Seigneur, ne le laissez pas mourir

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Voici un extrait issu de la vie de saint Jean Bosco dans lequel nous le découvrons à l’article de la mort suivi d’une guérison causée par la pénitence de ses jeunes. Dans le second extrait, on le voit en train de sauver un ex-prisonnier qui est méprisé de tous.

« Seigneur, ne le laissez pas mourir ». Tiré de « Don Bosco ». Page 118 et 119

« Premier dimanche de juillet 1846. Après une épuisante journée passée à l’oratoire dans une chaleur torride, en retournant à sa chambre du Refuge, don Bosco s’évanouit. On le transporte jusqu’à son lit : « Toux, inflammations violentes, crachements de sang continuels ». Ces paroles signifient selon toute probabilité : « pleurite avec forte fièvre, hémoptysie », conjonction de troubles extrêmement graves à cette époque pour un malade qui a déjà souffert de vomissements de sang.

« En quelques jours, je fus considéré comme perdu. »

On lui administre le viatique et l’onction des malades. Sur les chantiers des petits maçons, dans les ateliers des jeunes mécaniciens, la nouvelle se répand immédiatement : « Don Bosco va mourir ».

Tous les soirs, vers la petite chambre du Refuge où don Bosco agonise, arrivent des groupes de pauvres garçons affolés. Ils portent encore leurs vêtements salis par le travail, le visage blanchi par la chaux. Ils n’ont pas dîné pour courir au Valdocco. Ils pleurent, ils prient :

« Seigneur, ne le laissez pas mourir. »

Le médecin a suspendu toute visite, et l’infirmier (tout de suite posté par la marquise de Barolo au chevet de don Bosco) interdit à qui que ce soit l’entrée de la chambre du malade. Les garçons désespèrent :

« Laissez-moi au moins le regarder.
– Je ne le ferai pas parler.
– J’ai un seul mot à lui dire, un seul.
– Si don Bosco savait que je suis là, il me ferait certainement entrer. »

Don Bosco reste pendant huit jours entre la vie et la mort. Pendant ces huit jours, des garçons, travaillant, sous un soleil de plomb, ne burent pas une gorgée d’eau pour arracher au ciel sa guérison. Dans le sanctuaire de la Consolata les petits maçons se succèdent nuit et jour. Il y a toujours quelqu’un agenouillé devant la Madone. Si les yeux se ferment de fatigue (après douze heures de travail), ils résistent au sommeil parce que don Bosco ne doit pas mourir.

Certains, avec la générosité spontanée des enfants, promettent à la Vierge de réciter le chapelet toute leur vie, d’autres de jeûner au pain et à l’eau pendant un an.

Le samedi, don Bosco subit la crise la plus grave. Il n’a plus de force, le plus petit effort provoque un vomissement de sang. Dans la nuit, beaucoup craignent la fin. Mais elle ne vient pas.

C’est au contraire l’amélioration qui arrive : la grâce arrachée à la Vierge par ces garçons qui ne peuvent plus rester sans père.

Un dimanche de la fin de juillet, dans l’après-midi, en s’appuyant sur un bâton, don Bosco se dirige vers l’oratoire. Les enfants volent à sa rencontre. Les plus grands l’obligent à s’asseoir sur un fauteuil, le soulèvent sur les épaules et le portent en triomphe jusque dans la cour. Ils chantent, ils pleurent, les petits amis de don Bosco, et, lui aussi il pleure.

Ils entrent dans la petite chapelle et remercient ensemble le Seigneur. Quand le silence se fait, tendu, don Bosco réussit à prononcer quelques paroles :

« Ma vie, c’est à vous que je la dois. Mais, soyez-en persuadés : à partir d’aujourd’hui, je la dépenserai entièrement pour vous. »

Pour moi, ce sont des paroles les plus importantes que don Bosco ait prononcées au cours de sa vie. Elles sont le « vœu solennel » par lequel il s’est consacré aux jeunes et seulement à eux. Ses autres plus grandes paroles (véritable suite donnée à celles-ci), il les dira sur son lit de mort :

« Dites à mes garçons que je les attends tous au paradis. »

Les forces extrêmement réduites dont il peut disposer ce jour-là, il les dépense à parler seul à seul avec ses jeunes « pour échanger contre des choses réalisables, les vœux et les promesses dans lesquelles, sans la réflexion nécessaire, beaucoup se sont engagés quand j’étais en danger de mort ». Geste extrêmement délicat.

Les médecins prescrivent une longue convalescence, un repos total et don Bosco monte aux Becchi, chez son frère et sa mère. Mais il promet à ses garçons :

« À la chute des feuilles je serai de nouveau ici, au milieu de vous. » »

« La bourse ou la vie ». Tiré de « Don Bosco ». Page 120 et 121

« Il voyage à califourchon sur un âne, fait une étape à Castelnuovo parce qu’il a été secoué par le bourricot et arrive vers le soir aux Becchi.

La cour retentit de la rumeur joyeuse des neveux et nièces lui souhaitant la bienvenue, Antoine s’est construit une maisonnette en face de celle qu’il habitait quand il était jeune. Il a cinq enfants : François, quatorze ans ; Marguerite, douze ans ; Thérèse, neuf ; Jean, six et Françoise, une vivante petite fille d’à peine trois ans.

Joseph aussi, en face de la demeure familiale, a édifié une maison qu’il habite avec sa femme, maman Marguerite et ses quatre enfants : Philomène, onze ans maintenant ; Rose-Dominique, huit ; François, cinq et Louis qui vagit encore au berceau.

Don Bosco est hébergé chez Joseph. L’air de ses collines, l’affection discrète de la maman, les randonnées de plus en plus longues qu’il fait vers le soir à travers les vignes où le raisin commence à rougir, lui rendent la vie et les forces.

De temps en temps, il écrit à don Borel pour avoir des nouvelles de ses garçons. Il remercie « don Pacchiotto, don Bosio, l’abbé Vola, don Trivero », qui donnent un coup de main.

Au cours d’une promenade, pendant le mois d’août, il est allé jusqu’à Capriglio. En revenant à travers un petit bois, il entend une voix dure qui lui ordonne :

« La bourse ou la vie ».

Effrayé, il répond :

« Je suis don Bosco, je n’ai pas d’argent ».

Il dévisage l’homme qui sort des broussailles en brandissant une serpette et, sur un autre ton, il continue :

« Cortèse, c’est toi qui veux me tuer ? »

Il a reconnu dans ce visage barbu un jeune homme qui était devenu son ami dans les prisons de Turin. Le garçon, lui aussi, se souvient et voudrait rentrer sous terre.

« Don Bosco, pardonnez-moi ; je suis un misérable. »

Il raconte à bâtons rompus une histoire douloureuse et fréquente. Sorti de prison, on ne l’a plus reçu chez lui.

« Même ma mère me tourne le dos. Ils m’ont dit que je suis la honte de la famille. »

Du travail, inutile d’en parler. Dès qu’on apprend qu’il a fait de la prison, on lui ferme la porte au nez.

Avant d’arriver aux Becchi, don Boscol l’a confessé et lui a dit :

« À présent, viens avec moi. »

Il le présente aux siens :

« J’ai rencontré ce vieil ami, ce soir, il dînera avec nous. »

Le lendemain matin, après la messe, il lui donne une lettre qui le recommande à un prêtre et à quelques bons patrons de Turin. Il l’embrasse.

Octobre 1846, Au cours de ses longues promenades solitaires, don Bosco a mis en forme, tranquillement, son projet pour l’avenir immédiat. À son retour à Turin, il ira loger dans les chambres que lui a louées Pinardi. Là, il donnera l’hospitalité, aux sans famille.

L’endroit, malheureusement, n’est pas recommandable pour un prêtre seul. Non loin de là, se trouve une « maison douteuse » : la maison Bellezza, avec l’auberge La Jardinière où les ivrognes chantent jusqu’au milieu de la nuit. Il faudrait qu’il habite avec une personne qui le préserverait de ces soupçons et médisances qui circulent rapidement.

Il a pensé à sa mère. Mais comment le lui dire ? Marguerite a cinquante-huit ans. Aux Becchi, elle est reine. Comment l’arracher à sa maison, à ses petits-enfants, aux habitudes tranquilles de chaque jour ? Peut-être don Bosco se sent-il encouragé par la perspective d’une mauvaise saison qui s’annonce pour la campagne. Les récoltes de 1846 ont été mauvaises et en 1847, on en prévoit de pires.

« Maman, lui dit-il un soir en rassemblant tout son courage, pourquoi ne viendriez-vous pas avec moi passer un moment ? J’ai loué trois pièces au Valdocco et, prochainement, j’y logerai des garçons abandonnés. Vous m’avez dit un jour que vous ne viendrez jamais chez moi si je devenais riche. Pour le moment justement je suis pauvre et chargé de dettes. De plus c’est un risque pour un prêtre d’habiter seul dans ce quartier. »

La vieille dame reste pensive. C’est une proposition à laquelle elle ne s’attendait pas. Avec douceur, don Bosco insiste :

« Ça ne vous dirait rien de servir de maman à mes garçons ?
– Si tu crois que c’est la volonté de Dieu, murmure-t-elle, je viens. » »

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Allocution du pape Pie XII à de jeunes filles espagnoles

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Le Saint-Père montre aux jeunes Espagnoles comment elles peuvent faire de l’apostolat dans leur famille, dans leur milieu social, dans la rue.

Depuis que la femme s’est lancée sans retour dans le monde, une jeune fille, pleine de zèle, peut faire un immense bien partout :

dans le milieu familial, en entraînant petits et grands par sa piété sympathique et contagieuse ;

dans les centres d’enseignement, en défendant ouvertement sa foi et en la pratiquant sans réserve et avec une simplicité attirante ;

dans la vie sociale, en étant le bon levain qui montre toujours le vrai chemin, qui empêche par sa seule présence les égarements, qui sert d’appui aux âmes vacillantes et qui sait même faire l’observation modeste et opportune qui rappelle à l’ordre celui qui en a besoin ;

à son poste de travail, au bureau ou à l’atelier, en se montrant l’employée exemplaire qui s’impose simplement par l’exactitude de son travail et sait donner le ton au milieu ;

dans la rue même, en enseignant par son habillement et son comportement ce que sont la modestie et la pudeur, qui certainement n’ont jamais été en opposition avec la simplicité authentique, la véritable grâce et les bonnes manières.

Et tout cela s’impose aujourd’hui, parce que, demain c’est d’elle, reine d’un foyer, que dépendront principalement la vie exemplaire et chrétienne de la famille et cette terrible source de responsabilité qui s’appelle l’éducation et l’avenir des enfants.

Il leur rappelle qu’il n’y a rien de si beau qu’une jeune fille ou une femme apôtre.

Très chères jeunes filles : il y a peu de choses plus lamentables, plus douloureuses, plus répréhensibles et même plus laides qu’une jeune fille devenue un scandale et une occasion de mal ; mais aussi, il y en a peu de plus admirables, plus réconfortantes, plus louables et même plus belles qu’une jeune fille et une femme devenues des apôtres, des occasions de bien.

Et pour que tout ce que Nous venons de vous dire soit chez vous une réalité, rappelez-vous que tout doit résulter d’un esprit sain et vigoureux, constamment alimenté par la prière, par la pratique des sacrements et par l’esprit de mortification chrétienne qu’ils vous inculquent sans cesse ; rappelez-vous que vous illuminerez dans la mesure où vous porterez en vous la lumière ; que vous communiquerez la ferveur dans la mesure où vous serez ferventes ; et que vous pourrez purifier tout votre entourage dans la mesure où vous serez chastes et pures.

Enfin, vous êtes des dirigeantes et, par conséquent, on peut et l’on doit vous demander davantage. Que cette jeunesse, qui est entre vos mains, grandisse surtout dans un souci de vie intérieure et d’efficacité apostolique.

C’est là le message que vous devez apporter à vos sœurs de toutes les organisations de jeunesse : un message d’élévation continue, qui ne connaisse point de limites, jusqu’à arriver, autant que possible, à ce très haut idéal que vos règlements posent continuellement devant vos yeux.

Comme gage de succès pour vos entreprises apostoliques et comme nouvelle manifestation de Notre gratitude paternelle, Nous vous bénissons de tout cœur, vous-mêmes, toute votre association, ainsi que toute l’Action catholique et toute la très chère Espagne.

Source : http://www.clerus.org/bibliaclerusonline/pt/cvc.htm

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La société de la joie de saint Jean Bosco

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Voici un extrait issu de la vie de saint Jean Bosco dans lequel nous découvrons sa volonté de créer la « société de la joie ». C’était les prémices de la sainteté !

« La société de la joie ». Tiré de « Don Bosco ». Page 57 et 58

« Dans mes quatre premières classes, écrit Don Bosco, j’ai dû apprendre à mes dépens à traiter avec mes camarades.

Il y en avait de mauvais, malgré la sévérité de la vie chrétienne imposée par l’école (chaque élève était obligé de fournir un « reçu » attestant sa confession mensuelle).

« L’un d’entre eux était tellement effronté qu’il me conseilla de voler à ma patronne un objet précieux. »

Au début, Jean prit vraiment ses distances à l’égard de ces pauvres gosses pour ne pas finir comme une souris dans les pattes du chat. Mais, rapidement, l’ascendant de ses succès scolaires lui permit d’avoir avec eux un autre genre de rapports. Pourquoi ne pas en profiter pour leur faire du bien ?

« Les camarades qui voulaient m’entraîner au désordre étaient les plus négligents dans leurs études, en sorte qu’ils commencèrent à recourir à moi pour que je leur donne un coup de main dans leurs devoirs de classe. »

Il les aida ; même avec excès puisqu’il leur passait sous le banc des traductions complètes (à l’examen, il sera pincé au cours d’une de ces manœuvres et ne pourra s’en tirer que grâce à l’amitié d’un professeur qui lui fera recommencer une traduction latine.)

« Par ce moyen, je m’assurai la bienveillance et l’amitié des camarades. Ils commencèrent à venir me chercher pendant les récréations pour le devoir à faire, puis pour écouter mes histoires, et finalement, sans raison aucune. »

Ensemble, on était bien. Ils formèrent une espèce de bande. Jean la baptisa :

« Société de la joie ».

Il lui donna un règlement extrêmement simple :

1) Aucune action, aucun discours qui puisse faire rougir un chrétien ;
2) Accomplir ses devoirs scolaires et religieux ;
3) Être joyeux.

La joie, pour don Bosco, restera une idée fixe. Dominique Savio, son élève préféré, en viendra à dire :

« Nous faisons consister la sainteté à être joyeux. Nous cherchons à éviter le péché qui nous vole la joie du cœur. »

Pour don Bosco, la joie est la satisfaction profonde qui naît du fait qu’on se sait dans les mains de Dieu, donc dans de bonnes mains. C’est la modeste définition d’un bien précieux :

« l’espérance chrétienne. »

« En 1832, parmi mes camarades, j’étais devenu comme le capitaine d’une petite armée. »

Ils jouaient aux palets, aux échasses, à sauter, à courir : parties mouvementées et très joyeuses. Quand ils étaient fatigués, Jean faisait des tours de passe-passe sur une petite table installée dans l’herbe.

« D’un petit gobelet, je faisais sortir cent boulettes colorées et d’un petit pot vide d’une dizaine d’œufs. Je tirais du nez des spectateurs de petites balles, je devinais l’argent qu’ils avaient dans leur poche et je réduisais en poussière des pièces de monnaie de n’importe quel métal en posant seulement le doigt dessus. »

Comme aux Becchi déjà, toute cette joie s’achevait en prière.

« À chaque fête, nous allions à l’église Saint-Antoine où les Jésuites faisaient un merveilleux catéchisme en citant des exemples dont je me souviens encore. » »

Lien vers le fichier PDF : http://www.fichier-pdf.fr/2016/05/22/la-societe-de-la-joie/