Alerte d’Europol : l’État Islamique va attaquer l’Europe

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L’information qui suit, provenant du Evening Standard, est suffisamment grave, préoccupante et sérieuse pour être traduite en français. Il s’agit d’une alerte du chef d’Europol.

La Grande-Bretagne a mis en garde aujourd’hui quant à une menace croissante des combattants de l’État islamique envoyés « en mission » de la Syrie.

L’alerte est venue par le haut responsable de l’application des lois de l’UE qui a révélé qu’un nombre croissant de djihadistes utilisent des faux documents pour se faufiler en Europe.

Le directeur d’Europol Rob Wainwright dit que l’État Islamique avait pris une « décision stratégique » pour envoyer ses fanatiques afin d’attaquer le continent dans une tentative de détourner l’attention des défaites du champ de bataille en son cœur.

Il a également souligné le commerce des armes sur le « Dark Net », en disant qu’il était une « grande partie du défi pour la sécurité » qui fait maintenant face à l’Europe. M. Wainwright a dit que certains extrémistes de l’État Islamique utilisaient des faux passeports syriens dans le but d’arriver inaperçus – avec un nombre faible mais croissant se définissant en tant que réfugiés.

D’autres exploitaient la production « à l’échelle industrielle » de faux documents par des réseaux criminels pour obtenir des passeports de l’UE et de se déplacer librement sur le continent.

M. Wainwright dit que l’Europe a également à faire face au retour de milliers d’autres extrémistes qui sont de plus en plus dispersés en Syrie suite à une « longue, longue lutte » qui leur pose un « problème qui devient donc très onéreux » et ce depuis des années.

Les mises en garde, dans une interview au QG d’Europol à La Haye, est venu dire la même chose que M. Wainwright :

Ils ont dit qu’une nouvelle escorte de 200 agents antiterroristes doit être déployée sur les îles grecques dans les semaines pour repérer les extrémistes qui cherchent à entrer en Europe.

Ils ont prédit que l’on doit s’attendre à des attaques « spectaculaires » du genre de celles de Paris, en disant qu’il y a plus de 50 enquêtes antiterroristes en cours en Europe.

Ils ont averti que les extrémistes tentent de radicaliser les migrants dans les centres d’accueil des réfugiés en Grèce et dans les Balkans.

Ils ont révélé que des « centaines » d’hommes appartenant à des opérations de maintien de l’ordre tentent d’arrêter les armes à feu illégales déplacées en Grande-Bretagne et dans d’autres pays de l’UE.

Ses commentaires viennent au milieu des rapports publiés par le journal italien La Stampa que de faux passeports destinés à être utilisés par les extrémistes IS ont été trouvés par le personnel de maintien de l’ordre dans les camps de réfugiés en Grèce.

Cela accroît les préoccupations par la menace terroriste contre la Grande-Bretagne et qui suit un avertissement récent émis par le commissaire Met Sir Bernard Hogan-Howe et qu’il n’est plus une question de « quand, ni si » la Grande-Bretagne souffrira d’autres atrocités terroristes.

Dans son interview aujourd’hui, M. Wainwright a averti que cette menace en retour des combattants étrangers a augmenté.

Il a dit :

« Il y a beaucoup de pression sur ISIS maintenant. Je soupçonne que le moral pourrait être repérable et un certain nombre de combattants de leur propre gré voudront revenir. Depuis plusieurs années, nous devrons faire face à la réinsertion de milliers d’Européens qui vont revenir après avoir été exposé à un environnement fortement radicalisé.

Cela va être une longue, longue lutte pour nous de traiter avec les cas concernés et comment nous pouvons les récupérer dans la société, en plus de trier ceux qui présentent la plus grande menace pour la sécurité.

Compte tenu de leur nombre, qui est un défi de sécurité onéreux, les autorités devront faire face. Certains combattants seront renvoyés par ISIS afin de se livrer à une activité terroriste. Nous avons, dans la dernière année et demie, vu une décision stratégique qui est d’appliquer la terreur et mener des attaques spectaculaires du type que nous avons vu en France et à Bruxelles. Il y aura d’autres tentatives de ce genre.

Si elles ont de moins en moins de succès militaire en Syrie, alors, la capacité de mener des attaques spectaculaires en Europe est une autre façon de soutenir le moral des leurs combattants et démontre qu’ils peuvent être encore être couronnés de succès. C’est une voie stratégique qu’ils tentent de prendre.

Sur les défis de sécurité auxquels nous sommes confrontés, nous aurons une lutte à long terme pour réintégrer les combattants de retour, dont certains auront été renvoyés en mission.

Les autres sont plus nombreux, ils n’ont jamais été en Syrie, mais sont encore capables d’être radicalisés pour mener des attaques. »

Sur l’utilisation des voies de migration, M. Wainwright a dit qu’il était « surpris » que l’État Islamique n’ait pas exploité la crise des réfugiés plus largement jusqu’à présent, mais a averti que le nombre de combattants étrangers entrant en Europe avec de faux documents est croissant.

« Nous avons eu des cas, et ils continuent d’être identifiés, des tentatives clandestines au retour – faux passeports, fausses identités, généralement un passeport syrien, pour entrer en Europe, parfois par la voie migratoire (réfugiés).

Certains cas impliquent l’utilisation d’une fausse identité syrienne afin de demander l’asile à leur arrivée en Grèce – puis sont aidés par un complice pour les voyages ultérieurs vers d’autres pays européens.

Dans certains cas, une autre identité est prise, cette fois avec un passeport de l’UE pour voyager dans la zone de libre circulation Schengen. Nous continuons à voir de plus en plus de cas. »

M. Wainwright a déclaré que, pour réduire le danger, Europol déploierait des agents de contre-terrorisme pour aider les gardes-frontières repérant les extrémistes potentiels. Le système serait calqué sur les techniques de l’application des lois britanniques à Heathrow.

Il a dit :

« Les officiers seront, lors de la rotation, déployés sur les îles grecques, peut-être l’Italie. Il y aura une deuxième ligne de défense. Nous espérons déployer certains dans les camps où les réfugiés, les demandeurs d’asile, sont détenus.

Nous sommes préoccupés par les rapports de ces types de centres d’accueil qui sont là pour des activités de radicalisation. »

Au moins deux de ceux qui sont derrière les attentats de Paris en novembre dernier sont connus pour avoir réintégré l’Europe de la Syrie via la Grèce en utilisant de faux passeports syriens.

M. Wainwright a déclaré Europol, qui coordonne l’échange de renseignements entre les membres de l’UE, essaye également d’identifier et de traduire en justice les échanges d’armes illégales et de faux documents.

Il a ajouté :

« La pègre fournit des quantités industrielles de faux documents – principalement pour les personnes vouées à la contrebande, mais certains que nous connaissons sont dirigés vers les réseaux terroristes. Nous avons aussi des dizaines de milliers de suspects impliqués dans le commerce des armes à feu illégales.

Un monde criminel de grande échelle fournit des armes à feu illégales principalement pour des contacts criminels, une proportion faible mais significative est destinée à être utilisés par des terroristes.

Leur fourniture est liée à l’ex-Yougoslavie et une petite partie vient de l’Amérique.

Aussi, une grande partie du trafic est géré, organisé, acheté, vendu et échangé en ligne – en particulier via le « Dark Net ».

La capacité de la police à identifier à la fois l’acheteur et le vendeur est très faible.

Il y a des sites commerciaux à grande échelle pour les armes à feu illégales – comme pour les médicaments – sur le « Dark Net », qui rentre en compte d’une manière importante. »

Sur l’impact du Brexit, M. Wainwright a déclaré que l’application de la loi britannique bénéficierait depuis la conservation du mandat d’arrêt européen et l’accès au système d’information Schengen.

Dans ce système, les données sont partagées à l’échelle européenne sur des personnes ou des objets avec les connexions suspectes de la criminalité.

M. Wainwright a déclaré un accord sans précédent serait nécessaire pour obtenir cela, mais il était « optimiste » que Theresa May pourrait obtenir un résultat positif.

Source : http://www.standard.co.uk/news/world/revealed-isis-sends-new-waves-of-jihadis-to-attack-europe-a3330336.html

Article lié : http://www.algeriepatriotique.com/fr/article/le-directeur-d%E2%80%99europol-%C2%ABdaech-s%E2%80%99appr%C3%AAte-%C3%A0-envahir-l%E2%80%99europe%C2%BB

Lien vers le fichier PDF : http://www.fichier-pdf.fr/2016/08/31/alerte-d-europol-etat-islamique-attaque-europe/

Traduit par Louis Fe et remis en forme par Étienne de Calade pour La France Chrétienne

La France a oublié l’amoureuse bonté de Dieu !

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Voici un discours d’une extraordinaire actualité qui a été prononcé à la Basilique du Sacré Cœur de Montmartre, le 5 juin 1891, par le feu Jacques-Marie-Louis Monsabré, prêtre dominicain français et prédicateur de renom. Ce discours véritable met en valeur ce qui détruit progressivement, et de plus en plus vite, notre civilisation : l’égoïsme, la cupidité, l’athéisme voué à se glorifier soi-même pour ses propres plaisirs, la haine de l’autre et la déchristianisation massive.

« LE ROI D’AMOUR
ÉMINENTISSIMES SEIGNEURS,
MESSEIGNEURS,
MES FRÈRES,

Depuis bientôt vingt ans nous attendons la bienheureuse fête qui nous rassemble aujourd’hui dans ce nouveau temple. Un illustre et vénérable prélat, dont la mémoire est chère à ce diocèse et à toute l’Eglise de France, l’a préparée avec un pieux amour et une patiente sollicitude, et j’ai eu l’honneur, vous devez vous le rappeler, d’être publiquement son interprète pour proposer à la France entière un vœu national, et son inscription au frontispice d’un monument destiné à en perpétuer le souvenir. Ce vœu le voici :

« Christo ejusque Sacratissimo Cordi Gallia poenitens et devota. » « Au Christ et à son Sacré Cœur la France pénitente et consacrée. »

Quelles étaient alors nos espérances ? — Hélas ! nous avions hâte de sortir du profond abîme d’humiliation et de misère où nous avaient plongés la guerre étrangère et la guerre civile, et nous pensions que Dieu, touché d’une promesse solennelle exprimant à la fois notre repentir et notre amour, daignerait jeter sur nous un regard de miséricorde et nous rendre promptement, avec la paix, l’honneur et les vertus d’une nation très chrétienne.

Eh bien, non. Après vingt ans, notre état semble pire qu’au lendemain de nos malheurs. Au dedans, les divisions et les querelles de partis, l’exploitation gloutonne et malhonnête du pouvoir et de la fortune publique, la persécution haineuse du Christ et de son Eglise, l’étouffement graduel et savamment calculé des plus saintes et des plus chères libertés, de larges voies ouvertes à la licence de l’impiété, du libertinage et du crime : et cela sous les yeux d’une masse de conservateurs inertes, qui craignent, en se concertant pour la défense des grands intérêts religieux, nationaux et sociaux, de déranger leurs petites affaires et leurs plaisirs ; sous la poussée d’un prolétariat famélique, que l’oppression d’un travail sans pitié et sans merci a exaspéré, et qui rêve une tempête sociale au risque de s’y noyer. Au dehors, la haine et le mépris des nations ennemies, qu’inquiètent nos armements ruineux et nos agitations politiques, que réjouit le travail insensé de notre décomposition et qui n’attendent qu’un prétexte pour en finir avec nous.

N’avons-nous donc fait auprès de la miséricorde de Dieu qu’une tentative inutile, et nous a-t-il abandonnés ?

Gardons-nous de le croire, mes frères. Ce n’est pas la première fois que Dieu retarde l’heure de sa miséricorde. Il a suspendu pendant plus de quarante siècles l’accomplissement de la promesse, qu’il avait faite à notre premier père, de sauver l’humanité pécheresse, attendant la plénitude de nos maux et de nos désirs pour introduire dans le monde son Verbe Rédempteur. N’avait-il pas le droit de retarder notre salut, et d’éprouver, par ce retard, la sincérité de nos vœux ? Si l’église, dans laquelle nous chantons aujourd’hui la gloire du Christ et de son Sacré Coeur, n’eût été que le monument de notre reconnaissance, notre légèreté l’eût peut-être oubliée dans ses fondements. Dieu a voulu qu’elle fût le monument de nos désirs, et la voilà debout au sommet de cette sainte colline, dominant de près la ville tumultueuse qui s’agite à ses pieds, et, de loin, le pays que déshonorent tant d’actes impies et que troublent tant de passions malsaines. Montmartre d’un côté, la France de l’autre, nous pouvons espérer que ceci sauvera cela.

« Levate capita, quoniam appropinquat redemptio vestra » : « France, relève la tête, parce que ta rédemption est proche. »

Grâce aux largesses de la piété chrétienne, le palais du roi d’amour est prêt ; sur chacune de ses pierres on peut lire : Amour et sacrifice. Venez, Christ béni, entrez dans votre demeure, installez sur son trône le Cœur Sacré qui doit répandre sur nous ses grâces et nous donner, les grandes leçons d’amour dont nous avons besoin pour coopérer à l’œuvre de notre restauration. Vous l’avez dit vous-même : Toute la loi est contenue dans ces deux commandements, que pour notre malheur nous avons oubliés : Aimer Dieu, aimer les hommes ; voilà ce que je veux dire avec vous. Bénissez ma parole, ô divin

roi, afin que je puisse faire comprendre au peuple qui m’écoute, à mon pays tout entier, que vous voulez régner sur nous par l’amour, et qu’il n’y a de salut pour nous que dans l’amour dont votre cœur est à la fois le provocateur, le modèle et le consommateur.

I

Aimer Dieu, c’est le devoir de l’homme, parce que l’homme, créature intelligente, est seul capable de comprendre que le premier être est la souveraine beauté, et mérite, à ce titré, le suprême hommage de tous les cœurs ; bien plus encore, parce que l’homme, en toute sa nature, est l’œuvre d’une bonté infinie qui s’est montrée prodigue de bienfaits.

Aimer Dieu, c’est le devoir du chrétien, parce que le chrétien est le prix des humiliations, des souffrances et de la mort du propre Fils de Dieu, immolé pour le salut du genre humain ; parce que le chrétien racheté a reçu dans son âme une vie nouvelle qui le transforme et le divinise ; parce que le chrétien surnaturellement engendré par Dieu peut aller puiser, à chaque instant, aux sources de grâces qui le guérissent de ses maux, l’illuminent, le fortifient, le perfectionnent et le préparent à l’ineffable bonheur de voir Dieu, de posséder Dieu, de vivre en Dieu et de Dieu pendant l’éternité.

Aimer Dieu, c’est, j’ose le dire, notre devoir national, parce que, plus que tous les peuples, nous avons été l’objet des attentions de la Providence. Laissez-moi vous rappeler ces attentions dont je vous ai déjà parlé lorsque je vous demandais une amende honorable et un vœu.

« Dieu nous a comblés de ses biens. Il nous a donné le fortuné pays où rien ne manque pour faire un peuple heureux et prospère, la France, qu’on a appelée le plus beau des royaumes après celui du Ciel. — Il nous a prodigué toutes les gloires : gloire de la législation, de la magistrature et des armes ; gloire de la science, des lettres et des arts ; gloire du dévouement, de l’apostolat et de la sainteté. — Il nous a délivrés plusieurs fois du péril de mort, et quand la valeur des hommes ne répondait pas à ses desseins miséricordieux, il faisait des miracles et humiliait nos ennemis devant une fille des champs.— Il n’a point permis que nous fussions détachés, comme tant d’autres peuples, du corps de son Eglise, par le schisme et l’hérésie, et à l’heure où nos autels renversés par l’impiété gisaient près d’un trône treize fois séculaire, il a suscité pour les relever le plus grand capitaine des temps modernes. — Il nous a demandé des services d’ami qui ont mérité à la France, avec l’admiration et la reconnaissance du monde catholique, les titres de nation très chrétienne et de fille aînée de l’Eglise. — Souvent il nous a envoyé sa très sainte Mère pour nous consoler, nous encourager, nous avertir, nous reprocher nos fautes, nous inviter à la pénitence. Partout nous rencontrons des monuments qui nous rappellent ses apparitions bénies. Enfin c’est à nous qu’il a montré le Cœur de son divin Fils et qu’il a promis le triomphe de son amour. »

Il semble, mes frères, qu’un immense cri de reconnaissance et d’amour devrait répondre tant de bienfaits. Mais non : hommes, chrétiens et Français, nous sommes ingrats. Votre fidèle amour proteste, sans doute, contre les défaillances du cœur qui nous déshonorent, et cette église votive, que des milliers de dons ont édifiée, témoigne que vous n’avez pas perdu le souvenir de l’amoureuse bonté de Dieu ; mais autour de cette église, autour de vous, quel oubli !

La France, depuis un siècle, a rompu le pacte sacré qui l’unissait à Dieu. Baptisée après une miraculeuse victoire, elle était fière de son baptême et se plaisait à servir la cause du roi des rois. Un jour même, l’héroïque vierge qui la sauvait de la mort osa demander au roi Charles VII le don de son royaume pour prix de ses services. Le roi, étonné, le lui donna après quelque hésitation, et Jeanne d’Arc, l’ayant accepté, voulut que l’acte de donation fût dressé par les quatre secrétaires du roi. Après que l’acte fut Signé, Jeanne donna la France à Dieu et rappela au roi qu’il n’était plus que le lieutenant du roi du ciel devenu roi de France. Nos rois ne comprirent pas bien cette nouvelle et glorieuse investiture, mais, encore, se souvenaient-ils que la France était un royaume chrétien dont les lois, les coutumes, les institutions politiques et sociales devaient être pénétrées de l’esprit du Christ. Cherchez maintenant cet esprit dans la France nationalement déchristianisée, vous ne le trouverez plus. Engouée des droits de l’homme, elle a oublié les droits du roi suprême, et l’impiété, âpre à la destruction de nos religieux souvenirs, en a fait disparaître jusqu’à la dernière trace. Finalement, elle a signifié à Dieu qu’on ne le prierait plus, parce qu’on n’a plus besoin de lui.

Il n’y a plus de France chrétienne ! Mais, au moins, il y a encore des chrétiens en France. Hélas ! quels chrétiens ! Quand vous aurez mis à part le trop petit nombre d’âmes fidèles qui se souviennent pratiquement de leur baptême, vous n’aurez plus sous les yeux qu’une foule immense de gens qui ne savent plus ce que c’est que de vivre surnaturellement et qui n’ont plus gardé des habitudes chrétiennes, si toutefois ils ne les ont pas totalement répudiées, que de rares actes religieux imposés par les convenances et la routine. Combien qui vivent éloignés des sacrements, sources de la grâce ? Combien qui ont déserté nos temples et qu’on ne voit plus près de l’autel, centre du culte que l’humanité chrétienne doit à Dieu ! Combien qui ne tiennent plus aucun compte des lois évangéliques et des préceptes de leur sainte mère l’Église ! Combien qui ne se rappellent plus que le Christ a possédé leur âme et qu’il ne peut y avoir de salut qu’en lui ! Combien qui ont perdu la notion de sa divinité ! Combien qui, sciemment et volontairement, le ravalent à la condition d’un sage vulgaire, dont on peut juger la doctrine et mépriser l’autorité.

Encore, s’il restait beaucoup d’âmes naturellement religieuses et pénétrées de la croyance en Dieu et en sa providence ! Mais non. On ne cesse d’être chrétien que pour se livrer au culte des idoles qui ont remplacé l’Olympe des païens. Les honneurs, la richesse, le bien-être, le plaisir recrutent des milliers d’adorateurs dont l’âme ne s’élève jamais au-dessus de cette misérable terre, et ne va jamais plus loin que le temps présent : êtres matérialisés, qu’on voit vivre et mourir sans Dieu.

Et cet oubli de Dieu, n’est pas encore le comble de nos fautes. Nous sommes allés jusqu’à la méconnaissance de Dieu, jusqu’au mépris formel, jusqu’au blasphème. Le blasphème ! le plus grand des crimes ! Car s’il est un ordre et une grandeur dans le mal, saint Thomas a bien dit :

« L’infidélité étant le plus grand des péchés, combien plus grand est le blasphème qui en est l’expression et qui l’aggrave. »

Le blasphème peut s’appeler, par rapport aux autres péchés, un péché générateur. Il a commencé la longue série des prévarications commises depuis l’origine des siècles, dans le ciel et sur la terre. Le cri de Lucifer emporté par son orgueil vers le trône de Dieu :

« Je monterai, et je serai semblable au Très-Haut », c’était un blasphème.

Le cri que poussera la race des pervers éternellement broyée dans les étreintes de la justice divine, ce sera un blasphème. Péché générateur de tous les maux, il en est la consommation, et déjà on peut l’appeler, dans le cœur et sur les lèvres de l’impie, un péché de réprouvé. Eh bien ! vous ne l’ignorez pas, mes frères, notre siècle est un siècle de blasphémateurs. Je ne parle pas de ces blasphémateurs vulgaires qui profanent journellement le saint nom de Dieu, ni de ces lâches qui, sous les coups de la douleur, suspectent et accusent ses perfections infinies, mais de ceux qui, sous le couvert de la science, insultent les plus saintes vérités. Dieu, sa providence, ses œuvres, son Fils, son Eglise, ils n’ont rien épargné. On les a entendu dire :

« La science suppose qu’il n’y a pas d’être libre supérieur à l’homme. — Dieu n’est qu’une hypothèse. — Il n’y a pas plus de Dieu dans le monde que d’âme dans l’homme. — Dieu n’est pas encore, il se fait. — Il n’y a pas en Dieu de perfection absolue, car la perfection absolue serait le néant. — Le Dieu du christianisme s’en va et se fond à vue d’œil. — L’humanité se substitue à Dieu. — Elle devient sa providence. — Dieu n’a pas fait l’homme ; l’homme est un perfectionnement de l’animal, son âme est une fonction du système nerveux, et sa pensée est inhérente à la substance cérébrale. — L’immortalité de l’âme est un non-sens. — La morale n’a d’existence que dans l’humanité. — L’homme fait la sainteté de ce qu’il croit, comme la beauté de ce qu’il aime. — Le vice et la vertu sont des produits comme le sucre et le vitriol. — Jésus-Christ n’est qu’un moraliste aimable, habile et peu sincère. — Ce qui a fait sa grandeur aux yeux de ses contemporains et de ses premiers adorateurs est pour nous une tache dans son idéal. — Son Évangile n’est que le testament d’une société agonisante. — Ses dogmes ont fait leur temps. — Sa religion tombe en lambeaux. — Son Église est une ennemie systématique des lumières et du progrès ; il faut mettre à exécution contre elle la grande pensée du siècle passé : « ÉCRASONS L’INFAME ! » »

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Hitler, socialiste antisémite et raciste

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Les articles sur l’Ancien Testament ont été publiés. La partie du Nouveau Testament sera publiée l’année prochaine, à partir du mois de juin 2017, sur le blog https://saintmichelarchange.wordpress.com/. Vous retrouverez sur ce même blog saintmichelarchange, à partir du mois de septembre, l’histoire de Maman Marguerite, mère de saint Jean Bosco, suivi de l’histoire de saint Dominique Savio. Le travail a été conséquent.

J’en profite pour vous faire connaître une facette cachée du parti nazi : celui-ci était socialiste. Le parti s’appelait tout d’abord « Parti des Travailleurs Allemands » avant de se transformer en « Parti National-Socialiste des Travailleurs Allemands ». Son antisémitisme et son racisme lui ont assuré une odieuse progression en se basant sur la rapine et le meurtre de populations soi-disant inférieures.

Cette immonde doctrine rappelle le malthusianisme et son ambition moderne (le transhumanisme) de dépeupler la planète sans prendre soin des hommes qui y habitent. Il est plus facile de « tuer l’homme » par toutes sortes de moyens (finance totalitaire, technologie liberticide, chômage de masse, migrations de peuples qui ne se comprennent pas (cela rappelle l’invasion des peuples européens sur le continent américain. Ces mouvements de masse ont déclenché la guerre civile entre les néo-américains et les tribus autochtones amérindiennes. Cela a fini par engendrer le terrible génocide amérindien), etc.) que de chercher « à l’anoblir ».

Par conséquent, la doctrine nazie, comme tant d’autres, est opposée à l’histoire sacrée des Hébreux et de leurs successeurs Chrétiens, peuples dignes de la vraie foi en Jésus-Christ, Fils de Dieu, Béni à jamais. Si la France est aujourd’hui athée, elle retrouvera la vraie foi après avoir grandement souffert. Il s’agit d’une promesse formelle.

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Hitler, socialiste antisémite et raciste

Du DAP au NSDAP

En octobre 1919, Adolf Hitler adhère au Parti des Travailleurs Allemands, Deutsche Arbeiterpartei (DAP), séduit par Anton Drexler, l’un de ces fondateurs, qui lui avait remis une brochure dont il était l’auteur, intitulé « Mon éveil politique ». Le DAP, créé la même année, était un parti d’influence révolutionnaire antisémite, anti-occidental, anti-slave et… anti-capitaliste.

Du Parti des Travailleurs Allemands, le nom sera modifié en Parti National-Socialiste des Travailleurs Allemands (NSDAP) suivant les recommandations de Hitler lui-même en 1920. C’est un peu plus tard, en avril 1921, qu’il prit la tête du NSDAP.

Il est à noter que le DAP/NSDAP fût fondé avec des socialistes révolutionnaires, principalement Anton Drexler. Ce fait est rappelé par l’historien William Shirer dans « Le Troisième Reich, des origines à la chute ».

Les 25 points du DAP

Quelques mois avant le changement de nom du Parti des Travailleurs Allemands (DAP), Adolf Hitler présente lui-même un programme en 25 points, votés et approuvés devant une assemblée de 2,000 membres, le 24 février 1920 à Munich, dans la brasserie Hofbräuhaus.

Parmi ces 25 points, quelques intitulés que ne renieraient certainement pas, bien des partis de gauche, encore aujourd’hui :

7. Nous exigeons que l’État s’engage à procurer à tous les citoyens des moyens d’existence.
11. La suppression du revenu des oisifs et de ceux qui ont la vie facile, la suppression de l’esclavage de l’intérêt.
13. Nous exigeons la nationalisation de toutes les entreprises appartenant aujourd’hui à des trusts.
14. Nous exigeons une participation aux bénéfices des grandes entreprises.
15. Nous exigeons une augmentation substantielle des pensions des retraités.
16. Nous exigeons la création et la protection d’une classe moyenne saine, la remise immédiate des grands magasins à l’administration communale et leur location, à bas prix, aux petits commerçants. La priorité doit être accordée aux petits commerçants et industriels pour toutes les livraisons à l’État, aux Länder ou aux communes.
17. Nous exigeons une réforme agraire adaptée à nos besoins nationaux, la promulgation d’une loi permettant l’expropriation, sans indemnité, de terrains à des fins d’utilité publique – la suppression de l’imposition sur les terrains et l’arrêt de toute spéculation foncière.
20. L’extension de notre infrastructure scolaire doit permettre à tous les Allemands bien doués et travailleurs l’accès à une éducation supérieure, et par là à des postes de direction. Les programmes de tous les établissements d’enseignement doivent être adaptés aux exigences de la vie pratique. L’esprit national doit être inculqué à l’école dès l’âge de raison (cours d’instruction civique). Nous demandons que l’Etat couvre les frais de l’instruction supérieure des enfants particulièrement doués de parents pauvres, quelle que soit la classe sociale ou la profession de ceux-ci.
21. L’État doit se préoccuper d’améliorer la santé publique par la protection de la mère et de l’enfant, l’interdiction du travail de l’enfant, l’introduction de moyens propres à développer les aptitudes physiques par l’obligation légale de pratiquer le sport et la gymnastique, et par un puissant soutien à toutes les associations s’occupant de l’éducation physique de la jeunesse.
25. Pour mener tout cela à bien, nous demandons la création d’un pouvoir central puissant, l’autorité absolue du parlement politique central sur l’ensemble du Reich et de ses organisations, ainsi que la création de Chambres professionnelles et de bureaux municipaux chargés de la réalisation, dans les différents Länder, des lois-cadre promulguées par le Reich.

Source : http://webresistant.over-blog.com/article-hitlerisme-rohmisme-le-socialisme-hitlerien-111215699.html

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Le Monde Diplomatique, mai 2005, texte de Götz Aly, « Ainsi Hitler acheta les Allemands ». Götz Aly est également l’auteur de « L’Etat du peuple de Hitler. Pillage, guerre raciale et socialisme national » paru en 2005.

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La politique de Hitler a longtemps bénéficié d’un solide consensus, résultat d’une propagande massive et d’une répression féroce. L’historien Götz Aly révèle, lui, comment les nazis mirent à profit le pillage de l’Europe, à commencer par celui des biens juifs, pour assurer aux Allemands un niveau de vie élevé.

Par Götz Aly

 

Historien, Berlin. Ce texte est extrait de son livre Hitlers Volkstaat. Raub, Rassenkrieg und Nationaler Sozialismus (L’Etat du peuple de Hitler. Pillage, guerre raciale et socialisme national), publié en mars 2005 chez S.Fischer (Francfort), et dont la traduction en français sortira chez Flammarion (Paris) en octobre 2005.

Ce livre traite une question simple, qui n’a toujours pas trouvé de réponse : comment cela a-t-il pu arriver ? Comment les Allemands ont-ils pu, chacun à son niveau, permettre et commettre des crimes de masse sans précédent, en particulier le génocide des juifs d’Europe ? Si la haine attisée par l’Etat de toutes les populations « inférieures », des « polacks », des « bolcheviques » et des « juifs », faisait sans doute partie des conditions nécessaires, elle ne constitue pas une réponse suffisante.

Dans les années précédant le régime hitlérien, il n’y avait pas plus de ressentiment chez les Allemands que chez les autres Européens ; leur nationalisme n’était pas plus raciste que celui des autres nations. Il n’y a pas eu de Sonderweg (exception allemande) qui permettrait d’établir une relation logique avec Auschwitz. L’idée qu’une xénophobie spécifique, un antisémitisme exterminateur, se serait développée très tôt en Allemagne ne repose sur aucune base empirique. Supposer qu’un fourvoiement aux conséquences particulièrement funestes aurait nécessairement des causes spécifiques et lointaines est une erreur. Le Parti national-socialiste allemand des travailleurs (NSDAP) doit la conquête et la consolidation de son pouvoir à un ensemble de circonstances, et les facteurs les plus importants se situent après 1914, pas avant.

La relation entre peuple et élite politique sous le national-socialisme se trouve au centre de cette étude. Il est établi que l’édifice du pouvoir hitlérien fut, dès le premier jour, extrêmement fragile, et il faut se demander comment il fut stabilisé, de manière approximative, certes, mais suffisante pour durer douze années enflammées et destructrices. C’est pourquoi il convient de préciser la question posée d’abord de façon générale («Comment cela a-t-il pu arriver?») : comment une entreprise qui apparaît de manière rétrospective aussi ouvertement mystificatrice, mégalomane et criminelle que le nazisme a-t-elle pu faire l’objet d’un consensus politique d’une ampleur que nous avons aujourd’hui du mal à expliquer ?

Pour essayer d’apporter une réponse convaincante, je considère le régime nazi sous un angle qui le présente comme une dictature au service du peuple. La période de la guerre, qui fait également ressortir très clairement les autres caractéristiques du nazisme, permet de répondre au mieux à ces questions si importantes. Hitler, les Gauleiter (chefs régionaux) du NSDAP, une bonne partie des ministres, secrétaires d’Etat et conseillers ont agi en démagogues classiques, se demandant systématiquement comment assurer et consolider la satisfaction générale, achetant chaque jour l’approbation de l’opinion, ou, à tout le moins, son indifférence. Donner et recevoir fut la base sur laquelle ils érigèrent une dictature consensuelle toujours majoritaire dans l’opinion, l’analyse de l’effondrement intérieur à la fin de la première guerre mondiale ayant fait apparaître les écueils que devait éviter leur politique de bienfaisance populaire.

Pendant la seconde guerre mondiale, les responsables nazis tentèrent donc d’une part de distribuer les vivres de façon que leur répartition soit ressentie comme juste, surtout par les plus modestes ; d’autre part, ils firent tout pour maintenir la stabilité au moins apparente du reichsmark (RM) afin de prévenir tout scepticisme lié au souvenir de l’inflation de guerre de 1914 à 1918 ou de l’effondrement de la monnaie allemande en 1923 ; enfin, ils firent en sorte, ce qui n’avait pas été le cas pendant la première guerre mondiale, de rétribuer suffisamment les familles, qui recevaient près de 85% des salaires nets antérieurs des soldats mobilisés ; contre moins de la moitié pour les familles britanniques et américaines dans la même situation. Il n’était pas rare que les épouses et les familles des soldats allemands aient plus d’argent qu’avant la guerre ; elles bénéficiaient aussi des cadeaux rapportés en masse par les permissionnaires et des colis envoyés des pays occupés par la poste aux armées.

Pour renforcer cette illusion d’acquis garantis et susceptibles encore de s’accroître, Hitler obtint que ni les paysans, ni les ouvriers, ni même les employés et les petits et moyens fonctionnaires ne soient touchés de manière significative par des impôts de guerre, ce qui représentait là encore une différence essentielle par rapport à la Grande-Bretagne et aux Etats-Unis. Mais cette exonération de la grande majorité des contribuables allemands s’accompagna d’une augmentation considérable de la charge fiscale pour les couches sociales disposant de gros ou de très gros revenus. L’impôt exceptionnel de 8 milliards de reichsmarks que durent verser les propriétaires immobiliers fin 1942 constitue ainsi un exemple frappant de la politique de justice sociale pratiquée ostensiblement par le IIIe Reich, tout comme l’exonération fiscale des primes pour le travail de nuit, le dimanche et les jours fériés accordée après la victoire sur la France, et considérée jusque récemment par les Allemands comme un acquis social.

Autant le régime nazi fut impitoyable dans le cas des juifs et des populations considérées, d’un point de vue racial, comme inférieures ou étrangères (fremdvölkisch), autant sa conscience de classe le poussait à répartir les charges à l’avantage des plus faibles.

Il va de soi que les seules classes fortunées (4% des contribuables allemands gagnaient alors plus de 6000RM par an) ne pouvaient apporter par leurs impôts les fonds nécessaires au financement de la seconde guerre mondiale. Mais alors, comment la guerre la plus coûteuse de l’histoire mondiale fut-elle financée pour que la majorité de la population s’en trouve le moins affectée possible ? La réponse est évidente : Hitler a épargné les aryens moyens aux dépens du minimum vital d’autres catégories de personnes.

Pour conserver les faveurs de son propre peuple, le gouvernement du Reich a aussi ruiné les monnaies d’Europe en exigeant des frais d’occupation toujours plus élevés. Pour assurer le niveau de vie de sa population, il fit voler aux autres des millions de tonnes de denrées alimentaires pour nourrir ses soldats, et expédier ce qui restait en Allemagne. De même que les armées allemandes étaient censées se nourrir sur le dos des pays occupés, elles devaient régler leurs dépenses courantes avec l’argent de ces pays, et elles y parvinrent largement.

Les soldats allemands déployés à l’étranger –autrement dit, presque tous– et l’ensemble des prestations fournies à la Wehrmacht dans les pays occupés, les matières premières, produits industriels et denrées alimentaires achetés sur place pour la Wehrmacht ou destinés à être expédiés en Allemagne, tout cela était payé en monnaie autre que le reichsmark. Les responsables appliquaient expressément les principes suivants : si quelqu’un doit mourir de faim, que ce soient les autres ; si l’inflation de guerre est inévitable, qu’elle touche tous les pays sauf l’Allemagne.

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Les derniers temps avant Jésus-Christ

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« Les derniers temps avant Jésus-Christ » extrait de « les principaux faits de l’histoire sainte » de l’abbé L. Bataille. Page 161 à 163

« Après la mort du pieux et héroïque Judas, ses frères se mirent tour à tour à la tête du peuple et remportèrent de nouvelles et décisives victoires sur leurs ennemis. Les Syriens furent définitivement chassés et la Judée reconnue indépendante. Alors une assemblée générale de la nation déclara le souverain pouvoir héréditaire dans la famille des Machabées « jusqu’au jour où s’élèverait le Prophète véritable ».

Mais les descendants des Machabées ne furent pas dignes de leurs ancêtres : ils ne tardèrent pas à s’amollir et insensiblement, ils laissèrent tomber la nation Juive dans les désordres de l’irréligion et de l’anarchie.

C’est alors qu’on vit apparaître les deux grandes sectes religieuses des Pharisiens et des Sadducéens. Les premiers étaient des Juifs orgueilleux et hypocrites qui n’avaient qu’une religion purement extérieure et pleine de superstitions. Les Sadducéens, eux, niaient l’immortalité de l’âme, la résurrection des corps et, par conséquent, les peines de l’autre monde ; ils menaient une vie très corrompue. Ces deux sectes comptaient des membres nombreux parmi les riches et les puissants de la société. Elles dominaient absolument le peuple et faisaient peser sur lui une tyrannie qui, plus tard, provoqua fréquemment l’indignation de Jésus-Christ. La nation juive était donc tombée bien bas et elle soupirait avec ardeur après l’arrivée du Libérateur promis.

Chez les autres peuples, c’était pis encore : partout l’idolâtrie avec son cortège ordinaire de mœurs dissolues et de misères indicibles. Tout était Dieu, sauf Dieu lui-même. Rome, devenue maîtresse du monde, adorait jusque 30 000 divinités ! Et quelles divinités ! Loin de recommander la vertu, elles étaient regardées comme des protectrices des vices les plus dégradants. De plus, les deux tiers de la société vivaient sous l’esclavage des riches et des puissants du jour. Ces esclaves étaient considérés comme la propriété de leurs maîtres, qui avaient sur eux droit de vie ou de mort. On les achetait dans les marchés publics comme des animaux, et, on les traitait de même. Quand ils étaient hors de service, on les laissait mourir de faim. La vieillesse était méprisée ; l’enfance n’était élevée qu’en vue du bénéfice qu’on pourrait en retirer plus tard ; la femme était regardée comme un être de second rang, sans dignités et sans droits.

Cependant, au milieu de cette dégradation universelle, les peuples avaient conservé le souvenir des promesses faites à l’humanité après la chute d’Adam. Les Juifs, dispersés de toutes parts par les persécutions, avaient ravivé ce souvenir et fait connaître les prédictions des prophètes au sujet du Messie promis. Chez les Romains, chez les Grecs, chez les Germains, chez tous les peuples enfin, on attendait l’arrivée « d’un enfant extraordinaire, d’un Docteur inconnu, d’un Sauveur, d’un roi sage et puissant, d’une origine céleste, qui devait écraser l’esprit mauvais et ramener le bonheur sur la terre ».

De plus, tout était prêt pour l’avènement du Messie. L’empire Romain avait étendu sa puissance partout ; les barrières des nations rivales étaient détruites ; tous les chemins étaient ouverts pour la prédication de la bonne nouvelle ; une paix générale, inconnue jusque-là, tenait les peuples dans l’attention de ce qui allait arriver, et l’abjection profonde où le monde croupissait, excitait dans les cœurs le désir de voir se lever l’aurore de la délivrance.

Toutefois, il fallait auparavant qu’une dernière condition reçût son accomplissement : la prophétie de Jacob concernant le sceptre de Juda. Voici comment elle se réalisa. Deux frères se disputaient le pouvoir royal à Jérusalem et toute la Judée était bouleversée par suite de cette querelle. Les Romains, qui étendaient de plus en plus leur puissance dans le monde, profitèrent de la circonstance : sous prétexte d’apaiser la dispute, ils intervinrent et finirent par rendre la Judée tributaire de Rome. Quelque temps après (l’an 40 avant J.-C.), afin de consolider leur autorité à Jérusalem, ils disposèrent de la couronne royale et la donnèrent à un prince étranger qui leur était particulièrement dévoué, Hérode l’Iduméen. Cette fois le sceptre était sorti de la maison de Juda : c’était l’heure de l’arrivée du Messie, Jésus-Christ, Notre-Seigneur, Loué et Béni à jamais. »

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Le triomphe de Judas Machabée

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« Matathias et Judas Machabée » extrait de « les principaux faits de l’histoire sainte » de l’abbé L. Bataille. Page 158 à 160

« La persécution d’Antiochus ne donna pas seulement des martyrs à la Judée, elle y suscita des héros qui, les armes à la main, revendiquèrent l’indépendance de leur patrie. Un saint prêtre, nommé Matathias, donna le signal de la révolte contre l’infâme tyran. Sollicité de se soumettre aux décrets et de sacrifier aux idoles, il tua l’officier Syrien qui présidait au sacrifice, renversa l’autel, et, brandissant son arme ensanglantée, il s’écria :

« Que celui qui veut rester fidèle au Seigneur me suive ! »

Et il s’enfuit dans les montagnes avec ses cinq fils Jean, Simon, Judas, Éléazar et Jonathan. Beaucoup de Juifs fidèles répondirent à sa voix et, au bout de peu de temps, il se vit à la tête d’une armée assez forte pour prendre l’offensive. Il se mit donc à parcourir le pays, chassant les étrangers, renversant les autels idolâtriques et rétablissant partout le culte du vrai Dieu. Mais la mort vint le surprendre au milieu de ses succès.

Son fils Judas reprit l’œuvre de la délivrance et la poursuivit avec une vaillance telle qu’il mérita le surnom de Machabée, c’est-à-dire qui frappe avec le marteau. Semblable à un lion, il se rendit redoutable aux ennemis de son pays et de son Dieu ; il défit les généraux d’Antiochus dans quatre combats successifs et finit par se rendre maître de Jérusalem. Son premier soin, alors, fut de purifier le temple profané par les païens et d’y rétablir le culte du vrai Dieu. Le sanctuaire fut restauré et de nouveau consacré au Seigneur, par une dédicace solennelle qui dura huit jours.

En apprenant les revers de ses généraux, Antiochus résolut de se venger. Il monta sur un char et donna l’ordre de précipiter la marche vers Jérusalem, afin, disait-il d’en faire le tombeau de tous les Juifs. Mais la main de Dieu l’arrêta. Soudain, il fut pris d’une violente douleur aux entrailles et tomba de son char. Il se fit de fortes blessures ; peu après, des plaies immondes se formèrent et une gangrène infecte dévora ses chairs. L’orgueilleux tyran comprit que Dieu même le frappait et voulut apaiser sa justice par des prières et des promesses de réparation. Mais son repentir n’était pas sincère : Dieu ne l’exauça pas, et il mourut dans le désespoir et des souffrances inexprimables.

Cependant son fils et son successeur Antiochus Eupator, reprit les hostilités et envoya en Judée un de ses meilleurs généraux avec une brillante armée. Machabée invoqua le Seigneur, et, confiant dans son secours il engagea le combat. Tout à coup, au plus fort de la mêlée, cinq cavaliers apparurent dans les airs à côté de Judas, lançant contre les Syriens des traits foudroyants. À cette vue, le trouble se jeta dans les rangs ennemis et 20 000 hommes d’infanterie et 6 000 cavaliers furent tués ; le reste prit la fuite.

Avec le secours de Dieu, Judas vainquit encore les Syriens et leurs alliés dans plusieurs autres combats. Une fois, un certain nombre de Juifs étaient restés sur le champ de bataille. Quand on voulut les ensevelir, on trouva sous leurs vêtements des objets idolâtriques dont le contact était défendu aux Hébreux. On comprit alors pourquoi ils avaient péri et l’on supplia le Seigneur de leur pardonner ce péché. Ce fut à cette occasion que Judas Machabée envoya 12 000 drachmes d’argent à Jérusalem, afin qu’on offrit un sacrifice d’expiation pour ces morts, « car c’est une sainte et salutaire pensée de prier pour les morts, afin qu’ils soient rachetés de leurs péchés. »

La mort de Judas fut aussi glorieuse que sa vie. Attaqué un jour à l’improviste par des forces vingt fois supérieures aux siennes, il se vit abandonné de la plupart de ses soldats, et resta avec 800 hommes. Ceux-ci l’engageaient à fuir.

« Non ! Non ! s’écria le héros ; Dieu nous garde de fuir devant l’ennemi ! Si notre dernière heure est arrivée, mourons pour la patrie et ne souillons pas notre gloire d’une tache ineffaçable. »

Il dit et s’élança dans les rangs ennemis ; il fit des prodiges de valeur ; mais enfin, accablé sous le nombre, il tomba frappé de mille coups. Sa petite troupe prit alors la fuite, en emportant le cadavre de son chef magnanime. Tout Israël pleura pendant plusieurs jours la mort de son libérateur.

Réflexions. Quand la patrie est en danger, on dit que tout citoyen doit se faire soldat pour la défendre ; de même, quand l’Église est attaquée, comme elle l’est de nos jours, tout chrétien doit se faire le véritable soldat de Jésus-Christ. Comment ? En priant pour le triomphe de l’Église et l’humiliation de ses ennemis ; en donnant toujours l’exemple d’une inviolable fidélité à ses lois ; en fuyant ceux qui conspirent contre elle ; en soutenant sa cause par une parole convaincue et dévouée, quand elle est calomniée en notre présence. Un bon enfant ne peut laisser insulter sa mère sans rien dire. Et nous le voyons par l’exemple des Machabées : si les bons étaient plus vaillants, combien les méchants seraient moins audacieux et moins forts ! »

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Le martyr d’Éléazar et des sept jeunes Machabées

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« Persécution d’Antiochus-Épiphane » extrait de « les principaux faits de l’histoire sainte » de l’abbé L. Bataille. Page 156 à 158

« L’orgueilleux et cruel Antiochus-Épiphane, roi de Syrie, persécuta le peuple Juif avec un infernal acharnement dans le but de le contraindre à abandonner sa religion et à embrasser le paganisme. Le temple de Jérusalem fut profané et dédié à Jupiter, le père des dieux ; le Sabbat et les fêtes nationales supprimés ; les Juifs sommés de sacrifier aux idoles. Beaucoup cédèrent devant les menaces ; mais un grand nombre aussi préféra la mort à l’apostasie. Les plus illustres martyrs de cette persécution furent Éléazar et les Machabées d’Antioche.

Éléazar était un vieillard de 99 ans et l’un des premiers parmi les docteurs Juifs. On voulait le forcer à manger de la viande de porc immolé aux idoles ; il refusa et se déclara prêt à mourir plutôt qu’à se souiller. D’anciens amis essayèrent de le sauver et l’exhortèrent à tromper le roi, en mangeant d’une viande qu’ils avaient apportée et qui n’était pas défendue par la loi de Moïse.

« Non, non ! répondit-il d’une voix forte ; plutôt la mort ! Une telle dissimulation serait le déshonneur de ma vieillesse. Tous ces jeunes diraient : Éléazar s’est fait apostat à 99 ans ! Mon exemple les pervertirait et j’emporterais au tombeau, avec la malédiction de Dieu, une mémoire chargée de mépris. D’ailleurs, mort ou vif, ne suis-je pas toujours sous la main du juste Juge ? En mourant fidèle à mon Dieu, je couronne glorieusement mes cheveux blancs ; et je lègue à mes jeunes concitoyens, l’exemple d’une inviolable fidélité aux lois du Seigneur. »

Il dit et reprit sa marche vers le lieu du supplice. L’héroïsme de sa réponse avait irrité les soldats qui le conduisaient. Ils l’accablèrent de coups et prolongèrent à plaisir les tortures de son agonie.

« Ô mon Dieu ! dit la noble victime en expirant, vous savez que je pouvais éviter cette mort cruelle ; mais vous savez aussi que je suis heureux de souffrir et de mourir pour vous. »

La jeunesse eut aussi ses martyrs. Une famille juive d’Antioche, surnommée les Machabées, et composée d’une mère avec ses sept enfants, fut conduite devant le roi et sommée de manger des viandes défendues par la loi de Moïse : tous refusèrent. On déchira leur chair à coups de fouets ; tous persistèrent dans leur refus et se déclarèrent prêts à mourir pour leur Dieu. Alors on les prit un à un et on leur coupa successivement la langue, puis les pieds, puis les mains ; ensuite on leur arracha la peau de la tête ; enfin on les jeta dans une chaudière d’eau bouillante. Rien ne les ébranla et les six aînés des fils subirent ainsi le martyre, sous les yeux de leur mère, avec un courage invincible.

Restait le plus jeune avec sa mère. Antiochus attira l’enfant près de lui et lui fit les plus séduisantes promesses pour l’engager à sacrifier aux idoles. Mais le jeune Machabée ne se laissa point ébranler. Alors le roi appela la mère et la conjura d’avoir pitié de son dernier enfant et de l’exhorter à obéir aux lois, afin de sauver sa vie. La mère alla près de son fils et lui dit à voix basse :

« Mon enfant, je t’en supplie ; prends pitié de celle qui t’a donné le jour. Élève tes regards vers le Ciel et ne crains pas les menaces de ce tyran. Sois digne de tes frères et reçois la mort de bon cœur, afin que je te retrouve avec eux dans la ville éternelle… »

Fortifié par cette héroïque exhortation, l’enfant dit aux bourreaux :

« Qu’attendez-vous ? Je ne connais qu’une loi : celle de Moïse ! Je n’obéirai point à l’ordre du roi !… »

En entendant ces paroles, Antiochus entra dans une véritable fureur et fit mourir la mère et l’enfant dans les plus affreuses tortures.

Ce fut ainsi qu’Antiochus mérita d’être appelé le Néron des Juifs. Mais nous verrons comment Dieu exerça son jugement sur ce cruel tyran.

Réflexions. Éléazar meurt martyr, plutôt que de manger de la viande contre la loi de Dieu ; les jeunes Machabées et leur mère, meurent pour le même motif, dans les plus affreux tourments. Quelle foi et quel courage ! Chrétiens, avons-nous une foi vaillante et indomptable ? Y en a-t-il beaucoup parmi nous qui ont le courage d’observer les commandements de Dieu et de l’Église, en toutes occasions, malgré les rires de l’impiété ou les menaces des puissants du jour ? Hélas ! Les vrais chrétiens sont rares ! Beaucoup ne sont plus chrétiens que de nom. Dominés par le souci des intérêts temporels, ils sont indifférents et prêts à apostasier à la première sommation. Pourtant, celui qui veut se sauver doit être digne de Jésus-Christ, pratiquer la religion au péril même de sa vie, aimer Dieu par dessus toutes choses et préférer mourir que de l’offenser. »

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Héliodore chassé du temple et Alexandre-le-Grand

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« Alexandre-le-Grand. Héliodore » extrait de « les principaux faits de l’histoire sainte » de l’abbé L. Bataille. Page 153 à 156

« Après avoir vécu environ 250 ans sous la douce autorité des Perses, les Juifs passèrent sous celle du roi des Grecs, Alexandre-le-Grand, qui devint maître de l’Orient et forma le troisième empire prédit par Daniel (332 avant J.-C.).

Alexandre-le-Grand, ayant vaincu l’armée des Perses et fait la conquête de l’Asie-Mineure, était entré en Palestine avec l’intention de détruire Jérusalem qui avait refusé de se soumettre à ses envoyés. En apprenant cela, le grand-prêtre Jaddus prescrivit des prières publiques pour invoquer le secours du Seigneur. Une vision lui fit connaître ce qu’il devait faire. Le jour de l’arrivée du conquérant Macédonien, il se porta à sa rencontre, revêtu de ses habits pontificaux, accompagné de tous les prêtres et suivi du peuple Juif tout entier, marchant dans un ordre parfait. Alexandre, en apercevant cet admirable cortège, se sentit ému, et quand il vit le Pontife s’avancer majestueusement vers lui, portant écrit sur son front le nom de Jéhowa, il se prosterna et adora le Dieu d’Israël. Ses officiers crurent qu’il perdait l’esprit, mais il leur dit que ce même Pontife lui avait apparu en rêve pendant qu’il était encore en Macédoine, et qu’il lui avait promis que son Dieu le rendrait victorieux des Perses (Josèphe).

Arrivé à Jérusalem, le jeune conquérant se rendit au temple et sacrifia au Seigneur. On lui montra alors les prophéties de Daniel qui avait prédit ses rapides victoires et la fondation de son empire, sonore et éclatant comme l’airain. Il fut tellement touché de toutes ces révélations qu’il accorda aux Juifs tout ce qu’ils demandèrent. Et il quitta Jérusalem pour continuer le cours de ses conquêtes. « La terre se tut devant lui », dit l’Écriture ; mais bientôt la mort l’arrêta et le brisa à Babylone, à l’âge de 32 ans, au milieu de ses merveilleux triomphes (323).

Réflexions. Quel spectacle admirable que ce vieillard Jaddus, arrêtant par le seul nom de Jéhovah, le terrible conquérant Macédonien qui jetait l’effroi par toute la terre. Ainsi, nous pouvons défier toutes les puissances de la terre et des enfers, si Dieu est avec nous.

Les généraux d’Alexandre se disputèrent son héritage et la Judée tomba au pouvoir des Ptolémées, rois d’Égypte. Ceux-ci laissèrent aux Juifs leurs lois sacrées, leur magistrature et leur grand-prêtre, comme au temps des Perses. Ptolémée Philopator les traita même avec égards. Voulant placer dans la bibliothèque d’Alexandrie, dont il était le fondateur, les livres saints des Juifs, il demanda au grand-prêtre de lui envoyer le livre de la loi et un certain nombre de docteurs pour le traduire de l’Hébreu en langue Grecque. Ces docteurs, au nombre de septante-deux, se mirent à l’œuvre et leur travail reçut le nom de Version des Septante.

Réflexions. La traduction de la Bible en langue grecque fut toute providentielle. Cette langue étant devenue la langue universelle par suite des conquêtes d’Alexandre, la connaissance des Écritures se répandit partout et prépara la voie à la prédication de l’Évangile.

L’an 203, la Judée fut enlevée aux rois d’Égypte par Antiochus-le-Grand, roi de Syrie.

Sous Séleucus, successeur de celui-ci, il se passa à Jérusalem un fait remarquable. Séleucus avait été informé par un traître, ennemi du grand-prêtre, qu’il y avait de grandes sommes d’argent dans le temple de Jérusalem. Aussitôt, il y envoya un de ses généraux, Héliodore, pour s’emparer du trésor. Le grand-prêtre représenta que le trésor du temple, d’ailleurs peu fourni, servait à l’entretien des veuves et des orphelins ; mais tout fut inutile, le général Syrien entra dans le saint lieu. Au même instant, la puissance de Dieu se manifesta. Un cavalier mystérieux, revêtu d’armes étincelantes, fondit sur Héliodore, tandis que deux jeunes guerriers, entourés d’une auréole de lumière, le frappèrent violemment à coups de verges et l’étendirent à demi-mort sur le pavé du temple. Il ne dut son salut qu’à l’intervention du grand-prêtre qui demanda au Seigneur de lui conserver la vie, afin qu’il put lui-même annoncer à son maître la puissance du Dieu d’Israël. En effet, Héliodore retourna en Syrie et après avoir raconté au roi les terribles événements dont il avait été la victime, il ajouta : « Si vous avez un ennemi à punir, envoyez-le au temple de Jérusalem. »

Réflexions. Héliodore, flagellé par des Anges, est une nouvelle preuve que les profanateurs des choses saintes sont toujours châtiés comme ils le méritent. »

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Esther, figure de la Bénie Vierge Marie

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« Esther » extrait de « les principaux faits de l’histoire sainte » de l’abbé L. Bataille. Page 150 à 153

« La domination des Perses étant fort douce, il arriva que beaucoup de Juifs restèrent dans les provinces Persanes au lieu de retourner en Judée. De ce nombre fut une jeune orpheline du nom d’Esther, qui demeurait à Suse, avec son oncle Mardochée.

Cette jeune fille avait une grâce et une beauté sans égale. Ayant été remarquée par les officiers du roi Assuérus (c’est-à-dire Xercès-le-Grand), qui cherchaient une épouse pour remplacer la reine Vasthi, qui avait été congédiée, elle fut amenée à la cour royale. Suivant le conseil de son oncle, elle eut soin de cacher son origine juive. Son amabilité et ses grâces extraordinaires ravirent le cœur d’Assuérus ; elle devint son épouse et reçut le titre de reine. En même temps, Mardochée eut le bonheur d’entrer au service du roi et de pouvoir ainsi continuer à veiller sur cette enfant qui lui était si chère.

Un jour, Mardochée découvrit une conspiration secrète, tramée contre la vie du roi. Il s’empressa d’en informer Esther qui prévint Assuérus. Les deux principaux conjurés furent condamnés à mort et le fait fut inscrit, avec le nom de Mardochée, dans les annales de l’empire.

Cependant Assuérus avait pour favori un étranger nommé Aman. Il lui plut un jour de s’élever au-dessus de tous les princes de la Perse et ordonna que chacun de ses sujets fléchît le genou sur son passage. Mardochée refusa de se prêter à une adoration qu’il réservait à Dieu seul. Irrité de cet affront public, Aman rêva d’une vengeance digne de sa grandeur et résolut d’envelopper tout le peuple Juif dans la ruine de Mardochée. Il représentera donc au roi que les Juifs formaient dans l’empire une race à part, indépendante, dangereuse et il obtint un édit qui ordonnait de les massacrer tous, à un jour indiqué. La publication de cet édit répandit la consternation parmi les enfants d’Israël.

Dans cette extrémité, Mardochée fit dire à Esther qu’elle devait avouer à Assuérus son origine juive et implorer le salut de son peuple. Mais une loi sévère défendait, sous peine de mort, même à la reine, de paraître devant le roi sans y être appelée. Esther n’hésita pas cependant à braver le péril. Après avoir passé trois jours dans la prière et le jeûne, elle revêtit ses plus riches ornements et se présenta devant Assuérus. Mais le regard menaçant du monarque pénétra jusqu’au fond de son cœur et elle tomba en défaillance. À cette vue, Assuérus s’élança de son trône et courut relever son épouse évanouie. Quand elle fut revenue à elle, il la rassura en s’engageant à lui accorder tout ce qu’elle demanderait, fût-ce même, disait-il, la moitié de son royaume.

« Ô roi, dit Esther, je ne souhaite qu’une chose, c’est que vous me fassiez l’honneur de venir, avec le ministre Aman, au festin que j’ai fait préparer. »

Le roi le lui promit.

Le soir, Assuérus se rendit donc chez la reine avec Aman. À la fin du repas, il demanda à Esther ce qu’elle désirait. Mais Esther crut le moment inopportun pour faire sa demande, elle pria seulement le roi de vouloir encore revenir le lendemain, avec Aman, dîner chez elle. Aman se retira fier de l’insigne honneur que la reine lui faisait. Mais en sortant, il aperçut Mardochée qui refusait, comme de coutume, de s’agenouiller devant lui : il entra dans une violente fureur et ordonna sur-le-champ de dresser une potence gigantesque pour y pendre le Juif obstiné.

Or, la nuit suivante, Assuérus ne put dormir et il se fit lire les annales de son règne. Le lecteur tomba sur l’épisode de la conjuration découverte par Mardochée.

« Mais quelle récompense, interrompit le roi, ce Mardochée a-t-il reçue pour cet éminent service ?
– Aucune, répondirent les serviteurs. »

Le roi fit aussitôt appeler Aman et lui dit :

« Aman, que doit-on faire pour un homme que le roi veut honorer ? »

Le favori pensa qu’il ne pouvait s’agir que de lui et il répondit :

« Il faut que cet homme soit revêtu des habits royaux ; qu’il monte le cheval du roi, portant le diadème au front, et que le premier des princes de l’empire marche devant lui, tenant la bride de son cheval et criant : C’est ainsi que le roi traite celui qu’il veut honorer.
– Eh bien ! répondit Assuérus, hâte-toi de faire cela pour Mardochée ; c’est lui que je veux ainsi honorer. »

Aman sortit atterré : mais il lui fallut dissimuler son dépit et obéir.

Le soir venu, Assuérus se rendit au festin d’Esther avec Aman. Après le repas, il dit :

« Esther, parle maintenant et dis-moi ce que tu désires !
– Grand roi, répondit Esther, puisque j’ai trouvé grâce à vos yeux, je vous conjure de m’accorder la vie, à moi, et à mon peuple ; car, vous nous avez tous condamnés à périr… Encore si l’on se contentait de nous vendre comme esclaves… mais non, notre ennemi est aussi votre ennemi !
– Et quel est ce misérable, interrompit le roi : dénonce-le ! »

Esther étendit la main du côté d’Aman et dit :

« Cet ennemi pervers, le voilà !… »

Foudroyé par ces paroles, Aman demeura immobile de stupeur. Dans sa colère, Assuérus s’était levé et marchait à pas précipités. Aman se jeta aux pieds de la reine et voulut implorer sa grâce. Mais le roi, en le voyant aux genoux d’Esther, fut indigné et dit :

« Comment, le misérable ! Il ose, en ma présence, manquer d’égard à la reine !… Qu’il meure ! »

Et un des serviteurs dit au roi :

« Il y a devant la maison d’Aman, une potence qui était préparée pour Mardochée.
– Que lui-même y soit pendu, dit le roi. »

Et Aman subit le supplice qu’il réservait à Mardochée.

Après cela, Esther avoua au roi que Mardochée était son Oncle. Assuérus le fit venir aussitôt et le combla d’honneurs. Il lui donna tous les biens et toute la puissance d’Aman et fit immédiatement révoquer les ordres donnés pour le massacre des Juifs. C’est en mémoire de cette délivrance inespérée, que les Juifs célèbrent encore aujourd’hui la fête solennelle du Purim ou des sorts.

Réflexions. La vertueuse Esther, qui est choisie entre mille pour être l’épouse d’Assuérus et qui obtient le salut de son peuple, est une figure de la Bénie Vierge Marie qui mérita, par son humilité, d’être choisie pour être la Mère de Dieu, qui sauva l’humanité en nous donnant le divin Rédempteur et ne cesse d’intercéder en notre faveur auprès du Roi du Ciel.

Dieu tient le cœur des rois entre ses mains puissantes ;
Il fait que tout prospère aux âmes innocentes…
J’ai vu l’impie adoré sur la terre ;
Pareil au cèdre, il cachait dans les cieux,
Son front audacieux ;
Il semblait, à son gré, gouverner le tonnerre,
Foulait aux pieds ses ennemis vaincus ;
Je n’ai fait que passer, il n’était déjà plus.
(Racine. Esther) »

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Les derniers prophètes au temps de Cyrus

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« Retour de la captivité – les derniers prophètes » extrait de « les principaux faits de l’histoire sainte » de l’abbé L. Bataille. Page 148 à 150

« Après deux ans de règne, Darius mourut et son neveu Cyrus, roi des Perses, devint maître de tout l’Orient. Aussitôt qu’il fut monté sur le trône (536), il publia ce fameux édit qui permettait aux Juifs de retourner dans leur patrie et d’y rebâtir la ville et le temple de Jérusalem. Il leur remit en même temps les vases sacrés de Nabuchodonosor avait enlevés au sanctuaire. Cet édit mit fin à la captivité de Babylone qui avait duré 70 ans, ainsi que Jérémie et Ézéchiel l’avaient prédit (606-536).

Sous la conduite de Zorobabel, prince de la maison de David, 50 000 Juifs environ retournèrent immédiatement en Judée et se mirent à l’œuvre pour rebâtir le temple du Seigneur. Mais, ayant refusé le concours des Samaritains idolâtres qui s’étaient offerts à travailler avec eux, ils furent sans cesse entravés par leurs jalouses tracasseries et ils ne purent terminer leurs travaux qu’au bout de 21 ans. Mais, d’un autre côté, ils furent puissamment encouragés et stimulés au travail par les prophètes Aggée et Zacharie, qui leur prédisaient que « la gloire du nouveau temple serait plus grande que celle du premier, parce qu’il recevrait la visite du Désiré des nations. » On en fit la dédicace au milieu des plus vifs transports de joie (Ce second temple fut loin d’égaler, en splendeur, celui de Salomon. On y replaça encore la table d’or pour les 12 pains des tribus, le chandelier à sept branches et l’autel des parfums ; mais le Saint des saints resta vide, car l’Arche d’alliance, soustraite par Jérémie au pillage des soldats de Nabuchodonosor, n’avait pu être retrouvée).

Les Samaritains, voyant qu’ils n’avaient pas réussi dans leur opposition, bâtirent un temple rival de celui de Jérusalem, sur la montagne de Garizim, voisine de Samarie, et la haine entre les deux peuples ne fit que s’accroître.

Quelques années plus tard, un successeur de Cyrus, Artaxercès longue main, permit successivement à Esdras et à Néhémie, deux des principaux Juifs restés jusqu’alors en Perse, de rentrer en Judée avec tous ceux qui voudraient les suivre, et il autorisa en particulier Néhémie à relever les remparts de Jérusalem, pour le mettre à couvert contre les attaques des peuples voisins (454). Les Juifs se mirent donc à l’œuvre, ayant la truelle d’une main et l’épée de l’autre pour se défendre contre les Samaritains, et, merveilleusement secondés par le Seigneur, ils relevèrent en 52 jours les murailles de la cité sainte.

Après cela, Esdras, prêtre et docteur de la Loi, fit la lecture publique des livres saints qu’il avait collectionnés et remis en ordre ; et le peuple, ému jusqu’aux larmes, renouvela son alliance avec le Seigneur et signa une promesse solennelle de fidélité à la loi de Moïse.

Esdras et Néhémie s’appliquèrent à rassembler les débris épars du peuple Juif et à le reconstituer en nation, avec un gouvernement stable et régulier. La distinction des tribus disparut pour faire place à une division en 4 provinces : la Judée, la Samarie, la Galilée et la Pérée. Et la nouvelle nation Juive, tout en restant soumise aux rois des Perses, fut gouvernée en république par le Grand-Prêtre, assisté d’un conseil de 72 Anciens appelé Sanhédrin.

Ce fut pendant ce temps de réorganisation sociale que parurent les prophètes Zacharie et Malachie.

Le premier fit plusieurs prédictions très précises concernant le Messie, entre autres : son entrée à Jérusalem, monté sur l’ânon de l’ânesse ; la trahison de Judas pour 30 pièces d’argent ; la fuite des Apôtres ; le coup de lance donné à Jésus sur la croix ; l’institution des Sacrements et l’abolition de l’idolâtrie.

Malachie, le dernier des prophètes (vers l’an 450), annonça spécialement l’institution du sacrifice de la loi nouvelle, sacrifice pur, parfait, abolissant tous les sacrifices anciens, et devant être offert à Dieu en tous lieux et sans interruption.

Réflexions. Entre les mains de Dieu, tout devient moyen pour arriver à ses fins. Le plus souvent ce sont les hommes qui pensent le moins agir pour lui, qui font son œuvre. Ainsi Cyrus ne songeait guère à réaliser les prophéties et à reconstituer la nation de laquelle devait naître le Messie. Cependant il le fait et il devient l’instrument indirect de Dieu pour établir les Juifs dans une fidélité religieuse qui ne devait plus se démentir jusqu’à l’arrivée du Christ. C’est pour ne pas se laisser corrompre par des alliances pernicieuses que les Juifs refusèrent le concours des Samaritains idolâtres ; ainsi, devons-nous fuir la société des idolâtres et des païens, si nombreux de nos jours, si nous voulons conserver intact le trésor de notre foi catholique. »

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Daniel dans la fosse aux lions

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« Daniel dans la fosse aux lions » extrait de « les principaux faits de l’histoire sainte » de l’abbé L. Bataille. Page 145 à 147

« Charmé de sa haute intelligence, Darius associa Daniel à son gouvernement et voulut même lui confier la suprême direction de ses États. Mais les Satrapes ou gouverneurs du pays, jaloux de cette faveur accordée à un étranger, concertèrent un plan pour le perdre. Ils allèrent tous ensemble trouver Darius et lui firent cette proposition qui était de nature à flatter son orgueil.

« Roi Darius, vivez à jamais ! Tous les princes de l’empire vous demandent de publier un édit par lequel il sera prescrit, pendant 30 jours, à vos sujets quels qu’ils soient, de ne faire aucune demande ni à un homme, ni à un Dieu ; mais d’avoir uniquement recours à votre autorité souveraine. »

Sans soupçonner le piège, Darius publia l’Édit.

Or, Daniel avait coutume, trois fois le jour, de se prosterner, la face tournée vers Jérusalem, et d’adorer le Dieu de ses pères. Ainsi que ses ennemis l’avaient prévu, les promulgations de l’édit ne changèrent rien à ses habitudes ordinaires. Il fut donc surpris dans l’attitude de la prière et dénoncé au roi. Cruellement affligé de cette accusation imprévue, Darius chercha un moyen de soustraire le sage Hébreu aux rigueurs de la loi. Mais les Satrapes, devinant sa pensée, lui dirent :

« Songe, ô roi, que les décrets des Mèdes et des Perses sont irrévocables ! »

Darius se crut obligé de céder et Daniel fut jeté dans la fosse aux lions.

« Ô Daniel, lui dit le roi, puisse ton Dieu, ce Dieu que tu sers avec tant de constance, te préserver de la mort ! »

La fosse fut ensuite refermée par une pierre et scellée de l’anneau royal.

Darius rentra au palais le cœur plein d’amertume ; il refusa toute nourriture et, la nuit, il ne put dormir. Le lendemain, dès l’aube, il se leva et courut à la fosse aux lions.

« Daniel ! s’écria-t-il d’une voix pleine de sanglots ; Daniel ! le Dieu auquel tu es si fidèle, n’a-t-il point sauvé ta vie de la dent des lions ? »

Et Daniel, du fond de la fosse, répondit :

« Ô roi, vivez à jamais ! Le Dieu que j’adore m’a envoyé son ange protecteur : il a fermé la gueule des lions qui ne m’ont fait aucun mal. »

Darius, transporté de joie, fit immédiatement retirer Daniel, et l’on constata avec admiration que son corps ne portait aucune trace de blessure. Les Satrapes furent alors condamnés au même supplice qu’ils avaient voulu faire subir à un innocent. Ils furent jetés dans la fosse avec leurs femmes et leurs enfants et, aussitôt, ils furent tous étranglés par les lions. Ensuite le roi renouvela l’ordonnance de Nabuchodonosor qui prescrivait à tous les sujets de révérer le Dieu des Juifs, comme étant le Dieu vivant, éternel et tout-puissant. Quant à Daniel, il continua à jouir des faveurs du roi et à servir fidèlement son Dieu jusqu’à sa mort.

Daniel fit, au sujet du Messie, deux prophéties principales : la première, donnée à l’occasion du songe de Nabuchodonosor, détermine la succession des quatre grands empires et l’avènement du Christ qui doit établir un royaume universel et éternel.

La seconde fait connaître l’époque précise de la venue du Messie.

« L’ange Gabriel m’a révélé, dit-il, que depuis le jour où l’ordre sera donné de rebâtir Jérusalem jusqu’à l’avènement du Christ-Roi, il y aura sept semaines et soixante-deux semaines (69 années * 7 c’est-à-dire 483 années * 360 jours = 173 880 jours prophétiques). Et après ces soixante-neuf semaines, le Christ sera mis à mort ; et alors son peuple sera répudié ; et une nation victorieuse détruira la cité et le sanctuaire ; et ce sera une désolation et une ruine entière. »

Cette dernière prophétie fut accomplie à la lettre. Car l’autorisation de rebâtir les murs de Jérusalem fut donnée par le roi Persan Artaxercès, l’an 454 avant Jésus-Christ. Et depuis ce temps jusqu’au baptême de Notre-Seigneur (l’an 29), il y a exactement 483 ans. Et au milieu de la semaine (en années) qui suivit, Jésus-Christ fut mis à mort et les sacrifices de la loi ancienne cessèrent définitivement. L’an 70 après Jésus-Christ, Jérusalem et le temple furent détruits par les Romains et la nation Juive dispersée à jamais.

Réflexions. Au sujet de l’épreuve que subit Daniel, remarquons ceci : 1° que plus on est élevé en position, plus on a des jaloux et des envieux ; 2° qu’il ne faut jamais compter sur la stabilité des faveurs humaines ; 3° que le juste, pour combler la mesure de ses mérites, doit passer par l’épreuve et la persécution ; 4° que Dieu n’abandonne jamais ses fidèles serviteurs et qu’il déjoue les complots des méchants, aussi bien qu’il dompte la fureur des animaux et des éléments. »

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Le songe de Nabuchodonosor

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Le songe de Nabuchodonosor mérite d’être lu, relu et correctement interprété car il a souvent été repris à des fins intéressées…

« Songe de Nabuchodonosor » extrait de « les principaux faits de l’histoire sainte » de l’abbé L. Bataille. Page 137 à 139

« Peu de temps après cet épisode de Suzanne, un autre événement ménagé par la Providence, donna à Daniel une réputation sans égale dans l’empire Babylonien.

Nabuchodonosor eut un songe dont il demeura fort effrayé à son réveil, mais sans pouvoir s’en souvenir. En vain il convoqua tous les devins de son royaume ; aucun d’eux ne put dire quel avait été le songe du roi, ni par conséquent l’interpréter, Nabuchodonosor ordonna de faire périr tous ces savants dont la science était vaine. Mais Daniel, informé du fait, invoqua le Seigneur et demanda à parler au roi.

Il lui dit :

« Ô roi, les mages et les devins ne peuvent vous découvrir le mystère dont il s’agit ; mais il y a dans le ciel un Dieu qui lit dans les profondeurs des mystères. Et c’est ce Dieu qui a voulu dérouler sous vos regards les secrets de l’avenir. Voici, ô roi, quel a été votre songe.

Vous avez vu se dresser devant vous une immense statue dont le regard était terrible. La tête de cette statue était d’un or très pur ; la poitrine et les bras d’argent ; le ventre et les cuisses d’airain ; les jambes de fer et les pieds moitié fer et moitié argile. Et vous considériez cette apparition, lorsqu’une pierre, se détachant elle-même d’une montagne voisine, roula jusqu’à la statue et l’atteignit aux pieds. Alors le fer, l’argile, l’airain, l’argent et l’or se brisèrent ensemble et la statue fut réduite en une poussière légère que le vent dissipa. Cependant, la pierre qui avait frappé la statue, se mit à grandir et elle devint une montagne qui couvrit toute la terre.

Grand roi, tel fut votre songe ; en voici l’interprétation :

Vous êtes le roi des rois ; le Dieu du ciel vous a donné l’empire, la force et la gloire, et il a soumis toutes choses à votre puissance. Ainsi, c’est vous qui êtes la tête d’or. Après vous, s’élèvera un autre empire, moindre que la vôtre, figuré par le buste d’argent de la statue. Un troisième empire lui succédera qui sera d’airain et commandera à la terre. Et un quatrième empire, qui sera de fer, brisera et broiera l’univers, comme le fer brise et broie toutes les substances. Mais cet empire aura un mélange d’argile ou de faiblesse, et ses différentes provinces ne pourront jamais s’unir et se fondre ensemble. Et dans ce temps, Dieu suscitera un royaume nouveau, qui réduira en poudre tous les empires précédents et subsistera éternellement ; c’est la pierre, détachée de la montagne, qui a brisé la statue et couvert la terre. »

En entendant ces paroles du jeune Hébreu, Nabuchodonosor fut frappé d’admiration. Il se prosterna le visage contre terre et adora le Dieu d’Israël, disant :

« Ton Dieu est véritablement le Dieu des dieux, le Seigneur des rois et le maître de l’avenir, puisqu’il a pu te découvrir des choses aussi cachées. »

Ensuite, il donna à Daniel de magnifiques présents, le combla d’honneur et l’établit gouverneur de toutes les provinces de la Babylonie. Et sur sa demande, il lui adjoignit comme sous-gouverneurs, ses trois amis Ananias, Misaël et Azarias.

La suite des événements est venue confirmer la vérité de cette grande prophétie de Daniel. L’empire des Assyriens et des Mèdes (Babylone) a été vaincu et remplacé par celui des Perses ; celui-ci par l’empire des Grecs (Alexandre le Grand) ; ce troisième par l’empire des Romains. C’est alors que Jésus-Christ, la pierre angulaire, est descendu de lui-même des hauteurs des cieux et a fondé le royaume de son Église. Celle-ci s’est développée peu à peu, a grandi et s’est étendue par toute la terre. Nulle puissance ne peut prévaloir contre elle et elle subsistera jusqu’à la fin des temps.

Réflexions. Dieu tient dans ses mains le cœur des hommes et les destinées des peuples. Il gouverne tout par sa Providence et fait servir à l’exécution de ses desseins tous les événements qui agitent le monde. Sans négliger le soin des plus petits détails de notre existence, il embrasse, d’un seul coup d’œil, les faits successifs des siècles. Et tous ces faits, dispersés dans l’histoire, arrivent à l’heure et à l’endroit voulu pour réaliser ses desseins, directement ou indirectement. La succession des quatre grands empires destinés à préparer le monde à l’établissement stable et universel de l’Église de Jésus-Christ, est une preuve frappante de la sagesse avec laquelle il dirige toutes choses. »

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Les prophéties d’Isaïe sur le Messie

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Isaïe a magnifiquement prophétisé la venue de Notre Seigneur Jésus-Christ tandis que Michée a annoncé le lieu de Sa naissance !

« Les prophètes Isaïe et Michée » extrait de « les principaux faits de l’histoire sainte » de l’abbé L. Bataille. Page 128 à 130

« Le prophète Isaïe parut vers l’an 700 avant Jésus-Christ et prophétisa pendant plus de 50 ans. Par la sublimité de son langage, il s’élève comme un aigle au-dessus de tous les autres prophètes. Son idée dominante est celle-ci : Il n’y a de salut qu’en Dieu, par le Christ, le Rédempteur futur. Il développe cette idée, tantôt par des paroles pleines de tendresse, tantôt par des menaces sévères. Et il décrit à l’avance le portrait du Messie, d’une manière si exacte, qu’il semble être un historien plutôt qu’un prophète. C’est pour cela qu’il est quelquefois appelé : l’Évangéliste de l’Ancien Testament.

Ses principales prophéties concernant le Messie sont les suivantes :

1. Le Christ aura un précurseur : une voix s’élève du désert et dit : « Préparez la voie du Seigneur ; aplanissez les sentiers de votre Dieu. »
2. Il sera du sang royal de David : « Un rejeton sortira de la tige de Jessé (ou Isaïe, père de David) ; et l’Esprit du Seigneur reposera sur lui. »
3. Sa mère sera Vierge et il sera tout ensemble Dieu et homme : « Voici que la Vierge concevra et enfantera un fils ; et il sera appelé Emmanuël (Dieu est avec nous). Un petit enfant nous est né, à lui appartient la puissance : il est Dieu, Père de l’éternité, Prince de la paix. »
4. Il sera adoré par les rois : « Les rois viendront de l’Orient honorer son berceau et lui offrir des présents. »
5. Il prêchera le salut à tous et fera de nombreux miracles : « Loin de rebuter les pécheurs, sa voix les appellera. Dieu viendra lui-même vous sauver. Alors les yeux de l’aveugle verront la lumière, les oreilles du sourd seront ouvertes ; le boiteux bondira comme le cerf et la langue du muet sera déliée. »
6. Il souffrira volontairement une passion et une mort ignominieuses : « Il nous a paru le dernier des hommes, un homme de douleurs, semblable à un lépreux frappé de la colère de Dieu ; il a été mis au nombre des scélérats ; il a été mené à la mort, comme une brebis que l’on va égorger ; il a été sacrifié parce qu’il l’a voulu et il n’a pas ouvert la bouche ; il a été broyé pour nos crimes et nous avons été guéris par ses blessures. »
7. Il aura des apôtres et de nombreux disciples : « Je choisirai des hommes que je marquerai d’un signe particulier, et je les enverrai aux nations… Parce qu’il a volontairement souffert la mort, il aura en partage un peuple nombreux. »
8. Son Église s’étendra parmi les Gentils et sur le monde entier : « Lève-toi, Jérusalem ! (Église de Jésus-Christ), les peuples marcheront à ta lumière ; ils te donneront leurs fils et leurs filles ; et ton cœur se dilatera en voyant la multitude des nations accourir et se donner à toi. »

Suivant la tradition, Isaïe termina sa glorieuse carrière par le martyre. Il fut scié en deux, à l’âge de 90 ans, par ordre du roi Manassé.

Le prophète Michée était contemporain d’Isaïe. C’est lui qui fit cette remarquable prophétie, touchant le lieu de naissance du Messie. « Et toi, Bethléem Ephrata, la plus petite entre les cités de Juda ; c’est de toi que sortira le Dominateur d’Israël, Celui dont la génération est éternelle. »

Réflexions. Une prophétie est la prédiction positive d’un événement futur qui n’a pu être prévu par aucune cause naturelle. Toute prophétie a nécessairement Dieu pour auteur, car Dieu seul peut connaître et révéler l’avenir. La prophétie, comme le miracle, est un sceau divin par lequel Dieu appuie la parole de ses ministres sur la terre. La plupart des prophètes de l’Ancien Testament avaient pour but de faire à l’avance le portrait du Messie, afin de forcer les hommes à le reconnaître comme l’Envoyé de Dieu pour sauver le monde. Nous verrons comment Jésus-Christ a réalisé toutes les prédictions des prophètes et prouvé, par là, la divinité de sa mission et de sa doctrine. »

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La sagesse du vieux Tobie

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L’Ancien Testament annonce sublimement la venue de Jésus-Christ à travers de saints personnages. Le vieux Tobie en fait partie.

« Le vieux Tobie – Conseils à son fils » extrait de « les principaux faits de l’histoire sainte » de l’abbé L. Bataille. Page 115 à 117

« Cependant Dieu conserva encore des adorateurs fidèles, parmi les malheureux Israélites que le roi de Ninive avait emmenés en captivité. Tel fut le vertueux Tobie. Dès sa jeunesse, il avait évité toute relation avec les impies, et il observait religieusement la loi de Moïse. Ses vertus lui donnèrent du crédit auprès de Salmanasar et il en usa fréquemment pour soutenir, consoler et soulager l’infortune de ses frères captifs. Sa femme se nommait Anna et il avait un fils qui s’appelait aussi Tobie.

Dieu soumit la vertu de son serviteur à une rude épreuve, afin qu’il devînt, comme Job, un exemple mémorable de patience. Un soir après avoir, selon sa coutume, donné la sépulture aux morts, il s’était couché à la porte de sa demeure. Or, il n’avait pas remarqué, au-dessus de sa tête, un nid d’hirondelles suspendu à la muraille. Le sommeil n’avait pas encore fermé ses paupières, lorsqu’il sentit tout à coup une ordure brûlante tomber sur ses yeux. Une taie blanche ne tarda pas à se développer et Tobie devint aveugle. Cependant aucune plainte ne s’échappa de ses lèvres, et sa vertu ne se démentit point un seul instant.

Accablé d’affliction, Tobie crut qu’il allait bientôt mourir. Il appela donc son fils et lui adressa ses derniers conseils :

« Mon fils, lui dit-il, écoute et recueille dans ton cœur, les suprêmes recommandations de ton père.
1. Lorsque Dieu aura repris mon âme, aie soin de la sépulture de mon corps.
2. Honore ta mère tous les jours de ta vie, et n’oublie jamais tout ce qu’elle a souffert pour toi ; et quand elle aura terminé sa carrière, ensevelis-la près de moi.
3. Pense à Dieu chaque jour, garde ses commandements et fuis le péché.
4. Fais l’aumône, car l’aumône délivre des péchés et de la mort éternelle ; si tu as beaucoup, donne beaucoup ; si tu as peu, donne peu, mais de bon cœur.
5. Garde ton corps de toute impureté, et préserve ton âme du poison de l’orgueil, car c’est par l’orgueil que tous les maux ont commencé.
6. Paie exactement le salaire de l’ouvrier et ne fais pas aux autres ce qui te déplairait à toi-même.
7. Sois prudent dans tes discours ; fuis le commerce de l’impie, évite les excès de table et recherche les conseils de l’homme sage.
8. En tous temps, bénis le Seigneur ; demande-lui, par tes prières, de diriger tes pas et de bénir tes entreprises. Ne crains rien, mon fils. Il est vrai que nous sommes pauvres, mais nous serons riches un jour, si nous persistons dans la pratique des vertus que Dieu commande. »

Réflexions. Quels beaux et sages conseils que ceux que nous venons de lire ! Tâchons de les bien comprendre. Au fond, c’est une petite explication pratique des dix commandements de Dieu ; et ils reviennent à ceci : Aimons Dieu de tout notre cœur et le prochain comme nous-mêmes. Comme le jeune Tobie, écoutons aussi avec attention et reconnaissance les bons conseils que nous donnent nos parents ; recevons-les, non seulement dans nos oreilles, mais encore dans notre cœur ; appliquons-nous à les mettre en pratique : nous trouverons par là longue vie, paix et bonheur. »

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La vie du roi Salomon

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La vie du célèbre roi Salomon mérite d’être connue. Généralement, nous ne disposons que de quelques informations glanées de ci et de là à moins de lire en détail l’Ancien Testament. Je vous propose de découvrir l’essentiel de sa vie dans cet article.

« La vie du roi Salomon » tiré de « les principaux faits de l’histoire sainte », page 94 à 99.

« 24. Salomon. Sa sagesse

Dès le commencement de son règne, Salomon alla sur les hauteurs de Gabaon offrir au Seigneur un sacrifice solennel. La nuit suivante, le Seigneur lui apparut dans une vision et lui dit :

« Demande-moi ce que tu veux, je te l’accorderai.
– Seigneur, répondit le jeune roi, vous m’avez établi chef d’un peuple puissant ; mais je suis jeune et sans expérience ; je vous en supplie, donnez-moi un cœur intelligent et sage pour discerner entre le bien et le mal et gouverner en toute justice. »

Cette demande fut agréable au Seigneur :

« Parce que tu as parlé avec discernement, lui dit-il, et que tu n’as pas demandé la gloire et les richesses, je te donne ce que tu as demandé : la sagesse ; et, de plus, je te donnerai ce que tu n’as pas demandé : richesses, honneurs, et longue vie, si tu me restes fidèle. »

Et Salomon eut la vraie science de tout ce qui existe. Il connut la force des éléments, le cours des astres et l’ordre admirable de l’univers ; il pénétra les propriétés des plantes, les instincts des animaux et les pensées secrètes du genre humain. Et il fut l’homme le plus sage et le plus instruit de la terre ; et les savants et les princes étrangers venaient de toutes parts s’éclairer à la lumière de son intelligence.

Il donna un jour une preuve de sa grande sagesse dans un jugement devenu célèbre. Deux femmes se présentèrent devant lui avec deux jeunes enfants, dont l’un était vivant et l’autre mort. L’une d’elles exposa ainsi le sujet de sa plainte :

« Cette femme et moi nous habitions la même demeure. Nous sommes devenues mères toutes deux à trois jours de distance. La nuit dernière, cette femme, en dormant, eut le malheur d’étouffer son enfant ; mais profitant de son sommeil, elle prit le mien et mit à sa place le cadavre de son fils… Au matin, je vis l’enfant mort à mes côtés ; mais, en regardant avec plus d’attention à la lumière du jour, je reconnus que ce n’était pas le mien…
– Non, non, s’écria l’autre femme ; c’est là un horrible mensonge ; c’est bien ton enfant qui est mort ; et le mien est vivant, le voilà… »

Et elles disputaient ainsi devant le roi. Que faire ? Que décider ?

« Une épée, dit Salomon à l’un de ses gardes. »

Le garde tira son épée.

« Prends l’enfant vivant, continua le roi, coupe-le en deux et remets-en la moitié à chacune de ces femmes.
– Soit, dit froidement la première.
– Oh non ! s’écria la seconde ; ne tuez pas l’enfant ; donnez-le plutôt à cette femme et qu’il vive !… »

Le roi prononça alors la sentence et dit :

« Celle-ci est la mère véritable : elle s’est fait connaître par le cri de sa tendresse ; qu’on lui rende donc l’enfant vivant ; c’est le sien. »

Ce jugement fut bientôt connu dans tout Israël et le jeune roi devint l’objet de la vénération de son peuple, parce que l’esprit de Dieu se révélait en lui.

Réflexions. Si nous voulons réussir dans nos études, plus tard dans nos entreprises, demandons-le à Dieu par de ferventes prières. Nous ne savons quelle sera notre vie. Consacrons donc fréquemment au Seigneur notre jeunesse et notre avenir : si Dieu nous garde, nous serons bien gardés ; nul ne pourra nous nuire ; nos œuvres sont bénies ; nos paroles et nos exemples produiront le bien autour de nous et notre mort sera heureuse. Car telle vie, telle mort… et puis, telle Éternité !

25. Le temple de Salomon

La 4° année de son règne, Salomon jeta les fondements du temple dédié au Seigneur, sur le mont Morta, à Jérusalem. Plus de 150 000 ouvriers furent employés à la construction de cet immense édifice et les travaux durèrent sept ans. Rien ne fut épargné pour en rehausser la splendeur et le rendre digne du Dieu d’Israël : les marbres les plus riches, les bois les plus précieux, les étoffes les plus fines, l’or le plus pur brillaient partout et en firent une des sept merveilles du monde.

Le temple fut bâti sur le modèle du Tabernacle portatif de Moïse, mais dans des proportions beaucoup plus grandes (Le temple proprement dit avait 27 mètres de long, 13 mètres et demi de haut et 9 mètres de large). On y distinguait donc le Saint des Saints qui renfermait l’Arche d’Alliance ; et le Saint où se trouvaient : l’Autel des parfums, le chandelier à 7 branches et la table des pains de proposition. Un grand voile, orné de splendides broderies, séparait ces deux parties.

Le Saint et le Saint des Saints formaient le temple proprement dit ; ils étaient entourés de trois vastes parvis : le premier, destiné aux prêtres, renfermait un grand nombre d’objets, entre autres l’autel des Holocaustes et le bassin d’airain ; le second était destiné au peuple Juif ; le troisième aux Gentils, c’est-à-dire aux étrangers de la nation Juive.

Quand ce vaste monument fut achevé, Salomon en fit solennellement la dédicace au Seigneur. Il choisit, pour cette cérémonie, la fête des Tabernacles qui durait sept jours ; il convoqua tous les Anciens d’Israël et tous les chefs des tribus pour transporter l’Arche d’alliance de la montagne de Sion, dans le nouveau sanctuaire. L’Arche fut portée par les prêtres ; le roi et le peuple la précédaient et, de distance en distance, on s’arrêtait pour offrir des sacrifices ; l’air retentissait du son des instruments et des cantiques sacrés. Quand l’Arche fut placée dans le Saint des Saints, une nuée miraculeuse remplit le temple. Salomon pensa que Dieu même prenait possession de sa demeure et, tombant à genoux, il dit :

« Seigneur, Dieu d’Israël, les cieux ne sont pas assez vastes pour vous contenir ; combien moins encore ce temple élevé de mes mains en votre honneur ! Daignez cependant écouter la prière de votre serviteur : que vos yeux soient ouverts, que vos oreilles soient attentives aux supplications de ceux qui viendront prier en ce lieu. Je vous en conjure ; du haut du ciel écoutez-les toujours et faites-leur miséricorde ! »

Il dit, et soudain une flamme ardente descendit du ciel et consuma les holocaustes qu’on avait préparés.

Et la nuit suivante, le Seigneur apparut à Salomon et lui dit :

« Le cri de ta prière est parvenu jusqu’à moi et je l’ai exaucée. Je serai miséricordieux à l’égard de quiconque viendra prier dans le sanctuaire que tu m’as élevé. Et si tu me restes fidèle, j’affermirai ton trône à jamais ; mais si Israël se détourne des voies de la justice, je le livrerai ainsi que son temple au mépris et à la colère des nations. »

Dès lors, le temple de Jérusalem fut le seul lieu où le peuple d’Israël put offrir des sacrifices. Cette prescription avait pour but de rappeler constamment aux Israélites qu’il n’y a qu’un seul Dieu et une seule religion véritable.

Réflexions. Nous le savons, notre cœur doit aussi être le temple du bon Dieu. Car Notre-Seigneur a dit un jour : « Si quelqu’un m’aime, nous viendrons à lui, mon Père et moi, et nous établirons en lui notre demeure. » Mais c’est surtout quand Jésus-Christ vient substantiellement en nous par la sainte Communion, que nous devenons les temples de Dieu ! Oh ! Alors ornons notre cœur, le mieux que nous le pouvons, surtout avec l’or de l’amour divin, afin que Jésus, trouvant en nous une demeure bien préparée, y vienne volontiers et y demeure toujours.

26. Gloire de Salomon. Ses infidélités, sa mort

Salomon régna pendant 40 ans comme son père David, et son nom fut célèbre dans le monde entier. Beaucoup de peuples devaient lui payer un tribut, et ses navires, conduits par d’habiles marins Phéniciens, allaient jusqu’aux Indes à l’Orient, et jusque l’Espagne en Occident, pour en rapporter de l’or, des bois d’ébène et des pierres précieuses. Ces richesses et ces matériaux servirent à la construction du temple ; puis à celle d’un palais royal, à Jérusalem, qui surpassa en éclat tout ce qu’il y avait de plus beau dans le monde. On y remarquait surtout un trône d’ivoire incrusté d’or et d’une magnificence inouïe. Salomon bâtit encore des villes remarquables et établit plusieurs forteresses pour défendre la Judée contre ses ennemis. Et il fit régner dans toute l’étendue de ses États, l’ordre et la paix, l’abondance et la prospérité.

Salomon ne fut pas seulement un grand roi, il fut encore un poète, philosophe et écrivain. Il composa de grands ouvrages sur l’Histoire naturelle et fit des milliers de cantiques et des paraboles pour l’instruction du peuple. Ces ouvrages sont perdus pour la plupart ; il ne nous reste, sous le nom de Salomon, que le livre des Proverbes, le Cantique des Cantiques et l’Ecclésiaste. Ce dernier expose toutes les prospérités humaines, les apprécie à leur juste valeur et les caractérise ainsi :

« Tout est vanité, hormis aimer Dieu et ne servir que lui. »

Hélas ! Qu’est-ce que l’homme même au sein des grandeurs ! Salomon, après avoir surpassé tous les rois de la terre par son opulence et sa sagesse, se laissa corrompre par la volupté. L’amour des femmes étrangères déshonora ses dernières années et l’on vit ce grand roi, oubliant le Dieu de sa jeunesse, se livrer au culte des idoles et bâtir des temples, jusque dans Jérusalem, aux divinités de ses épouses. Alors le Seigneur fit retentir la voix de sa colère. Il lui envoya un prophète qui lui dit :

« Tu as foulé aux pieds les préceptes de ton Dieu ; tu as violé son alliance, c’est pourquoi ton royaume sera divisé. Cependant, en considération de ton père David, deux tribus resteront fidèles à ta race ; mais les autres tribus passeront à l’un de tes serviteurs. »

On ne peut dire si cette menace du Seigneur convertit le cœur de Salomon. Il mourut à l’âge de 58 ans, après avoir vu plusieurs peuples tributaires reprendre leur indépendance et des troubles intérieurs préparer le schisme annoncé par le prophète, c’est-à-dire le partage de ses États en deux royaumes : le royaume de Juda et le royaume d’Israël.

Réflexions. Quand on songe à la sagesse de Salomon durant ses premières années, et à sa conduite impie et honteuse vers la fin de sa vie, on ne peut s’empêcher de trembler ! Oh ! Combien nous sommes peu de chose, même quand nous nous croyons quelque chose !… Combien nous devons nous défier de nos faiblesses et de nos passions et conserver soigneusement la crainte du Seigneur en notre âme ! Sans doute, il peut nous arriver de faire des chutes et des chutes bien lamentables, mais quoi qu’il en soit, relevons-nous aussitôt et marchons alors avec plus de circonspection, afin de ne plus tomber ! »

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« Visions » film sur Hildegarde von Bingen

SYNOPSIS: L’un des esprits les plus inspirés du Moyen Age. Hildegarde est amenée à un couvent bénédictin à l’âge de 8 ans pour son éducation. Ils apprennent le latin mais aussi la médecine. Bientôt, elle excelle dans tout. Hildegarde est abbesse du monastère et en utilisant son intelligence et la diplomatie, elle essaie de changer les lois et les règlements. Plus tard, elle obtient l’autorisation de fonder son propre couvent, elle commence par une approche révolutionnaire et humaniste à la fois. Compositeur, chercheur, médecin, écrivain, poète, mystique, politicien, militant écologiste… Hildegarde von Bingen était une femme qui était en avance sur son temps. Sa musique et ses œuvres littéraires et scientifiques sont aujourd’hui toujours aimés et son influence sur la médecine holistique est en croissance.

Jésus et les simplistes

Apocalypse de VasnetsovDiminuer Jésus ? Pour ça, depuis deux siècles, on a tout essayé. Un Jésus pacifiste. Un Jésus chef de bande. Ou bien rabbin réformateur, mythe païen, prédicateur essénien, illuminé gnostique, marabout guérisseur, poète itinérant, etc.
Seul point commun à toutes ces théories contradictoires : leur simplisme.

La mode, aujourd’hui, est à l’explication apocalyptique. Jésus n’était qu’un prophète apocalyptique, annonçant la venue imminente d’un « Royaume de Dieu » sur la terre. Le Royaume n’est pas venu. Pour cacher l’échec, « on » a transformé le « royaume de Dieu » en un paradis céleste qu’en réalité Jésus n’annonçait pas du tout. Bref : une illusion suivie d’une fraude.

Thèse reprise de divers côtés – dans cet article, par exemple. Sans en recenser toutes les contradictions, erreurs et impossibilités [1], visons l’essentiel : quel « Royaume de Dieu » annonçait Jésus ?

Qu’annonçait donc Jésus ?

Ouvrons le premier Évangile (saint Matthieu). Plusieurs constats s’imposent.

I. — Loin d’être simpliste, le « Royaume » qu’annonce Jésus est mystérieux. « A vous, dit-il aux Apôtres, il a été donné de connaître les mystères du royaume des cieux» (Mt 13, 11).

II. — Ce « Royaume » est révélé sous forme de paraboles (Mt 13) qui modifient en douceur (par des images un peu énigmatiques) la notion que s’en faisaient auparavant les auditeurs.

III. — Les juifs attendaient trop souvent un royaume parfait, établissant immédiatement le règne absolu de Dieu sur la terre (éliminant d’emblée tout le mal et tous les méchants). — Au contraire, Jésus décrit un Royaume de Dieu qui aura tout un développement, avec des phases successives et une longue histoire. Chenille et chrysalide avant d’être papillon, le royaume de Dieu doit se développer par étapes.

Six paraboles du Royaume

  • La parabole de l’ivraie (Mt 13, 24-30 et 36-43) indique deux étapes du royaume de Dieu :
  1. D’abord, la lente croissance du bon grain, jeté par le « Fils de l’homme » (Jésus) dans un grand champ qui représente le monde, et où il grandit mêlé à la mauvaise herbe.
  2. Après une longue attente (qui éprouve la patience des serviteurs, tentés d’aller arracher l’ivraie), la moisson arrive enfin, et le Fils de l’homme sépare définitivement les bons des méchants.
  • La parabole du grain de sénevé (Mt 13, 31-32) souligne l’importance et la longueur de la première étape (trop de Juifs pensaient que le Messie inaugurerait d’emblée la seconde !). Avant le triomphe final du bien, le Royaume des cieux doit se développer progressivement sur cette terre, comme une petite plante qui grandit et s’étend : une organisation attirant à elle les oiseaux du ciel.
  • La parabole du levain (Mt 13, 33) décrit aussi la première phase du Royaume (développement et expansion), mais sous un autre angle. Elle n’évoque pas la croissance extérieure et visible d’une organisation, mais une force intérieure, une vertu secrète et puissante qui fera progressivement lever la pâte humaine.
  • Les paraboles du trésor caché (Mt 13, 44) et de la perle précieuse (Mt 13,45) restent centrées sur la première étape du Royaume des cieux, qui doit être découvert par les hommes et librement choisi.
  • La parabole du filet (Mt 13, 47-50) présente encore deux étapes:
  1. Le royaume des cieux est d’abord semblable à un filet jeté dans la mer.
  2. Après une longue journée de pêche, il prend une nouvelle forme lorsque les pêcheurs le tirent au rivage pour trier les poissons (à la fin du monde).

Chaque parabole montre, à sa façon, que le Royaume n’apparaîtra pas subitement lors du jugement dernier. Il doit préexister sous un mode imparfait : une organisation recrutant très largement (même des mauvais, car le grand tri n’aura pas encore été fait), et transmettant, jusqu’à la fin du monde, la parole du Royaume (Mt 13, 19) ainsi qu’une mystérieuse force intérieure (Mt 13, 33).

Erreur fondamentale ?

On pourrait aller plus loin. Après le chapitre 13 (les paraboles du Royaume), on pourrait sauter au chapitre 16, pour examiner la société religieuse que Jésus veut fonder (son Église [2]). Au chapitre 25, pour étudier ces paraboles sur la fin du monde où Jésus souligne qu’on attendra longtemps son retour en gloire. « Mon maître tarde ! », dit le mauvais serviteur (Mt 24, 49). « L’époux tardait » précise la parabole suivante (Mt 25, 5). « Le maître revint longtemps après » indique encore la suivante (Mt 25, 19). La première phase du Royaume de Dieu doit vraiment être longue. — Mais à quoi bon multiplier les preuves ? Le chapitre 13 suffit très largement pour apprécier la thèse selon laquelle :

[…] les chrétiens, à l’époque où Jean rédige son Évangile (90-95), comprennent que l’annonce de l’arrivée imminente du Royaume de Dieu est une erreur fondamentale de Jésus. Les apôtres sont tous morts sans que le royaume de Dieu soit apparu. Jean s’emploie donc à effacer cette annonce gênante, bien visible dans les évangiles synoptiques !

Erreur fondamentale ? A l’évidence, elle n’est pas de Jésus, mais du simpliste qui confond la première phase du Royaume (préparatoire) avec la phase définitive (après le Jugement dernier). Il confond la croissance du blé avec la moisson finale. Le filet jeté dans la mer, avec le tri définitif. Du coup, son attaque contre Jean est absurde. A quoi bon contester le 4e Évangile quand le 1er suffit à vous réfuter ?

L’examen des 2e et 3e Évangiles mènerait aux mêmes conclusions. Jésus annonce un royaume qui commence par transformer l’intérieur des cœurs avant d’être vu à l’extérieur.

Interrogé par les pharisiens : « Quand vient le royaume de Dieu ? », il leur répondit, disant : « Le royaume de Dieu ne vient pas de façon spectaculaire ; et on ne dira pas : Il est ici ! ou : Il est là ! car voici que le royaume de Dieu est au dedans de vous » [Luc 17, 20].

Ce Royaume – d’abord imperceptible – se développera assez rapidement pour que des contemporains de Jésus le voient solidement établi :

Je vous le dis en vérité, quelques-uns de ceux qui sont ici présents ne goûteront point la mort qu’ils n’aient vu le royaume de Dieu venu avec puissance [Marc 9, 1].

Prophétie réalisée, puisque, dès 64, à Rome, la persécution de Néron fait, selon Tacite, un nombre immense – multitudo ingens – de martyrs. — Comme s’accomplira aussi, dès 70, la prophétie de la ruine de Jérusalem : « Je vous le dis en vérité, cette génération ne passera point que tout cela [3] n’arrive » (Marc 13, 30).

Les commandements et les conseils

Mais le simpliste a un autre argument : la morale de Jésus. C’est très simple (trop simple !) : il suffit de confondre les conseils (facultatifs) avec les commandements (obligatoires) [4]. De gommer la distinction entre ce qui est imposé à tout le monde et ce qui est réservé à quelques-uns [5]. Du coup, les conseils évangéliques (pauvreté, chasteté, obéissance), qui ont donné tant de fruits à l’intérieur et autour des monastères, deviennent des enseignements « suicidaires », prouvant que Jésus considérait la fin du monde comme imminente (CQFD) ! Un simplisme vient en sauver un autre.

L’auteur multiplie les textes. Il n’hésite pas à citer trois fois la même sentence : selon le 1e, puis le 2e, puis le 3e évangile. ça occupe de la place, et ça donne l’impression que Jésus y insistait de façon lancinante. En revanche, il ne cite pas le contexte, qui manifeste si clairement la distinction entre commandements et conseils [6]. Les simplistes sont parfois distraits…

Mais pourquoi tant de simplisme ?

Les ennemis du Christ ne sont pas tous simplets. Pourquoi, face à Jésus, deviennent-ils tous simplistes ? Contre lui, tout est permis. Ils admettent avec une facilité déconcertante les théories les plus affligeantes. Ils les multiplient et les renouvellent sans cesse, avec un acharnement qui a valeur d’aveu. Trop visiblement, le Christ les dépasse. Incapables de le comprendre, ils sont réduits à la caricature dès qu’ils essaient de l’expliquer.

Ce simplisme constant des adversaires pourrait presque figurer parmi les preuves du christianisme.

On objectera Bart Ehrman, qui était, dit-on, « fervent croyant avant de devenir agnostique suite à ses recherches ». Croyant, mais à quoi ? Au protestantisme (tendance dite « évangélique »), c’est-à-dire non à la doctrine de Jésus (transmise par l’Église), mais, précisément, à un des simplismes qu’on veut y opposer.

En pratique, ces protestants refusent farouchement l’organisation de l’Église. Ils refusent, avec Luther, les couvents et monastères. Que peuvent-il comprendre des paraboles du Royaume (Mt 13), qui décrivent précisément l’Église ? Et des conseils évangéliques (pauvreté, chasteté, obéissance), appliqués dans les couvents ?

Pénétrer ces passages de l’Évangile, ce serait admettre la doctrine catholique. Mais beaucoup de protestants sont plus attachés à leurs préjugés anti-catholiques qu’à l’Évangile. Après avoir refusé l’Église au nom de la Bible, ils en viennent à refuser les livres de la Bible qui leur paraissent trop catholiques (exemple : les épîtres à Timothée), puis, finalement, à rejeter la Bible elle-même ! La logique de cette évolution est celle d’un refus, d’une révolte, d’une protestation de plus en plus étendue.

Si les simplistes essayaient, au contraire, d’admettre le réel ?

[1] — L’article affirme que, selon l’Évangile, « les mauvais seront anéantis », tout en citant Mt 13, 42 qui déclare qu’ils seront jetés « dans la fournaise ardente ». — Il dénonce l’Évangile de Jean, mais il appuie sa thèse sur des citations de l’Apocalypse du même Jean. — Il soutient que « le paradis tel qu’il est conçu aujourd’hui n’existe pas dans l’enseignement de Jésus », alors que Jésus annonce ce paradis au larron repentant (Lc 23, 42) et en précise clairement la nature (Mt 5, 8 ; 13, 43 ; 22, 30, etc.). — Il juge vraisemblable que, depuis 2000 ans, tous les prêtres, évêques, papes sont des escrocs qui enseignent sans sourciller une religion qu’ils savent fausse. — Mieux encore : dès le premier siècle, les chrétiens auraient pris conscience que Jésus avait commis « une erreur fondamentale », mais ils sont restés chrétiens quand même ! — Etc.
[2] — Jésus annonce à Pierre : « Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Église […]. Je te donnerai les clés du royaume des cieux : tout ce que tu lieras sur terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu délieras sur terre sera délié dans les cieux. » (Mt 16, 18).
[3] — Le « tout cela » du Christ renvoie à la question des Apôtres : « Dites-nous quand ces choses arriveront et quel sera le signe quand tout cela sera près de s’accomplir » [13, 4], et cette question porte incontestablement sur la ruine de Jérusalem annoncée par Jésus [13, 2].
[4] — Jésus présente l’indissolubilité du mariage comme un commandement, qui s’impose à tous (Mt 19, 1-10). Ensuite, à titre de conseil – valable seulement pour quelques-uns (« tous ne comprennent pas cette parole, mais seulement ceux à qui cela a été donné ») – Jésus recommande la virginité consacrée (Mt 19, 11-12). Considéré dans son ensemble, ce passage (19, 1-12) manifeste que Jésus approuve le mariage (il le consolide même) et distingue nettement commandements et conseils.
[5] — Au jeune homme riche (Mt 19, 16-22), Jésus commence par rappeler les commandements (obligatoires pour tous : « si tu veux entrer dans la vie, observe les commandements »), puis, en un deuxième temps, lui adresse un appel spécial à la perfection si tu veux être parfait, va, vends ce que tu possèdes… ». La distinction entre les deux niveaux est très nette.
[6] — Voir les deux notes précédentes.

Source : http://www.dominicainsavrille.fr/jesus-et-les-simplistes/

Réflexions sur le secret de la Franc-Maçonnerie

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La Franc-Maçonnerie alimente, à raison, un débat sans fin pour savoir quel est son but. Pour comprendre ce qu’il en est, nous allons lire quelques passages édifiants. Après cette saine lecture, nous pourrons expliquer plus aisément quel est le principal secret de la Franc-Maçonnerie.

Extrait du « sermon sur la montagne » :

« Vous êtes le sel de la terre (chargés de préserver les âmes de la corruption). Si le sel vient à s’affadir, avec quoi lui rendra-t-on sa vertu ! Il n’est plus bon qu’à être jeté sur le chemin et foulé aux pieds.

Vous êtes la lumière du monde (chargés de l’éclairer par vos enseignements et vos exemples). On n’allume pas une lampe pour la cacher sous le boisseau, mais on la suspend au candélabre, afin qu’elle éclaire tous ceux qui sont dans la maison. Que votre lumière luise devant les hommes, de telle sorte qu’en voyant vos œuvres, ils glorifient votre Père qui est dans les cieux. »

Extrait de « le livre du Pasteur et l’allégorie de la tour » :

« Les travailleurs angéliques étaient aidés par les vierges, qui leur présentaient les pierres que les autres anges avaient la charge d’extraire des flancs des douze montagnes. Mais la tour ne s’achevait pas, parce que le Seigneur devait auparavant la visiter, afin de voir s’il n’était pas entré dans sa construction des pierres de rebut qui devraient être rejetées et remplacées. Le Seigneur vint en effet, et les vierges qui gardaient la tour accoururent au- devant de lui, et marchèrent à ses côtés. Il frappait les pierres avec une baguette qu’il avait à la main, et quelques-unes apparaissaient aussitôt couvertes de taches, et d’autres se fendaient. Le Seigneur commanda au Pasteur de purifier toutes ces pierres défectueuses, et de jeter au rebut celles qui ne pourraient convenir. Le Pasteur accomplit l’ordre du Seigneur.

Un grand nombre de ces pierres, ayant subi l’épreuve de la taille, furent replacées dans la construction par la main des vierges, les unes dans l’épaisseur des murs, les autres plus en évidence. Quant à celles qui restaient au rebut, elles furent enlevées par douze femmes qui se présentèrent vêtues de tuniques noires, sans ceinture, les épaules découvertes et les cheveux épars. Ces femmes avaient une beauté sauvage, et paraissaient triomphantes en reportant ces pierres aux montagnes d’où on les avait extraites. Le Pasteur les désigna par leur nom à Hermès :

« Ce sont d’abord, lui dit-il, la perfidie, l’intempérance, l’incrédulité et la volupté. Les huit autres sont la tristesse, la méchanceté, la débauche, la colère, le mensonge, la folie, l’enflure et la haine. Le serviteur de Dieu qui les hante, ajouta le Pasteur, pourra voir de ses yeux le royaume de Dieu, mais il n’y entrera pas. »

/…

« Le Pasteur donna à Hermès les explications que nous avons indiquées plus haut sur les diverses parties de l’allégorie de la tour, et lorsque celui-ci lui demanda quelles étaient ces vierges qui s’étaient montrées si empressées à son égard, il répondit :

Ce sont les diverses opérations de l’Esprit-Saint dans les âmes ; et nul homme ne peut entrer dans le royaume de Dieu qu’elles ne l’aient revêtu de leur propre tunique. Elles sont les puissances du Fils de Dieu, et en vain porterait-on son nom, si l’on n’était en outre revêtu de ces puissances. Tu as vu ces pierres qui ont été rejetées ; elles portaient son nom, le nom de chrétien ; mais elles n’étaient pas couvertes de la robe de ces vierges.
Et quelle est donc cette robe ? demanda Hermès.
Ce sont leurs noms mêmes, répondit le Pasteur. Quiconque porte le nom du Fils de Dieu doit aussi porter le nom de ces vierges ; car le Fils de Dieu lui-même le porte. Toutes elles ne sont qu’un même esprit, qu’un même corps, et c’est pour cela que leurs vêtements sont d’une même couleur.
Dis-moi maintenant leurs noms, Seigneur, reprit Hermès.
Le Pasteur répondit : Les quatre plus puissantes sont la foi, la tempérance, la force et la patience. Quant aux huit autres, voici leurs noms : la simplicité, l’innocence, la chasteté, la joie du cœur, la vérité, l’intelligence, la concorde et la charité. »

Réflexions sur le secret de la Franc-Maçonnerie

Après avoir lu les deux extraits précédents, nous pouvons en tirer plusieurs conclusions :

  • Les apôtres de Jésus-Christ sont le sel et la lumière de la terre chargés, d’une part, d’empêcher la corruption et, d’autre part, de répandre la divine sagesse aux quatre coins du monde.
  • Par extension, tous ceux qui suivent les commandements de Jésus-Christ sont amenés à ressembler aux apôtres en étant le sel et la lumière de la terre.
  • Les pierres de la tour allégorique qui sont revêtues de « la foi, la tempérance, la force et la patience » ainsi que de « la simplicité, l’innocence, la chasteté, la joie du cœur, la vérité, l’intelligence, la concorde et la charité » pourront non seulement « voir de leurs yeux le royaume de Dieu » mais également y entrer.
  • Les vierges de la tour allégorique représentent « les diverses opérations de l’Esprit-Saint dans les âmes ». Ainsi, « quiconque porte le nom du Fils de Dieu doit aussi porter le nom de ces vierges ; car le Fils de Dieu lui-même le porte. Toutes elles ne sont qu’un même esprit, qu’un même corps, et c’est pour cela que leurs vêtements sont d’une même couleur. ». Enfin « nul homme ne peut entrer dans le royaume de Dieu qu’elles ne l’aient revêtu de leur propre tunique. »
  • En conclusion, il ressort que NOUS sommes les pierres de l’édifice de Dieu.

La Franc-Maçonnerie est une secte chargée de recruter des individus et de leur faire vivre différentes expériences initiatiques qui sont issues d’anciennes religions ou croyances toujours non-catholiques (culte de Mithra, cultes païens, culte de Zoroastre, culte Égyptien, culte de Mani, soufisme, noachisme, hindouisme et autres croyances ou religions englobées dans une gnose ennemie du catholicisme apostolique et romain) en se présentant prioritairement comme un réseau d’influence à but commercial, comme un lieu d’échange ou encore comme un moyen de parvenir à la connaissance de soi-même.

Le plus grand secret de la Franc-Maçonnerie est d’arracher les individus à la véritable foi en Jésus-Christ pour les entraîner dans un mouvement de rébellion qui finit par entraîner, à grande échelle, « la perfidie, l’intempérance, l’incrédulité et la volupté » ainsi que « la tristesse, la méchanceté, la débauche, la colère, le mensonge, la folie, l’enflure et la haine. ».

La volonté de ces sectes est de se substituer à Jésus-Christ pour façonner une civilisation selon des intentions qui ne sont pas inspirées de Dieu. Ainsi, ce sentiment de défiance envers les commandements de Notre Seigneur entraîne de désastreuses conséquences.

Si les symboles maçonniques sont liés au bâtiment, au compas et à l’équerre, c’est pour rappeler que NOUS pouvons être des pierres d’achoppement, c’est-à-dire des ennemis du Christ si nous ne suivons pas Ses commandements.

Nous conclurons en rappelant les paroles du Fils de Dieu : « le monde passera, mais ma parole ne passera point ; elle demeurera éternelle ».

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Les devoirs envers Dieu face aux droits de l’homme

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Qu’est-ce qu’une société de droit ? Un esprit à la logique fallacieuse affirmerait qu’il s’agit d’une civilisation évoluée qui œuvre pour le bien commun. Or, il n’y à là rien de plus faux, mais, pour le comprendre il est nécessaire de dévoiler l’énorme iceberg qui siège dans les eaux. L’homme pressé n’aperçoit qu’un petit morceau de glace dépassant de l’océan là où un mastodonte flotte lourdement sous la surface d’une eau paisible. Il en est de même pour toute logique élémentaire : au premier abord, on croit apercevoir un mouton alors qu’il s’agit d’un loup déguisé en ovin.

Depuis le siècle des Lumières, les devoirs ont été patiemment refoulés dans un coin du droit français pour mettre sur un piédestal les droits inaliénables des individus au nom d’une soi-disant modernité. Afin de bien comprendre le mécanisme, il est indispensable de savoir à quoi correspond un droit et un devoir. Le devoir est comparable à une vanne fermée manuellement tandis que le droit ressemble à un fleuve dont le débit n’est pas régulé. Le devoir est rattaché à la vertu tandis que le droit hérite, par un mécanisme pervers, de l’esprit de péché.

S’il pouvait parler, le devoir dirait approximativement ceci :

« Je suis comparable aux vertus, héritées des prophètes d’Israël, des commandements de Dieu et de Son Fils Jésus-Christ. Je demande à l’individu d’être patient, bienveillant, humble, maître de lui-même, obéissant, pauvre, chaste, doux, sincère avec lui-même, poli et fervent dans sa foi vertueuse. Le devoir implique de se maîtriser vis-à-vis du bien commun afin que l’ordre général prévale sur le désordre. Je suis vertueusement garant de la paix sociale. Je suis le rempart qui protège la civilisation des cataclysmes. Je représente l’obéissance aux commandements divins. Je suis magnanime et sincère. »

Le droit, quant à lui, représente l’autre facette de la pièce. Il tiendrait le discours suivant :

« Je suis l’avocat de l’individu. Je représente le contrepoids du devoir. Je suis le libéralisme dénué de morale. Je méprise l’ordre et les commandements de Dieu. Je représente le droit de l’homme vis-à-vis de l’ancienne société. Je suis toujours élégamment habillé et luxueusement parfumé afin de flatter les sens de l’être humain. Je caresse l’ego, tiens de beaux discours, évite de choquer les foules, je piétine l’humilité et l’obéissance. J’invite les hommes à être impatients, orgueilleux, excités, riches, libérés, hypocrites, impolis, impétueux et méprisants des choses de Dieu. Je suis l’unicité qui prédomine sur le bien commun. Je suis reconnaissable à mon caractère unique, ma coupe de cheveux, mon parfum ou mon style vestimentaire original. »

Le devoir représente l’austérité bienveillante, la vertu dans toute sa splendeur, le respect d’autrui, la morale, les valeurs d’autrefois tandis que le droit symbolise l’orgueil, l’unicité, l’immoralité, l’impudeur et l’irrespect des conventions. Le modernisme et le progrès sont intimement liés au droit. La porte de la société de droit est ouverte aux changements, à l’explosion d’orgueil et d’égoïsme individuels. Lorsque des millions d’individus acceptent le dogme de la civilisation de droit, ceux-ci ne s’entendent plus puisqu’ils affirment que leurs idées respectives sont les meilleures, sans démonstration honnête, et qu’elles ne doivent pas être remises en cause. La mésentente se répand alors. Les conflits d’orgueil s’instaurent dans toute la civilisation. Les élus d’une société de droit font le jeu des individus qui ont été sanctionnés par le devoir. Ainsi, on accuse de tous les maux ceux qui symbolisent la vertu, on encourage les individus orgueilleux à piétiner la majorité silencieuse, on favorise l’unicité au détriment du bien commun, on renforce l’égoïsme et les particularités individuelles, on fait voter des textes de lois défavorables à la justice sociale.

La société de droit est donc l’antonyme de la civilisation du devoir. On relègue l’ensemble des vertus dans le musée de l’histoire pour faire briller le vice dans le présent et les temps futurs. L’esprit de péché prédomine alors sur la sagesse. La civilisation s’affole et plonge dans le chaos par un effet de lois mathématiques irréfutables. Pour empêcher la foule de prendre conscience du mensonge dans lequel elle vit, il est nécessaire de l’endoctriner au quotidien par des jeux, des futilités, des broutilles, des déclarations administratives complexes, de l’alcool et des divertissements pervers afin d’éviter que l’intelligence vertueuse ne se réveille et mette un frein au désordre générateur de guerres et de révolutions.

Nous vivons actuellement dans une civilisation satanique qui refuse outrancièrement les commandements de Dieu hérités de Jésus-Christ et des prophètes d’Israël. Plus le désordre avance, plus le bateau tangue pour finir par couler à pic, comme le Titanic. L’iceberg de la société de droit va prochainement frapper le flanc du navire afin que celui-ci termine sa course au fond de l’eau. Ainsi, de la civilisation contemporaine, il ne restera que quelques vagues souvenirs rouillés.

Pour que les chants angéliques résonnent de nouveau dans le calme des églises, il faut que la prise de conscience soit générale. L’humanité doit apprendre de ses graves erreurs. Par un effet incompréhensible, elle accepte de scier la branche sur laquelle elle vit. Elle méprise la faune, la flore tout comme elle hait la Vie et tout ce qui a été généreusement créé par notre Dieu d’amour. Elle n’entend plus le souffle du vent, ne voit plus les fleurs qui poussent, ne sait plus se contenter de peu. Cet excès de trop est destructeur. Les âmes sont viciées, remplies d’esprit de péché, orgueilleuses, impétueuses, outrancières et irréfléchies. Elles sont illusionnées par l’esprit du mal qui se cache sous de beaux costumes et de doux parfums.

Le vide spirituel se remplit de toutes sortes de pourritures. Ainsi, des millions d’individus sont gangrenés par cet esprit maléfique. Ils agissent de manière injuste envers ceux qui ne leur ressemblent pas. Ils sont cruels et sans pitié, destructeurs, orgueilleux. Ce comportement, lorsqu’il se globalise, engendre la guerre et le chaos. Il est temps d’ouvrir les yeux et de revenir à plus de sagesse, ce que les fous du modernisme nommeraient fallacieusement esprit réactionnaire. L’esprit de vertu sauvera le monde si les individus acceptent de s’y plier par humilité. C’est la société du devoir qui calmera les eaux furieuses. Le retour à la réalité implique de se préoccuper de son âme et non de celle de son voisin. Au lieu de juger l’autre, nous devons être charitable, humble, doux, bienveillant. C’est pourquoi nous devons imiter les saints et adorer la perfection de Notre Seigneur Jésus-Christ. La vie sans Dieu est source de mort et peu importe ce qu’en pensent les naïfs et les insensés. Nous sommes tous coupables d’avoir jeté la sagesse des anciens par dessus-bord.

On retrouve à chaque fois le symbole des deux mondes antonymes qui s’affrontent selon la théorie du grand saint Augustin : la Cité de Dieu et la Cité du monde.

(Reprise d’un article datant de décembre 2015 avec toutefois un tableau inédit datant de ce jour)

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Le sermon sur la montagne résumé et expliqué

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Voici un résumé de toute la doctrine de Jésus-Christ qu’Il a prononcé lors du sermon sur la montagne.

À lire et à faire circuler pour éviter que les innombrables ennemis, véritablement mal intentionnés (gnostiques, jansénistes, ordres initiatiques, quiétistes, réformes religieuses, sectaires, etc…), de Notre Seigneur utilisent Son nom à des fins perfides. Ceux qui sont à la recherche de la Vérité sans la trouver ne sont pas mis en cause, bien évidemment, car, l’époque est très difficile pour les justes.

« Sermon sur la montagne » tiré de l’excellent ouvrage « les principaux faits de l’histoire sainte » de l’abbé Bataille, en 1884, page 200 à 204.

« Le jour où Jésus choisit ses douze Apôtres, il y avait une grande foule autour de lui, venue des contrées les plus lointaines et recouvrant toute la montagne où il se trouvait. Il profita de cette affluence extraordinaire pour prêcher. Et s’étant assis, il prononça ce mémorable discours qui est comme le résumé de tout son Évangile, Il dit :

« Bienheureux les pauvres en esprit, parce que le royaume des cieux leur appartient !
Bienheureux ceux qui pleurent, parce qu’ils seront consolés !
Bienheureux les doux, parce qu’ils posséderont la terre !
Bienheureux ceux qui ont faim et soif de justice, parce qu’ils seront rassasiés !
Bienheureux les miséricordieux, parce qu’ils obtiendront miséricorde !
Bienheureux ceux qui ont le cœur pur, parce qu’ils verront Dieu !
Bienheureux les pacifiques, parce qu’ils seront appelés enfants de Dieu !
Bienheureux ceux qui souffrent persécution pour la justice, parce que le royaume des cieux est à eux !…
Réjouissez-vous, quand à cause de moi, le monde vous poursuivra de sa haine, de ses persécutions et de ses calomnies, car votre récompense sera grande dans les cieux. »

Et se tournant vers les Apôtres qui devaient être les chefs de son Église, il leur dit :

« Vous êtes le sel de la terre (chargés de préserver les âmes de la corruption). Si le sel vient à s’affadir, avec quoi lui rendra-t-on sa vertu ! Il n’est plus bon qu’à être jeté sur le chemin et foulé aux pieds.

Vous êtes la lumière du monde (chargés de l’éclairer par vos enseignements et vos exemples). On n’allume pas une lampe pour la cacher sous le boisseau, mais on la suspend au candélabre, afin qu’elle éclaire tous ceux qui sont dans la maison. Que votre lumière luise devant les hommes, de telle sorte qu’en voyant vos œuvres, ils glorifient votre Père qui est dans les cieux. »

Et s’adressant de nouveau à la foule, il ajouta :

« Ne croyez pas que je sois venu détruire la loi de Moïse et les enseignements des prophètes ; je suis venu, non pour les détruire, mais pour les accomplir et les perfectionner… Et je vous le dis, si votre justice n’est pas plus parfaite que celle des Scribes et des Pharisiens, vous n’entrerez pas dans le royaume des cieux.

Ainsi, l’on vous a dit simplement : vous ne tuerez pas ! Et moi, j’ajoute que celui qui se met en colère contre son frère, qui l’insulte et l’injurie, est déjà coupable. Et si, en allant porter votre offrande à l’autel, vous vous rappelez que votre frère a quelque chose contre vous, laissez votre offrande au pied de l’autel ; allez d’abord vous réconcilier avec votre frère, ensuite, vous reviendrez faire votre présent au Seigneur.

Vous avez également entendu ces paroles de vengeance : Dent pour dent ; œil pour œil ! Moi, je vous dis : n’opposez point violence à la violence ; si quelqu’un vous frappe sur la joue droite, présentez-lui l’autre.

On vous a enseigné : vous aimerez votre prochain et vous haïrez votre ennemi. Et moi, je vous dis : aimez vos ennemis ; faites du bien à ceux qui vous persécutent ; priez pour ceux qui vous calomnient. Ainsi, vous serez les enfants de votre Père céleste, qui fait lever son soleil sur les bons et sur les méchants. Soyez parfaits, comme votre Père céleste est parfait.

Prenez garde d’afficher vos bonnes œuvres pour attirer sur vous les regards des hommes. Quand vous faîtes l’aumône, ne sonnez point de la trompette devant vous, comme font les hypocrites (Pharisiens), pour recueillir les hommages de la foule. En vérité, je vous le dis : ils ont reçu toute leur récompense. Pour vous, quand vous faites l’aumône, que votre main gauche ignore ce que fait votre main droite ; et votre Père qui voit dans le secret vous le rendra.

De même, quand vous priez, n’imitez pas les hypocrites qui aiment à prier debout, au coin des rues, pour se faire remarquer ; en vérité, je vous le dis, ils ont reçu toute leur récompense. Mais vous, pour prier, retirez-vous dans le secret de votre demeure ; et votre Père, qui voit dans le secret, vous le rendra.

N’imitez pas non plus les Païens qui multiplient leurs prières, croyant qu’ils seront exaucés à force de paroles. Mais voici quelle sera votre prière :

Notre Père qui êtes aux cieux,
Que votre nom soit sanctifié ;
Que votre règne arrive ;
Que votre volonté soit faite sur la terre comme au ciel ;
Donnez-nous aujourd’hui notre pain quotidien ;
Pardonnez-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés.
Et ne nous laissez pas succomber à la tentation ;
Mais délivrez-nous du mal. Ainsi soit-il.

Ne vous amassez point de trésor sur la terre, où la rouille et les vers rongent, où les voleurs fouillent et dérobent. Mais amassez-vous des trésors dans le ciel, où il n’y a ni rouille, ni vers, ni voleurs. Là où est votre trésor, là est votre cœur. Nul ne peut servir deux maîtres à la fois. Ainsi vous ne pouvez servir Dieu et Mammon (le dieu des richesses).

Ne dites pas avec inquiétude : que mangerons-nous ? De quoi nous vêtirons-nous ? Considérez les oiseaux du ciel : ils ne sèment point, ils ne moissonnent point, ils n’amassent point dans les greniers ; et cependant votre Père céleste les nourrit. N’êtes-vous pas beaucoup plus que ces oiseaux ?… Cherchez d’abord le royaume de Dieu et sa justice, et le reste vous sera donné par surcroît. N’ayez donc pas de souci du lendemain ; à chaque jour suffit sa peine.

Ne jugez point, afin que vous ne soyez pas jugés ; ne condamnez point ; pardonnez, et l’on vous pardonnera ; donnez, et l’on vous donnera. On usera pour vous de la même mesure dont vous aurez usé pour les autres. Quoi ! Vous voyez un fétu dans l’œil de votre frère, et vous ne voyez pas une poutre dans le vôtre ! Viens, dites-vous à votre frère, que j’ôte cette paille de ton œil. Hypocrites ! Commencez par ôter la poutre de votre œil, et vous songerez alors au fétu qui pourrait se trouver dans l’œil de votre frère.

Entrez par la porte étroite ; car la porte large et la voie spacieuse sont celles qui mènent à la perdition, et nombreux sont les insensés qui s’y précipitent. Mais que la porte de vie est étroite ! Que la voie qui y mène est resserrée. Et qu’il y en a peu qui la trouvent !

Tout arbre qui ne porte pas de bons fruits, sera coupé et jeté au feu. Ainsi, il ne suffit pas de dire : « Seigneur, Seigneur ! » pour entrer dans le royaume des cieux. Celui-là qui fait la volonté de mon Père, y sera seul admis.

Quiconque entend ces paroles et les accomplit, sera semblable à l’homme sage qui a bâti sa maison sur le roc ; la pluie et les torrents inondent la plaine, le vent souffle avec furie, mais la maison reste inébranlable sur le roc qui lui sert de base. Au contraire, celui qui écoute ma parole sans la mettre en pratique, ressemble à l’insensé qui a bâti sur le sable. La pluie et les orages venant à fondre sur cette maison, elle s’écroule et sa ruine est complète. »

Ainsi parla Jésus. Et le peuple était dans l’admiration, car il enseignait avec une autorité toute divine et non comme les Scribes et les Pharisiens.

Réflexions. Voilà un court résumé de toute la doctrine de Jésus. Oh ! Il y a des hommes qui ont imaginé et dit de belles choses. Mais qu’est-ce que cela, en comparaison de cet ensemble magnifique de vérités que Jésus est venu nous enseigner ? Qui a jamais parlé ainsi ? Qui a jamais osé entreprendre de commander aux hommes une perfection aussi surhumaine ? Qui a jamais dit des choses aussi sublimes et aussi sévères, avec cette simplicité, cette franchise et cette autorité qui s’impose ? Un homme ne peut faire cela ; et surtout, un homme ne peut arriver à faire pratiquer par ses semblables une pareille doctrine, et renouveler, par elle, la face de la terre, comme Jésus l’a fait. C’est que Jésus est Dieu. »

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Édit de réconciliation pour la Nouvelle France

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Tandis que la France prépare sa chute vertigineuse vers la guerre civile, il est l’heure de préparer, en amont, son relèvement pendant que d’autres se contentent de prévoir l’avant-guerre. Les ennemis de la Divine Justice attisent les querelles intestines en espérant embraser les charbons ardents qui couvent sous les cendres. Nous allons, hélas, assister à ces tragiques événements d’ici peu de temps car l’heure des révélations approche à grands pas. Il ne sera bientôt plus possible d’être tiède : il va falloir choisir un camp. La république touche à sa fin et le renouveau de la France sera possible grâce à une ultime restauration monarchique. Peu importe que les individus le croient ou non car il faut que les choses se fassent, non selon leur volonté, mais, selon celle de Dieu. L’athéisme touche donc à sa fin avec toutes les erreurs voltairiennes qui l’ont précédées.

Voici donc une ébauche d’un Édit de réconciliation pour la Nouvelle France. Pour l’instant, cette pièce est livrée telle quelle mais elle fait partie d’un puzzle dont l’intégralité des pièces seront présentées en 2017.

« Édit de réconciliation pour la Nouvelle France » rédigé par Étienne de Calade, 11 août 2016.

La France, pays catholique de longue date piétiné par les ennemis de Dieu, noble nation royale, nous te saluons, non pour ta gloire mais pour celle de Dieu. Les droits de l’homme disparaîtront prochainement avec le délitement de notre nation catholique bien aimée. C’est par la Divine Providence que les devoirs envers Dieu seront pleinement restaurés, suite à notre humilité proclamée à la Face de la Sainte Croix. La nation aura changé brutalement de régime pour restaurer l’antique ordre catholique. L’histoire suit, tel un fleuve, le cours creusé par la Divine Volonté, notion qui échappe complètement aux hommes sans Dieu.

Nous souhaitons proposer ce jour, avant la date fatidique, une ébauche évolutive d’un Édit de réconciliation à destination de la Nouvelle France, nation restaurée selon les dogmes orthodoxes du catholicisme. Nous ne pouvons nous permettre de perdre notre temps en nous occupant d’indécentes futilités : notre cœur doit œuvrer pour Dieu, avec ou, surtout, sans le consentement d’hommes qui ont perdu la raison et le divin esprit de concorde. Notre cœur doit crier de toutes ses forces : béni soit celui qui vient au nom du Père afin de nous souvenir avec joie que le Christ est Roi des rois. La France doit être consacrée au Christ-Roi, au Sacré-Cœur de Jésus, afin qu’elle puisse renaître de ses cendres catholiques.

À cet égard, nous implorons la divine bonté d’obtenir la protection et faveur qu’il a toujours visiblement départie à ce royaume, depuis sa naissance et pendant tout ce long âge qu’il a atteint, tels étaient les dires du bon roi Henri IV. Nous renouvelons ce jour cette sainte prière afin d’obtenir l’union, la concorde, la tranquillité, le repos et le rétablissement de cet État dans toute sa splendeur catholique. C’est par ce nouvel Édit de réconciliation que nous déclarons, avant l’effondrement complet de la république, ce qui suit :

I.

Premièrement, que cet article sera complété lors de l’avènement à la couronne de celui qui a été désigné par la Divine Providence. Toute chose étant considérée comme non advenue avant son heure, il ne sera fait aucune mention, procès ou poursuite de cet Édit.

II.

Défendant à tous ceux qui sont amenés à devenir les sujets du royaume de la Nouvelle France, de quelque état et qualité qu’ils soient, de renouveler la mémoire, de s’attaquer, de s’injurier, ni de se provoquer l’un l’autre par reproche des événements qui auront engendré de grandes peines sur notre sol, mais de se contenir et de vivre paisiblement comme frères en Christ, amis et concitoyens. Aux contrevenants d’être punis comme fauteurs de troubles et perturbateurs du repos public.

III.

Avertissons que la religion catholique, apostolique et romaine, selon les vrais dogmes ancestraux, sera remise et rétablie en tous lieux et endroits, de ce qui doit devenir le royaume de la Nouvelle France, afin qu’elle puisse être exercée paisiblement et librement sans aucun trouble ni empêchement de quelque nature que ce soit. Défendant très expressément à toutes personnes, de quelque état, qualité ou condition qu’elles soient, sur les peines indiquées ci-dessus, de ne troubler, molester, torturer ou tuer les ecclésiastiques en la célébration du divin service, jouissance, fruits et revenus de leurs bénéfices, et tous droits et devoirs qui leur appartiennent. Tous ceux qui, durant les troubles, se seront emparés des églises, monastères, congrégations, maisons, biens et revenus appartenant aux dits ecclésiastiques et qui les détiennent, devront leur rendre en l’état qu’ils l’ont trouvé au moment des attaques. Défendant aussi très expressément tout prêche en dehors du culte catholique en églises, monastères, congrégations, maisons, et habitations des dits ecclésiastiques.

IV.

Pour faire cesser tous les troubles, nous permettrons aux fidèles non catholiques de pratiquer leurs religions, dans leurs formes monothéistes, orthodoxes et toujours dénuées de violence, de vivre et de demeurer dans toutes les villes et lieux du royaume de la Nouvelle France, sans être vexés, molestés, ni astreints à effectuer des choses contraires à leur conscience dès lors qu’ils respectent le contenu de notre présent Édit.

V.

À charge des religions non catholiques de retrouver leurs formes orthodoxes et dénuées de violence afin de garantir la paix à tous les sujets du royaume de la Nouvelle France. Tout dogme, article de foi ou verset incitant au meurtre, à la violence, à la sédition, à la grossièreté, à la dérision, au blasphème, au parjure, à l’iniquité, au vice sous n’importe quelle forme que ce soit sera rejeté et, si nécessaire, réinterprété ou reformulé afin de convenir davantage aux dogmes orthodoxes du catholicisme.

VI.

Ceux qui souhaiteraient pratiquer leur religion, leur philosophie ou leur doctrine dans une forme qui ne conviendrait pas aux articles précédents devront s’abstenir de partager publiquement leurs opinions afin de garantir la paix. Toutefois nul ne serait être puni pour ses convictions intimes si celles-ci ne troublent pas l’ordre public.

VII.

Les ecclésiastiques de la religion catholique devront se former aux dogmes orthodoxes du catholicisme avant de pouvoir enseigner, incorporer ou diriger une quelconque institution de charité, ou, de célébrer le divin service dans sa forme Très chrétienne. Défendant expressément à tous ecclésiastiques non respectueux des dogmes orthodoxes du catholicisme d’enseigner, de pratiquer ou de rendre un culte.

VIII.

Seuls les pratiquants de la religion catholique, conformément aux dogmes orthodoxes du catholicisme, seront aptes à incorporer l’administration civile ou militaire, les centres scientifiques ou éducatifs, ceci afin d’empêcher toutes dérives sectaires, terroristes ou simplement malveillantes.

IX.

Le financement des lieux de cultes non catholiques seront à la charge des fidèles. Défendant expressément à tout individu, groupement, association ou entreprise extérieure au royaume de la Nouvelle France de financer des lieux de cultes sur notre territoire.

X.

Défendant expressément à tous prêcheurs, lecteurs, éducateurs, professeurs ou autres de prononcer des discours pouvant inciter le peuple à la sédition, à la révolte ou à la haine. Leurs propos devront inciter au repos, à la tranquillité, à la symbiose conformément aux articles de cet Édit.

XI.

Défendant expressément à tous catholiques, de quelque condition et condition qu’ils soient, d’enlever de force, contre le gré de leurs parents, les enfants qui ne seraient pas catholiques pour les convertir. Tout comme il est défendu aux autres fidèles de convertir de force, contre le gré de leurs parents, les enfants catholiques à leurs propres religions.

XII.

Les jours fériés selon la tradition catholique, apostolique et romaine seront chômés. Ces jours-ci devront être consacrés à Dieu, sinon au salut des âmes pour ceux qui ne seraient pas catholiques. Le silence devant être complet dans les rues afin de favoriser la paix et le repos public.

XII.

Les ouvrages non catholiques qui pourraient servir une doctrine religieuse, politique ou philosophique ne pourront être diffusés publiquement. Défendant l’impression, la publication ou la vente de tous livres, reliures et écrits diffamatoires, enjoignant aux juges et aux officiers d’y veiller.

XIII.

Les loges, sectes, fondations, mécènes, corporations, associations, entreprises, ou autres groupements d’intérêts qui contreviendraient aux articles de cet Édit seront interdits, démantelés et condamnés à de sévères peines. En outre, tout groupement qui diffamerait contre la religion catholique, apostolique et romaine serait immédiatement fermé, démantelé et interdit avec condamnation de réparation pour la ou les fautes avérées.

XIV.

Toute revue, ouvrage, filmographie, catalogue ou autres médias diffusant des informations contrevenant aux bonnes mœurs seront interdits et seront dans l’obligation de réparer les torts effectués auprès des âmes lésées. Toute personne pourra se porter partie civile pour obtenir un dédommagement financier auprès du média contrevenant à cet article.

XV.

Toutes les dispositions pour la stabilité de la gouvernance du royaume seront prises lorsque l’article I aura été complété. En outre, tous articles complémentaires seront rédigés à la suite de ceux-ci après la formation du gouvernement selon les conditions du roi.

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Les lois morales qui sauveront la France

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La France est en train de perdre tous ses repères chrétiens. L’athéisme progresse en même temps que le vol des populations par les puissances financières mondialisées. La propriété privée est en passe de disparaître, la justice s’étiole pour céder la place à un fascisme étatique, la morale fléchit devant un code inique qui n’est pas chrétien, la violence barbare remplace la tranquillité intimement liée à l’esprit de devoir, le travail n’existe plus dans sa définition première à cause de la progression de la robotisation et de l’intelligence artificielle.

Le seul moyen de sauver la France est de restaurer pleinement ce qui a fait son glorieux triomphe : la loi morale découlant des enseignements de Notre Seigneur Jésus-Christ.

Nous commencerons par un épilogue avant de publier l’intégralité de la morale pratique rédigée par l’abbé de Broglié.

« Épilogue » extrait de « Dieu, la conscience, le devoir » de l’abbé de Broglié. Page 257 à 261

« Nous avons reconnu que la loi morale est gravée dans le cœur de l’homme, qu’il se sent libre de l’accomplir s’il le veut, qu’il se sent obligé de l’accomplir, et que sa conscience le menace d’un Châtiment très rigoureux s’il viole cette loi.

Cela posé, il semble que les hommes devraient, étant poussés par le double motif du devoir et de l’intérêt, obéir généralement à la loi morale, et que les violations de cette loi devraient être des exceptions.

Malheureusement, c’est le contraire qui a lieu.

La plupart des hommes violent très souvent la loi morale. Le désordre moral se rencontre partout sur la terre.

Bien plus, en s’examinant lui-même, l’homme se sent dominé par de mauvais penchants. Il peut sans doute leur résister, mais il ne le peut qu’avec beaucoup d’efforts. Il fait le mal facilement. Il est obligé de lutter pour faire le bien. Ce fait incontestable de la prédominance du mal moral en ce monde conduit à se poser trois questions :

1° D’où vient cette faiblesse, cette dégradation morale de l’humanité ?
2° Existe-t-il un remède préservatif, c’est-à-dire un moyen de fortifier la volonté dans le sens du bien ?
3° Existe-t-il un remède réparateur, c’est-à-dire un moyen d’obtenir le pardon des fautes, d’expier le mal commis ?

Nous allons examiner quelle réponse a été faite à ces questions par les philosophes, par la tradition des anciens peuples et par la révélation chrétienne.

I. En général, les philosophes ont constaté le fait de la faiblesse morale de l’homme sans chercher à l’expliquer. Rousseau cependant a enseigné que l’homme était naturellement bon, et qu’il était gâté par l’état de société. Mais l’expérience se prononce contre ce système. Les sauvages sont très grossiers et très vicieux. D’ailleurs l’état de société est nécessaire à l’homme, il ne peut donc être la cause de sa faiblesse morale.

Enfin, la conclusion de ce système serait que l’éducation, l’instruction, les sciences, la civilisation seraient la cause principale ou même unique de la corruption des hommes. Or, cette conclusion est évidemment fausse.

À la seconde question, savoir s’il existe un moyen de corriger les hommes, beaucoup de philosophes modernes en indiquent un, l’instruction. Ils adoptent donc une conclusion contraire à celle de Rousseau. Cette conclusion est vraie, mais en partie seulement. L’instruction contribue à moraliser les hommes, mais elle ne les délivre pas de leurs passions. Il y a des peuples instruits qui sont très corrompus.

D’autres soutiennent que l’homme, par l’énergie seule de sa volonté, peut arriver à pratiquer constamment la loi morale. C’est ce qu’ont enseigné les Stoïciens, qui prétendaient que le sage arrivait sur la terre à une perfection absolue. Malheureusement, l’expérience dément ces prétentions orgueilleuses.

D’autres prétendent que l’homme a le droit de se laisser aller à ses penchants. Il est clair qu’une telle opinion détruit la morale.

Sur la troisième question, celle du pardon, les philosophes gardent le silence. Cela est d’autant plus étrange qu’elle est éminemment pratique. Tout homme qui a la conscience tant soit peu délicate, sait bien qu’il ne vit pas constamment d’une manière conforme à cette voix intérieure de Dieu, et doit se demander s’il existe pour lui un moyen d’expier ses fautes.

II. Les anciennes traditions de presque tous les peuples expliquent cette faiblesse morale de l’humanité par une déchéance primitive. L’homme, disent-elles, était bon autrefois, mais il s’est corrompu, et la corruption a passé des pères aux enfants.

Ces traditions sont également toutes remplies de l’idée de l’expiation et du pardon.

Elles admettent certains rites, tels que les sacrifices au moyen desquels l’homme peut se réconcilier avec Dieu.

III. La révélation chrétienne complète et précise sur cet important sujet les notions fournies par la raison et la tradition.

En premier lieu, elle reconnaît l’existence de ces mauvais penchants prédominants dans le cœur, et elle en indique la source. Elle déclare qu’ils sont une conséquence de la déchéance primitive de l’humanité résultant de la faute d’Adam.

L’Église catholique, il est vrai, affirme que l’homme déchu conserve sa raison et son libre arbitre, bien que la raison soit obscurcie et le libre arbitre affaibli pour le bien.

Elle reconnaît que l’homme peut par lui-même pratiquer certaines vertus, mais qu’il a besoin d’un secours surnaturel pour accomplir pendant toute sa vie les devoirs les plus difficiles que la loi morale prescrit. En second lieu, la révélation enseigne que ce secours surnaturel est à sa disposition et qu’il existe un remède pour fortifier la volonté et rendre l’homme capable de remplir tous ses devoirs. Ce remède c’est la grâce divine, offerte à tous les hommes, et obtenue par la prière et les sacrements.

En troisième lieu, la révélation enseigne que Dieu peut pardonner les fautes des hommes, bien qu’il n’y soit pas obligé. Elle enseigne également que, Jésus-Christ ayant mérité le pardon par sa mort, Dieu l’offre à tous les hommes de bonne volonté, à certaines conditions faciles à remplir, dont la plus essentielle est un repentir sincère.

Ici, nous devons reconnaître que l’enseignement de la révélation complète sur des points essentiels de la morale, l’enseignement de la raison humaine. Seul, l’enseignement révélé reconnaissant la faiblesse de l’homme, et lui offrant un secours et un pardon, peut imposer à l’homme une morale à la fois sévère et praticable. Les philosophes qui n’admettent pas la grâce de Dieu et ne parlent pas du pardon, sont obligés ou de demander à l’homme une perfection impraticable, ou de laisser fléchir la loi morale assez pour qu’elle se mette à la portée de la faiblesse humaine. Mais la conscience proteste contre l’une et l’autre de ces doctrines. L’homme se sent plus faible que les premiers ne le disent, et obligé à des devoirs plus rigoureux que. ne le veulent les seconds.

Aussi, peut-on dire que la religion chrétienne est la meilleure école de morale, même naturelle, et que le véritable homme vertueux est celui qui est formé par l’Évangile et qui se propose l’imitation du modèle incomparable que ce livre nous propose dans la personne de Jésus-Christ.

Nous laissons la parole, pour développer cette idée qui sera la conclusion de ce livre, au grand orateur chrétien de notre siècle, au père Lacordaire :

« Je me demande si la vertu existe sur terre, si réellement le cœur de l’homme est capable d’une prudence qui embrasse tous les intérêts de l’humanité, d’une justice qui rende à chacun ce qui lui est dû dans l’ordre des biens sensibles et des biens de l’âme, d’une tempérance qui assujettisse le corps à la loi de l’esprit, d’une force qui aille jusqu’à donner sa vie pour le droit et la vérité. Je me demande s’il y a des hommes qui cherchent Dieu comme le terme de leur existence passagère, comme le principe certain de leur félicité et de leur perfection. »

Je me demande, par-dessus tout, s’il y a des hommes qui aiment Dieu, je ne dis pas comme nous aimons les hommes, mais comme nous aimons les plus viles créatures, un cheval, un chien, l’air, l’eau, la lumière et la chaleur. Je me demande ces choses, à moi d’abord et à vous ensuite, et j’attends ma réponse et la vôtre avec une terreur qui doit décider de ma vie. J’entends des bouches hardies me dire que la vertu n’est qu’un nom. J’entends, d’un bout à l’autre de l’histoire, la protestation des sceptiques, le sarcasme des égoïstes, le rire des débauchés, la joie des fortunes acquises par la sueur et le sang des autres, le cri plaintif des cœurs qui n’espèrent plus, et, seul, du haut de ces raisonnements qui m’ont conduit à l’idée du vrai, du bien, du juste, du saint, le regard fixé sur mon âme et sur ce que j’appelle encore Dieu, j’attends une parole qui me précipite ou m’affermisse à jamais. Qui est-ce qui me la dira ?

C’est moi qui vous la dirai. Vous cherchez l’homme juste, l’homme, fort, l’homme saint, l’homme qui aime Dieu : je le connais et je vais vous dire son nom.

Il y a dix-huit siècles, Néron régnait sur le monde. Héritier des crimes qui l’avaient précédé sur le trône, il avait eu à cœur de les surpasser et de se faire par eux, dans la mémoire de Rome, un nom qu’aucun de ses successeurs ne pourrait plus égaler. Il y avait réussi. Un jour, on lui amena dans son palais un homme qui portait des chaînes et qu’il avait désiré voir. Cet homme était étranger : Rome ne l’avait point nourri, et la Grèce ignorait son berceau. Cependant, interrogé par l’empereur, il répondit comme un Romain, mais comme un Romain d’une autre race que celle des Fabius et des Scipion, avec une liberté plus grave, une simplicité plus haute, un je ne sais quoi de grave et de profond qui étonna César. En l’entendant, les courtisans se parlèrent à voix basse, et les débris de la tribune aux harangues s’émurent dans le silence du Forum. Depuis, les chaînes de cet homme se sont brisées ; il a parcouru le monde. Athènes l’a reçu et a convoqué pour l’entretenir les restes du Portique et de l’Académie. L’Égypte l’a vu passer au pied de ses temples, où il dédaignait de consulter la sagesse ; l’Orient l’a connu et toutes les mers l’ont porté. Il est venu s’asseoir sur les grèves de l’Armorique, après avoir erré dans les forêts delà Gaule ; et les rivages de la Grande-Bretagne l’ont accueilli comme un hôte qu’ils attendaient. Quand les vaisseaux de l’Occident, las des barrières de l’Atlantique, s’ouvrirent de nouvelles routes vers des mondes nouveaux, il s’y élança aussi vite qu’eux, comme si nulle terre, nulle montagne, nul désert n’eût dû échapper à l’ardeur de sa course et à l’empire de sa parole, car il parlait, et la même liberté qu’il avait déployée en face du Capitole asservi, il la déployait en face de l’univers.

Voyageur à mon tour au mystère de la vie, j’ai rencontré cet homme. Il portait à son front les cicatrices du martyre, mais ni le sang versé, ni le cours des siècles ne lui avait ôté la jeunesse du corps et la virginité de l’âme. Je l’ai vu, je l’ai aimé. Il m’a parlé dé la vertu, et j’ai cru à la sienne. Il m’a parlé de Dieu, et j’ai cru à sa parole. Son souffle versait en moi la lumière, la paix, l’affection, l’honneur, je ne sais quelles prémices d’immortalité qui me détachaient de moi-même, et enfin je connus, en aimant cet homme, qu’on pouvait aimer Dieu, et qu’il était aimé, en effet. Je tendis la main à mon bienfaiteur, et je lui demandai son nom. Il me répondit, comme il avait fait à César : « Je suis chrétien. » »

« Morale pratique » extrait de « Dieu, la conscience, le devoir » de l’abbé de Broglié. Page 176 à 256

Table des matières

CHAPITRE I
I. Devoir de conserver sa vie, sa santé et ses facultés
II. Devoirs relatifs à la modération des appétits corporels
III. Devoirs relatifs aux soins extérieurs qui concernent le corps
CHAPITRE II
I. Devoirs relatifs à la sensibilité morale
II. Devoirs relatifs à l’intelligence
III. Devoirs relatifs à la volonté
IV. Devoirs relatifs aux objets qui complètent la personne humaine
V. Devoirs relatifs aux animaux et aux êtres inanimés
VI. Devoir individuel général et suprême
CHAPITRE III
I. Distinction des devoirs de justice et de charité
II. Fondement et division des devoirs de justice
III. Fondement des devoirs de charité
IV. Importance relative des devoirs de justice et de charité
CHAPITRE IV
I. Sa nature et ses objets
II. Origine de la propriété
III. Mode de transmission de la propriété
IV. Cause de l’inégalité des biens
V. Utilité sociale de la propriété individuelle et héréditaire, et de l’inégalité des biens
VI. Légitimité du droit de propriété
CHAPITRE V
I. Du respect de la vie du prochain
II. Du respect de la liberté du prochain
III. Du respect de la conscience du prochain, de ses croyances et de ses opinions
IV. Du respect de la réputation du prochain
V. Injures, railleries, paroles blessantes
CHAPITRE VI
I. Respect de la propriété
II. De la restitution
III. De la restitution par suite de la possession du bien d’autrui
IV. De la restitution pour cause de dommage
V. Circonstances de la restitution
VI. Solution de quelques cas particuliers
CHAPITRE VII
I. Existence et fondement du devoir de dire la vérité
II. Étendue du devoir de dire la vérité
III. De la fidélité aux engagements en général
IV. Des engagements de simple fidélité
V. Des engagements de stricte justice
CHAPITRE VIII
I. Du contrat de vente
II. De la formation du contrat de vente
III. De l’exécution du contrat de vente
IV. De l’usure
V. Du jeu et du pari
CHAPITRE IX
I. Du pardon des injures
II. Des œuvres de charité et en particulier de l’aumône
CHAPITRE X
I. Institution divine de la famille
II. Du mariage au point de vue de la loi naturelle, de la loi civile et de la loi religieuse
III. Unité et perpétuité du lien conjugal
IV. Devoirs résultant de l’institution de la famille
CHAPITRE XI
I. Choix d’une profession
II. De la science nécessaire pour remplir une profession
III. Du zèle dans l’accomplissement de son emploi
IV. Rapports sociaux résultant de diverses professions
CHAPITRE XII
I. Définition de l’État, de la nation, et de la patrie
II. Fondement de l’autorité publique
III. Droits et obligations de l’autorité civile
IV. Devoirs des citoyens envers l’État ou la patrie
V. Devoirs des gouvernants
CHAPITRE XIII
I. Distinction du droit des gens naturel et du droit des gens positif
II. Principes du droit des gens naturel
III. Principes du droit des gens positif
CHAPITRE XIV
I. Culte intérieur
II. Culte extérieur
III. Respect du nom de Dieu
IV. Droits de la conscience en matière de religion. Liberté des cultes

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Les incalculables erreurs de l’athéisme

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Voici un article majeur qui complète les autres. L’abbé de Broglié avait, en son temps, rédigé une œuvre catholique qui semble prophétique. En effet, toutes les tares qu’il dénonce se retrouvent dans notre époque. Le XIXe siècle semble prouver que la religion catholique atteignait son apogée avant le grand déclin du XXe siècle, avec ses terribles guerres mondiales. Le XXIe siècle, quant à lui, pauvres de nous, semble toucher le fond de la benne à ordures avec d’innombrables fléaux spirituels.

La grande apostasie est là, devant nous, avec les zombies du pokemon go, les orgueilleux qui ne pensent qu’à se photographier avec des perches selfies pendant de graves événements, les individus qui sont littéralement scotchés à leur téléphone portable au point d’être seul pendant les réunions familiales, les oublieux du passé qui ne souhaitent se consacrer qu’à une technologie invasive et despotique comme s’ils étaient eux-mêmes des robots sans besoins physiologiques, etc… !

Pendant ce temps mystérieux où la majorité semble dormir d’un sommeil hypnotique, la barbarie commence son œuvre de destruction. Lorsque la violence atteindra son apogée, il sera temps de réagir et de remettre de l’ordre. Mais ceci ne sera pas possible avant 2017. Pour l’instant, découvrons le formidable article de l’abbé de Broglié, les passages importants étant placés en italiques.

Extraits de « Des faux systèmes de morale » tirés de « Dieu, la conscience, le devoir », page 109 à 124

« 

I. Morale du devoir pur

Nous entendons par morale du devoir pur celle qui prend pour principe l’obligation morale sans la rattacher à Dieu et sans admettre la sanction de la vie future.

Les partisans de cette morale partent du même principe qui nous a servi de point de départ, c’est-à-dire du sentiment de l’obligation morale.

L’homme, disent-ils, se sent obligé à faire le bien et à éviter le mal. Il sent qu’il doit être honnête.

Cette règle unique lui suffit pour se conduire. Il n’a pas besoin de savoir sur quoi se fonde le devoir, ni s’il y a un principe supérieur qui commande de le faire. La conscience commande et cela suffit.

Quant à la sanction, elle est également inutile. On doit faire le devoir parce que c’est le devoir, et non pour une récompense, ni par la crainte d’un châtiment.

Bien plus, disent ces philosophes, l’idée de la sanction telle qu’elle est énoncée dans la morale religieuse nuirait à l’idée du devoir et l’affaiblirait. L’homme qui croit en Dieu et à la vie future ferait le bien pour gagner le ciel et éviter l’enfer, il agirait d’une manière intéressée. Au contraire, l’homme qui n’a pas ces croyances fait le bien par pur sentiment du devoir, sans intérêt. Il sait qu’il n’a ni récompense à espérer ni châtiment à craindre, il n’en fait pas moins son devoir. Cette manière d’agir est donc plus noble et plus généreuse que la première.

Il y a dans ce système une certaine grandeur; il y a aussi une vérité partielle. Néanmoins, il suffit de l’examiner pour reconnaître qu’il est insuffisant, souvent illusoire et toujours dangereux.

Et d’abord, il importe de bien distinguer en quoi ce système du devoir pur diffère de la morale spiritualiste que nous avons exposée.

Lorsque les moralistes qui admettent le devoir sans sanction disent que le devoir oblige par lui-même, ils ont raison. La loi est gravée dans notre conscience et ne cesse pas d’obliger parce que nous ignorons le législateur. Ce n’est pas pour produire l’obligation, c’est pour l’expliquer qu’un principe supérieur est nécessaire.

Un homme qui serait sincèrement athée ne serait pas pour cela dispensé de faire son devoir.

Quelle est donc, au point de vue de l’obligation, la différence entre les moralistes que nous combattons et ceux qui soutiennent la morale religieuse ? Les uns et les autres sentent en eux-mêmes l’obligation du devoir ; les uns et les autres la reconnaissent, la respectent et veulent s’y soumettre ; mais les uns, ceux qui croient en Dieu, comprennent pourquoi cette obligation leur est imposée. Cette obligation se rattache dans leur intelligence d’une manière logique à la condition de l’homme, créature qui doit obéir à son créateur et tendre vers la fin qui lui est assignée. Pour les autres, ceux qui croient au devoir en étant athées, cette obligation qu’ils sentent, et qu’ils acceptent, est inexplicable ; le sentiment du devoir qui est en eux, au lieu de s’unir harmonieusement à une conception rationnelle du monde qui lui soit conforme est un sentiment aveugle et un instinct dont la source est inconnue. Aussi quelques-uns de ceux qui soutiennent cette doctrine ont-ils dit que l’honnêteté est une espèce de folie, une folie noble et généreuse. Nous n’irons pas jusque-là, mais nous dirons que le sentiment du devoir, séparé de l’idée de Dieu, est une notion incomplète et tronquée qui s’impose à la conscience sans satisfaire la raison.

Au point de vue de la sanction, l’opposition est plus complète entre la morale du devoir pur et la morale religieuse. Le partisan du devoir pur ne croit pas à la sanction ; il y renonce et prétend s’en passer. L’homme religieux croit à la sanction, l’espère et se fait même un devoir de l’espérer.

S’ensuit-il que la morale religieuse puisse être qualifiée de morale intéressée et réprouvée à ce titre comme une morale basse et sans générosité ?

S’ensuit-il que la morale du devoir séparée de l’idée de la sanction soit réellement plus noble et plus élevée que la morale spiritualiste ?

Il va nous être facile de répondre à ces deux questions.

La réponse à la première résulte de ce que nous avons dit plus haut en expliquant la nature de l’obligation et de la sanction.

L’homme qui fait le bien et évite le mal, en pensant à la récompense et au châtiment, n’agit pas exclusivement ni principalement pour obtenir une jouissance ou éviter une souffrance. Il agit principalement et d’abord eu vue du devoir, en vue du bien absolu, puis, conséquemment, accessoirement, il croit que la bonne action sera récompensée et la mauvaise action punie.

Supposons un homme qui ne veuille pas commettre un vol, parce qu’il sait que le vol est une faute et sera puni. Si cet homme était disposé de telle sorte qu’il fut prêt à commettre ce vol, dans le cas où cette action devrait lui procurer une jouissance et non un châtiment, cet homme agirait d’une manière purement intéressée, il ne ferait pas un acte moral.

Mais si sa résolution principale est de ne pas commettre le vol parce que le vol est un mal, et qu’il se serve de la crainte du châtiment pour fortifier sa résolution, pour détester davantage le mal et résister à l’attrait de la cupidité, il fait alors un acte moral, mais il fait aussi un acte désintéressé, puisque son intention principale porte sur le devoir.

Observons, en second lieu, que bien que le spiritualiste ne renonce pas à la récompense parce qu’elle est la conséquence naturelle du bien, il n’est pas nécessaire qu’il y pense toujours. Il agira souvent par la seule vue du devoir, par pur dévouement, en s’oubliant lui-même. Néanmoins, quand il réfléchira aux conséquences de son acte, il sentira qu’il a droit à la récompense et quand son attention se portera sur le désir inné de bonheur qui est dans notre nature, il sentira que ce bonheur peut légitimement être mérité par la vertu.

Ainsi la morale spiritualiste n’est nullement une morale basse ; elle n’est une morale intéressée que dans la mesure où cela est nécessaire, par l’effet de l’amour naturel de l’homme pour lui-même et du désir de bonheur qui est dans le fond de notre être.

Elle place les motifs désintéressés à la première place, et le mobile intéressé ne vient qu’après et n’est que secondaire.

Ajoutons que la morale spiritualiste nous représente le principe du bien, l’auteur de la loi, comme une personne, comme un père qui nous aime.

De cette idée naissent des sentiments de reconnaissance et d’amour qui élèvent l’âme au-dessus de l’intérêt personnel. L’homme religieux, sans doute, désire être uni au Dieu qu’il aime, mais il veut aussi se dévouer pour Dieu ; la récompense ou l’union avec l’être aimé se confond avec l’amour même.

Les basses idées d’un calcul ou d’un salaire disparaissent devant ces sentiments élevés.

Que dirons-nous maintenant de la morale du devoir pur, sans Dieu et sans vie future ?

Est-elle réellement, à cause de sa prétention au désintéressement absolu, supérieure à la morale religieuse ?

Non, elle est simplement une morale irrationnelle et contre nature.

Que demande-t-elle en effet ?

Que l’homme qui a l’instinct inné de chercher son propre bonheur renonce à cette recherche et accepte d’être absolument malheureux ;

Que l’homme fasse de bonnes actions, en renonçant à attribuer à ces actions leur caractère méritoire, qu’il fasse des actions essentiellement dignes de récompense et ne croie pas à l’existence de cette récompense ;

Que l’homme soit parfaitement juste, qu’il le soit jusqu’au sacrifice, et que cependant il croie vivre dans un monde où la justice ne règne pas, où le mal peut triompher et le bien être vaincu ; qu’il se sacrifice pour l’ordre universel, sachant que cet ordre est injuste à son égard ; qu’il rende à chacun ce qui lui est dû, sachant qu’à lui-même justice ne sera pas rendue.

Sans doute, un homme qui est convaincu qu’il n’y a pas de Dieu ni de vie future, est obligé de se réfugier dans cette morale du devoir pur ; il doit obéir à cette loi si étrange qui lui impose la justice et ne la lui rend pas.

Mais cet état est un désordre et un malheur, et non un état moral supérieur.

Nous pouvons expliquer notre pensée par une comparaison.

Deux hommes ont chacun un poids égal à transporter d’un endroit à un autre. L’un a l’usage de ses deux jambes ; l’autre est boiteux et s’appuie sur une béquille. Le second fera en transportant son poids une œuvre plus difficile, peut-être même plus méritoire que le premier. Mais, néanmoins, l’état du premier est préférable à celui du second.

De même, dans l’accomplissement du devoir, celui qui ne s’appuie que sur l’obligation et ne connaît pas la sanction a plus de peine à remplir son devoir. Mais celui qui, obéissant à sa nature, poursuit à la fois le devoir et la récompense, le bien général d’abord et son propre bien comme conséquence, est évidemment dans un état plus sain, plus harmonieux, plus normal que le premier.

Ajoutons une dernière considération. Si l’homme qui croit à la vie future est exposé à s’attacher trop à la récompense, l’homme qui n’y croit pas est exposé au péril de faire reposer sa vertu sur l’orgueil. Ne reconnaissant pas Dieu, ne croyant pas à une rétribution, c’est en lui-même seul qu’il trouve le type et la règle de la justice. C’est sa propre dignité, sa propre excellence qu’il poursuit en restant vertueux. Lorsqu’il est juste, il se sent supérieur à l’ordre du monde où l’injustice règne, puisque, selon sa croyance, tout finit à la mort. Or, l’orgueil est une forme de l’égoïsme ; être vertueux par orgueil, c’est tout aussi bien être égoïste que de l’être par amour de la récompense.

Ne demandons pas à l’homme plus que sa nature ne le veut et ne le permet. Qu’il connaisse et cherche d’abord le devoir, c’est-à-dire le bien en soi, le bien désintéressé. Qu’il ne cherche le bonheur que comme récompense, c’est-à-dire comme conséquence du devoir accompli, mais qu’il puisse aimer et chercher le bonheur de cette manière, qu’il ait le droit et le devoir d’espérer qu’il l’obtiendra par la justice de Dieu. Qu’il soit juste lui-même, mais qu’en même temps il croie à la justice universelle. Une telle morale, mieux adaptée aux besoins de l’humanité, praticable pour tous les hommes, est supérieure à la morale exagérée des stoïciens, qui poursuivent le devoir sans vouloir être récompensés.

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Les erreurs du bouddhisme

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La métempsycose est l’une des plus graves erreurs du bouddhisme. Pour s’en convaincre, lisons ce qu’en dit l’abbé de Broglié.

« Destinée de l’homme après la mort » extrait de « Dieu, la conscience, le devoir » de l’abbé de Broglié, page 101 à 104

« Quels seront maintenant le sort et la destinée de l’homme après la mort.

Cette question, différente de la précédente, n’est pas susceptible d’être résolue d’une manière aussi certaine.

On peut, en effet, tout en admettant une rétribution du bien et du mal après cette vie, faire sur la destinée de l’homme après la mort diverses hypothèses.

On peut d’abord se demander si le sort de l’homme est arrêté d’une manière définitive par la mort, ou si, au contraire, après l’épreuve de cette vie, il n’y aurait pas des épreuves ultérieures.

Il ne semble pas que cette question puisse être tranchée d’une manière absolue par la raison seule.

Voici néanmoins ce que l’on peut dire à ce sujet.

Il existe une opinion selon laquelle l’âme ne quitterait un corps que pour passer dans un autre. La nouvelle existence qu’elle commencerait serait la récompense ou le châtiment de l’existence antérieure. L’âme serait, dans cette existence, glorieuse ou humiliée, heureuse ou malheureuse, en proportion des mérites antérieurement acquis.

Nous pouvons dire au sujet de ce système :

1° Que c’est une hypothèse sans fondement ;

2° Que les conséquences de cette doctrine sont funestes pour la moralité humaine.

Et d’abord cette hypothèse est sans fondement.

Aucune raison tirée de l’expérience se porte à croire qu’au moment qu’un individu meurt, un autre naisse, et que l’âme du premier passe dans le second. Quand un homme meurt, les éléments du corps rentrent dans la circulation générale de la matière ; mais rien n’indique que son âme trouvera immédiatement un nouvel organisme auquel elle s’unirait en repassant ainsi subitement de la vieillesse à l’enfance.

La métempsycose ne pourrait donc pas avoir lieu en vertu d’une loi naturelle et physique. Il faudrait supposer une intervention de Dieu qui donnerait à chaque âme un nouveau corps. Mais cette manière d’agir ne parait pas conforme à la sagesse de Dieu.

En effet :

1° Pourquoi soumettre à une nouvelle épreuve une âme qui a déjà eu le temps de choisir entre le bien et le mal ? La justice exige qu’elle soit récompensée ou châtiée ; elle ne demande pas autre chose.

2° Dans ce système, l’âme aurait oublié les fautes dont elle subit la punition, et la vertu dont elle subit la récompense. Ne serait-ce pas une manière bien étrange de récompenser et de punir ? Une âme qui, en commençant une vie nouvelle, a oublié entièrement l’ancienne, est-elle bien la même personne, responsable de ses actes passés ?

3° Est-ce une récompense suffisante, qu’une vie nouvelle dans laquelle on est exposé à perdre son bonheur en retombant dans le mal ?

Ce système est donc une hypothèse sans fondement. Mais de plus cette doctrine est très dangereuse pour la morale. En effet :

1° Les bons seraient découragés par la perspective d’épreuves indéfinies accompagnées de la possibilité constante de retourner au mal et à la souffrance. Nous pouvons voir un effet de ce découragement produit par la pensée de cette série indéfinie d’existences, dans la doctrine de Bouddha qui offre aux hommes, comme suprême bonheur et récompense de la vertu, l’anéantissement, qu’il considère comme le seul moyen d’échapper au cercle funeste des existences successives.

2° Les méchants ne seraient plus retenus par le frein de la crainte de Dieu. Ils pourraient toujours se dire : Pendant l’existence actuelle je vais me livrer à mes passions. Dans une autre, je me repentirai.

3° Les souffrances et les infirmités des hommes étant considérées comme des châtiments des fautes passées, les gens malheureux sur la terre seraient dignes de mépris, et les prospérités actuelles étant regardées comme une récompense deviendraient un sujet légitime d’orgueil. Dans l’Inde où régnait la doctrine de la métempsycose, les brahmanes en firent sortir la division en castes ; ils considéraient les parias comme des hommes qui, dans une vie antérieure, avaient mérité d’être leurs esclaves.

Ces conséquences funestes tendent à prouver que la doctrine de la métempsycose est fausse, car Dieu n’aurait pas pu établir un système du monde conduisant a des conséquences immorales.

Nous devons donc considérer comme plus probable, au point de vue de la raison, l’opinion opposée, à savoir, que la vie actuelle est un temps d’épreuves qui se termine à la mort, et qu’à partir de la mort le sort définitif de l’âme est irrévocablement fixé. Cette opinion est d’ailleurs confirmée par la tradition la plus ancienne de tous les peuples du monde.

Quelle sera maintenant cette destinée ?

Le bon sens nous porte à distinguer trois classes d’hommes.

1° Celle des hommes vertueux, qui ont mérité une récompense ;

2° Celle des imparfaits, qui ont hésité entre le bien et le mal, ont commis des fautes et cherché à les réparer ;

3° Celle des hommes qui se sont jetés du côté du mal avec obstination et perversité.

Les premiers ont droit à une récompense, et on peut espérer que leur bonheur sera éternel, sans cependant que cela soit certain, car la conscience n’exige qu’une rétribution proportionnée aux mérites et rien ne prouve que l’éternité soit nécessaire pour cette proportion.

Les seconds auront une expiation à subir, mais après leur peine subie, on peut croire qu’ils parviendront à un bonheur éternel.

Quant aux hommes de la troisième classe, leur épreuve étant finie, il n’y a pas lieu de penser qu’ils pourront se repentir et revenir au bien. Leur état est donc un état de malheur irrévocable et irréparable. Mais les peines qu’ils subiront seront-elles éternelles ou finiront-ils par être anéantis ?

Sur ce dernier point, là raison ne peut pas se prononcer, parce que nous ignorons le rapport fixé par la justice entre les fautes et les peines, la nature de l’existence future et l’influence de la durée sur la gravité des châtiments. On peut observer que l’idée des peines éternelles se rencontre dans la tradition d’un grand nombre de peuples, ce qui ne permet pas de croire qu’elle soit, comme certaines personnes le disent de nos jours, contraire à la raison et à la conscience humaine.

En résumé, nous ne pouvons pas nous prononcer avec certitude, par la raison seule, sur ce qui doit arriver à l’homme après la mort. La seule chose que nous puissions savoir, c’est que la rétribution du bien et du mal qui ne s’accomplit pas sur cette terre s’accomplira dans une autre existence ; c’est le point essentiel en ce qui concerne la morale. Les autres questions, quelque intéressantes qu’elles soient, sont moins importantes.

Néanmoins on comprend que l’homme doit désirer avoir de cet avenir mystérieux une connaissance plus précise, et qu’une révélation divine enseignant à l’humanité d’une manière plus complète ce qu’il doit espérer ou craindre après la mort, est un immense bienfait. »

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Les preuves de l’existence du Vrai Dieu

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Dieu existe et l’apologétique est là pour nous le rappeler. Le texte majeur de l’abbé de Broglié, s’il était encore enseigné de nos jours à l’école primaire, permettrait de rappeler aux âmes que Dieu n’est pas un mythe mais une réalité tangible, perceptible, réelle et concrète. Le Vrai Dieu est d’une nature parfaite sur tous les plans. Plutôt que de plagier cet indispensable texte, contentons-nous de le publier.

Étienne de Calade.

« Les preuves de l’existence du Vrai Dieu » extrait de « Dieu la conscience et la morale » de l’abbé de Broglié, page 86 à 91.

« I – Attributs de Dieu.

Nous avons reconnu qu’il existe un Dieu, auteur de l’ordre physique et de l’ordre moral.

Que savons-nous maintenant de cet être, et comment pouvons-nous en déterminer les attributs ?

Nous avons pour cela deux principes sûrs :

En premier lieu, Dieu est la cause universelle du monde et des êtres que le monde contient.

Par conséquent, Dieu doit posséder d’une manière éminente toutes les perfections de ces êtres, tout ce qui, dans ces êtres, est tel qu’il vaille mieux le posséder qu’en être privé.

Sans cela, il y aurait dans l’effet ce qu’il n’y a pas dans la cause ; le moins produirait le plus.

En second lieu, Dieu est le premier des êtres ; il est la cause première, il n’est produit ni causé par un autre être.

Par conséquent, on ne doit admettre en Dieu aucune propriété qui suppose qu’il soit produit par une cause supérieure.

Au moyen du premier principe, nous avons déjà reconnu que Dieu possède les propriétés de l’âme humaine, l’intelligence, la conscience de soi, l’amour, la bonté, la justice.

En effet, s’il ne possédait pas ces propriétés, il serait inférieur à l’homme.

Au moyen du second principe nous voyons d’abord que Dieu n’a pas de corps, qu’il est un pur esprit ; un être simple.

En effet, s’il avait un corps, il serait composé d’éléments distincts liés ensemble. De plus, comme il lui faudrait une âme, puisqu’il possède l’intelligence et l’amour, propriétés de l’âme, il faudrait que son âme fût unie à son corps.

Mais alors il faudrait qu’une cause supérieure eût réuni et assemblé les éléments qui composeraient le corps de Dieu, qu’elle eût joint le corps et l’âme de Dieu ensemble.

Dieu ne serait donc plus le premier être. Il y aurait un Être supérieur qui ne pourrait plus avoir de corps, et qui serait le seul Vrai Dieu.

Dieu est donc un être simple, un pur esprit.

Par un raisonnement semblable en partant de ce que Dieu est le premier être, nous découvrons d’autres attributs. Dieu doit être éternel, sans commencement ni fin. Il doit être infiniment parfait, car s’il n’avait qu’une perfection limitée, la limite aurait dû être posée par un être supérieur qui serait le vrai Dieu. Il doit être immuable, car tout changement est une imperfection.

Nous pouvons donc définir ainsi Dieu considéré en lui-même :

Dieu est un pur esprit, éternel, immuable, infiniment parfait, doué d’intelligence et d’amour.

11 – Dieu créateur du monde

Dieu est évidemment le principe de l’ordre qui existe dans le monde.

L’ordre ne peut être que l’œuvre d’une intelligence.

Mais Dieu est-il le principe du monde lui-même ? Comment le produit-il ?

Les réponses à cette question sont très diverses parmi les philosophes. Elle est cependant facile à résoudre d’après les principes que nous avons posés.

Il y a quatre principales opinions au sujet de ces rapports entre Dieu et le monde.

1) Selon la première opinion, Dieu ne serait que le principe de l’ordre ; la substance du monde ne serait pas l’œuvre de Dieu, elle serait éternelle. Dieu serait, comme les ouvriers humains, obligé de chercher en dehors de lui une matière première de son œuvre.

2) Selon la seconde, Dieu serait le monde même. Dieu serait le grand Tout comprenant tous les êtres. Cette doctrine s’appelle le panthéisme.

3) Selon la troisième, le monde sortirait de Dieu par émanation ; Dieu tirerait le monde de lui-même, comme l’araignée fait sa toile.

4) Selon la quatrième enfin, Dieu créerait le monde de rien, par sa seule volonté.

1) La première opinion n’est plus soutenue de nos jours. On ne comprend pas, en effet, ce que serait cette matière première du monde, en laquelle il ne pourrait pas y avoir d’ordre, ni de lois, puisque l’ordre vient de Dieu. Quelque loin que la science pénètre dans l’intérieur des corps, elle trouve partout l’ordre, le nombre, la mesure ; les atomes chimiques se combinent dans des proportions arithmétiques ; les molécules élémentaires ont des formes géométriques.

D’un autre, côté, comment cette matière première imparfaite serait-elle éternelle ? Dieu est éternel, mais il est en même temps parfait et immuable ; c’est un mystère qui est au-dessus de notre raison. Mais une matière imparfaite, destinée à être organisée, ne peut pas être éternelle ; ce serait une absurdité.

2) La seconde opinion, ou le panthéisme, est enseignée de nos jours par beaucoup de philosophes. C’est cependant une doctrine contraire à la raison et même au bon sens.

Dire que Dieu est la même chose que le monde, c’est dire qu’un pur esprit, infiniment parfait, intelligent, juste et bon, est la même chose qu’un monde composé de matière, plein d’imperfections, et qu’une nature aveugle et inconsciente, qui ne connaît ni le bien ni le mal.

C’est une contradiction absolue. Selon cette doctrine encore, nous serions une partie de Dieu, nous serions Dieu ; quelle absurdité !

Enfin, si Dieu était tout, Dieu serait aussi bien le criminel que l’homme vertueux ; ce serait Dieu qui commettrait les crimes.

Observons que Dieu, tel que le conçoivent les panthéistes, n’a aucun rapport avec le principe moral que notre conscience atteste et réclame. Ce que la conscience demande, cet Être en qui elle croit, c’est un être supérieur à l’homme, par conséquent au monde entier ; c’est un législateur et un juge. C’est parce que le principe de la loi morale et sa sanction ne se trouvent ni dans l’homme ni dans le monde que la conscience demande un Être supérieur. Lui dire que cet Être n’est autre que le monde même, c’est se moquer.

Dire que Dieu est le monde, c’est dire qu’il n’y a pas de véritable Dieu. Le panthéisme est un athéisme déguisé.

3) La troisième opinion n’est pas plus admissible. Comment, si Dieu est un esprit pur, le monde pourrait-il émaner de la substance de Dieu ?

L’émanation suppose une division de la substance, qui n’est possible que quand il s’agit d’une substance matérielle. L’araignée produit sa toile de la substance de son corps qui est divisible. Il est absurde de supposer que Dieu tire le monde de sa substance qui est spirituelle, simple et sans parties.

4) Reste la dernière opinion, la seule conforme à la raison.

Elle consiste à dire que Dieu a créé le monde par sa seule volonté.

Sans doute nous ne comprenons pas comment il a pu le faire. Sans doute Dieu, en créant l’univers par sa volonté seule, a fait une œuvre que nous ne pouvons pas accomplir.

L’homme et tous les êtres inférieurs ne peuvent que transformer une matière déjà existante.

Dieu seul peut créer, comme Dieu seul est éternel, comme Dieu seul est parfait.

Dieu est un être supérieur à tous les autres, différent de tous les autres, un être transcendant. Il ne faut pas lui appliquer les règles qui résultent de l’expérience appliquée aux êtres inférieurs.

Les autres êtres sont imparfaits, ils ont une puissance limitée. Dieu est tout puissant. Les autres êtres sont causes partielles ; ils ont reçu le pouvoir d’exercer leur action sur une certaine portion de la matière.

Dieu leur a tracé leur tâche, et leur fournit la matière nécessaire.

Dieu, cause universelle, cause première, crée l’univers entier ; il lui donne à la fois sa matière, sa forme, sa substance et son organisation. Il fait cela, et il peut le faire seul, parce qu’il est l’Être éternel, le Tout-Puissant, l’Être suprême.

III – Dieu souverain maître

Si Dieu est le créateur de l’univers, il s’ensuit qu’il en est le maître et le Seigneur souverain. La justice gravée dans notre conscience, qui est l’image de la justice éternelle, déclare que l’œuvre appartient à l’ouvrier qui l’a faite. Ce principe, fondement de la propriété limitée de l’homme sur certaines parties de l’univers, est le fondement de l’absolue et universelle souveraineté de Dieu.

Le monde a donc un maître souverain. L’homme, l’être le plus haut placé dans la hiérarchie des créatures qui nous soient connues, a également un maître auquel il doit obéir et qu’il doit respecter. L’autorité suprême de ce maître est éternelle et indestructible.

Cette vérité, conséquence dernière du raisonnement appliqué à l’ordre, moral et à l’ordre physique, est l’explication des opinions diverses qui règnent parmi les hommes sur l’origine du monde.

En vertu du principe de causalité gravé dans la raison de l’homme, en vertu du principe que le moins ne saurait produire le plus, l’intelligence remonte jusqu’à une cause universelle et suprême, jusqu’au Dieu parfait et créateur.

Mais la conséquence directe de cette démonstration étant que l’homme est obligé de reconnaître un maître, l’orgueil humain regimbe et résiste. Un grand nombre d’hommes veulent être leurs propres maîtres, ou n’avoir au-dessus d’eux que des maîtres qu’ils méprisent ou qu’ils peuvent changer ou renverser. Ils s’efforcent alors, par des sophismes, d’ébranler la grande vérité que proclament à la fois la raison et la conscience. Ils ne veulent pas de Dieu, parce qu’ils ne veulent pas de maître.

Mais la conscience droite, interrogée de bonne foi, répond que nous avons au-dessus de nous un maître et un juge, contre lequel nous pouvons nous révolter par l’abus de notre liberté, mais auquel nous ne pouvons pas échapper. »

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L’imposture de l’esprit voltairien : « charlie »

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Qu’est-ce que l’esprit « Charlie » si ce n’est une raillerie voltairienne qui souhaite survivre à une mort atroce (source : Catéchisme de persévérance par l’abbé J. Gaume, 1845, p. 444 à 445)  :

« Le philosophe [Voltaire] se trouve saisi d’horribles frayeurs. D’une voix épouvantable, il s’écrie :

« Je suis abandonné de Dieu et des hommes ! »

Il invoque le Seigneur qu’il avait blasphémé. Mais un demi-siècle de sarcasmes vomis contre la Religion, semble avoir lassé la patience de l’Éternel. Le Prêtre n’arrive pas, le malade entre dans les convulsions et les fureurs du désespoir. Les yeux égarés, blême et tremblant d’effroi, il s’agite et se tourne en tous sens, il se déchire, il dévore… ses excréments. Cet enfer, dont il s’est tant raillé, il le voit s’ouvrir devant lui, il frémit d’horreur, et son dernier soupir est celui d’un réprouvé.

/…

« Rappelez-vous toute la rage et toute la fureur d’Oreste, dit ce médecin protestant [Tronchin] témoin de cette horrible mort, vous n’aurez qu’une faible image de la rage et de la fureur de Voltaire dans sa dernière maladie. Il serait à souhaiter, répétait-il souvent, que nos philosophes eussent été témoins des remords et des fureurs de Voltaire ; c’est la leçon la plus salutaire qu’eussent pu recevoir ceux qu’il avait corrompu par ses écrits. »

Le maréchal de Richelieu avait eu sous les yeux ce spectacle épouvantable, et il n’avait pu s’empêcher de s’écrier :

« En vérité, cela est trop fort, on ne saurait y tenir. »

Ainsi mourut le patriarche de l’incrédulité, le 30 mai 1778. »

Pour mettre un terme à cet impur esprit voltairien qui se rebelle contre la véritable Église du Christ, le catholicisme fondé par Notre Seigneur Jésus-Christ, nous citerons un extrait de l’indispensable ouvrage de l’abbé de Broglié, « Dieu la conscience et la morale », page 70 à 71, les passages les plus importants étant placés en italiques :

« Si j’ai fait le bien, non seulement j’ai droit à une récompense, mais j’aurai cette récompense. Je l’attends, elle ne me manquera pas.

Tel est le témoignage de la conscience. Mais dire cela, c’est dire que la justice existe réellement, ou en d’autres termes qu’il y a un être suprême juste. D’où viendrait, en effet, cette récompense, sinon d’une justice vivante existant quelque part ?

Non seulement, si je fais mal je mérite d’être puni, mais je serai puni ; la justice pourra être lente, mais elle m’atteindra.

Tel est le cri de la conscience de l’assassin, du voleur ; telle est la voix que l’on cherche vainement à étouffer, qui poursuit au milieu même des honneurs, de la richesse et de l’estime mal acquise des hommes, celui qui a violé la loi morale.

Or, cette grande voix de la conscience, cette voix de l’humanité, cette force indestructible du remords, que signifient-elles ? Elles ne signifient qu’une chose, c’est que le juge existe, c’est qu’il y a un œil qui a vu les crimes les plus cachés, et une main qui saura les atteindre. Cette crainte dernière et suprême, sans laquelle toute société humaine s’écroulerait, qu’est-elle, sinon une croyance au Dieu vengeur du crime ?

Et, chose singulière, lorsqu’on cherche à détruire dans les cœurs cette crainte salutaire, la nature humaine proteste et témoigne d’une autre manière de sa dépendance envers l’Être juste qui parle dans son cœur. Au témoignage de la crainte succède celui de la haine et de la révolte. Elle a beau essayer de se moquer de Dieu et de sa justice ; elle n’en parle pas de sang-froid. Elle ne se rassure contre Dieu qu’en blasphémant contre lui.

Il peut y avoir, nous le verrons plus loin, des hommes vertueux, chez qui la croyance en Dieu est ébranlée. Mais l’athée coupable, l’athée blasphémateur n’est qu’un esclave révolté. Il voudrait détruire le nom et le culte de Dieu, parce que ce nom et ce culte l’importunent.

Ainsi, la vertu par son espérance et sa confiance en la récompense, le crime par ses terreurs, le crime endurci par sa révolte et ses blasphèmes, tout en un mot dans la nature morale de l’homme rend témoignage à ce principe suprême du bien, d’où découlent à la fois le droit et le devoir, la récompense et le châtiment. »

Pour conclure, nous dirons aux innombrables ennemis du vrai Dieu :

« Politiciens contemporains, sectaires de confréries civiles, hommes d’affaires égoïstes, philosophes sophistes de tout horizon, rebelles inconnus, citoyens railleurs ou encore individus iniques : vos blasphèmes et vos corruptions de tout ordre vont engendrer la discorde et la guerre afin de rendre Justice selon les commandements de Dieu. Jésus-Christ est clément avec les doux et les pauvres de cœur. Le magnifique sermon sur la montagne a donné naissance aux Béatitudes et nous rappelle l’œuvre de Sa vie avant Sa crucifixion. Cependant, le Fils de Dieu est dur avec les iniques et les injustes sans toutefois les condamner puisqu’ils le font eux-mêmes par leur attitude purement voltairienne, c’est-à-dire blasphématoire, orgueilleuse, déicide, cruelle et mensongère. L’heure des railleries touche à sa fin, soyez-en certains puisque la Justice consiste à rendre à chacun son dû : béatitude éternelle pour les justes, châtiment perpétuel pour les iniques. L’année 2017 sera celle des révélations. Qu’il en soit ainsi. »

Étienne de Calade
8 août 2016

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Les dogmes orthodoxes du catholicisme

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Voici un nouvel article qui est tiré de l’indispensable ouvrage de l’abbé de Broglié, « Dieu, la conscience, le devoir ».

« L’amour du bien, du vrai et du beau », extrait de « Dieu, la conscience et la morale ». Page 43 à 44

« Puis viennent l’amour du bien, du beau et du vrai.

L’amour du bien se nomme aussi sentiment du devoir ; il se rattache à la conscience morale, et sert de mobile aux bonnes actions.

L’amour de la beauté est peut-être le sentiment le plus général et le plus puissant qui existe dans le cœur humain ; il est inspiré par tous les genres de beautés, depuis la beauté physique des corps jusqu’à celle des idées pures.

L’amour du vrai, enfin, est si puissant sur le cœur des hommes que Virgile a pu louer les héros qui ont sacrifié leur vie pour la vérité : Vitam impendere vero. C’est aussi cet amour du vrai qui inspire les efforts courageux des savants qui cherchent à découvrir les lois de la nature ou qui pénètrent les premiers dans des pays inconnus.

Nous devons enfin mentionner un sentiment très puissant d’une espèce particulière, qui se trouve chez tous les peuples ; c’est le sentiment religieux. Le propre de ce sentiment, c’est que les objets auxquels il se rapporte sont à la fois invisibles et concrets. C’est un être personnel, le Dieu suprême, ou bien d’autres êtres surnaturels et invisibles ; ce sont les âmes des défunts, c’est une nouvelle vie après la mort, qui sont les objets de la religion.

Le sentiment religieux réunit en lui-même les caractères des affections personnelles, et ceux de l’amour des idées immatérielles. Dans les dogmes et dans la morale religieuse se trouvent les idées du beau, du vrai et du bien ; mais ces idées se rapportent à de véritables personnes, à un monde de réalités invisibles.

Les idées religieuses se manifestant sur la terre sous forme de sociétés visibles, le sentiment religieux devient l’amour d’un culte et d’une église particulière ; il devient alors, comme le patriotisme, un sentiment inspiré par une idée collective. On voit combien sont variés les objets qui provoquent dans notre âme cet ordre d’émotion que nous avons appelé sensibilité morale.

/…

Il y a enfin des objets qui ont un rapport avec les croyances religieuses, et qui peuvent ainsi être l’objet de notre amour par reflet du sentiment religieux ; ce sont les objets bénits et consacrés, ou les symboles des idées religieuses.

Dans tous ces cas, les objets matériels ne sont aimés et haïs que d’une manière indirecte, par l’effet de l’amour de nous-même, de celui des autres personnes, de l’amour de la beauté ou du sentiment religieux.

Ces objets peuvent-ils être aimés directement pour eux-mêmes ? La réponse semble devoir être négative. Dépouillez les objets matériels de toute utilité, de toute beauté, de tout rapport avec une personne déterminée, et de tout caractère religieux, et vous les dépouillerez par là même de toute influence sur le cœur humain. Ce ne seront plus que de simples objets de perception, que la science pourra classer et comparer, mais qui laisseront la partie sensible de l’âme dans une complète indifférence. »

« Le plaisir, l’intérêt et le devoir », extrait de « Dieu, la conscience et la morale ». Page 46 à 47

« L’homme peut choisir, mais il ne choisit pas au hasard. Avant de choisir, il délibère ; cette délibération porte sur les motifs de ses actions. Il examine s’il doit agir de telle manière, si cela est bien, si cela est utile, si cela est honorable, si cela est agréable.

Les motifs de faire telle ou telle action sont fournis par la raison. Ils se ramènent, en général, à trois motifs principaux, le plaisir, l’intérêt et le devoir.

Le plaisir, c’est notre propre jouissance, notre jouissance actuelle.

L’intérêt, c’est le bonheur considéré dans l’avenir, ce sont les conséquences éloignées, heureuses ou malheureuses, de nos actions.

Le devoir est un motif à part, c’est le bien absolu ; c’est l’idée qu’une action est obligatoire ou défendue, qu’il est bien ou mal en soi de la faire. Le devoir peut être poursuivi indépendamment du plaisir ou de l’intérêt. Fais ce que dois, advienne que pourra, telle est la maxime du devoir pur.

/…

Mais il y a un cas tout différent : c’est celui où l’homme choisit non entre deux moyens, mais entre deux fins, c’est-à-dire entre deux objets désirables par diverses raisons, mais d’espèce et de nature différentes.

Tel est le choix entre le plaisir et le devoir. Le plaisir est agréable, le devoir est bon en soi. Aucune comparaison, aucune balance ne peut être établie entre deux motifs de nature si différente. Agréable, obligatoire sont deux idées diverses, comme le seraient la longueur et le poids d’un objet. On ne saurait dire lequel est le plus grand, le plus fort ni le meilleur entre un mètre et un kilogramme ; on ne saurait dire non plus lequel est le plus fort du motif du plaisir et de celui du devoir. Le plaisir est plus fort aux yeux de celui qui cherche sa jouissance ; le devoir est plus fort aux yeux de celui qui veut être vertueux. (Note du blog la France chrétienne : la recherche de jouissance est la plaie du XXIe siècle).

Mais la détermination entre ces deux désirs, de jouir ou d’être vertueux, se fait par la volonté elle-même. »

« Les vertus et les vices », extrait de « Dieu, la conscience et la morale ». Page 49

« Le jeu de la volonté libre ne subit pas seulement l’influence de la sensibilité, il est aussi modifié par l’habitude.

Les habitudes intellectuelles et morales sont analogues aux habitudes corporelles. Ce sont également des tendances et des facilités à agir, produites par des actes répétés.

L’homme fait plus facilement ce qu’il a fait souvent : il accomplit plus difficilement les actes qui sont nouveaux pour lui.

La liberté, cependant, n’est pas détruite. Elle peut réagir contre les habitudes et en triompher.

Elle peut aussi se servir de la force de l’habitude pour parvenir à ses fins.

En répétant courageusement des actes difficiles, l’homme acquiert plus de facilité à les faire. Il acquiert ainsi une force dont sa liberté peut disposer.

Les bonnes habitudes morales se nomment vertus. Les vertus ne s’acquièrent que par des efforts répétés et persévérants.

Les mauvaises habitudes morales se nomment vices ; ils se produisent naturellement, lorsque la volonté s’abandonne aux passions prédominantes. »

« Les lois de l’association des idées », extrait de « Dieu, la conscience et la morale ». Page 50 à 52

« La volonté exerce aussi son action sur l’intelligence. Elle dirige notre esprit et le fixe sur certains objets. Cette application de la volonté à l’intelligence porte le nom d’attention.

L’attention est souvent pénible ; nous avons de la peine à maîtriser et à diriger nos pensées ; il y a des distractions involontaires.

Les distractions ou les pensées non dirigées par l’attention proviennent de deux causes ; elles naissent, d’une part, des perceptions d’objets extérieurs et des sensations physiques qui interviennent au milieu de nos occupations.

Elles proviennent également d’une évolution interne et involontaire de nos pensées qui se succèdent l’une à l’autre et dont chacune provoque la naissance de la suivante. Ainsi la pensée d’un soldat rappelle celle de la guerre ; celle-ci, celle d’une blessure, d’un hôpital ; de là nous passons à l’idée d’une sœur de charité ; cette idée nous fait penser au dévouement, à la religion, à Dieu, et ainsi de suite.

Ce mouvement involontaire et continu de nos pensées est soumis à des lois très compliquées et très difficiles à déterminer que l’on nomme lois de l’association des idées. Les idées se succèdent souvent suivant leur ressemblance ; quelquefois une idée provoque l’idée contraire ; d’autres fois une idée est suggérée par un détail d’une idée précédente ; quelquefois c’est le son des mots qui fait naître une pensée inattendue.

L’attention ou la pensée volontaire est obligée de lutter contre ce mouvement irrégulier de la pensée. Elle le fait souvent en se servant des lois même de l’association des idées. Les objets matériels qui nous entourent nous rappellent les pensées sur lesquelles notre attention doit se fixer. En disposant convenablement comme des jalons ou des points de repère ces objets, en plaçant notre corps (qui obéit à la volonté mieux que l’esprit) dans le voisinage de certains objets ou en lui faisant prendre certaines attitudes, nous amenons notre intelligence vers certaines pensées et nous la fixons sur les objets qu’elle doit examiner.

L’attention n’est pas la seule action de la volonté libre sur l’intelligence. Elle agit aussi sur le jugement.

Il y a certains jugements tellement évidents qu’ils sont involontaires. Tels sont les axiomes ou les jugements qui résultent de la perception.

Mais il en est d’autres que l’intelligence ne prononce qu’après examen et d’une manière réfléchie. Dans ce cas, il dépend de notre volonté soit de suspendre notre jugement et de continuer l’enquête sur la vérité, soit même de suspendre notre jugement sans continuer la recherche et en détournant notre esprit vers un autre objet, soit au contraire de prononcer un jugement, d’affirmer une opinion, de déclarer que tel fait existe ou n’existe pas.

Cette action libre de la volonté sur l’intelligence engage notre responsabilité. Il peut y avoir faute à juger avec précipitation, à juger témérairement, surtout quand il s’agit du prochain. Il peut, au contraire, y avoir faute à suspendre trop longtemps son jugement, à rester dans le doute ou la défiance. »

« La double sensibilité morale », extrait de « Dieu, la conscience et la morale ». Page 53

Mais il y a aussi des mouvements de cœur, des sentiments ou des affections qui sont délibérés, qui résultent de l’union de l’affection spontanée avec la volonté libre.

Les mouvements délibérés peuvent être méritoires ou coupables ; il y a de bonnes, de saintes affections ; il y a des affections mauvaises.

Le rôle de la volonté consiste à choisir parmi les mouvements spontanés du cœur, à adopter les uns, à les embrasser et à s’y complaire, à repousser et à réprimer les autres.

Quand la volonté accomplit ce choix avec le devoir pour règle, elle rend le cœur bon ; les bons sentiments se développent, les sentiments qui deviendraient coupables, s’ils étaient volontaires, sont réprimés ; il n’en reste que les premiers mouvements qui ne dépendent pas de nous.

Quand, au contraire, la volonté s’abandonne aux passions mauvaises, ces mouvements, qui n’étaient pas répréhensibles tant qu’ils étaient spontanés, deviennent coupables par l’adhésion de la volonté ; ils se développent et le cœur se corrompt, tandis que les bons sentiments sont réprimés et s’affaiblissent.

Il y a donc une double sensibilité morale, l’une indélibérée, qui précède l’action de la volonté ; l’autre délibérée, qui en est la conséquence. C’est cette dernière seule qui engage la responsabilité de l’homme et le rend vertueux ou coupable, digne de blâme ou d’éloge. »

« Distinction de l’âme et du corps », extrait de « Dieu, la conscience et la morale ». Page 55 à 57

« Lorsque nous faisons un mouvement à la suite d’une sensation ou pour parer à un danger, c’est le même être qui éprouve la sensation et qui ordonne le mouvement ; c’est celui qui craint qui prend une précaution. Partout se retrouve l’unité, partout dans l’âme la diversité aboutit à un centre unique.

De plus, ce centre est durable. L’âme est identique. Elle se reconnaît elle-même lorsqu’elle se souvient de son passé. Cette identité est d’autant plus évidente que nos pensées, nos sensations, nos facultés, notre caractère sont plus différents suivant les époques de notre vie. C’est au milieu d’un immense changement de propriétés, de phénomènes, d’habitudes, de circonstances, que notre moi se retrouve lui-même, se sent le même être.

Cette identité durable de l’âme peut encore être démontrée par une de ses conséquences. Nous nous sentons responsables de nos actes passés. Nous sentons qu’ils peuvent nous être imputés à juste titre, que nous devons souffrir pour expier nos mauvaises actions, qu’il est juste que le bonheur soit la récompense de nos bonnes œuvres.

Or, la responsabilité serait-elle concevable si l’être qui a agi hier n’était pas le même que celui à qui on demande compte de son acte aujourd’hui ? Si le condamné était un autre individu que l’assassin, toute condamnation serait injuste.

Notre identité est donc aussi certaine à nos propres yeux que la justice des châtiments et des récompenses est certaine pour notre conscience.

Centre unique et identique, l’âme n’est point une abstraction, une pure idée, comme le serait une ligne ou un point géométrique. Elle est une force, une activité constamment en exercice, se sentant toujours agir. Elle agit spontanément : sous l’influence de ses sensations, de ses pensées, de ses désirs, l’âme produit de nouveaux sentiments, de nouvelles pensées, de nouveaux désirs ; son activité se traduit dans son corps par des mouvements.

/…

Il y a en l’homme deux êtres, le corps, et l’âme qui fait vivre le corps, qui sent, qui veut et qui pense.

Cette âme, distincte du corps entier, serait-elle identique à un des organes du corps, au cerveau, par exemple ?

Nullement. Le cerveau est multiple, il est un composé de molécules. Le cerveau n’a pas d’identité, ses molécules se renouvellent et se substituent les unes aux autres. Le cerveau, simple masse de chair, est aussi incapable de liberté et d’intelligence que le corps entier.

Distincte du corps, distincte du cerveau, l’âme serait-elle une matière subtile, un souffle, comme l’ont cru les anciens ?

Cela est encore impossible. Une matière subtile est toujours composée de molécules ; un souffle n’est autre chose que l’assemblage d’un certain nombre d’atomes de gaz ; ces atomes se meuvent passivement d’après les lois de la mécanique. Il n’y a encore rien là qui puisse être le support de l’unité, de l’activité, de la liberté, de l’intelligence de notre âme.

Il faut donc conclure que l’âme est un être d’une espèce particulière, un cire différent par nature du corps, un être immatériel, invisible et intangible.

On objecte à cette idée qu’on ne voit pas l’âme, d’où on conclut qu’elle n’existe pas.

Cette objection est frivole. On ne voit pas l’âme, non parce qu’elle n’existe pas, mais parce qu’elle est invisible par nature.

On ne voit pas l’âme, mais on la sent par la conscience. Elle ne tombe pas sous les sens extérieurs, mais elle est saisie par le sens intérieur.

Chaque espèce de phénomènes ou d’êtres est perceptible selon sa nature par divers procédés.

On ne voit pas les sons ; on n’entend pas les couleurs ; de même on n’entend ni ne voit l’âme, mais on la sent intérieurement.

On la voit aussi et on l’entend, mais d’une manière indirecte, au travers du corps qu’elle anime. En présence d’un homme vivant, nous sentons que nous sommes en rapport avec une personne, avec un être individuel.

En présence d’un cadavre, nous sentons qu’il n’y a personne, que l’être individuel a disparu, qu’il n’y a plus que des éléments matériels.

On raconte qu’un matérialiste, auprès du lit de mort d’un agonisant, dit à un de ses amis, un instant après la mort : « Avez-vous vu passer l’âme ? » A quoi l’autre répondit : « Avez-vous vu passer la vie ? »

Aux yeux d’un observateur impartial et de bon sens, quand un être plein de vie, d’amour, en pleine possession d’une volonté énergique, vient à être remplacé par un cadavre inerte, quelqu’un a disparu ; il y a eu soit départ, soit destruction d’un être. Il n’y a pas eu une simple modification de la matière. »

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Rome hier, nous aujourd’hui. Le déclin sordide

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Le philosophe célèbre George Santayana a écrit : « Ceux qui ignorent les leçons de l’Histoire devront les revivre ».

Nous devons en conséquence écouter les historiens qui ont recueilli des preuves sur le passé. Beaucoup ont écrit sur Rome. Écoutons les !

L’histoire regorge d’exemples de grandes nations qui ont atteint une position de pouvoir, prospéré pendant un certain temps, ont commencé à décliner, et, enfin, ont été emportés dans l’oubli.

L’exemple le plus remarquable de ces superpuissances du passé est l’Empire romain. Il y a deux mille ans, la richesse et la force militaire de Rome défiaient l’imagination du monde antique. Mais quand le « pain gratuit et le cirque » sont devenus plus importants pour les gens que le travail acharné et le patriotisme, Rome a commencé à s’effriter.

À travers les œuvres historiques de Edward Gibbon, Philip Myers, Samuel Dill, Jérôme Carcopino et d’autres, nous apprenons que la disparition de la puissante Rome a été provoquée par les mêmes maladies nationales qui sont actuellement prédominantes aux États-Unis et dans d’autres nations dans l’Ouest : la criminalité endémique, l’inflation, une rupture du foyer et l’augmentation des divorces, une explosion dans la bureaucratie gouvernement, le bien être social généralisé, le déclin du patriotisme, et l’effondrement de la volonté nationale.

Jetons un coup d’oeil de plus près à la Rome antique.

Comme l’Amérique ou l’Europe, Rome a été construite sur la base solide d’une structure familiale stable. Mais au début du deuxième-siècle après JC, la plupart des pères romains avaient succombé aux tendances de l’époque: «Ayant abandonné l’habitude de contrôler leurs enfants, ils ont laissé leurs enfants les gouverner, et ont pris plaisir à se saigner à blanc pour satisfaire les caprices coûteux de leur progéniture. Le résultat a été que leur a succédé une génération d’oisifs et de gaspilleurs, qui avaient pris l’habitude de luxe et perdu tout sens de la discipline « (Carcopino, vie quotidienne dans l’Antiquité).

Dans le même temps Rome a vu «une épidémie de divorces”, écrit le même auteur. Il cite Sénèque comme ayant déclaré: «Ils se marient pour le divorce».

Était-ce si différent de notre société moderne?

Carcopino nous dit que « les droits des femmes » était un mouvement fortement développé dans la société romaine: « Certaines femmes éludaient les devoirs de la maternité de peur de perdre leur bonne mine, certains ont acquis la fierté d’être derrière leurs maris dans aucune de leurs sphères d’activité, et rivalisaient avec eux dans des épreuves de force. Certaines ne se contentaient pas de vivre leur vie aux côtés de leur mari, mais étaient portées sur une autre vie sans lui. Il est évident que les mariages malheureux doivent avoir été innombrables «.

Les résultats ? Une dégradation continue dans la structure de la famille et de la désintégration de la relation parent-enfant.

Qu’en est-il des écoles romaines ?

« Ils ont sapés, au lieu de les renforcer, les mœurs des enfants, ils ont mal géré les corps des enfants au lieu de les développer, et s’ils ont réussi à fournir à leurs esprits un certain nombre d’informations, ils ne sont pas interrogés pour leur faire exécuter une tâche plus noble ».

« Les élèves ont quitté l’école avec leurs bagages lourds de quelques banales notions acquises et laborieuses de si peu de valeur, qu’au quatrième siècle Végèce ne pouvait pas prendre pour acquis que les nouvelles recrues pour l’armée seraient assez alphabétisés pour tenir les livres pour le corps d’armée ».

L’éducation lamentable de ces jeunes Romains ne leur a laissé aucun ensemble de valeurs morales, et aucun sens du patriotisme. “Les vertus romaines d’honnêteté, la franchise, la frugalité et de patriotisme se sont flétries et sont mortes. Ce qui restait était un peuple pour qui ni les vices des gouvernants, ni les attaques de plus en plus audacieuses d’ennemis étrangers ne pouvaient secouer de leur apathie.”

Du pain et des jeux

Au lieu de faire face à ces problèmes qui s’accumulaient, le peuple romain a afflué vers les théâtres. Cette tentative d’évasion à travers la fantaisie et de divertissement n’ont servi qu’à affaiblir davantage la fibre morale érodée des Romains.

« Dans toutes les grandes villes des provinces, le théâtre a tenu le même lieu de mauvaise prééminence dans la vie sociale des habitants.” La société romaine était brute et immorale. Ça a été l’une des principales raisons auxquelles il faut attribuer l’affaiblissement de la vie morale à l’origine du déclin de la société romaine ».

« Absorbés par les représentations sensations sur la scène, ils ont perdu toute pensée pour les affaires de la vie réelle » (Myers, Rome: Son Rise and Fall).

Serait-ce ce même état déplorable qui se répète en Amérique et ailleurs aujourd’hui?

Les Romains se délectaient dans les frissons et l’excitation des superproductions du sport. Ils étaient « ravis de joie barbare ». Cette désintégration totale de la fibre morale de Rome a marqué l’effondrement final de l’empire.

Un autre facteur important qui a contribué à la chute de Rome fut l’énorme afflux d’étrangers: « Cette orientalisation de la population de Rome avait une incidence plus importante que ce qui lui est généralement attribué » (T. Frank, Américain Historical Review, Juillet 1916).

Alors que les problèmes se multiplient dans les frontières de l’Empire romain, les autorités ont eu recours à libérer documents dans un effort pour apaiser les foules.

Le bien-être social était une des réalités de la vie romaine. Les maux qui ont résulté de cette charité mal dirigée de l’État peuvent difficilement être surestimés.

« Le farniente et tous ses vices d’accompagnement ont été encouragés à un tel degré que nous pouvons affirmer que c’est l’une des principales causes de la démoralisation de la société ».(Myers, Rome: Her Rise and Fall).

Alors que les problèmes ont continué de croître, le gouvernement est venu avec une autre réponse désastreuse – encore plus de gouvernement ! Cette vaste bureaucratie ne peut conduire qu’à une chose – des impôts plus élevés. “Il y avait des impôts fonciers, les taxes foncières, les taxes d’occupation, taxes de vote.” En conséquence, « le désir d’entreprendre a été réduit chez les hommes entreprenants.”

Finalement, la charge fiscale est devenue tellement insupportable que les locataires ont quitté les fermes et les marchands abandonnèrent leurs entreprises. À ce stade, « le gouvernement est intervenu et a lié les locataires au sol, le début du servage, et les hommes d’affaires et les ouvriers à leurs occupations et leurs métiers. L’entreprise privée a été écrasée et l’État a été contraint de prendre en charge de nombreux types d’entreprises pour garder la machine en marche ».

« Cela a conduit à encore plus étrangler avec l’imposition et les dévaluations répétées de la monnaie, ce qui a affaibli fatalement la classe moyenne » et décimé ses leaders naturels. La tentative de guérir la maladie résultant de l’embrigadement complet de l’état totalitaire a simplement donné un chèque temporaire à la désintégration progressive. « (Haskell)

Les parallèles incroyables qui existent entre l’ancienne société romaine et notre société moderne américaine ne peuvent être niés.

Source : http://algarath.com/2016/08/06/rome-hier-aujourdhui-declin-sordide/

Traité de la divine providence

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Ce petit livre qui a rendu de si grands services au saint curé d’Ars, donnera le secret de la paix et du bonheur à ceux qui voudront le lire et le méditer.

DE LA DIVINE PROVIDENCE

ou

EXPOSE

DE LA CONDUITE PLEINE D’AMOUR QUE DIEU TIENT ENVERS LES HOMMES

ET DU BONHEUR DE CEUX QUI SE SOUMETTENT

COMME ILS DOIVENT A CETTE CONDUITE

Franciscus-Virgilus

Arch. Camberiensis.

Nihil Obstat : R. michel, Can.cens.Libr.

Imprimi Potest : A. Larouche, Ch. Sherbrookii, die 9a Januarii 1954

Imprimatur : Camberii,die 21 a Novembre 1908

AU PIEUX LECTEUR

INTRODUCTION

L’auteur de ce petit livre est un écrivain religieux bien connu et très autorisé, le Père Jean-Baptiste Saint-Jure, de la Compagnie de Jésus. Les pages qu’on va lire ont été, en effet, extraites à peu près textuellement du livre IIIe, chapitre VIIIe de son grand ouvrage intitulé : de la connaissance et de l’amour de notre-seigneur Jésus-Christ, qui faisait les délices du saint curé d’Ars et était comme son manuel ascétique. Voilà, sans doute, un titre de recommandation plus que suffisant aux yeux des âmes pieuses, auxquelles cet opuscule est principalement destiné.

Qu’elles nous permettent, néanmoins, d’y ajouter quelque chose de plus direct et de plus pressant. Le 1er février 1851 mourait saintement, à Lyon, le neveu de l’illustre général Marceau et l’unique héritier de son nom. D’abord incrédule, pour ne pas dire impie fieffé, « apôtre exalté du saint-simonisme, tout à fait homme du monde et même passablement libertin », Auguste Marceau fut l’une des plus belles conquêtes de l’Archiconfrérie de Notre-Dame-des-Victoires. Or, un jour qu’il avait à parler devant une réunion d’ouvriers, il leur dit avec une touchante candeur : « Mes amis, il y a sans doute parmi vous des hommes qui ne sont pas chrétiens et n’aiment pas la religion. Eh bien ! sachez-le, j’ai été impie comme vous ; nul plus que moi n’a détesté le christianisme ; mais je dois lui rendre cette justice que, tant que je n’ai pas été chrétien, j’ai été malheureux… » Voyons-le maintenant, une fois devenu fervent chrétien.

Dans une visite qu’il fit au Supérieur des Maristes, à Lyon, en octobre 1849, celui-ci fut frappé de la violence d’une toux qui l’épuisait, en même temps que d’un mal de jambe qui ne pouvait guérir. Il enjoignit à Marceau de garder la chambre ; et, docile comme un enfant, l’intrépide navigateur obéit sans réplique. « Je suis aussi content — dit-il alors — de glorifier Dieu en buvant de la tisane dans ma chambre qu’en éprouvant des coups de vent sur la mer ». Il passa la dernière année de sa vie dans une solitude absolue, d’où il écrivait à un ami :

« Je puis vous assurer que j’ai rencontré le bonheur qu’on peut espérer sur la terre, dans le petit coin ignoré ou ma vie s’écoule, loin de ma famille, de mes amis et de mes connaissances ». Il disait encore ailleurs : « Là est tout le secret du bonheur sur cette terre : correspondre à la volonté de Dieu !… » Mais où donc Marceau avait-il puisé des sentiments si élevés, et si pleins d’encouragement pour nous ? Écoutons l’historien de sa vie : « C’est lui qui a fait réimprimer à Lyon le livre de la divine providence, si petit de format, si grand de choses. »

Déjà, en 1842, Marceau avait rencontré cet opuscule à Nantes. Je puis vous assurer, dans toute la sincérité de mon cœur, disait-il au commandant Le Bobinnec, que Dieu ne m’eût-il accordé que la faveur d’avoir connu ces quelques pages, en échange des ennuis de toutes sortes qui m’ont accablé dans le commandement du yacht (l’Arche d’alliance), je trouverais cette grâce à bon marché. C’est un livre d’un prix inestimable. «On ne s’étonnera pas de ces éloges, quand on saura que deux mots résument toute la doctrine de ce livre : Voir Dieu en toutes choses. En toutes choses se soumettre à la volonté de Dieu ». On n’a point cru nuire à la valeur de cet opuscule, en y introduisant quelques légères modifications plutôt matérielles et en marquant les divisions moins faciles à saisir dans les éditions précédentes.

LA DIVINE PROVIDENCE

Chapitre 1

La Volonté de Dieu a fait et gouverne toutes choses Traitant de la Volonté de Dieu, saint Thomas enseigne, après saint Augustin, qu’Elle est la raison, la cause de tout ce qui existe. En effet : « Le Seigneur — dit le Psalmiste — a fait tout ce qu’il a voulu, au ciel, sur la terre, dans la mer et dans tous les abîmes ». Il est écrit encore, au livre de l’Apocalypse : « Vous êtes digne, Seigneur notre Dieu, de recevoir gloire, honneur et puissance, parce que c’est vous qui avez créé toutes choses, et que par votre volonté elles étaient et ont été créées ». C’est donc la Volonté divine qui a tiré du néant les cieux, avec leurs habitants et leurs magnificences, la terre avec tout ce qu’elle porte à sa surface et renferme dans son sein ; en un mot, toutes les créatures visibles et invisibles, vivantes et inanimées, raisonnables et privées de raison, depuis la plus élevée jusqu’à la plus infime.

Or, si le Seigneur a produit toutes ces choses comme dit l’apôtre saint Paul, suivant le conseil de sa volonté, n’est-il pas souverainement juste et raisonnable, et même absolument nécessaire, qu’elles soient conservées et gouvernées par Lui, suivant le conseil de cette même volonté ? Et de fait: Qu’est-ce qui pourrait subsister, dit le Sage, si vous ne le vouliez pas ? ou se conserver sans vos ordres ? Cependant, les œuvres de Dieu sont parfaites, est-il écrit au Cantique de Moïse. Elles sont si accomplies que le Seigneur lui-même, dont la censure est rigoureuse et le jugement formé de droiture, a constaté, la création achevée, qu’elles étaient bonnes et très bonnes.

Mais il est bien évident que Celui qui a fondé la terre par la sagesse, et affermi les cieux par la prudence, ne saurait apporter moins de perfection dans le gouvernement que dans la formation de ses ouvrages. Aussi, comme il ne dédaigne pas de nous le rappeler, si sa Providence continue à disposer toutes choses c’est avec mesure, nombre et poids, c’est avec justice et miséricorde. Et personne ne peut lui dire: Pourquoi faites-vous ainsi ? Car, s’il assigne à ses créatures la fin qu’il veut, et choisit pour les y conduire les moyens qui lui plaisent, il ne peut leur assigner qu’une fin sage et bonne, ni les diriger vers cette fin que par des moyens également sages et bons. Ne soyez donc pas imprudents, nous dit l’Apôtre ; mais efforcez-vous de connaître quelle est la volonté de Dieu ; afin que, l’accomplissant, vous obteniez l’effet de ses promesses ; c’est-à-dire le bonheur éternel, puisqu’il est écrit : Le monde passe, avec sa concupiscence ; mais celui qui fait la volonté de Dieu demeure éternellement.

Dieu règle tous les événements, bons ou mauvais. Non, rien ne se passe dans l’univers que Dieu ne le veuille, ou qu’il ne le permette. Et cela doit s’entendre absolument de toutes choses, le péché excepté. « Rien, — enseignent unanimement les saints Pères et les Docteurs de l’Église, avec saint Augustin, — rien n’arrive par hasard dans tout le cours de notre vie ; Dieu intervient partout ». Je suis le Seigneur, dit-il lui-même par la bouche du prophète Isaïe ; je suis le Seigneur et il n’en est point d’autre ; c’est moi qui forme la lumière et qui crée les ténèbres, qui fais la paix et qui crée les maux ; c’est moi, le Seigneur, qui fais toutes ces choses. — C’est moi, avait-il dit auparavant par Moïse, c’est moi qui fais mourir et c’est moi qui fais vivre ; c’est moi qui blesse et c’est moi qui guéris. — Le Seigneur ôte et donne la vie, est-il dit encore dans le cantique d’Anne, mère de Samuel, il conduit au tombeau et il en retire ; le Seigneur fait le pauvre et le riche : il abaisse et il élève. — Arrivera-t-il dans la cité, dit le Prophète Amos, quelque mal (affliction, désastre) qui ne vienne du Seigneur ? — Oui, proclame le Sage, les biens et les maux, la vie et la mort, la pauvreté et les richesses viennent de Dieu.

Ainsi dans cent autres endroits. Vous allez dire peut-être que, si cela est vrai de certains effets nécessaires, comme la maladie, la mort, le froid, le chaud et autres accidents produits par des causes naturelles, dépourvues de liberté, il n’en est plus ainsi dès qu’il s’agit de choses qui relèvent de la libre volonté de l’homme. Car enfin — m’objecterez-vous — si quelqu’un parle mal de moi, s’il me ravit mes biens, me frappe, me persécute, comment puis-je attribuer cette conduite à la volonté de Dieu, qui, loin de vouloir que l’on me traite de la sorte, le défend au contraire sévèrement ? On ne peut donc alors — conclurez-vous — s’en prendre qu’à la volonté de l’homme, à son ignorance ou à sa malice. — C’est bien là, en effet, le retranchement derrière lequel on cherche à s’abriter, pour éluder les coups ménagés par la main du Seigneur, et excuser un manque de courage et de soumission.

Mais, c’est en vain — vous répondrai-je — que vous pensez à vous prévaloir de ce raisonnement, pour vous défendre de vous abandonner à la Providence ; car Dieu lui-même l’a réfuté et nous devons, sur sa parole, croire que dans ces sortes d’événements, comme dans tous les autres, rien n’arrive que par son ordre ou sa permission. Écoutez plutôt. Il veut châtier l’homicide et l’adultère commis par David, et voici comment il s’exprime par l’organe du prophète Nathan : Pourquoi donc as-tu méprisé ma parole, et commis le mal devant mes yeux ? Tu as fait périr Urie l’Hétéen ; tu lui as ravi sa femme et tu l’as lui-même tué par le glaive des enfants d’Ammon. C’est pourquoi le glaive ne sortira plus de ta maison, parce que tu m’as méprisé, et que tu as ravi la femme d’Urie l’Hétéen. Voici donc ce que dit le Seigneur: Je te susciterai des châtiments dans ta propre maison ; je prendrai tes femmes sous tes yeux et je les donnerai à l’un des tiens, à la face du soleil.

Tu as fait, toi, le mal en secret ; mais moi je te châtierai à la vue de tout Israël et en plein soleil. Plus tard, les Juifs ayant, par leurs iniquités, gravement outragé le Seigneur et provoqué sa justice : Assur, dit-il, est la verge et le bâton de ma fureur ; j’ai fait de sa main l’instrument de ma colère ; je l’enverrai à la nation perfide, je lui ordonnerai de marcher contre le peuple objet de ma fureur, de le dépouiller, de le mettre au pillage, de le fouler aux pieds comme la boue des chemins. Eh bien ! je vous le demande, Dieu pouvait-il plus ouvertement se déclarer l’Auteur des maux qu’Absalon fit souffrir à son père, et le roi d’Assyrie aux Juifs ? Il serait facile d’apporter d’autres exemples ; mais ceux-là suffiront. Concluons donc avec saint Augustin : « Tout ce qui nous arrive ici-bas contre notre volonté (que ce soit de la part des hommes ou d’ailleurs), ne nous arrive que par la volonté de Dieu, par les dispositions de la Providence, par ses ordres et sous sa direction ; et si, vu la faiblesse de notre esprit, nous ne pouvons saisir la raison de tel ou tel événement, attribuons-le à la divine Providence, rendons-lui cet honneur de le recevoir de sa main, croyons fermement que ce n’est pas sans motif qu’elle nous l’envoie. »

Répondant aux plaintes et aux murmures des Juifs, qui attribuaient leur captivité et leurs souffrances à la mauvaise fortune et à d’autres causes que la juste volonté de Dieu, le prophète Jérémie leur dit : Quel est celui dont la parole peut produire un effet quelconque si le Seigneur ne l’ordonne ? Est-ce que les biens et les maux ne sortent pas de la bouche du Très-Haut ? Pourquoi donc l’homme, pendant sa vie, murmure-t-il, se plaint-il des châtiments dus à ses péchés ? Pour nous, rentrons en nous-mêmes, interrogeons notre conscience, réformons notre conduite et revenons au Seigneur. Élevons au ciel nos cœurs et nos mains vers le Seigneur, et disons-lui : Nous avons agi injustement, nous nous sommes attiré votre colère ; c’est pour cela que vous êtes devenu inexorable.

Ces paroles ne sont-elles point assez claires ? Nous devons en tirer profit pour nous-mêmes. Ayons soin de tout rapporter à la volonté de Dieu, et croyons bien que tout est conduit par sa main paternelle. Comment Dieu peut-il vouloir ou permettre les événements mauvais ? Cependant — direz-vous peut-être encore — il y a péché dans toutes ces actions ; comment donc Dieu peut-il les vouloir et y prendre part, Lui qui, étant la Sainteté même, ne saurait avoir rien de commun avec le péché ? En effet, Dieu n’est pas et ne peut pas être l’auteur du péché.

Mais n’oublions pas que, dans tout péché, il faut, comme disent les théologiens, distinguer deux parts, l’une naturelle, l’autre morale. Ainsi, dans l’action de l’homme dont vous croyez devoir vous plaindre, il y a, par exemple, le mouvement du bras qui vous frappe, de la langue qui vous injurie, et le mouvement de la volonté qui s’écarte de la droite raison et de la loi de Dieu. Mais l’acte physique du bras ou de la langue, comme toutes les choses naturelles, est fort bon en lui-même et rien n’empêche qu’il ne soit produit avec et par le concours de Dieu.

Ce qui est mauvais, ce à quoi Dieu ne saurait concourir et dont il ne peut être l’auteur, c’est l’intention défectueuse, déréglée, qu’apporte à ce même acte la volonté de l’homme. La démarche d’un boiteux, en tant qu’elle est un mouvement, provient à la fois, il est vrai, de l’âme et de la jambe ; mais la défectuosité qui rend cette démarche vicieuse ne vient que de la jambe. De même toutes les actions mauvaises doivent être attribuées à Dieu et à l’homme, en tant qu’elles sont des actes naturels physiques ; mais elles ne peuvent être attribuées qu’à la volonté de l’homme, en tant qu’elles sont déréglées, coupables. Si donc l’on vous frappe ou que l’on médise de vous, ce mouvement du bras ou de la langue n’étant point un péché, Dieu peut très bien en être et il en est effectivement l’auteur, car l’homme, non plus qu’aucune créature, n’a l’existence ni le mouvement de lui-même, mais de Dieu, qui agit en lui et par lui : Car c’est en Dieu, dit saint Paul, que nous avons la vie, le mouvement et l’être.

Quant à la malice de l’intention, elle est toute de l’homme, et c’est là seulement que se trouve le péché, auquel Dieu ne prend aucune part, mais qu’il permet toutefois, pour ne pas porter atteinte au libre arbitre. De plus, quand Dieu concourt avec celui qui vous meurtrit ou qui vous dérobe vos avoirs, il veut sans doute vous priver de cette santé ou de ces biens, dont vous abusiez et qui eussent causé la ruine de votre âme ; mais il ne veut nullement que le brutal ou le voleur vous les ravissent par un péché. Ceci n’est point le dessein de Dieu, ce n’est que la malice de l’homme. Un exemple pourra rendre la chose plus sensible. Un criminel, par un juste jugement, est condamné à mort.

Mais le bourreau se trouve être l’ennemi personnel de ce malheureux, et au lieu de n’exécuter la sentence du juge que par devoir, il le fait par esprit de haine et de vengeance… N’est-il pas évident que le juge ne participe nullement au péché de l’exécuteur ? La volonté, l’intention du juge n’est pas que ce péché soit commis, mais bien que la justice ait son cours, et que le criminel soit châtié. De même, Dieu ne participe, en aucune façon, à la méchanceté de cet homme qui vous frappe ou qui vous vole : elle est son fait particulier.

Dieu veut, avons-nous dit, vous corriger, vous humilier ou vous dépouiller de vos biens, pour vous affranchir du vice et vous porter à la vertu ; mais ce dessein de bonté et de miséricorde, qu’il pourrait exécuter par mille autres moyens où ne serait aucun péché, n’a rien de commun avec le péché de l’homme qui lui sert d’instrument. Et, de fait, ce n’est pas sa mauvaise intention, son péché qui vous fait souffrir, vous humilie ou vous appauvrit ; c’est la perte, la privation de votre bien-être, de votre honneur ou de vos biens temporels. Le péché ne nuit qu’à celui qui s’en rend coupable. C’est ainsi que nous devons, en ces sortes d’événements, séparer le bon du mauvais, distinguer ce que Dieu opère par les hommes de ce que leur volonté y ajoute de son propre fonds.

Exemples pratiques

Saint Grégoire nous propose la même vérité sous un autre jour. Un médecin, dit-il, ordonne une application de sangsues. Ces petites bêtes ne sont occupées, en tirant le sang du malade, que de s’en rassasier et de le sucer, autant qu’il dépend d’elles, jusqu’à la dernière goutte. Cependant le médecin n’a d’autre intention que d’ôter au malade ce qu’il a de sang vicié et, par ce moyen, de le guérir. Rien donc de commun entre la folle avidité de sangsues et le but intelligent du médecin qui les emploie. Aussi le malade les voit-il sans aucune peine. Il n’envisage nullement les sangsues comme malfaisantes ; il tâche, au contraire, de surmonter la répugnance que leur laideur lui fait éprouver ; et même il protège, il favorise leur action, sachant bien qu’elles n’agissent que parce que le médecin l’a reconnu utile à sa guérison.

Or, Dieu se sert des hommes, comme le médecin des sangsues. Nous devons donc, nous aussi, ne pas nous arrêter aux passions de ceux à qui Dieu donne pouvoir d’agir sur nous, ne pas nous mettre en peine de leurs intentions malveillantes et nous préserver de toutes aversions contre eux. Quelles que puissent être, en effet, leurs vues particulières, eux-mêmes ne sont toujours à notre égard qu’un instrument de salut, dirigé par la main d’un Dieu d’une bonté, d’une sagesse et d’une puissance infinies, qui ne leur permettra d’agir sur nous qu’autant que cela nous est utile.

Notre intérêt devrait donc nous porter à accueillir, plutôt qu’à repousser leurs atteintes, puisqu’elles ne sont véritablement que les atteintes de Dieu même. Et il en est ainsi de toutes les créatures, quelles qu’elles soient ; aucune ne saurait agir sur nous, si le pouvoir ne lui en était donné d’En-haut. Cette doctrine a toujours été familière aux âmes vraiment éclairées de Dieu. Nous en avons un exemple célèbre dans le saint homme Job. Il a perdu ses enfants et ses biens ; il est tombé de la plus haute fortune dans la plus profonde misère. Et il dit : Le Seigneur m’avait tout donné, le Seigneur m’a tout ôté ; comme il a plu au Seigneur, ainsi est-il arrivé ; que le nom du Seigneur soit béni.

Voyez, observe ici saint Augustin, Job ne dit pas : Le Seigneur me l’avait donné, et le démon me l’a ôté ; mais en homme éclairé, il dit : C’est le Seigneur qui m’avait donné mes enfants et mes biens, et c’est Lui qui me les a ôtés ; il est arrivé comme il a plu au Seigneur. L’exemple de Joseph n’est pas moins remarquable. C’est bien par malice et dans un but mauvais que ses frères l’avaient vendu à des marchands ; et néanmoins ce saint patriarche attribue tout à la Providence de Dieu. Il s’en explique même à plusieurs reprises: Dieu, dit-il, m’a envoyé en Égypte avant vous pour votre salut… Dieu m’a fait venir ici pour vous conserver la vie, afin que vous ayez des vivres pour votre subsistance. Ce n’est point par votre conseil que j’ai été envoyé ici, mais par la volonté de Dieu, qui a fait de moi comme le père de Pharaon, le maître de sa maison et le prince de toute l’Égypte. Mais arrêtons nos regards sur notre divin Sauveur, le Saint des saints, descendu du ciel pour nous instruire par ses paroles et par ses exemples. Saint Pierre, poussé par un zèle indiscret, veut le détourner du dessein qu’il a de souffrir et empêcher que les soldats ne mettent la main sur lui. Mais Jésus lui dit… : Et le calice que mon Père m’a donné, ne le boirai-je donc pas ? Ainsi il attribue les douleurs et les ignominies de sa Passion, non aux Juifs qui l’accusent, à Judas qui le trahit, à Pilate qui le condamne, aux bourreaux qui le tourmentent, aux démons qui excitent tous ces malheureux, bien qu’ils soient les causes immédiates de ses souffrances ; mais à Dieu, et à Dieu considéré non sous la qualité d’un Juge rigoureux, mais sous celle d’un Père aimant et bien-aimé.

N’attribuons donc jamais ni aux démons ni aux hommes, mais à Dieu, comme à leur vraie source, nos pertes, nos déplaisirs, nos afflictions, nos humiliations. « Agir autrement — remarque sainte Dorothée — ce serait faire comme le chien qui décharge sa colère sur une pierre au lieu de s’en prendre à la main qui la lui a jetée ». Ainsi, gardez-vous de dire : Un tel est cause de ce malheur que j’ai éprouvé ; il est l’auteur de ma ruine. — Vos maux sont l’ouvrage, non de cet homme, mais de Dieu. Et ce qui doit vous rassurer, c’est que Dieu souverainement bon procède à tout ce qu’il fait avec la plus profonde sagesse, et pour des fins saintes et sublimes. Dieu fait toutes choses avec une suprême sagesse Toute sagesse vient de Dieu, Seigneur souverain, est-il dit au Livre de l’Ecclésiastique ; elle a toujours été avec lui, et elle y est avant les siècles… Et il l’a répandue sur tous ses ouvrages. — Ô Seigneur ! que vos œuvres sont magnifiques ! s’écrie à son tour le Roi-Prophète.

Comme vous avez fait toute chose avec sagesse ! Et il n’en saurait être autrement ; car Dieu, étant la sagesse infinie et agissant par lui-même, ne peut agir que d’une manière infiniment sage. C’est pourquoi plusieurs saints Docteurs estiment que, eu égard aux circonstances, toutes ses œuvres sont si accomplies qu’elles ne sauraient l’être davantage, et si bonnes, qu’elles ne sauraient être meilleures. « Nous devons donc — dit l’un d’eux, saint Basile — nous bien pénétrer de cette pensée, que nous sommes l’ouvrage du bon Ouvrier et qu’il nous dispense et nous distribue, avec une providence très sage, toutes choses grandes et petites ; en sorte que rien ne soit mauvais, rien même que l’on puisse concevoir meilleur ».

Les œuvres du Seigneur sont grandes, dit encore le Roi-Prophète ; elles sont proportionnées à toutes ses volontés. Et c’est particulièrement dans cette juste proportion entre les moyens qu’il emploie et la fin qu’il se propose, qu’éclate sa sagesse. Elle atteint d’une extrémité à l’autre avec force et elle dispose toutes choses avec douceur. Elle gouverne les hommes avec un ordre admirable ; elle les conduit à leur bonheur fortement, mais pourtant sans violence et sans contrainte, avec suavité, mais encore avec circonspection.

Ô Dieu ! dit le Sage, comme vous êtes le Dominateur souverain, vous exercez vos jugements avec une patiente lenteur et vous nous gouvernez avec une grande réserve. Vous êtes doué d’une puissance infinie à laquelle rien ne peut résister ; cependant vous n’usez point, envers nous, du pouvoir absolu de votre autorité souveraine ; mais vous nous traitez avec une extrême condescendance, vous daignez, vous accommodant à notre faible nature, placer chacun de nous dans la situation la plus convenable et la plus propre à lui faire opérer son salut. Vous ne disposez même de nous qu’avec réserve, comme de personnes qui sont vos images vivantes et d’une noble origine et auxquelles, vu leur condition, on ne commande point d’un ton absolu ainsi qu’à des esclaves, mais avec égard et ménagement.

Vous agissez envers nous, comme dit l’illustre Cantacuzène, avec la même circonspection que l’on met à toucher un riche vase de cristal ou un fragile vase de terre que l’on craint de briser. Faut-il, pour notre bien, nous affliger, nous envoyer quelque maladie, nous faire subir quelque perte, nous soumettre à la douleur? C’est toujours avec certains égards, avec une sorte de déférence que vous y procédez.

Ainsi, un gouverneur châtie d’une manière bien différente le jeune prince dont l’éducation lui est confiée et le valet qui est à son service. Ainsi, le chirurgien chargé de faire l’amputation de quelque membre à un grand personnage redouble d’attention, pour lui faire endurer le moins de douleur possible et seulement autant qu’il est nécessaire pour sa guérison. Ainsi surtout, le père obligé de châtier un fils tendrement chéri ne le fait qu’avec contrainte et parce que le bien de son fils l’exige ; mais la main lui tremble d’émotion et il se hâte de finir.

De même, Dieu nous traite comme des créatures nobles qui sont en grande considération auprès de lui, comme des enfants chéris qu’il châtie parce qu’il les aime. Même les épreuves et les châtiments sont des bienfaits de Dieu, des signes de sa miséricorde. Contemplez, nous dit saint Paul, contemplez l’auteur et le consommateur de la foi, Jésus (le Fils unique et bien-aimé en qui le Père a mis toutes ses complaisances)… Pensez donc à Celui qui a supporté une telle contradiction de la part des pécheurs soulevés contre lui, afin que vous ne vous découragiez point et que vous ne laissiez point vos âmes à la défaillance. Car vous n’avez point encore résisté jusqu’au sang (comme il a fait lui-même), en combattant contre le péché, et vous oubliez la consolation que Dieu vous adresse comme à ses enfants, quand il dit : Mon fils, ne méprise point le châtiment du Seigneur et, lorsqu’il te reprend, ne te laisse pas abattre.

Car le Seigneur châtie ceux qu’il aime et il flagelle quiconque il admet au nombre de ses enfants. Soyez donc persévérants dans les épreuves, puisque Dieu vous traite comme ses fils; car quel est le fils qui n’est pas corrigé par son père ? En un mot, Dieu n’agit que dans un but très élevé et très saint, que pour sa gloire et le bien de ses créatures. Infiniment bon et la Bonté même, il cherche à les perfectionner toutes en les attirant à Lui, en leur communiquant les caractères et les rayons de sa divinité, autant qu’elles en sont susceptibles.

Mais grâce aux liens étroits qu’il a contractés avec nous, par l’union de notre nature avec la sienne, dans la Personne de son Fils, nous sommes, d’une manière plus spéciale encore, l’objet de sa bienveillance et de ses tendres sollicitudes ; et le gant est moins bien ajusté à la main, le fourreau à l’épée, que ce qu’il opère et ordonne, en nous et autour de nous, ne l’est à notre force et à notre portée, de sorte que tout puisse concourir à notre avantage et à notre perfection, si nous voulons coopérer aux vues de sa Providence. Les épreuves sont toujours proportionnées à nos forces.

Ne nous troublons donc point dans les adversités dont nous sommes quelquefois assaillis, sachant que, destinées à produire en nous des fruits de salut, elles sont soigneusement mises en rapport avec nos besoins, par la sagesse de Dieu même qui sait leur donner des bornes, comme il en donne à la mer. Il semble parfois que la mer va, dans sa furie, inonder des contrées entières ; et cependant elle respecte les limites de son rivage, elle vient briser ses flots contre un sable mouvant.

Ainsi il n’est aucune tribulation, aucune tentation à qui Dieu n’ait marqué des limites, afin qu’elle serve non pas à nous perdre, mais à nous sauver. Dieu est fidèle, dit l’Apôtre, il ne souffrira pas que vous soyez tentés ou affligés, par-dessus vos forces, mais il est nécessaire que vous le soyez, puisque c’est par beaucoup de tribulations qu’il nous faut entrer dans le royaume de Dieu, à la suite de notre Rédempteur qui a dit de lui-même: Ne fallait-il pas que le Christ souffrît toutes ces choses et entrât ainsi dans sa gloire? Si vous refusiez de recevoir ces tribulations, vous agiriez contre vos meilleurs intérêts.

Vous êtes comme un bloc de marbre entre les mains du sculpteur. Il faut que le sculpteur fasse sauter les éclats, qu’il taille, qu’il polisse, pour tirer de son bloc une belle statue. Dieu veut faire de vous sa vivante image; pensez seulement à bien vous tenir entre ses mains, pendant qu’il travaille sur vous et soyez assuré qu’il ne donnera pas le moindre coup de ciseau qui ne soit nécessaire à ses desseins et qui ne tende à vous sanctifier; car, comme le dit saint Paul, la volonté de Dieu, c’est votre sanctification.

Pour lire la suite, au format PDF : https://lafrancechretienne.files.wordpress.com/2018/09/traite_de_la_divine_providence.pdf

Remerciements à Séraphin de Marie pour avoir donné ce texte.

Folie contemporaine

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Artiste pervertisseur,
Assassin bienfaiteur,
Avare charitable,
Banquier chevaleresque,
Bouddhiste socialiste,
Chrétien mahométan,
Débonnaire despotique,
Démon céleste,
Ecclésiastique athée,
Génie médiocre,
Grossesse paternelle,
Hérétique orthodoxe,
Homicide philanthropique,
Homosexuel puritain,
Incapable grandiose,
Judas réhabilité,
Juge anarchiste,
Juif hindouiste,
Menteur scrupuleux,
Nazi discret,
Nudiste pudique,
Pédophile chaste,
Politicien moraliste,
Salafiste hippie,
Schizophrène lucide,
Soldat antimilitariste,
Stalinien laxiste,
Terroriste pacifique,
Testostérone féminine,
Voltairien modeste,

Folie des opposés,
Antonymes devenus synonymes,
La guerre est la paix,
La liberté est l’esclavage,
L’ignorance est la force,

Quand allons-nous nous réveiller ?

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