Les incalculables erreurs de l’athéisme

les_incalculables_erreurs_de_l_atheisme_selfie_zombie_pokemon_go_transhumanisme_esclave_decadence_folie

Voici un article majeur qui complète les autres. L’abbé de Broglié avait, en son temps, rédigé une œuvre catholique qui semble prophétique. En effet, toutes les tares qu’il dénonce se retrouvent dans notre époque. Le XIXe siècle semble prouver que la religion catholique atteignait son apogée avant le grand déclin du XXe siècle, avec ses terribles guerres mondiales. Le XXIe siècle, quant à lui, pauvres de nous, semble toucher le fond de la benne à ordures avec d’innombrables fléaux spirituels.

La grande apostasie est là, devant nous, avec les zombies du pokemon go, les orgueilleux qui ne pensent qu’à se photographier avec des perches selfies pendant de graves événements, les individus qui sont littéralement scotchés à leur téléphone portable au point d’être seul pendant les réunions familiales, les oublieux du passé qui ne souhaitent se consacrer qu’à une technologie invasive et despotique comme s’ils étaient eux-mêmes des robots sans besoins physiologiques, etc… !

Pendant ce temps mystérieux où la majorité semble dormir d’un sommeil hypnotique, la barbarie commence son œuvre de destruction. Lorsque la violence atteindra son apogée, il sera temps de réagir et de remettre de l’ordre. Mais ceci ne sera pas possible avant 2017. Pour l’instant, découvrons le formidable article de l’abbé de Broglié, les passages importants étant placés en italiques.

Extraits de « Des faux systèmes de morale » tirés de « Dieu, la conscience, le devoir », page 109 à 124

« 

I. Morale du devoir pur

Nous entendons par morale du devoir pur celle qui prend pour principe l’obligation morale sans la rattacher à Dieu et sans admettre la sanction de la vie future.

Les partisans de cette morale partent du même principe qui nous a servi de point de départ, c’est-à-dire du sentiment de l’obligation morale.

L’homme, disent-ils, se sent obligé à faire le bien et à éviter le mal. Il sent qu’il doit être honnête.

Cette règle unique lui suffit pour se conduire. Il n’a pas besoin de savoir sur quoi se fonde le devoir, ni s’il y a un principe supérieur qui commande de le faire. La conscience commande et cela suffit.

Quant à la sanction, elle est également inutile. On doit faire le devoir parce que c’est le devoir, et non pour une récompense, ni par la crainte d’un châtiment.

Bien plus, disent ces philosophes, l’idée de la sanction telle qu’elle est énoncée dans la morale religieuse nuirait à l’idée du devoir et l’affaiblirait. L’homme qui croit en Dieu et à la vie future ferait le bien pour gagner le ciel et éviter l’enfer, il agirait d’une manière intéressée. Au contraire, l’homme qui n’a pas ces croyances fait le bien par pur sentiment du devoir, sans intérêt. Il sait qu’il n’a ni récompense à espérer ni châtiment à craindre, il n’en fait pas moins son devoir. Cette manière d’agir est donc plus noble et plus généreuse que la première.

Il y a dans ce système une certaine grandeur; il y a aussi une vérité partielle. Néanmoins, il suffit de l’examiner pour reconnaître qu’il est insuffisant, souvent illusoire et toujours dangereux.

Et d’abord, il importe de bien distinguer en quoi ce système du devoir pur diffère de la morale spiritualiste que nous avons exposée.

Lorsque les moralistes qui admettent le devoir sans sanction disent que le devoir oblige par lui-même, ils ont raison. La loi est gravée dans notre conscience et ne cesse pas d’obliger parce que nous ignorons le législateur. Ce n’est pas pour produire l’obligation, c’est pour l’expliquer qu’un principe supérieur est nécessaire.

Un homme qui serait sincèrement athée ne serait pas pour cela dispensé de faire son devoir.

Quelle est donc, au point de vue de l’obligation, la différence entre les moralistes que nous combattons et ceux qui soutiennent la morale religieuse ? Les uns et les autres sentent en eux-mêmes l’obligation du devoir ; les uns et les autres la reconnaissent, la respectent et veulent s’y soumettre ; mais les uns, ceux qui croient en Dieu, comprennent pourquoi cette obligation leur est imposée. Cette obligation se rattache dans leur intelligence d’une manière logique à la condition de l’homme, créature qui doit obéir à son créateur et tendre vers la fin qui lui est assignée. Pour les autres, ceux qui croient au devoir en étant athées, cette obligation qu’ils sentent, et qu’ils acceptent, est inexplicable ; le sentiment du devoir qui est en eux, au lieu de s’unir harmonieusement à une conception rationnelle du monde qui lui soit conforme est un sentiment aveugle et un instinct dont la source est inconnue. Aussi quelques-uns de ceux qui soutiennent cette doctrine ont-ils dit que l’honnêteté est une espèce de folie, une folie noble et généreuse. Nous n’irons pas jusque-là, mais nous dirons que le sentiment du devoir, séparé de l’idée de Dieu, est une notion incomplète et tronquée qui s’impose à la conscience sans satisfaire la raison.

Au point de vue de la sanction, l’opposition est plus complète entre la morale du devoir pur et la morale religieuse. Le partisan du devoir pur ne croit pas à la sanction ; il y renonce et prétend s’en passer. L’homme religieux croit à la sanction, l’espère et se fait même un devoir de l’espérer.

S’ensuit-il que la morale religieuse puisse être qualifiée de morale intéressée et réprouvée à ce titre comme une morale basse et sans générosité ?

S’ensuit-il que la morale du devoir séparée de l’idée de la sanction soit réellement plus noble et plus élevée que la morale spiritualiste ?

Il va nous être facile de répondre à ces deux questions.

La réponse à la première résulte de ce que nous avons dit plus haut en expliquant la nature de l’obligation et de la sanction.

L’homme qui fait le bien et évite le mal, en pensant à la récompense et au châtiment, n’agit pas exclusivement ni principalement pour obtenir une jouissance ou éviter une souffrance. Il agit principalement et d’abord eu vue du devoir, en vue du bien absolu, puis, conséquemment, accessoirement, il croit que la bonne action sera récompensée et la mauvaise action punie.

Supposons un homme qui ne veuille pas commettre un vol, parce qu’il sait que le vol est une faute et sera puni. Si cet homme était disposé de telle sorte qu’il fut prêt à commettre ce vol, dans le cas où cette action devrait lui procurer une jouissance et non un châtiment, cet homme agirait d’une manière purement intéressée, il ne ferait pas un acte moral.

Mais si sa résolution principale est de ne pas commettre le vol parce que le vol est un mal, et qu’il se serve de la crainte du châtiment pour fortifier sa résolution, pour détester davantage le mal et résister à l’attrait de la cupidité, il fait alors un acte moral, mais il fait aussi un acte désintéressé, puisque son intention principale porte sur le devoir.

Observons, en second lieu, que bien que le spiritualiste ne renonce pas à la récompense parce qu’elle est la conséquence naturelle du bien, il n’est pas nécessaire qu’il y pense toujours. Il agira souvent par la seule vue du devoir, par pur dévouement, en s’oubliant lui-même. Néanmoins, quand il réfléchira aux conséquences de son acte, il sentira qu’il a droit à la récompense et quand son attention se portera sur le désir inné de bonheur qui est dans notre nature, il sentira que ce bonheur peut légitimement être mérité par la vertu.

Ainsi la morale spiritualiste n’est nullement une morale basse ; elle n’est une morale intéressée que dans la mesure où cela est nécessaire, par l’effet de l’amour naturel de l’homme pour lui-même et du désir de bonheur qui est dans le fond de notre être.

Elle place les motifs désintéressés à la première place, et le mobile intéressé ne vient qu’après et n’est que secondaire.

Ajoutons que la morale spiritualiste nous représente le principe du bien, l’auteur de la loi, comme une personne, comme un père qui nous aime.

De cette idée naissent des sentiments de reconnaissance et d’amour qui élèvent l’âme au-dessus de l’intérêt personnel. L’homme religieux, sans doute, désire être uni au Dieu qu’il aime, mais il veut aussi se dévouer pour Dieu ; la récompense ou l’union avec l’être aimé se confond avec l’amour même.

Les basses idées d’un calcul ou d’un salaire disparaissent devant ces sentiments élevés.

Que dirons-nous maintenant de la morale du devoir pur, sans Dieu et sans vie future ?

Est-elle réellement, à cause de sa prétention au désintéressement absolu, supérieure à la morale religieuse ?

Non, elle est simplement une morale irrationnelle et contre nature.

Que demande-t-elle en effet ?

Que l’homme qui a l’instinct inné de chercher son propre bonheur renonce à cette recherche et accepte d’être absolument malheureux ;

Que l’homme fasse de bonnes actions, en renonçant à attribuer à ces actions leur caractère méritoire, qu’il fasse des actions essentiellement dignes de récompense et ne croie pas à l’existence de cette récompense ;

Que l’homme soit parfaitement juste, qu’il le soit jusqu’au sacrifice, et que cependant il croie vivre dans un monde où la justice ne règne pas, où le mal peut triompher et le bien être vaincu ; qu’il se sacrifice pour l’ordre universel, sachant que cet ordre est injuste à son égard ; qu’il rende à chacun ce qui lui est dû, sachant qu’à lui-même justice ne sera pas rendue.

Sans doute, un homme qui est convaincu qu’il n’y a pas de Dieu ni de vie future, est obligé de se réfugier dans cette morale du devoir pur ; il doit obéir à cette loi si étrange qui lui impose la justice et ne la lui rend pas.

Mais cet état est un désordre et un malheur, et non un état moral supérieur.

Nous pouvons expliquer notre pensée par une comparaison.

Deux hommes ont chacun un poids égal à transporter d’un endroit à un autre. L’un a l’usage de ses deux jambes ; l’autre est boiteux et s’appuie sur une béquille. Le second fera en transportant son poids une œuvre plus difficile, peut-être même plus méritoire que le premier. Mais, néanmoins, l’état du premier est préférable à celui du second.

De même, dans l’accomplissement du devoir, celui qui ne s’appuie que sur l’obligation et ne connaît pas la sanction a plus de peine à remplir son devoir. Mais celui qui, obéissant à sa nature, poursuit à la fois le devoir et la récompense, le bien général d’abord et son propre bien comme conséquence, est évidemment dans un état plus sain, plus harmonieux, plus normal que le premier.

Ajoutons une dernière considération. Si l’homme qui croit à la vie future est exposé à s’attacher trop à la récompense, l’homme qui n’y croit pas est exposé au péril de faire reposer sa vertu sur l’orgueil. Ne reconnaissant pas Dieu, ne croyant pas à une rétribution, c’est en lui-même seul qu’il trouve le type et la règle de la justice. C’est sa propre dignité, sa propre excellence qu’il poursuit en restant vertueux. Lorsqu’il est juste, il se sent supérieur à l’ordre du monde où l’injustice règne, puisque, selon sa croyance, tout finit à la mort. Or, l’orgueil est une forme de l’égoïsme ; être vertueux par orgueil, c’est tout aussi bien être égoïste que de l’être par amour de la récompense.

Ne demandons pas à l’homme plus que sa nature ne le veut et ne le permet. Qu’il connaisse et cherche d’abord le devoir, c’est-à-dire le bien en soi, le bien désintéressé. Qu’il ne cherche le bonheur que comme récompense, c’est-à-dire comme conséquence du devoir accompli, mais qu’il puisse aimer et chercher le bonheur de cette manière, qu’il ait le droit et le devoir d’espérer qu’il l’obtiendra par la justice de Dieu. Qu’il soit juste lui-même, mais qu’en même temps il croie à la justice universelle. Une telle morale, mieux adaptée aux besoins de l’humanité, praticable pour tous les hommes, est supérieure à la morale exagérée des stoïciens, qui poursuivent le devoir sans vouloir être récompensés.

II. Morale de l’intérêt ou morale utilitaire

La morale de l’intérêt est diamétralement opposée à celle du devoir pur. L’une exclut tout mobile intéressé, l’autre au contraire prétend que ce qu’on appelle vulgairement devoir n’est que l’intérêt bien entendu.

Nous pouvons considérer comme un signe évident de la vérité de la morale religieuse ce fait, que ceux qui s’en écartent se contredisent ainsi nécessairement, chacune des deux opinions choisissant pour seul principe l’un des deux mobiles qui sont harmonieusement unis dans la vraie morale.

La prétention des moralistes utilitaires (dont le plus connu est l’Anglais Bentham) est d’identifier en fait et en principe le devoir et l’intérêt.

En fait, ils prétendent que les actes qui sont ordonnés ou prescrits par la loi morale sont tous des actes utiles ou nuisibles. Ils disent qu’en cherchant avec prudence et sagesse leur propre intérêt, les hommes arriveraient à suivre les mêmes règles de conduite qui sont, dans l’opinion vulgaire, pratiquées au nom du devoir.

En principe, ils prétendent identifier le devoir même avec l’intérêt bien entendu. Au lieu de dire, comme la morale vulgaire, que les actions honnêtes sont utiles parce qu’elles sont honnêtes, c’est-à-dire que Dieu les récompensera, ils disent que les actions utiles sont honnêtes parce qu’elles sont utiles, que c’est leur utilité qui fait leur bonté et leur mérite.

Les utilitaires peuvent être convaincus d’erreur en fait et en principe.

En fait, il n’est nullement vrai que l’homme doive être conduit par son intérêt bien entendu à faire ou à omettre les actions qui lui sont prescrites ou défendues par la loi du devoir. Si l’on n’admet pas de vie future, il arrive très souvent que l’intérêt, même bien entendu, d’un homme est contraire à son devoir. Il arrive quelquefois que l’homme qui fait une mauvaise action peut raisonnablement espérer qu’elle ne sera pas punie ici-bas. Les exemples sont nombreux de gens parvenus à la richesse par des voies illicites, qui ont joui jusqu’à leur mort du bien mal acquis. Aussi nombreux peut-être sont ceux des hommes qui, avant fait leur devoir, n’ont pas été récompensés, ou qui, après s’être dévoués, n’ont rencontré que l’ingratitude de leurs semblables. Nier ces faits palpables, prétendre que l’ordre social est tellement juste qu’il y ait toujours accord entre le devoir et l’intérêt, c’est soutenir une thèse chimérique.

Le seul moyen de remettre dans ce cas l’accord entre le devoir et l’intérêt serait de dire que le méchant est rendu malheureux par le remords et que l’homme de bien jouit par le témoignage de sa conscience.

Mais le remords et la satisfaction de conscience sont très faibles quand ils sont séparés de l’idée d’un juge et d’une rétribution.

De plus, ces sentiments sont contraires au principe de la morale de l’intérêt. D’après cette doctrine, une action est honnête parce qu’elle est utile. L’homme qui a réussi à s’enrichir par le vol a donc fait une action utile, par conséquent une action honnête ; il n’a donc pas à s’en repentir. Celui qui est dans la misère pour avoir voulu faire du bien aux autres a fait un mauvais calcul ; il n’a pas suivi son intérêt, donc, selon la doctrine, il n’a pas fait son devoir ; c’est lui qui doit se repentir. (Première note du blog la France Chrétienne : voilà l’un des nombreux fléaux du XXIe siècle prophétisé par l’abbé de Broglié)

Le remords et la joie de la conscience appartiennent à la doctrine du devoir, et non à celle de l’intérêt. Un utilitaire conséquent doit les considérer comme des préjugés que la science doit dissiper.

A défaut de cette ressource, les utilitaires ont eu recours, pour soutenir leur système, à une autre idée.

Ils se sont appuyés sur le sentiment de sympathie qui existe entre les hommes. Chaque homme, disent-ils, jouit de voir les autres hommes heureux, et souffre de voir souffrir son prochain.

Dès lors, les hommes sont intéressés à se faire du bien les uns aux autres. En rendant les autres heureux, ils travaillent à leur propre bonheur.

L’erreur de ce raisonnement consiste à croire que le sentiment de sympathie est l‘unique sentiment du cœur humain ou même le sentiment prédominant.

Il y en a d’autres : l’intérêt privé, le désir égoïste de sa propre jouissance, qui agissent puissamment sur le cœur de l’homme. Il y a souvent, en outre, des sentiments contraires, des haines, des rancunes, des antipathies.

Pour juger de la valeur de l’argument des utilitaires, plaçons nous dans un cas particulier.

Proposez à un voleur qui va dépouiller un passant de s’arrêter parce qu’il va perdre ce sentiment de plaisir sympathique qu’il pourrait éprouver en pensant que ce passant a de l’argent dans sa bourse. Proposez à un homme qui poursuit sa vengeance le sentiment naturel de sympathie qui doit l’unir à son ennemi comme motif pour ne pas lui faire de mal. (Deuxième note du blog la France Chrétienne : voilà encore une autre hérésie dans laquelle l’humanité est actuellement embourbée)

Évidemment ce seraient des motifs impuissants et chimériques.

C’est donc aller contre l’évidence que de prétendre qu’il y ait en fait un accord universel entre l’intérêt bien entendu et le devoir. Cet accord existe dans un grand nombre de cas ; en principe général, il est avantageux d’être honnête. Mais le nombre des exceptions est si grand, l’écart entre l’idéal social et la réalité est si considérable que la morale de l’intérêt serait sans aucune efficacité contre le véritable mal moral.

Une autre considération, qui montre combien la morale de l’intérêt serait insuffisante, se tire des passions qui émeuvent le cœur humain.

Considérez un homme animé d’une passion qui le porte à désirer ou à haïr un certain objet. Pendant que, la passion dure, son objet devient prédominant dans l’imagination ; tout autre objet disparaît à côté. Allez dire à cet homme que son intérêt bien entendu est de renoncer à l’objet de sa passion, il ne vous écoutera même pas. Il n’a d’autre intérêt, d’autre fin, d’autre but que d’assouvir sa passion.

Parlez-lui, au contraire, au nom du devoir (troisième note du blog la France Chrétienne : voilà pourquoi les ennemis de Dieu ont effacé la notion du devoir, Voltaire en tête de liste), dites-lui que son acte est coupable ; parlez-lui de Dieu qui le jugera ; montrez-lui non pas des inconvénients ou des souffrances passagères, mais le danger de perdre sa fin absolue et éternelle et vous pourrez agir sur son âme.

Ainsi, en fait, la morale de l’intérêt est illusoire et inefficace.

En principe, elle est fausse ; elle est même immorale.

Elle supprime le dévouement, le désintéressement, la générosité. Toutes ces grandes idées sont ramenées à des calculs égoïstes, ou sont déclarées de nobles folies.

Elle fait plus encore. Elle supprime le devoir même ; elle en anéantit le caractère obligatoire,

Vainement, en effet, m’aurez-vous montré que mon intérêt bien entendu est de ne pas voler, ou de faire la charité. Est-ce que je suis obligé de suivre mon intérêt ? Si je vais contre la règle que vous me posez, que ferais-je ? un faux calcul ; je préférerai un bien actuel à un bien futur plus grand. Mais faire un faux calcul ne rend pas coupable. J’aurai été imprudent, j’aurai été maladroit ; je n’aurai pas pour cela été criminel.

Il n’y a rien dans l’utilité pure qui contienne l’idée de l’obligation. La source de cette idée doit être cherchée ailleurs et plus haut.

C’est un fait bien singulier, qu’un grand nombre de philosophes et de moralistes, qui sont des esprits distingués, qui ont voulu enseigner une morale pure, qui se sont efforcés de revenir par divers artifices aux idées de la morale vulgaire, aient soutenu une morale aussi évidemment fausse, et, malgré tous les efforts de ses défenseurs pour la rendre élevée, aussi basse et aussi grossière dans son principe.

La seule explication de cette aberration d’esprit nous paraît celle-ci : Ces moralistes ont voulu écarter l’idée de Dieu et de la vie future de la morale ; la conséquence a été de rendre la notion du devoir si peu rationnelle, si étrange et si contraire aux instincts de l’humanité, qu’ils ont été forcés de chercher dans l’intérêt bien entendu un autre principe de moralité qui ne se rattachât pas comme le devoir aux régions supérieures de Dieu et de l’immortalité.

III. Morale du sentiment

Une autre solution adoptée par certains moralistes consiste à substituer à l’obligation, aperçue et constatée par la raison, certains sentiments du cœur humain.

Selon cette doctrine, les actes bons sont ceux qui sont inspirés par de bons sentiments ; les actes mauvais, ceux qui sont l’expression de mauvais sentiments.

Immédiatement se pose cette question : Comment et à quel signe distinguera-t-on les sentiments bons des mauvais sentiments ?

Sur ce point, les partisans de la morale du sentiment ont émis diverses opinions qu’il serait trop long d’exposer et de réfuter.

Nous nous arrêterons à celle qui est la plus plausible et qui a été soutenue par le plus grand nombre d’entre eux.

Elle consiste à dire que les mauvais sentiments sont les sentiments égoïstes qui se rapportent à notre bonheur personnel, et que les bons sentiments sont les affections bienveillantes qui nous portent à faire du bien aux autres. Certains auteurs ont appelé ces sentiments, sentiments altruistes, par opposition aux sentiments égoïstes.

Faire le bien, ce serait donc agir conformément aux affections bienveillantes et contrairement à l’intérêt personnel, ce serait faire prédominer l’altruisme sur l’égoïsme.

On remarquera que cette formule est directement opposée à celle du système que nous avons étudié, celui de l’intérêt bien entendu.

Cette formule a sans doute une vérité partielle. Dans un grand nombre de cas, la règle de se sacrifier pour autrui et de préférer le bien des autres au sien propre serait une règle salutaire.

Mais il est facile de voir que cette règle ne suffit pas pour constituer un code complet et exact de morale.

Les sentiments égoïstes sont dangereux par leurs excès, mais ils sont bons dans une certaine mesure. Bien des vertus, par exemple la tempérance, l’économie, la prudence, ont pour principe un amour bien entendu de soi-même.

Au contraire, les affections bienveillantes peuvent inspirer des actes coupables ; la bonté peut dégénérer en complaisance pour le mal et en faiblesse. (quatrième note du blog la France Chrétienne : la faiblesse est le plus grand tort de la France de 2016. On peut le constater avec les attentats qui frappent notre nation. Au lieu de contrer le mal, la masse affaiblie dépose des bougies et des mots doux. Voilà un grave sentiment de faiblesse que dénonce à juste titre l’abbé de Broglié !)

La société a besoin, sans doute, de personnes qui se dévouent, mais elle a aussi besoin que les hommes veillent à leurs propres intérêts : l’intérêt privé est un des moteurs de la machine sociale, et il serait impossible de pourvoir aux besoins du commerce et de l’industrie par le seul dévouement, à moins que la mesure de dévouement qui existe dans le cœur humain ne fût beaucoup augmentée.

La morale du sentiment a un autre défaut : elle supprime l’idée de l’obligation. Sans doute il est beau de se dévouer, mais cela est-il obligatoire ? Pourquoi serions-nous obligés de sacrifier notre propre bonheur à celui des autres ? Pourquoi, parmi les sentiments que la nature a gravés dans notre cœur, devons-nous suivre les uns et réprimer les autres, Est-ce en vertu d’une loi gravée dans la conscience ? Nous revenons alors à la morale du devoir.

Est-ce parce que nous serons plus heureux en nous dévouant ? C’est alors un retour à la morale de l’intérêt. En nous dévouant, nous travaillons pour nous-même.

Il resterait de plus à prouver que les hommes sont toujours plus heureux en se dévouant. Or, cette thèse (en écartant l’idée de la récompense future) est encore mal fondée. Tous les hommes ne sont pas sensibles aux joies pures du dévouement. Il y en a qui ne les comprennent pas. Bien des hommes, en se dévouant, rencontreront l’ingratitude et seront affligés au point d’être tentés de regretter ce qu’ils ont fait. D’autres seront frappés par la mort avant d’avoir pu jouir du fruit de leurs efforts.

La morale du sentiment est donc incapable de rendre compte de l’idée de devoir. Elle est de plus souverainement inefficace en présence des passions. La passion prédomine sur tout autre sentiment altruiste ou égoïste. Elle ne peut être combattue que par la raison et la conscience. Le devoir peut lutter contre la passion, parce que c’est un motif d’un autre ordre. Mais, sentiments contre sentiments, la passion sera toujours la plus forte.

Ainsi la morale fondée sur le sentiment pur est aussi incomplète et aussi inefficace que la morale de l’intérêt.

IV. Morale fondée sur l’approbation publique

La formule de cette morale est celle-ci : Agis de manière à obtenir et à mériter l’estime de tes semblables.

On cherche à obtenir l’estime parce qu’elle est utile et agréable, et que le contraire, le mépris des hommes est pénible. On cherche en même temps à mériter l’estime parce que l’hypocrisie, qui porterait à chercher une réputation non méritée, est contraire à la dignité de l’homme.

Cette morale est plus efficace que les précédentes. Le mobile de l’honneur et celui de la honte agissent vivement sur le cœur humain.

Mais sa base est fausse. Cette base c’est uniquement l’opinion publique, opinion variable et différente suivant le temps et les lieux. Il y a des vices que l’opinion permet, qu’elle loue même. Elle est en revanche d’une sévérité outrée pour certaines fautes. (cinquième note du blog la France Chrétienne : décidément, l’abbé de Broglié a prophétisé sans le savoir ce qui se passe actuellement sous nos yeux !)

D’ailleurs l’opinion publique est la somme des opinions des individus, et ces opinions individuelles, à leur tour, sont le produit des enseignements reçus. Il faut donc à cette opinion une base qui soit un enseignement moral vrai. Cette base se trouve dans la morale religieuse ; aussi, chez les peuples chrétiens, l’opinion se conforme plus ou moins à l’enseignement moral de la religion. Chez un peuple sans religion ou ayant une religion fausse, l’opinion peut devenir tout à fait arbitraire et avoir une influence contraire à la vraie morale. Les usages barbares et révoltants de certaines nations païennes ou de certains peuples sauvages en sont la preuve.

V. Morale évolutionniste

La morale que nous avons appelée évolutionniste est un système mieux raisonné et plus ingénieux, mais en réalité tout à fait aussi insuffisant que les précédents pour gouverner la vie humaine.

Elle part de deux principes. L’un qui est une pure hypothèse : c’est que l’homme n’est qu’un animal perfectionné, arrivé à la possession de la raison, du langage, de l’idée du bien et du mal, à la suite d’une longue évolution. (sixième note du blog la France Chrétienne : le XXIe siècle est également victime de cette hérésie !)

Le second, qui est vrai, c’est que l’homme est un être social, dont l’éducation intellectuelle et morale est faite en partie par la société.

Cela posé, soit que l’état social ait existé déjà avant que l’homme eût acquis sa conformation actuelle et sa raison, soit qu’il n’ait existé qu’après l’invention du langage, nos philosophes supposent que la société a existé avant qu’on eût inventé les idées du bien et du mal, ni l’idée de Dieu.

Voici maintenant comment, selon eux, cette invention se serait faite.

Les hommes (si tant est qu’on puisse appeler hommes des êtres dépourvus encore de conscience et de religion), les hommes, dis-je, auraient observé que certains actes sont utiles, d’autres nuisibles à la société. Naturellement ils auraient loué les premiers, et dans certains cas les auraient récompensés. Ils auraient blâmé les seconds et les auraient réprimés par des châtiments.

Ces récompenses et ces châtiments, il faut bien l’observer, n’auraient point encore eu le caractère moral que nous leur donnons. Ces idées n’auraient pas correspondu encore à une idée de justice et de mérite, elles auraient été de simples moyens de pousser les hommes à faire certaines actions et à en éviter d’autres, à peu près comme les récompenses et les châtiments dont nous nous servons à l’égard des animaux.

Mais graduellement les idées auraient changé. Les actions louées et récompensées seraient devenues dans l’esprit des hommes, par l’effet d’une longue habitude, des actions louables et dignes de récompense ; les actions blâmées et châtiées seraient devenues des actions blâmables et punissables.

Ainsi se serait formée dans l’esprit l’opposition entre des actions bonnes et des actions mauvaises. Relatives d’abord et rattachées à la louange et au blâme des hommes, ces notions auraient fini par sembler absolues. Après avoir dit : Cette action sera récompensée, on aurait dit plus tard : Elle est digne de récompense ; plus tard encore : C’est une bonne action.

Mais ce n’est pas tout, et nous ne sommes pas arrivé au terme de cette évolution intellectuelle.

Les hommes primitifs, par une disposition naturelle dont nous n’avons pas à rendre compte, étaient disposés à imaginer des êtres invisibles semblables aux êtres visibles, mais plus puissants, en un mot des dieux.

Ayant formé d’une part l’idée d’actions dignes de récompense et de châtiment, et d’autre part l’idée des dieux ; ces hommes ont réuni ces idées et ont attribué aux dieux le rôle de rémunérateurs et de vengeurs ; imparfaitement rempli par la société humaine.

De là l’idée d’une récompense et d’un châtiment plus grave et plus sûr attaché aux actions méritoires ou punissables.

Puis, ayant conçu l’idée d’une prolongation mystérieuse de la vie humaine au delà du tombeau, sentant d’ailleurs que les récompenses et les châtiments ne correspondent pas ici-bas à ce que les actions semblent mériter, nos premiers aïeux auraient transporté dans la vie future cette sanction suprême des actions bonnes et mauvaises, c’est-à-dire utiles ou nuisibles à la société. Ainsi se serait formée la morale spiritualiste.

Avant d’aller plus loin, remarquons que ce système est purement hypothétique. Non seulement, rien ne prouve que l’homme soit sorti de l’animal, mais cet état social, sans moralité ou pendant lequel la moralité serait en voie de formation, est absolument inconnu de la science historique et même de la science préhistorique. Aussi haut qu’on remonte dans la littérature de tous les peuples, on trouve les idées de bien et de mal telles que nous les concevons ; on trouve le principe et la sanction du bien et du mal placés dans des êtres supérieurs à l’homme.

Il faut donc pour trouver la place de l’hypothèse, ou, si nous voulons être exact, du roman évolutionniste, placer la formation de la morale bien des siècles avant la composition des Védas de l’Inde, des Kings de l’empire chinois, des papyrus des anciennes tombes de l’Egypte, des plus vieilles briques gravées de la Babylonie. Il faut se placer, en un mot, à une époque assez reculée pour qu’on en puisse dire tout ce qu’on veut, parce que tout est inconnu. Il faut se placer dans la nuit même des temps, car l’aurore de l’histoire nous montre déjà la divinité régnant dans le ciel et maintenant la justice dans l’univers.

Que vaut maintenant cette ingénieuse hypothèse ?

Au point de vue moral, elle est la destruction même de la morale. Les évolutionnistes, en effet, disent que Dieu et la vie future sont des chimères, des imaginations.

Mais si cela est, qu’est-ce donc que la distinction du bien et du mal qui s’est produite de la même manière ? Ce n’est encore qu’une illusion, un préjugé.

Ce qui est vrai, c’est qu’il y a des actions qui ont semblé utiles ou nuisibles à la société et qui, à cause de cela, ont été louées ou blâmées. Mais qu’elles soient intrinsèquement louables ou blâmables, bonnes ou mauvaises, cela n’est pas plus vrai, selon la doctrine évolutionniste, qu’il ne l’est que ces actions seront récompensées et punies par un être imaginaire.

Donc, il n’y a ni bien ni mal en soi, il n’y a que l’intérêt social, se manifestant à la société elle-même.

Veut-on maintenant voir quelles sont les conséquences de cette morale ? Il n’y a qu’à suivre jusqu’au bout la doctrine évolutionniste.

Les docteurs de cette école disent que l’idée de Dieu et de là vie future sont en train de disparaître ; à l’ancienne morale fondée sur ces idées chimériques doit être substituée la nouvelle morale, la morale scientifique.

Que dira cette morale ?

Elle dira simplement : Telle action doit être faite parce qu’elle est utile à la société. Telle autre doit être évitée parce qu’elle lui est nuisible.

Fort bien, mais pourquoi serais-je obligé de faire un acte utile à la société ? S’il me plaît de faire le contraire, à mes risques et périls, qui m’en empêchera ? La société me punira ; mais je m’arrangerai pour échapper à ses châtiments. Elle me blâmera, mais que m’importe, je puis me passer de ses éloges.

Que répondront nos moralistes à ceux qui soutiennent que la société elle-même est un mal, ou qu’elle est organisée d’une manière si injuste, que l’intérêt du plus grand nombre est de la détruire par tous les moyens ? Avant d’oser dire que le vol, le pillage, l’assassinat, l’incendie, la destruction par la dynamite sont coupables, il leur faudra prouver, par de longs raisonnements, que la société est bien organisée, que ce qu’elle approuve est louable, que ce qu’elle blâme est coupable. Cette démonstration est d’ailleurs impossible. En effet, pour qu’une telle morale fût sérieuse, il faudrait ou bien prouver que les hommes sont obligés de faire ce qui est utile à la société, et pour cela revenir à l’idée du devoir, que nos philosophes ont rejetée ou bien prouver que ce sera leur plaisir ou leur intérêt, et revenir alors, à la morale de la sympathie, ou à celle de l’intérêt bien entendu, dont nous avons reconnu l’insuffisance.

Il ne reste donc rien de toute cette construction si ingénieuse, rien, sinon une preuve de plus que la notion d’obligation est liée à la notion de Dieu, et qu’en enlevant l’une on laisse l’autre sans base solide.

Nous pourrions ajouter bien d’autres raisons, qui portent à rejeter ces définitions.

Une action bonne est une action utile à la société.

Une action mauvaise est une action nuisible à la société.

Ces définitions ne sont autres que la fameuse maxime du salut public : Salus populi suprema lex esto (le salut du peuple est la loi suprême), qui a servi à justifier toutes les tyrannies.

Dans l’antiquité, l’esclavage était considéré comme une institution nécessaire à la société ; donc l’esclavage était bon.

A Sparte, on ne conservait que les enfants forts et on tuait les autres dans l’intérêt de la société. Selon les principes évolutionnistes, cela était juste.

On voit à quelles conséquences monstrueuses on arriverait en appliquant rigoureusement ce principe.

VI. Conclusion

Arrêtons-nous ici et concluons.

Les cinq systèmes de morale que nous venons d’exposer contiennent chacun une part de vérité. Il est vrai que le devoir oblige par lui-même, et qu’on devrait l’observer même s’il n’y avait pas de récompense à attendre.

Il est vrai que l’intérêt bien entendu s’accorde en fait avec le devoir, pourvu que, parmi les motifs de cet intérêt bien entendu, on place la sanction de la vie future. Il est vrai que les bonnes actions proviennent le plus souvent des bons sentiments, et que l’homme peut et doit se servir de son cœur et même de ses passions nobles et généreuses pour pratiquer la vertu avec plus d’énergie et de persévérance. Il est vrai que le désir d’obtenir et de mériter l’estime des hommes peut pousser à faire le bien et à éviter certaines fautes. Il est vrai enfin qu’il y a accord entre l’intérêt social et les devoirs individuels, chacun devant faire ce qui est utile à la société et, dans certains cas, se sacrifier au bien général. Mais tous ces systèmes sont faux, parce qu’ils prétendent faire le principe universel de la morale de ce qui n’en est qu’un des éléments.

A toutes ces théories morales, vaines, incomplètes et inefficaces, nous devons substituer-la vraie morale spiritualiste, celle qui a pour fondement l’idée de devoir, qui a pour principe un Dieu suprême, juste et pour sanction la vie future. C’est dans cette morale seulement que tous les mobiles qui agissent sur la volonté, devoir, intérêt privé, sentiment, opinion publique, intérêt social, sont mis en accord, subordonnés suivant leur valeur et harmonieusement unis pour conduire l’homme à la fin suprême. C’est la morale de tous les peuples et de tous les temps. Les efforts faits pour la remplacer ne font que montrer plus clairement qu’elle est la seule et unique morale digne d’être enseignée aux hommes et de devenir la règle de leur vie.

VII. Note historique relative à quelques systèmes de morale

DOCTRINE DE L’ÉCOLE CYRÉNAÏQUE. Aristippe, disciple de Socrate, fondateur de cette école, enseigna que la fin de l’homme est la recherche du plaisir. Suivant ce philosophe, tous les plaisirs sont bons ; le plaisir actuel est le meilleur, parce qu’il est le plus Sûr.

Cette doctrine ne mérite pas d’être réfutée. Elle est la négation même des principes de l’obligation morale. Elle réduit l’homme à l’état des animaux. Elle détruit la société, car, chacun cherchant ses plaisirs, il y aurait nécessairement des luttes et des conflits incessants.

DOCTRINE D’ÉPICURE. Épicure a modifié la doctrine d’Aristippe mais sans en changer le principe. L’homme a toujours pour fin la recherche du plaisir. Mais le plaisir ne doit pas être cherché dans la jouissance actuelle. Les plaisirs vifs et passagers sont suivis de peines plus grandes. Il faut chercher dans l’avenir la plus grande somme de jouissances, et pour cela s’imposer des sacrifices actuels. Il n’y a d’autre vertu que la prudence. De cette idée générale Épicure déduisait des principes analogues à la morale vulgaire, et lui-même a mené une vie sobre et frugale, disant qu’une telle vie lui semblait plus heureuse que le désordre et la débauche.

Cette doctrine a, quant aux principes, les mêmes défauts que celle d’Aristippe, bien qu’elle n’ait pas des conséquences immédiates aussi brutales. Les principes d’Épicure ne fournissent aucun argument pour convaincre celui qui, entraîné par la passion, préfère la satisfaction actuelle à la tranquillité dans l’avenir. Aussi les épicuriens ont-ils été considérés comme des moralistes peu estimables, et l’épicurien Horace a condamné cette doctrine en se disant lui-même un pourceau du troupeau d’Épicure.

DOCTRINE D’HUTCHESON. Hutcheson, philosophe anglais du dix-huitième siècle, a enseigné que les actions bonnes sont celles qui sont produites par les sentiments bienveillants. Hutcheson est le fondateur de la morale du sentiment, adoptée en notre siècle par la plupart des positivistes anglais.

DOCTRINE D’ADAM SMITH. — Adam Smith, philosophe et économiste anglais du dix-huitième siècle a exposé sur la morale une théorie spéciale.

Selon lui ce n’est pas en examinant nos propres actions que nous sommes frappés de la distinction entre le bien et le mal, c’est en examinant les actions des autres. Certaines actions nous inspirent de la sympathie ; nous les nommons bonnes ; d’autres nous inspirent de l’antipathie, nous les nommons mauvaises.

La règle morale consiste donc à agir de manière à ce que nos actions inspirent de la sympathie aux autres hommes.

Cette doctrine fait dépendre la morale de l’impression produite sur les autres hommes, c’est-à-dire de quelque chose de très variable, qui n’est pas en proportion avec l’idée du devoir et son caractère absolu. Sans doute les actions bonnes sont louables ; elles doivent produire non pas précisément la sympathie, mais l’approbation. Seulement l’approbation est la conséquence et non la cause de la bonté des actions ; de plus, l’approbation véritablement essentielle à toutes les bonnes actions est celle de Dieu et non celle des hommes. Cette morale se rapproche de celle qui est fondée sur l’approbation publique et a les mêmes défauts.

DOCTRINE DE BENTHAM. Bentham, philosophe anglais du dix-huitième siècle, a professé la doctrine de l’intérêt bien entendu. (Voir livre I, 1ère partie, chapitre IX, p. 114-117.)

DOCTRINE D’HERBERT SPENCER. Herbert Spencer, philosophe anglais contemporain, a inventé la morale évolutionniste. (Voir livre II, 1ère partie, chapitre IX, p. 120-124.)

DOCTRINE DE KANT. Kant a enseigné la morale du devoir, mais sans exclure Dieu et la vie future. Sa doctrine se rapproche de la morale spiritualiste telle que nous l’avons exposé. Elle en diffère cependant en certains points importants.

Il pose comme principe absolu et à priori l’obligation morale, la loi du devoir. Il l’appelle l’impératif catégorique, ce qui veut dire un principe qui consiste essentiellement dans un

commandement adressé à la volonté humaine.

Seulement il ne remonte pas directement à Dieu, et ne le considère pas comme le principe nécessaire sans lequel l’obligation serait vaine.

C’est par l’idée de la sanction seulement qu’il s’élève jusqu’à la notion d’un Dieu, d’une providence et de l’immortalité de l’âme. Il dit bien ensuite que l’on doit considérer les préceptes de la morale comme des commandements de Dieu, mais il veut qu’on puisse aussi les considérer comme existant par eux- mêmes sans s’appuyer sur Dieu.

La morale pratique de Kant repose principalement sur le droit des personnes. Il a donné comme préceptes généraux de cette morale :

« Agis de façon que ton acte puisse être considéré comme une loi universelle. Agis de telle sorte que le libre usage de la volonté puisse subsister avec la liberté de tous. Agis de telle sorte que lu traites toujours l’humanité, soit dans ta personne, soit dans celle des autres, comme une fin et non comme un moyen. »

Ces formules sont ingénieuses et ont une vérité partielle, néanmoins elles ne contiennent pas toute la morale.

Une autre erreur de Kant est de ne pas admettre de devoirs spéciaux envers Dieu ; il dit qu’il suffit, pour honorer Dieu, de donner aux devoirs naturels un caractère religieux.

On reproche encore à Kant de ne fonder la morale que sur la raison et d’en exclure entièrement le sentiment. C’est une exagération, car bien que le sentiment ne puisse être le principe de la morale, il est un utile auxiliaire pour la conscience. L’amour de Dieu, l’amour du bien, les affections légitimes sont des preuves morales efficaces qu’il ne faut pas négliger. »

Lien vers le fichier PDF : http://www.fichier-pdf.fr/2016/08/10/les-incalculables-erreurs-de-l-atheisme/

Publicités

2 réflexions sur “Les incalculables erreurs de l’athéisme

  1. Et oui l’athéisme est une erreur… et je dirais meme que c est le travail de satan a l’oeuvre. les athés ont un voile devant les yeux et en plus ils se croient a la mode ca fait bien d’etre athé .. j ai des amis autour de moi athés et ils m exaspèrent ; quel gachis . je prie pour eux. le voile de l’athéisme les empeche de voir plus loin, vers le Seigneur. ils ne confient pas leurs péchés et ne demandent pas le pardon . voila l’oeuvre de l’athéisme, perdre les hommes,les égarer tout simplement vers tout sauf l’essentiel..

    Aimé par 1 personne

    Réponse

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s