Axe de réflexion : la Charité dans la Nouvelle France

La Charité a été si dévoyée que ce terme ne représente pratiquement plus rien pour la plupart des chrétiens occidentaux. Tout au plus se souvient-on qu’il faut tendre la joue, or, il s’agit d’une caricature de la Charité. Alors, qu’est-ce que la Charité chrétienne ? Saint Vincent de Paul en est le plus grand exemple. Voici ce qu’il en dit :

« S’il s’en trouve parmi nous qui pensent qu’ils sont à la Mission pour évangéliser les pauvres et non pour les soulager, pour remédier à leurs besoins spirituels et non aux temporels, je réponds que nous les devons assister et faire assister en toutes les manières, par nous et par autrui. »

La Charité est donc une réponse spirituelle et temporelle (matérielle) qui s’adresse à tous ceux qui sont dans le besoin.

Questions générales

Est-ce que la Charité attend un retour ?
Tout comme le droit a besoin du devoir pour s’équilibrer, la Charité nécessite une implication spirituelle à la réponse temporelle d’un besoin. Concrètement, cela signifie que le don matériel (alimentaire ou autre) implique, de la part de celui qui le reçoit, une volonté de s’instruire à la foi chrétienne. Or, cette pratique n’existe plus dans notre nation. Bien souvent, les associations pratiquent une caricature de la Charité puisqu’elles se bornent à donner un repas sans exiger aucun effort envers ceux qui le reçoivent. Le don qui est effectué de cette manière conforte celui qui le reçoit dans son comportement. Les pauvres en viennent alors à exiger une nourriture de meilleure qualité puisqu’on ne leur demande rien en retour. C’est pourquoi il faut rétablir l’exigence spirituelle dès lors que l’on donne quelque chose. Ce principe est comparable au mécanisme élémentaire de la comptabilité : le crédit implique forcément un débit. Il faut toujours penser à équilibrer nos actions. Étrangement, la finance a conservé le précepte du débit/crédit mais ne l’applique plus au cœur de la civilisation. Il s’agit bien évidemment d’un archétype typiquement antichrist.

Qu’est-ce qu’implique la disparition de la vraie Charité ?
Les ennemis du Christ caricaturent la Charité pour pouvoir créer leur nouveau monde dystopique tant attendu : il s’agit du règne de la bête, de l’antéchrist dans toute son horreur. Le péché, ennemi de la Vertu, est indispensable aux ennemis du Christ puisqu’ils veulent construire un monde nouveau basé sur l’orgueil, le mensonge, la cupidité, la luxure et une hypothétique éternité. Le règne de Satan est l’antonyme du règne de Christ, tout comme la nuit précède le jour, le soleil finit par éclairer l’humanité de ses rayons si chauds et si nécessaires à la vie. Le froid ne peut pas cohabiter avec le chaud : le glaçon fond lorsqu’il est soumis à la chaleur et l’eau se fige lorsqu’elle est soumise au gel. Toutefois ces concepts dualistes ne peuvent pas être appliqués à la spiritualité sinon on tombe inévitablement dans le manichéisme, source de toute erreur. La Trinité permet justement d’éviter de tomber dans l’hérésie : elle nous invite à ne pas succomber à la tentation manichéenne mais à conserver la foi, l’espérance et la charité, symboles qui nous appellent à la méditation trinitaire.

Questions pragmatiques

Comment pratiquer la Charité au sein de la Nouvelle France ?
Il faudra se baser sur les œuvres de saint Vincent de Paul et sur l’héritage monastique pour créer des établissements charitables dédiés au salut de l’enfance, de la vieillesse, des malades, des orphelins et de la pauvreté en général. Leur financement sera soit basé sur le don, le troc ou la bonne volonté des personnes riches. La richesse devra être de nouveau au service de la pauvreté : le riche ne doit pas être exonéré du don, son argent doit servir une cause publique et non pas individuelle. Le capitalisme est une doctrine au service de l’égoïsme et de l’orgueil portés à leur paroxysme. Il faut faire tomber de leur piédestal ces millionnaires et milliardaires qui se prennent pour des pharaons afin de leur faire prendre conscience de leur fragilité. Ils sont également soumis aux lois universelles de la vie et de la mort : nul homme ne peut s’en émanciper, même avec l’aide de la technologie. Ils doivent donc apprendre à servir le peuple. Le riche doit être un ministre de Dieu, un homme au service des autres et non pas un tyran orgueilleux. Le capitalisme profite de toutes ces incohérences pour survivre.

La Charité doit donc se substituer aux intérêts financiers ?
Absolument. Sans cela, les erreurs actuelles perdureraient. Il faut donc rétablir la Charité chrétienne comme principale vertu. Pour cela, il faudra enseigner dès l’enfance les qualités de la Charité et les graves conséquences du péché. L’avidité entraîne la soif de profit, l’orgueil entraîne l’adoration blasphématoire d’hommes et de femmes, le mensonge permet de valider toutes ces hérésies et, par conséquent, de maintenir le système en place. La morale chrétienne permet de rétablir la vérité des commandements de Jésus-Christ en donnant la possibilité aux catéchisés de prendre conscience des graves conséquences du péché : le capitalisme en est certainement le pire exemple. L’usure doit donc être sévèrement sanctionnée.

Quelle sera la place de la finance dans la Nouvelle France ?
Les banques et autres organismes financiers disparaîtront naturellement. Le gouvernement très-chrétien gérera les ressources financières selon les commandements de Jésus-Christ afin de distribuer les ressources selon les besoins de chacun. Toutefois cela n’a rien à voir avec le communisme puisque le Christianisme reconnaît le droit de propriété. Il faut qu’il y ait des riches et des moins riches afin que le système puisse fonctionner intelligemment. Toutefois, il faut ordonner aux riches de mettre leur fortune matérielle au service des pauvres et, en retour, aux pauvres de se mettre aimablement au service des hommes plus fortunés. Cela ne signifie pas que les pauvres doivent être des esclaves. Bien au contraire, les pauvres, dans leur égalité humaine, deviendraient des hommes de bonne volonté qui épauleraient les personnes possédant un gros patrimoine. Tout doit se faire dans la bonne intelligence afin de tendre vers l’harmonie chrétienne.

Est-ce que le Christianisme est une utopie ?
Non ! Bien au contraire puisque le Christianisme invite à la transcendance. Il élève les âmes afin d’extraire le meilleur de l’être humain. Le Christianisme est exigeant envers l’homme et intransigeant envers le péché, non pas pour tyranniser mais pour faire prendre conscience aux hommes que c’est la volonté de se perfectionner qui permet d’améliorer le monde. L’homme, depuis le péché originel, est trop enclin à la facilité et aux mauvais comportements. Le Christianisme est un tuteur d’hommes dans la mesure où l’arbre est la parabole de l’être humain. Des règles strictes poussent les hommes à se surpasser tandis que des règles molles engendrent le chaos, la guerre et le malheur.

Stéphane, 5 juin 2017
Blog la France Chrétienne

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