Hymne des chevaliers du XXIe siècle

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Dans la tradition hébraïque, au temps de Moïse, les récits historiques étaient principalement mémorisés à travers des chansons. Celles-ci étaient apprises par cœur et chantées afin de ne pas être déformées par le temps. Les proverbes et les noms propres permettaient également de conserver, de manière satisfaisante, des récits historiques. C’est pour cela que la fiabilité du Pentateuque est avérée. Vous retrouverez toutes ces explications dans l’excellent ouvrage « les prophéties messianiques de l’Ancien Testament ou la divinité du Christianisme démontrée par la Bible » de l’Abbé de Meignan, 1856.

Je vous propose de créer, à la manière du peuple Hébreu, selon la tradition du Pentateuque, une chanson à destination du peuple de Dieu, c’est-à-dire les chrétiens contemporains qui ont su conserver la foi en un vrai Dieu Trinitaire.

Texte original.

« Avant ces siècles matérialistes, la foi était le plus précieux trésor,
Les hommes du passé savaient faire preuve de sagesse,
L’homme du désert était plus valeureux, sans confort, ni fourberies ou soirées festives,
Que le contemporain affalé sur un canapé devant une télévision trop grande pour lui,
Se gavant d’une infâme nourriture, qu’elle soit alimentaire ou spirituelle.

Les prophètes du Pentateuque vénéraient le vrai Dieu Vivant,
Tout en prophétisant la venue de Notre Seigneur Jésus-Christ.
Après la sainte crucifixion du Messie, Oint de Dieu,
Les innombrables martyrs chrétiens glorifièrent le saint Nom de Dieu,
En défiant la cruauté des empereurs romains,
La sainteté vainquit ce polythéisme violent et irrationnel.

Ensuite, vint le temps de la France glorieusement chrétienne avec ses rois,
Le respect des saintes lois de l’Église de Jésus-Christ.
Mais la décadence s’immisça peu à peu,
Les ennemis du vrai, du beau et du bien injectaient le mal dans la civilisation chrétienne,
Afin d’imposer une hégémonie inique et cruelle,
Le ver était dans le fruit.

Une infâme lame de guillotine trancha la tête de la Fille aînée de l’Église,
Les ennemis de Dieu, agités, sortirent de l’ombre pour tout saccager,
Retourner les esprits, arracher la foi en un vrai Dieu Trinitaire,
Bannir les notions fondamentales du mal et du bien,
Injecter l’ignominieux poison Voltairien du sarcasme,
Rationaliser les illogismes et les corruptions,
Ôter les talents manuels, détruire le noble travail de la terre,
Amasser des fortunes par le biais de multinationales avides et avares,
Créer des médias corrupteurs d’âmes,
Diffuser des images honteuses, calamiteuses ou déviantes,
Détruire le Moyen-Orient par la violence,
Imposer la grotesque statue de la liberté aux peuples de la terre.

Avec son armée vulgaire, sa malbouffe et sa folie,
Le nouveau continent a su pervertir les âmes au point de les dessécher,
Rendre la violence légitime, pour que les hommes s’entre-tuent aisément,
Afin de transformer Lucifer en un machiavélique sauveur planétaire.

Amis mousquetaires du roi et chevaliers du Christ,
Que nos armes glorieuses se résument à notre foi, nos écrits, nos prières et notre charité,
Levons valeureusement nos boucliers,
Aujourd’hui, nous sommes en sous-nombre,
Demain nous serons des milliers,
Lorsque l’humanité aura goûté à la boue ensanglantée des loges ennemies de Dieu,
Nous écraserons l’abject serpent par notre labeur et nos prières,
Les milliards de dollars injectés dans la guerre aura permis de dévoiler Lucifer,
La gloire de Jésus-Christ aura piétiné Satan et ses loges impies.

Aujourd’hui athées par dépit, demain vous serez chrétiens de cœur,
Amis de Notre Seigneur, relevons noblement la tête et combattons spirituellement,
Jusqu’à ce que nos ennemis se détruisent mutuellement,
Par la faute d’un orgueil démesuré.

La guerre emportera les insolents dans la tombe,
Tout comme la guillotine tranchait la tête des révolutionnaires,
La rébellion vomit sa rancœur sur ses partisans,
Pendant que le peuple de Dieu bénit et prie pour ses ennemis,
La laideur est dans le camp des innombrables mondialistes,
Laissons-leur la faiblesse du surnombre, la pauvreté spirituelle, la sottise et le péché,
Ils tomberont eux-mêmes sous le poids des erreurs,
Frappés par la barbarie qu’ils ont incantée,
Ils n’ont su aimer ni Dieu ni leurs frères,
Nous relèverons la civilisation après-guerre,
Pendant que le vent dispersera les cendres du passé.

C’est par le devoir, l’obéissance, la vertu, le labeur, la foi, la morale, la justice, l’effort spirituel, la prière, l’espérance, la charité et la persistance dans le bien que le peuple de Dieu relèvera la Nouvelle France.

Sans noblesse ni notion du devoir, la civilisation restera médiocre, soumise à la cruauté et à une caste inique auto-déifiée qui s’octroie le pouvoir politique par la fraude, la ruse et le mensonge. »

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Voltaire et les rationalistes : ennemis du Pentateuque

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Voici un extrait combien important qui met en valeur les méfaits du Voltairianisme et du rationalisme allemand, dans un magnifique ouvrage du XIXe siècle. Il est indispensable, pour l’authentique chrétien, de redevenir force de proposition et source de connaissance. Refuser l’esprit de médiocrité, de dérision et de décadence est la base même de notre combat contre les ennemis de Jésus-Christ.

« Le rationalisme et le Pentateuque » extrait de « les prophéties messianiques de l’Ancien Testament ou la divinité du Christianisme démontrée par la Bible » de l’Abbé de Meignan, 1856. Page 94 à 102

I

De l’exégèse rationaliste en général

C’est le lieu de dire un mot de la critique négative de l’Allemagne, en ce qui touche nos livres sacrés.

Cette critique, qui a succédé au philosophisme du XVIIIe siècle, et qui ne doit point être confondue avec lui, est devenue le plus redoutable adversaire que le Christianisme ait à combattre aujourd’hui. Comparée avec le Voltairianisme, elle en diffère par son point de départ et sa méthode ; mais elle lui ressemble par ses funestes résultats. Quel était le point de départ et comme le principe générateur du Voltairianisme ? Une hostilité passionnée contre la religion chrétienne, obstacle à l’émancipation rêvée de l’humanité ; une haine ardente et active du Christ, de la pureté de sa morale, de l’humilité de ses vertus. —Tel n’est pas le point de départ du rationalisme allemand. En général les rationalistes ne partagent pas les préjugés des encyclopédistes qui peignaient le Christianisme comme une religion barbare dans son culte, absurde dans ses dogmes, ridicule dans ses cérémonies, ennemie des arts, des lettres et de la raison, religion qui n’aurait fait que verser du sang, enchaîner les hommes et retarder le bonheur et les lumières du genre humain. Non, le point de départ du rationalisme est tout différent. C’est le principe protestant de la liberté absolue de l’esprit. Le principe générateur du rationalisme est pour le philosophe, l’amour des conceptions de son intelligence ; pour le poète, la fascination des rêves brillants de son imagination ; pour le philologue et l’exégète, l’adoration des systèmes, des combinaisons et des formules scientifiques dont il est le père. Philosophes, poètes, philologues, useront tous leur vie dans le culte de leurs propres pensées, dans l’idolâtrie de leur propre esprit. Les études, les veilles, les sacrifices de toute sorte ne leur coûteront pas si ces veilles, ces études et ces sacrifices ont pour objet le triomphe d’un système qui porte leur nom, d’une conception éclose dans leur esprit. Ils n’ont point de haine contre le Christianisme, et c’est comme à regret qu’ils en ruineront les bases. Ils s’en excuseront tous, et avant de frapper la victime, ils déposeront une couronne à ses pieds : dernier et impuissant regret du protestantisme, subissant, comme malgré lui, les conséquences nécessaires de son propre principe.

La méthode du Voltairianisme était surtout le rire et la dérision (Note du blog : l’esprit Charlie du XXIe siècle est typiquement Voltairien !). On le sait, ce ne fut point sur le terrain de la science que le patriarche de Ferney livra les combats qui décidèrent de sa fortune.

« Mentons, mes amis, mentons, disait-il, il en restera toujours quelque chose. »

Par les grâces de l’esprit, il eut l’art funeste, chez un peuple capricieux et aimable, de rendre l’incrédulité à la mode.

La méthode du rationalisme, au contraire, est toute scientifique. Il n’y a peut-être aucune science dans laquelle les rationalistes ne se soient montrés habiles et qu’ils n’aient plus ou moins creusée. Leurs voyages, leurs travaux en linguistique, l’étude approfondie des sources de l’histoire en feraient les utiles pionniers de la vérité, si l’esprit de système, l’amour de l’extraordinaire, l’absence enfin d’un légitime contrôle, ne com promettaient les résultats de leurs efforts.

Mais, il ne faut point se faire illusion, la critique négative des Allemands et le Voltairianisme, aboutis sent à un même et désastreux résultat. Ils mettent en danger le Christianisme en Europe. Nous disons en Europe, car des efforts sont tentés en plus d’un endroit pour populariser, non pas les procédés, mais les résultats du rationalisme allemand.

Un trait, qui est encore commun au rationalisme et au voltairianisme, c’est l’audace. L’Allemand, mesuré dans ses actions, se montre audacieux, téméraire dans ses pensées.

C’est surtout par cette audace, que la critique négative de l’Allemagne a étonné l’Europe. Elle a poussé la négation au-delà des limites connues.

Son procédé est d’affirmer hardiment sans prouver.

Que l’Allemagne est éloignée de la sage réserve que demandaient Bâcon et Descartes pour arriver à la certitude ! Ce n’est pas une médiocre sagesse qui a dicté ces paroles, lois imposées à la critique et correspondant si bien à l’infirmité humaine :

N’admettre un fait qu’après l’avoir bien observé ; multiplier les expériences ; en contrôler les résultats ; ne procéder que suivant les règles d’une sévère induction ; n’affirmer que ce qui est évidemment démontré !

Le procédé allemand, tout au rebours de ces règles si simples, consiste à donner une hypothèse pour un fait, à justifier une première hypothèse par une seconde, à échafauder des suppositions, à la manière d’un enfant construisant ces frêles édifices qu’un souffle renverse. Le rationalisme allemand place et déplace les événements à son gré : là, il hasarde une date ; ici il risque une étymologie ; d’un fait douteux, il tire une certitude.

« Il donne partout, comme disait Bossuet de Richard Simon, plus de décisions que de bons raisonnements. »

Confondant le ciel avec la terre, il nie le surnaturel ; mesurant la puissance de Dieu au pouvoir de l’homme, il rejette le miracle ; il mêle à la fois les notions, les faits et les idées. Jamais on ne vit autant prodiguer l’érudition dans le libertinage de l’intelligence et les débauches de l’imagination !

Mais n’est-ce pas cette érudition qui constitue le plus grand danger créé par la critique allemande ?

Tout homme de bon sens peut combattre un mauvais raisonnement ; mais comment atteindre la critique allemande dans le fort où elle aime à se retrancher ? Comment la saisir au milieu de ce monde d’hypothèses qu’elle s’est créé, et lorsqu’elle se montre toute hérissée d’hébreu, d’arabe, tout enveloppée de difficultés de linguistique, de géographie, de chronologie, d’archéologie, de philosophie et de théologie ? Elle effraie son juge par la peine qu’il faudrait prendre pour instruire sa cause, et elle impose au simple qui prend au sérieux l’étalage d’une science brillante au dehors et au fond sophistiquée.

Toutefois, nous voulons l’espérer, le moment n’est pas loin où le rationalisme allemand sera frappé du discrédit qu’il a mérité.

M. de Rémusat le jugeait, il n’y a pas longtemps, dans une revue publique et prononçait ces sévères paroles.

« L’esprit systématique est, dans le sens le plus compréhensif du mot, l’esprit germanique. Toutes les fois que, par l’alliance de l’imagination et de la métaphysique, un talent ingénieux et confus, subtil et vague, parvient à combiner les faits les plus divers sous une généralité qui ne les unit qu’en les mutilant ou les exagérant, transforme les faits en idées, personnifie les principes, formule les individus, soyez assuré que c’est l’Allemagne qui vous parle. Il est difficile de marcher d’un pied aussi superbe sur la tête du sens commun. »

Justifions, par quelques observations générales, ce jugement que nous croyons fondé. Avant d’aborder la discussion particulière des diverses hypothèses de la critique allemande, établissons contre elle des préjugés légitimes.

Bossuet a démontré que l’histoire du protestantisme, depuis Luther jusqu’à Jurieu, n’était qu’une histoire de variations. Cette histoire, continuée jusqu’à nous, ne démentirait pas ce titre. Elle ferait voir comment cet esprit de changement, cette inquiétude, essentielle à l’erreur, franchissant la digue impuissante des articles fondamentaux, a porté la contradiction et la négation jusqu’au cœur du Christianisme, jusque dans cette Arche sainte, où la Réforme jurait de se maintenir, jusque dans l’asile inviolable des divines Écritures.

Le Protestantisme a d’abord nié le vrai sens des textes sacrés, puis l’authenticité de quelques textes, puis la canonicité de quelques livres. Il a commencé par altérer la notion de l’inspiration, puis il l’a restreinte, puis il l’a reniée. Aujourd’hui, qu’est-ce que la Bible pour le protestant ? Un monument tout humain dont presque aucune partie n’est authentique.

Si du moins les critiques protestants s’accordaient dans les motifs de leurs négations ; mais, non, ils se combattent et se réfutent, plus loin de s’entendre entre eux, qu’ils ne le sont peut-être de s’entendre avec nous !

Demandez aux protestants d’aujourd’hui à quelle époque a été écrit le Pentateuque ? Lengerke répondra : Sous Ezéchias ; Tuch, sous Salomon ; Bleek, au commencement du règne de David ; Stœhelin, sous Saul ; Delitzsch, sous Josué. — Si vous voulez apprendre qui a composé les cinq Livres ? Ils citeront vingt écrivains divers. Ewald, pour son compte, en fournit cinq. — Tous, cependant, allèguent d’invincibles raisons pour soutenir leur propre opinion.

Il suffit de montrer la contradiction des résultats auxquels aboutit la critique négative de l’Allemagne, pour faire voir son incertitude. Évidemment, elle manque de méthode.

Un second défaut, et qui tout d’abord va surprendre celui qui confond le protestantisme avec la liberté, c’est que sa critique manque d’indépendance. Par une contradiction remarquable avec son principe, le rationalisme s’est enchaîné de ses propres mains. Oui, cette critique orgueilleuse qui reproche aux catholiques de reconnaître l’autorité de l’Église, autorité qui n’est au fond que l’autorité même du Christ et des Apôtres, manque d’indépendance. La critique protestante en a trop souvent manqué. Elle fut d’abord enchaînée au char de la Réforme, servant ici les passions de Luther, et là, se pliant aux volontés impérieuses de Calvin. De notre temps, elle se laisse traîner sans gloire à la suite d’une philosophie qui passe sur l’Europe, ravageant les âmes et tuant les croyances, plus funeste, dans ses résultats, que ces fléaux dévastateurs qui dépeuplent les empires.

Ne vous étonnez donc pas si cette critique est si hardie dans ses négations, si extravagante dans ses systèmes. Il le faut : la philosophie lui fait cette condition, la philosophie toute seule, et non les nécessités de la science. Les savants, ceux du moins que l’Europe entière a reconnus pour tels, lui donneraient plutôt, en ce qui touche la Bible, des leçons de respect et de réserve. C’est sur les principes d’une philosophie hostile au Christianisme, que la critique protestante règle ses décisions. Elle n’a plus besoin de rechercher les faits : ils lui sont donnés par la philosophie. Son rôle se réduit à les faire accepter au monde et à les justifier.

Il était donné à l’Allemagne d’offrir le scandale de théologiens chrétiens, désespérant de leur cause, et tournant contre la Bible les armes de la science qu’ils auraient dû employer à la défendre !

Depuis Eichhorn jusqu’à Lengerke, la critique protestante s’est inféodée au rationalisme. — Et, chose digne d’être remarquée comme peignant bien l’état de prostration et de désorganisation du Protestantisme allemand, ce n’est pas seulement la critique appartenant au parti radical protestant, c’est la critique du parti conservateur, qui, par de lâches concessions, devient l’humble auxiliaire de la philosophie ! On en est arrivé au point de regarder, comme le signe certain d’une bonne critique, la négation préalable et absolue du merveilleux du Pentateuque, des miracles et des prophéties. Aussi, c’est comme un engagement pris de transformer les miracles en fables, en légendes, en mythes, en allégories ou même en faits naturels et ordinaires. —- Paulus prouvera que les plaies d’Égypte, le retrait de la mer Rouge, la manne, etc., sont des phénomènes habituels et bien connus. De Vette démontrera que le Pentateuque tout entier n’est qu’une œuvre d’imagination, une épopée théocratique. Ewald fera une longue théorie des légendes ; il dira comment elles naissent, comment elles grandissent, comment elles passent de l’imagination, qui fut leur berceau, dans l’histoire qui les sauve de la mort.

Toutes ces hypothèses ont été construites au nom de la philosophie. De Vette a dit : Les miracles sont philosophiquement impossibles ; donc les faits merveilleux du Pentateuque sont des mythes. Ewald : La prophétie est philosophiquement impossible ; donc les textes prophétiques sont postérieurs aux événements qu’ils annoncent.

Le Pentateuque prédit aux Patriarches que le sceptre de la royauté sera remis aux mains de Juda ; donc, la rédaction du Pentateuque ne remonte pas à une époque antérieure à David. — Isaac annonce à Esau qu’il sera soumis à Jacob ; Balaam prédit à Balac l’assujettissement d’Amalec, d’Édom et de Moab ; donc, la rédaction de ces textes prophétiques n’est pas antérieure à la victoire de Saûl sur les Amalécites, à celle de David sur les Édomites et les Moabites. Ewald reproduit continuel lement ce genre de raisonnement.

N’est-ce pas la preuve que la critique rationaliste en Allemagne a abdiqué entre les mains de la philosophie hégélienne ?

La vraie critique ne porte pas si loin la soumission : elle n’emprunte pas ses majeures à une philosophie qu’elle a mission de contrôler. Froide et impartiale, elle rassemble elle-même avec patience les éléments de ses démonstrations. Son domaine est celui des faits : elle en discute la valeur et elle en pèse le témoignage. Jamais elle ne se décidera par des considérations métaphysiques ; elle ne s’incline pas devant l’autorité d’un système. Étrangère à toutes les influences, cette patiente et laborieuse solitaire se retire loin du monde. Son rôle est assez beau : quand elle prononce ses arrêts, les idoles tombent et la vérité sort du nuage.

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La fracture maçonnique

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Pour comprendre le mal-être contemporain, il faut savoir ce qui s’est produit au XIXe siècle. Ce siècle annonçait le XXe avec ses guerres mondiales et la naissance d’un empire marchand universel, la bête sortait de terre. Le XXIe siècle est celui d’une lutte acharnée entre le bien et le mal. Le mal est au pouvoir. Lorsque le mal sera à son apogée, la Justice s’appliquera sur l’humanité tout entière. Elle payera logiquement le prix de son refus des commandements de Jésus-Christ. Découvrons un extrait d’un texte brillant rédigé en 1856.

« Les prophéties messianiques de l’ancien testament ou la divinité du christianisme démontrée par la Bible » par l’abbé Meignan

« Jamais peut-être le Christianisme ne fut soumis à une aussi redoutable épreuve qu’aux premières années du XIXe siècle.

La grande philosophie chrétienne, exposée par saint Augustin, formulée par saint Thomas d’Aquin, agrandie par Descartes et Leibnitz, célébrée par Bossuet, venait, en Allemagne, d’être bannie des écoles, et remplacée d’abord par le scepticisme déguisé de Kent, et ensuite par l’idéalisme audacieux de Fichte. Le philosophe de Kœnisberg, dans sa Critique de la raison pure, avait creusé un abîme logiquement infranchissable entre l’idée et son objet, entre l’homme et le monde, entre la terre et le ciel. Le philosophe d’Iéna déclarait, dans son Idéalisme transcendental, que de ces deux termes il fallait en retrancher un, et que tout était contenu dans le moi. Dieu devenait l’homme, ou l’homme devenait Dieu. Point de place, dans ce système, pour la révélation historique.

Les sciences, depuis longtemps déjà, s’étaient mises en opposition avec le Christianisme. Au commencement de ce siècle, elles semblaient chercher avec passion les luttes et multiplier à plaisir les déclarations d’hostilités. Que d’attaques sans motif, que de cris sans objet ! Qu’on se rappelle le bruit et les scandales qui se rattachent aux zodiaques de Denderah, d’Esné et de Salcette ! La querelle commença vers 1808 et se terminait à peine vers 1830.

« Chacun, en cette question, donna ses raisons, toutes plus ou moins arbitraires, dit M. Létronne, et ce qu’on en conclut de bien positif, c‘est que personne ne savait au juste ni la date, ni l’objet de ces monuments. »

On venait d’explorer l’Orient, et, le clair-obscur d’une demi-science favorisant les illusions, on s’imaginait avoir pénétré les mystères de ces régions où Dieu plaça le berceau de l’humanité et de la religion. On avait déchiré les voiles, interprété les énigmes ; l’Egypte avait ouvert ses tombeaux et livré ses obélisques. Les sphinx avaient parlé. À l’aide des phénomènes qu’on avait observés, on prétendait expliquer la Bible et ses miracles, en particulier, la manne, le passage de la mer Rouge, etc. — Le Zend-Avesta et les Védas, à peine connus, mal appréciés, jugés avec précipitation, étaient opposés à la Bible. Zoroastre et Confucius expliquaient Moïse et Jésus-Christ. Que n’espérait-on pas découvrir dans les cent quatre-vingts manuscrits apportés d’0rient par le consciencieux et infatigable Anquetil-Duperron ! — C’était aussi l’époque où une science nouvelle, la géologie, intempérante comme la jeunesse, hasardait ses premiers systèmes, et ouvrait un nouveau champ au rationalisme triomphant. La création mosaïque et l’œuvre des six jours étaient, disait-on, contredits par les faits de la science. Simon de Breislack allait faire paraître son livre célèbre. À combien d’espérances irréfléchies allait-il donner essor  La géologie, cette science au berceau, peu sûre dans sa propre marche, allait servir de guide à la philosophie et fonder une théologie nouvelle !

Plus que les sciences, plus que la philosophie, la littérature, en Allemagne, égarait les esprits. La littérature, au commencement de ce siècle, a eu chez nos voisins une puissance et une popularité qui ont bien dédommagé les lettres allemandes de leur gloire tardive. Goethe était au sommet de sa réputation. Une pléiade de poètes brillants gravitaient autour de lui. Les peuples et les rois saluaient Son génie, et se disputaient sa faveur. Werther et Faust étaient dans toutes les mains des instruments désolants de perversion. Werther idéalisait le désespoir du cœur ; Faust, le désespoir de l’esprit : tous deux revêtaient des couleurs d’une poésie magique, le double fléau qui a ravagé la première moitié de ce siècle, le byronisme et le scepticisme.

Enfin, chose triste, et plus capable que tout autre fait de donner la mesure des malheurs du temps, la théologie elle-même, la théologie protestante, revendiquait sa part de travail dans l’œuvre de démolition du Christianisme. Paulus, Semler, Cabler, rendirent les armes au rationalisme, et, dans une lâche capitulation, ils livrèrent les miracles du Pentateuque. Paulus les expliqua par un phénoménisme tout naturel. Les plus hauts mystères de la religion révélée furent abandonnés par cette école qui leur substitua les enseignements d’une vulgaire raison, mettant partout le naturalisme à la place de la révélation, l’homme à la place de Dieu. Les temps n’étaient pas éloignés où de Vette crut beaucoup faire pour le Christianisme en accordant à la Bible une valeur idéale et symbolique, en niant les faits au profil des idées. Car c’est ainsi que ce théologien-philologue prétendait conserver la foi historique au Christ ; en la dégageant, comme il disait, des liens de l’orthodoxie. Il était réservé à Strauss et à Bauer de Tubingue de donner un jour à ces déplorables aberrations des théologiens protestants, leur couronnement logique. Ces deux théologiens découvrirent l’abîme creusé par leurs devanciers, et prétendirent jeter le Christianisme, qu’ils croyaient mort, dans la fosse béante de l’athéisme panthéistique.

Elle était donc vraiment critique et humainement désespérante, la situation faite en Allemagne au Christianisme par la philosophie, les sciences, la littérature et la théologie protestante. Ce qu’il ne lui était pas donné de voir de ses yeux, Schleiermacher le devinait. De toutes parts s’élevaient à l’horizon des nuages sombres portant la foudre et la destruction.

L’état des esprits ne différait guère en France. La science, on le sait, déclarait, par un de ses plus fameux représentants, qu’elle n’avait plus besoin de l’hypothèse théiste et chrétienne. Ainsi préludait Laplace aux prophéties des funérailles d’un grand culte, et au manifeste d’une école : Comment les dogmes finissent !

Quel temps ! On souffre en se le rappelant. Pour rendre l’épreuve plus forte, Dieu, qui pourtant aime à faire entendre la grande voix du génie chrétien aux époques de danger, voix dominant la tempête et maintenant les courages, Dieu tardait à envoyer ce témoignage ordinaire de sa providence. Au milieu des ruines morales entassées, ruine des âmes, ruine des idées, ruine des vertus, nous n’avions point d’Augustin, ni de Léon devant les nouveaux fléaux de Dieu. — Était-ce donc la fin du monde chrétien, les temps suprêmes annoncés par l’Évangile ? Les étoiles du ciel n’étaient-elles pas tombées et les soleils éteints ? Le Fils de l’homme, s’il fût venu alors sur la terre, eût-il donc, dans le monde de la science, trouvé vive encore une étincelle de foi ?

Ce n’était point cependant la fin du monde chrétien. Il entrait beaucoup de pusillanimité d’esprit dans l’effroi du moment. L’opinion publique faisait les hommes trop grands et Dieu trop petit. Schleiermacher ne ressemble-t-il pas beaucoup, dans son épître au docteur Lüke, aux espions de Josué, revenant de Chanaan, tremblants et épouvantés ? Ils avaient vu un peuple de géants devant lequel les Israélites ne semblaient que des sauterelles !

Il ne faut point juger de la religion, connue des choses humaines. Dieu était avec les Israélites ; il est avec les chrétiens.

Qu’est-il arrivé ?

Celui qui se plaît à faire éclater sa gloire par des moyens inattendus, a donné la mission de défendre sa religion, et de dégager le Christianisme des attaques de la science à des hommes qui, la plupart, ne connaissaient pas son Christ, et ne l’adoraient pas. Ces hommes n’avaient pour signe de leur mission providentielle qu’une parfaite loyauté d’esprit et un grand amour de la science. Ce furent les Humbold, les Klaproth, les Cuvier, les Brongniart, les Champollion et tant d’autres savants que la science a couronnés. Ils se surprirent un jour défendant le Christianisme, sans le savoir, sans le vouloir. Honneur à ces hommes sincères qui marchant résolument dans les voies de la science, restant étrangers aux haines vulgaires, aux passions irréligieuses, ont ranimé les courages dans le camp des Chrétiens ! »

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Transhumanisme, malthusianisme et utilitarisme : comprendre les liens entre les idéologies dominantes

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Nous vous avions déjà parlé des élites politiques et économiques qui pensent que les humains sont une plaie sur terre: cette idéologie, qui considère qu’il faut limiter la population mondiale par un contrôle strict des naissances, s’appelle le malthusianisme ou néomalthusianisme.

Le transhumanisme est une autre idéologie très présente chez certaines élites, en particulier dans les secteurs technologique et scientifique. Ce mouvement intellectuel considère que l’humanité n’est qu’un stade de passage et une transition vers le post-humain, c’est-à-dire vers un état où les humains seraient dotés de capacités physiques et mentales améliorées grâce aux sciences et à la technique et pourraient même être virtuellement immortels.

Cette philosophie est notamment très répandue dans la Silicon Valley, et compte parmi ses défenseurs beaucoup des grands pontes des industries à la pointe de notre époque: l’informatique, notamment les jeux en ligne, la robotique, la génétique et les nanotechnologies. Larry Page, le fondateur de Google, entreprise tentaculaire qui possède des filiales dans tous ces domaines d’innovation, en est par exemple un représentant éminent et déclaré.

Le transhumanisme et le malthusianisme sont en réalité très liés l’un à l’autre car ils se basent tous les deux sur une approche utilitariste de la morale, en s’appuyant sur les mêmes fondements :

  • Primauté de la qualité de vie par rapport à la quantité d’êtres humains
  • Opposition au déontologisme et aux principes moraux

La philosophie qui transforme le monde n’est pas connue de tous

Pourquoi faut-il parler de ces doctrines philosophiques qui ne comptent finalement qu’un nombre extrêmement limité de représentants et d’adhérents ?

Tout simplement parce qu’il s’agit sans doute des doctrines les plus influentes, non pas dans l’opinion globale mais dans les secteurs clés de la recherche, de la politique mondiale et donc du « progrès ». Bien qu’elles soient largement inconnues du plus grand nombre, il s’agit des idées qui sont le plus susceptibles de transformer le monde aujourd’hui.

Il n’y a pas d’argent dans le platonicisme, l’humanisme, ou l’existentialisme qui sont donc autant de doctrines philosophiques « inoffensives ».

En revanche, des milliardaires transhumanistes comme les fondateurs de Google déversent bel et bien des millions de dollar dans des recherches dont le but est de modifier le génome humain et de le rendre potentiellement immortel.

Quant aux malthusianistes et néomalthusianistes de tous bords, de par leur influence considérable dans les grandes institutions de la gouvernance et de la finance mondiale, ils offrent des moyens et une audience considérables aux recherches -souvent orientées- sur le réchauffement climatique anthropique et aux autres thèses qui servent à corroborer, de manière sous-jacente, la nécessité de réduire la population mondiale.

Un héritage commun: l’utilitarisme

Le transhumanisme comme le néomalthusianisme actuel se justifient tous deux par un mode de pensée hérité de l’utilitarisme, une doctrine morale qui puise elle-même sa source dans l’idéologie des Lumières du XVIIIème siècle et qui vise à « maximiser le bien-être collectif ».

L’utilitarisme s’oppose radicalement à l’humanisme puisqu’il n’est pas exclusif aux humains: son but est d’augmenter la somme de bien-être de l’ensemble des êtres sensibles, ce qui inclut les animaux, voir potentiellement l’ensemble du vivant.

Mais il s’agit surtout de la première doctrine de l’histoire de la philosophie à inverser le sens de la morale: selon les utilitaristes, le bien-fondé d’une action ou d’une politique ne dépend pas de sa conformité à un principe moral, mais de sa conséquence. Pour arriver à ce but de maximisation du bien-être de l’ensemble du vivant, tous les moyens sont bons et aucun principe moral a priori ne peut être reconnu, surtout s’il vient freiner un processus dont les conséquences attendues sont bonnes en elles-mêmes.

En cela, les utilitaristes s’opposent au déontologisme, qui préconise au contraire d’agir en vertu de son devoir et en conformité avec la morale.

Le transhumanisme et le malthusianisme correspondent chacun à deux conséquences de l’utilitarisme :

  • Aucun principe moral correspondant à une vision figée de l’homme ne doit freiner l’amélioration de l’homme par la technique, si cette amélioration est bonne et maximise son bien être à transhumanisme
  • Le gaspillage de bien-être au-delà de ce que la terre peut supporter est une injustice pour les générations futures à malthusianisme

La généalogie des idées transhumanistes et malthusianistes trouve donc ses racines dans l’utilitarisme au sens où ces idées se justifient par des arguments conséquentialistes. Qu’il s’agisse de pérenniser la vie sur terre ou d’augmenter les capacités de l’homme, le but à atteindre l’emporte dans les deux cas sur tous les principes moraux qui défendent la limitation de la natalité ou la modification du génome humain.

Réduire la population pour augmenter l’homme ?

A première vue, transhumanisme et malthusianisme semblent être des idéologies radicalement opposées par les projets qu’elles véhiculent :

  • Le transhumanisme porte un projet de type augmentatif (augmenter l’homme)
  • Le malthusianisme porte un projet de type limitatif (limiter la population mondiale)

Pour autant, le transhumanisme implique de manière non dite un malthusianisme de fait puisqu’il oppose la qualité de l’humain à la quantité. En terme pratique, l’augmentation de la longévité de vie jusqu’à un stade jamais envisagé jusqu’alors ne peut être viable qu’au prix d’une réduction drastique de la population mondiale.

Pour le comprendre, il faut remonter aux toutes premières origines de ce courant de pensée:  le terme « transhumanisme » a été inventé par Julian Huxley, le frère du célèbre Aldous Huxley. Biologiste connu pour ses positions favorables à l’eugénisme, cofondateur du WWF et de l’UNESCO, il est surtout à l’origine du « Manifeste des généticiens » qui défendait le projet de société dont son frère a tiré les conséquences dans Le meilleur des mondes.

Ce projet vise à améliorer les qualités des individus comme celles d’un produit, tout en limitant leur quantité afin de favoriser un monde meilleur, le fameux « brave new world » :

« La qualité des personnes, et non la seule quantité, est ce que nous devons viser: par conséquent, une politique concertée est nécessaire pour empêcher le flot croissant de la population de submerger tous nos espoirs d’un monde meilleur. »

Son frère Aldoux Huxley a bien montré les risques d’un tel projet, qui pourraient résulter dans une société inhumaine et totalitaire. Le fait que le transhumanisme ne soit que très peu connu, débattu et contredit dans l’opinion doit nous amener à le vulgariser et le réfléchir.

Source : http://reseauinternational.net/transhumanisme-malthusianisme-et-utilitarisme-comprendre-les-liens-entre-les-ideologies-dominantes-chez-les-elites/

La décadence morale du XXIe siècle

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Les événements contemporains s’expliquent par l’absence d’enseignement moral et théologique. Bien évidemment, une partie de la population française nie ce fait pour la simple raison qu’elle est maintenue dans les filets spirituels de l’ennemi. Il faut le dire haut et fort : la civilisation occidentale est devenue orgueilleuse au plus haut point.

Ce phénomène n’est pas nouveau puisqu’il remonte à la nuit des temps, lorsque l’humanité rejette la supériorité divine. Ce sujet sera d’ailleurs abordé, en temps voulu, grâce aux merveilleux écrits de l’abbé de Broglié. Pour l’instant, contentons-nous de découvrir le programme officiel des écoles du XIXe siècle.

Un constant s’impose : beaucoup d’adultes du XXIe siècle ne connaissent plus ce que les enfants du XIXe siècle savaient. Par conséquent, la décadence contemporaine est un effet de cette absence de connaissance. Même si les gens ne veulent pas entendre ce genre de discours en cette année 2016, ils n’auront plus le choix lorsque la guerre civile aura commencé à tout dévaster. C’est à ce moment-là que nous interviendrons pour reprendre le contrôle de la nation afin qu’une dictature homicide ne puisse pas s’instaurer malicieusement.

« Programmes officiels du 27 juillet 1882 » tiré de « Dieu, la conscience, le devoir » de l’abbé de Broglié

Annexés à l’arrêté ministériel réglant l’organisation pédagogique et le plan d’études des écoles primaires publiques.

MORALE.

COURS ELEMENTAIRE (de 7 à 9 ans). — Entretiens familiers. Lecture avec explications (récits ; exemples, préceptes, paraboles et fables). Enseignement par le cœur. Exercices pratiques tendant à mettre la morale en action dans la classe même :

1° Par l’observation individuelle des caractères (tenir compte des prédispositions des enfants pour corriger leurs défauts avec douceur ou développer leurs qualités) ;

2° Par l’application intelligente de la discipline scolaire comme moyen d’éducation (distinguer soigneusement le manquement au devoir de la simple infraction au règlement, faire saisir le rapport de la faute à la punition, donner l’exemple dans le gouvernement de la classe d’un scrupuleux esprit d’équité, inspirer l’horreur de la délation, de la dissimulation, de l’hypocrisie, mettre au-dessus de tout la franchise et la droiture et pour cela ne jamais décourager le franc-parler des enfants, leurs réclamations, leurs demandes, etc.) ;

3° Par l’appel incessant au sentiment et au jugement moral de l’enfant lui-même (faire souvent les élèves juges de leur propre conduite, leur faire estimer surtout chez eux et chez les autres l’effort moral et intellectuel, savoir les laisser dire et les laisser faire, sauf à les amener ensuite à découvrir par eux-mêmes leurs erreurs ou leurs torts) ;

4° Par le redressement des notions grossières (préjugés et superstitions populaires, croyances aux sorciers, aux revenants, à l’influence de certains nombres, terreurs folles, etc.) ;

5° Par l’enseignement à tirer des faits observés par les enfants eux-mêmes ; à l’occasion, leur faire sentir les tristes suites des vices dont ils ont parfois l’exemple sous les yeux ; de l’ivrognerie, de la paresse, du désordre, de la cruauté, des appétits brutaux, etc., en leur inspirant autant de compassion encore pour les victimes du mal que d’horreur pour le mal lui-même ; — procéder de même par voie d’exemples concrets et d’appels à l’expérience immédiate des enfants pour les initier aux émotions morales, les élever, par exemple, au sentiment d’admiration pour l’ordre universel et au sentiment religieux en leur faisant contempler quelques grandes scènes de la nature ; au sentiment de la charité, en leur signalant une misère à soulager, en leur donnant l’occasion d’un acte effectif de charité à accomplir avec discrétion, aux sentiments de la reconnaissance et de la sympathie par le récit d’un trait de courage, par la visite à un établissement de bienfaisance, etc.

COURS MOYEN (de 9 à 11 ans). — Entretiens, lectures avec explications, exercices pratiques. — Même mode et mêmes moyens d’enseignement que précédemment, avec un peu plus de méthode et de précision. — Coordonner les leçons et les lectures de manière à n’omettre aucun point important des programmes ci-dessous :

I. L’enfant dans la famille. Devoir envers les parents et les grands-parents. — Obéissance, respect, amour, reconnaissance. — Aider les parents dans leurs travaux ; les soulager dans leurs maladies ; venir à leur aide dans leurs vieux jours.

Devoirs des frères et sœurs. — S’aimer les uns les autres ; protection des plus âgés à l’égard des plus jeunes ; action de l’exemple.

Devoirs envers les serviteurs. — Les traiter avec politesse, avec bonté.

L’enfant dans l’école. — Assiduité, docilité, travail, convenance. — Devoirs envers l’instituteur. — Devoirs envers les camarades.

La patrie. — La France, ses grandeurs et ses malheurs. — Devoirs envers la patrie et la société.

II. Devoirs envers soi-même. — Le corps : propreté, sobriété et tempérance ; dangers de l’ivresse, gymnastique.

Les biens extérieurs. — Économie (conseils de Franklin ; éviter les dettes ; funestes effets de la passion du jeu ; ne pas trop aimer l’argent et le gain ; avarice). Le travail (ne pas perdre de temps, obligation du travail pour tous les hommes, noblesse du travail manuel).

L’âme. — Véracité et sincérité ; ne jamais mentir. — Dignité personnelle, respect de soi-même. — Modestie : ne point s’aveugler sur ses défauts. — Éviter l’orgueil, la vanité, la coquetterie, la frivolité. — Avoir honte de l’ignorance et de la paresse. — Courage dans le péril et dans le malheur ; patience, esprit d’initiative. — Dangers de la colère. Traiter les animaux avec douceur ; ne point les faire souffrir inutilement. — Loi Grammont, sociétés protectrices des animaux.

Devoirs envers les autres hommes. — Justice et charité (ne faites pas à autrui ce que vous ne voudriez pas qu’on vous fît ; faites aux autres ce que vous voudriez qu’ils vous fissent). — Ne porter atteinte ni à la vie, ni à la personne, ni aux biens, ni à la réputation d’autrui. — Bonté, fraternité. — Tolérance, respect de la croyance d’autrui.

N. B. Dans tout ce cours, l’instituteur prend pour point de départ l’existence de la conscience, de la loi morale et de l’obligation. Il fait appel au sentiment et à l’idée du devoir, au sentiment et à l’idée de responsabilité, il n’entreprend pas de les démontrer par exposé théorique.

Devoirs envers Dieu. — L’instituteur n’est pas chargé de faire un cours ex professo sur la nature et les attributs de Dieu ; l’enseignement qu’il doit donner à tous indistinctement se borne à deux points : d’abord, il leur apprend à ne pas prononcer légèrement le nom de Dieu ; il associe étroitement dans leur esprit à l’idée de la cause première et de l’Être parfait un sentiment de respect et de vénération, et il habitue chacun d’eux à environner du même respect cette notion de Dieu, alors même qu’elle se présenterait à lui sous des formes différentes de celles de sa propre religion.

Ensuite, et sans s’occuper des prescriptions spéciales aux diverses communions, l’instituteur s’attache à faire comprendre et sentir à l’enfant que le premier hommage qu’il doit à la divinité, c’est l’obéissance aux lois de Dieu, telles que les lui révèlent sa conscience et sa raison.

COURS SUPÉRIEUR (de 11 à 13 ans). — Entretiens, lectures, exercices pratiques comme dans le cours élémentaire et le cours moyen. Celui-ci comprend de plus, en une série régulière de leçons dont le nombre et l’ordre pourront varier, un enseignement élémentaire de la morale en général et plus particulièrement de la morale sociale, d’après le programme ci-après :

I. La famille. — Devoirs des parents et des enfants ; devoirs réciproques des maîtres et des serviteurs.

II. La société. — Nécessité et bienfaits de la société. La justice, condition de toute société, La solidarité, la fraternité humaine. Applications et développements de l’idée de justice ; respect de la vie et de la liberté humaine, respect de la propriété, respect de la parole donnée, respect de l’honneur et de la réputation d’autrui. La probité, l’équité, la délicatesse. Respect des opinions et des croyances. Applications et développements de l’idée de charité ou de fraternité. Ses divers degrés, devoir de bienveillance, de reconnaissance, de tolérance, de clémence, etc. Le dévouement, forme suprême de la charité, montrer qu’il peut trouver place dans la vie de tous les jours.

III. La patrie. — Ce que l’homme doit à la patrie : l’obéissance aux lois, le service militaire, discipline, dévouement, fidélité au drapeau. — L’impôt (condamnation de toute fraude envers l’État). — Le vote (il est moralement obligatoire, il doit être libre, consciencieux, désintéressé, éclairé). — Droits qui correspondent à ces devoirs ; liberté individuelle, liberté de conscience, liberté du travail, liberté d’association, garantie de la sécurité de la vie et des biens de tous. La souveraineté nationale. Explication de La devise républicaine : Liberté, Égalité, Fraternité-. Dans chacun de ces deux chapitres du cours de morale sociale, on fera remarquer A, l’élève, sans entrer dans des discussions métaphysiques :

1° La différence entre le devoir et l’intérêt, même lorsqu’ils semblent se confondre, c’est-à-dire le caractère impératif et désintéressé du devoir.

2° La distinction entre la loi écrite et la loi morale : l’une fixe un minimum de prescriptions que la société impose à tous ses membres sous des peines déterminées ; l’autre impose dans le secret de sa conscience un devoir que nul ne le contraint à remplir, mais auquel il ne peut faillir sans se sentir coupable envers lui-même et envers Dieu.

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