répondit Michel d’une voix monotone.
– Je suis beaucoup plus grand que l’humanité réunie. Te rends-tu compte que je peux t’arracher la tête d’un seul coup de griffes ? gronda le monstre.
– Oui, j’en suis conscient. Mais je vais te poser une seule question : qui est comme Dieu ? dit Michel en fixant sereinement le monstre.
– Assez ! Tu n’es qu’un larbin alors que moi je suis le sublime Mani-Rex ! tonna la bête.
– Je suis l’un des représentants du genre humain. Je suis également leur plus grand défenseur, répliqua doucement Michel.
– Pourquoi souris-tu ? s’enerva Mani-Rex.
– Parce que tu vas bientôt retourner d’où tu viens ! dit Michel en s’agenouillant pour psalmodier des paroles en latin.
– Que fais-tu là ?! Cette langue est morte depuis des siècles. J’ai détruit la vraie foi en ton Dieu Trinitaire par mes mensonges et mes accusations ! Je suis le prince de ce monde, m’entends-tu ?! » hurla Mani-Rex avant de pousser un cri guttural.

Tandis que Michel priait, son corps devenait brillant, son torse s’élargissait. Il écarta les bras avant de se relever. Une force tombée du Ciel frappa ses deux paumes de main tournées vers le haut. Son visage s’élargit afin de retrouver son ineffable beauté. Deux ailes blanches sortirent de son dos avant de se déplier majestueusement. Michel atteignit bientôt la taille de Mani-Rex.

« Ce n’est pas vrai ! Encore toi ! hurla la bête en grimaçant outrageusement.
– Contrairement à ce que tu croyais, les chrétiens continuent de prier Dieu dans le secret de leur cœur ! lança Michel d’une voix douce.
– Tu oses revenir sur mon territoire, moi qui suis la puissance même ! s’écria Mani-Rex en levant les bras pour montrer ses énormes muscles.
– Tu es l’accusateur, l’imposteur, le père du mensonge ! répondit calmement Michel.
– Je vais te découper en morceau, l’archange ! hurla le démon en déployant d’immenses ailes noires.
– Je suis Michel, celui qui a toujours terrassé la bête. Sois anathème pour l’éternité ! » lança-t-il en sortant, d’un fourreau accroché dans le dos, une majestueuse et brillante épée sur laquelle était gravée une croix étincelante.

Mani-Rex avança jusqu’à Michel, pendant qu’il déployait ses griffes, avant de lui balancer sa lourde patte. L’archange se baissa pour le contourner en même temps qu’il abattit le tranchant de son épée sur son avant-bras gauche. L’épée coupa net le poignet du fils de Satan. La main écailleuse tomba lourdement sur le sol. La bête hurla tandis que Michel fit un tour sur lui-même pour entailler profondément l’épaule droite de Mani-Rex. Le monstre décolla pour lui donner un coup de patte dans le torse. Une plaie béante s’ouvrit instantanément. L’archange porta la main à la poitrine en s’aidant de l’épée pour ne pas tomber, avant de finir par s’agenouiller pour prier. Une lumière divine répara miraculeusement sa cruelle blessure. Mani-Rex, effrayé par la puissance de l’archange que lui octroyait Dieu, s’envola. Michel jeta son épée, à la manière d’un lanceur de javelot, dans la direction du lâche. L’arme vola dans les airs pour finir par s’enfoncer, jusqu’à la garde, dans les écailles dorsales du fourbe. Mani-Rex hurla dans les ténèbres avant de retomber lourdement sur le sol. Michel accourut dans sa direction. Il dégagea la glorieuse épée de Justice après avoir posé le pied droit sur le corps monstrueux pour finir par trancher l’épaisse gorge d’un unique coup de glaive.

Le corps de la bête reprit progressivement forme humaine avant de tomber en poussière, comme si son cadavre venait de vieillir de mille années en seulement quelques instants. Le règne de Satan venait de prendre fin. Michel était revenu ce soir pour terrasser définitivement la Bête. La vraie foi allait pouvoir réparer les dégâts que le monstre avait causés sur terre. Il y avait un travail incommensurable, mais, Michel allait pouvoir, après être redevenu invisible, inspirer les hommes afin que des générations de saints viennent sauver l’Église et rétablir la paix selon les commandements de Jésus-Christ.

L’archange leva son épée en direction des Cieux. Un rayon de soleil éclaira la magnifique croix pendant que la lumière du jour se répandait sur la ville. Une atmosphère paisible, toute divine, remplaça l’ancienne qui était pesante et sombre. L’herbe verdissait, les arbres et les fleurs repoussaient, le ciel retrouvait sa couleur bleu azur, l’eau des rivières et des fleuves redevenait transparente, les murs blanchissaient, la couche de pollution disparaissait. Une brise vivifiante à l’odeur exquise de fleurs soufflait doucement. L’archange, en extase, rendit gloire à Dieu avant de disparaître. Quelques femmes, étonnées par la beauté du paysage, tombèrent à genou en louant le Seigneur. Au loin, les premiers clochers retentissaient pour louer l’amour de Dieu. Le son des cloches se généralisa pendant que l’allégresse se déversait sur la population. Un magnifique nuage blanc formant la phrase « Quis ut Deus » persista dans le ciel pendant plusieurs longues minutes. Des cris de joie s’élevèrent et se répandirent. Dieu était de nouveau loué. Vive Jésus !

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