Les pensées de Pascal : VII. chute de l’homme. I

Voici la suite de ces quelques articles consacrés aux pensées de Pascal.

4e extrait : « seconde Partie. Article VII. Chute de l’homme prouvée par les contrariétés qui existent dans la nature. Ière pensée. »

« Les grandeurs et les misères de l’homme sont tellement visibles, qu’il faut nécessairement que la véritable religion nous enseigne qu’il y a en lui quelque grand principe de grandeur, et en même temps quelque grand principe de misère. Car il faut que la véritable religion connaisse à fond notre nature ; c’est-à-dire, qu’elle connaisse tout ce qu’elle a de grand et tout ce qu’elle a de misérable ; et la raison de l’un et de l’autre. Il faut encore qu’elle nous rende raison des étonnantes contrariétés qui s’y rencontrent. S’il y a un seul principe de tout, une seule fin de tout, il faut que la vraie religion nous enseigne à n’adorer que lui et à n’aimer que lui. Mais comme nous nous trouvons dans l’impuissance d’adorer ce que nous ne connaissons pas, et d’aimer autre chose que nous ; il faut que la Religion, qui instruit de ces devoirs, nous instruise aussi de cette impuissance, et qu’elle nous en apprenne les remèdes.

Il faut, pour rendre l’homme heureux, qu’elle lui montre qu’il y a un Dieu ; qu’on est obligé de l’aimer ; que notre véritable félicité est d’être à lui, et notre unique mal d’être séparé de lui ; qu’elle nous apprenne que nous sommes pleins de ténèbres, qui nous empêchent de le connaître et de l’aimer ; et qu’ainsi nos devoirs nous obligeant d’aimer Dieu, et notre concupiscence nous en détournant, nous sommes pleins d’injustice. Il faut qu’elle nous rende raison de l’opposition que nous avons à Dieu et à notre propre bien. Il faut qu’elle nous en enseigne les remèdes, et les moyens d’obtenir ces remèdes. Qu’on examine sur cela toutes les religions du monde, et qu’on voie s’il y en a une autre que la chrétienne qui y satisfasse.

Sera-ce celle qu’enseignaient les philosophes, qui nous proposent pour tout bien un bien qui est en nous ? Est-ce là le vrai bien ? Ont-ils trouvé le remède à nos maux ? Est-ce avoir guéri la présomption de l’homme, que de l’avoir égalé à Dieu ? Et ceux qui nous ont égalés aux bêtes, et qui nous ont donné les plaisirs de la terre pour tout bien, ont-ils apporté le remède à nos concupiscences ? Levez vos yeux vers Dieu, disent les uns : voyez celui auquel vous ressemblez, et qui vous a fait pour l’adorer ; vous pouvez vous rendre semblable à lui ; la sagesse vous y égalera, si vous voulez la suivre. Et les autres disent : Baissez vos yeux vers la terre, chétif ver que vous êtes, et regardez les bêtes dont vous êtes le compagnon.

Que deviendra donc l’homme ? Sera-t-il égal à Dieu, ou aux bêtes ? Quelle effroyable distance ! Que serons-nous donc ? Quelle religion nous enseignera à guérir l’orgueil et la concupiscence ? Quelle religion nous enseignera notre bien, nos devoirs, les faiblesses qui nous en détournent, les remèdes qui les peuvent guérir, et le moyen d’obtenir ces remèdes ? Voyons ce que nous dit sur tout cela la Sagesse de Dieu qui nous parle dans la religion chrétienne.

C’est en vain, ô homme, que vous cherchez dans vous-même le remède à vos misères. Toutes vos lumières ne peuvent arriver qu’à connaître que ce n’est point en vous que vous trouverez ni la vérité ni le bien. Les philosophes vous l’ont promis, ils n’ont pu le faire. Ils ne savent, ni quel est votre véritable bien, ni quel est votre véritable état. Comment auraient-ils donné des remèdes à vos maux, puisqu’ils ne les ont pas seulement connus ? Vos maladies principales sont l’orgueil, qui vous soustrait à Dieu, et la concupiscence, qui vous attache à la terre ; et ils n’ont fait autre chose qu’entretenir au moins une de ces maladies. S’ils vous ont donné Dieu pour objet, ce n’a été que pour exercer votre orgueil. Ils vous ont fait penser que vous lui êtes semblable par votre nature. Et ceux qui ont vu la vanité de cette prétention, vous ont jeté dans l’autre précipice, en vous faisant entendre que votre nature était pareille à celle des bêtes ; et vous ont porté à chercher votre bien dans les concupiscences qui sont le partage des animaux. Ce n’est pas là le moyen de vous instruire de vos injustices. N’attendez donc ni vérité, ni consolation des hommes. Je suis celle qui vous ai formé, et qui puis seule vous apprendre qui vous êtes. Mais vous n’êtes plus maintenant en l’état où je vous ai formé. J’ai créé l’homme, saint, innocent, parfait. Je l’ai rempli de lumière et d’intelligence. Je lui ai communiqué ma gloire et mes merveilles. L’œil de l’homme voyait alors la majesté de Dieu. Il n’était pas dans les ténèbres qui l’aveuglent, ni dans la mortalité et dans les misères qui l’affligent. Mais il n’a pu soutenir tant de gloire, sans tomber dans la présomption. Il a voulu se rendre centre de lui-même, et indépendant de mon secours. Il s’est soustrait à ma domination ; et s’égalant à moi par le désir de trouver sa félicité en lui-même, je l’ai abandonné à lui ; et révoltant toutes les créatures qui lui étaient soumises, je les lui ai rendu ennemies : en sorte qu’aujourd’hui l’homme est devenu semblable aux bêtes, et dans un tel éloignement de moi, qu’à peine lui reste-t-il quelque lumière confuse de son Auteur : tant toutes ses connaissances ont été éteintes ou troublées ! Les sens indépendants de la raison, et souvent maîtres de la raison, l’ont emporté à la recherche des plaisirs. Toutes les créatures ou l’affligent, ou le tentent, et dominent sur lui, ou en le soumettant par leur force, ou en le charmant par leurs douceurs ; ce qui est encore une domination plus terrible et plus impérieuse.

Voilà l’état où les hommes sont aujourd’hui. Il leur reste quelque instinct impuissant du bonheur de leur première nature ; et ils sont plongés dans les misères de leur aveuglement et de leur concupiscence qui est devenue leur seconde nature. »

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Les pensées de Pascal : IV. marques de la véritable religion. XII

Voici la suite de ces quelques articles consacrés aux pensées de Pascal.

3e extrait : « seconde Partie. Article IV. Les marques de la véritable religion. XIIe pensée. »

« Il est impossible d’envisager toutes les preuves de la religion chrétienne ramassées ensemble, sans en ressentir la force, à laquelle nul homme raisonnable ne peut résister.

Que l’on considère son établissement ; qu’une religion si contraire à la nature se soit établie par elle-même, si doucement, sans aucune force ni contrainte, et si fortement néanmoins, qu’aucuns tourments n’ont pu empêcher les martyrs de la confesser ; et que tout cela se soit fait, non-seulement sans l’assistance d’aucun prince, mais malgré tous les princes de la terre qui l’ont combattue.

Que l’on considère la sainteté, la hauteur et l’humilité d’une âme chrétienne. Les philosophes païens se sont quelquefois relevés au-dessus du reste des hommes par une manière de vivre plus réglée, et par des sentiments qui avaient quelque conformité avec ceux du Christianisme. Mais ils n’ont jamais reconnu pour vertu ce que les Chrétiens appellent humilité, et ils l’auraient même crue incompatible avec les autres dont ils faisaient profession. Il n’y a que la religion chrétienne qui ait su joindre ensemble des choses qui avaient paru jusque-là si opposées, et qui ait appris aux hommes que, bien loin que l’humilité soit incompatible avec les autres vertus, sans elle toutes les autres vertus ne sont que des vices et des défauts.

Que l’on considère les merveilles de l’Écriture-Sainte qui sont infinies, la grandeur et la sublimité plus qu’humaine des choses qu’elle contient, et la simplicité admirable de son style qui n’a rien d’affecté, rien de recherché, et qui porte un caractère de vérité, qu’on ne saurait désavouer.

Que l’on considère la personne de JésusChrist en particulier. Quelque sentiment qu’on ait de lui, on ne peut pas disconvenir qu’il n’eût un esprit très-grand et très-relevé, dont il avait donné des marques dès son enfance devant les Docteurs de la loi : et cependant au lieu de s’appliquer à cultiver ces talents par l’étude et la fréquentation des savants, il passe trente ans de sa vie dans le travail des mains, et dans une retraite entière du monde ; et pendant les trois années de sa prédication, il appelle à sa compagnie et choisit pour ses Apôtres des gens sans science, sans étude, sans crédit ; et il s’attire pour ennemis ceux qui passaient pour les plus savants et les plus sages de son temps. C’est une étrange conduite pour un homme qui a dessein d’établir une nouvelle religion.

Que l’on considère en particulier ces Apôtres choisis par Jésus-Christ, ces gens sans lettres, sans étude, et qui se trouvent, tout d’un coup, assez savants pour confondre les plus habiles philosophes, et assez forts pour résister aux rois et aux tyrans qui s’opposaient à l’établissement de la religion chrétienne qu’ils annonçaient.

Que l’on considère cette suite merveilleuse de prophètes qui se sont succédé les uns aux autres pendant deux mille ans, et qui ont tous prédit en tant de manières différentes jusqu’aux moindres circonstances de la vie de Jésus-Christ, de sa mort, de sa résurrection, de la mission des Apôtres, de la prédication de l’Évangile, de la conversion des nations, et de plusieurs autres choses qui concernent l’établissement de la religion chrétienne et l’abolition du judaïsme.

Que l’on considère l’accomplissement admirable de ces prophéties, qui conviennent si parfaitement à la personne de Jésus-Christ, qu’il est impossible de ne le pas reconnaître, à moins de se vouloir aveugler soi-même.

Que l’on considère l’état du peuple juif, et devant et après la venue de Jésus-Christ, son état florissant avant la venue du Sauveur, et son état plein de misères depuis qu’ils l’ont rejeté : car ils sont encore aujourd’hui sans aucune marque de Religion, sans temple, sans sacrifices, dispersés par toute la terre, le mépris et le rebut de toutes les nations.

Que l’on considère la perpétuité de la religion chrétienne, qui a toujours subsisté depuis le commencement du monde, soit dans les Saints de l’Ancien Testament qui ont vécu dans l’attente de Jésus-Christ avant sa venue ; soit dans ceux qui l’ont reçu et qui ont cru en lui depuis sa venue : au lieu que nulle autre religion n’a la perpétuité, qui est la principale marque de la véritable.

Enfin que l’on considère la sainteté de cette religion, sa doctrine, qui rend raison de tout jusques aux contrariétés qui se rencontrent dans l’homme, et toutes les autres choses singulières, surnaturelles et divines qui y éclatent de toutes parts.

Et qu’on juge après tout cela s’il est possible de douter que la religion chrétienne ne soit la seule véritable ; et si jamais aucune autre a rien eu qui en approchât. »

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Les pensées de Pascal : IV. marques de la véritable religion. VII et X.

Voici la suite de ces quelques articles consacrés aux pensées de Pascal.

2e extrait : « seconde Partie. Article IV. Les marques de la véritable religion. VIIe et Xe pensées. »

« Il y aurait trop d’obscurité si la vérité n’avait pas des marques visibles. C’en est une admirable, qu’elle se soit toujours conservée dans une Église et une assemblée visible. Il y aurait trop de clarté, s’il n’y avait qu’un sentiment dans cette Église : mais pour reconnaître quel est le vrai, il n’y a qu’à voir quel est celui qui y a toujours été ; car il est certain que le vrai y a toujours été, et qu’aucun faux n’y a toujours été.

Ainsi le Messie a toujours été cru. La tradition d’Adam était encore nouvelle en Noé et en Moïse. Les prophètes l’ont prédit depuis, en prédisant toujours d’autres choses dont les événements, qui arrivaient de temps en temps à la vue des hommes, marquaient la vérité de leur mission, et par conséquent celle de leurs promesses touchant le Messie.

Ils ont tous dit que la loi qu’ils avaient n’était qu’en attendant celle du Messie ; que jusque-là elle serait perpétuelle, mais que l’autre durerait éternellement ; qu’ainsi leur loi ou celle du Messie, dont elle était la promesse, serait toujours sur la terre. En effet elle a toujours duré ; et Jésus-Christ est venu dans toutes les circonstances prédites. Il a fait des miracles, et les Apôtres aussi, qui ont converti les païens ; et par là les prophéties étant accomplies, le Messie est prouvé pour jamais. »

« Toute la conduite des choses doit avoir pour objet l’établissement et la grandeur de la Religion ; les hommes doivent avoir en eux-mêmes des sentiments conformes à ce qu’elle nous enseigne ; et enfin elle doit être tellement l’objet et le centre où toutes choses tendent, que qui en saura les principes puisse rendre raison et de toute la nature de l’homme en particulier, et de toute la conduite du monde en général.

Sur ce fondement, les impies prennent lieu de blasphémer la religion chrétienne, parce qu’ils la connaissent mal. Ils s’imaginent qu’elle consiste simplement en l’adoration d’un Dieu considéré comme grand, puissant et éternel ; ce qui est proprement le déisme, presque aussi éloigné de la religion chrétienne, que l’athéisme qui y est tout-à-fait contraire. Et de là ils concluent que cette religion n’est pas véritable ; parce que, si elle l’était, il faudrait que Dieu se manifestât aux hommes par des preuves si sensibles qu’il fût impossible que personne le méconnût.

Mais qu’ils en concluent ce qu’ils voudront contre le déisme ; ils n’en concluront rien contre la religion chrétienne, qui reconnaît que, depuis le péché, Dieu ne se montre point aux hommes avec toute l’évidence qu’il pourrait faire ; et qui consiste proprement au mystère du Rédempteur, qui unissant en lui les deux natures, divine et humaine, a retiré les hommes de la corruption du péché pour les réconcilier à Dieu en sa personne divine.

Elle enseigne donc aux hommes ces deux vérités, et qu’il y a un Dieu dont ils sont capables, et qu’il y a une corruption dans la Nature qui les en rend indignes. Il importe également aux hommes de connaître l’un et l’autre de ces points ; et il est également dangereux à l’homme de connaître Dieu sans connaître sa misère, et de connaître sa misère sans connaître le Rédempteur qui l’en peut guérir. Une seule de ces connaissances fait, ou l’orgueil des philosophes qui ont connu Dieu et non leur misère, ou le désespoir des athées qui connaissent leur misère sans Rédempteur.

Et ainsi comme il est également de la nécessité de l’homme de connaître ces deux points, il est aussi également de la miséricorde de Dieu de nous les avoir fait connaître. La religion chrétienne le fait ; c’est en cela qu’elle consiste.

Qu’on examine l’ordre du monde sur cela, et, qu’on voie si toutes choses ne tendent pas à l’établissement des deux chefs de cette religion. »

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Les pensées de Pascal : IV. marques de la véritable religion. V.

Voici quelques articles consacrés aux pensées de Pascal. Celles-ci devraient être lues, car elles sont de grandes qualités théologales. En 1654, après avoir eu un accident de carrosse, Pascal se convertit au vrai Dieu et consacre alors ses dernières forces au service de Jésus-Christ.

1er extrait : « seconde Partie. Article IV. Les marques de la véritable religion. Ve pensée. »

« Dieu étant caché, toute religion qui ne dit pas que Dieu est caché, n’est pas véritable ; et toute religion qui n’en rend pas la raison, n’est pas instruisante. La nôtre fait tout cela.

Cette religion, qui consiste à croire que l’homme est tombé d’un état de gloire et de communication avec Dieu, en un état de tristesse, de pénitence et d’éloignement de Dieu, mais qu’enfin il serait rétabli par un Messie qui devait venir, a toujours été sur la terre. Toutes choses ont passé, et celle-là a subsisté pour laquelle sont toutes choses.

Car Dieu voulant se former un peuple saint, qu’il séparerait de toutes les autres nations, qu’il délivrerait de ses ennemis, qu’il mettrait dans un lieu de repos, a promis de le faire et de venir au monde pour cela ; et il a prédit par ses prophètes le temps et la manière de sa venue. Et cependant, pour affermir l’espérance de ses élus dans tous les temps, il leur en a toujours fait voir des images et des figures ; et il ne les a jamais laissés sans des assurances de sa puissance et de sa volonté pour leur salut. Car dans la création de l’homme, Adam en était le témoin, et le dépositaire de la promesse du Sauveur qui devait naître de la femme. Et quoique les hommes étant encore si proches de la création ne pussent avoir oublié leur création et leur chute, et la promesse que Dieu leur avait faite d’un Rédempteur ; néanmoins, comme dans ce premier âge du monde ils se laissèrent emporter à toutes sortes de désordres, il y avait cependant des Saints, comme Énoch, Lamech, et d’autres, qui attendaient en patience le Christ promis dès le commencement du monde. Ensuite Dieu a envoyé Noé, qui a vu la malice des hommes au plus haut degré ; et il l’a sauvé en noyant toute la terre, par un miracle qui marquait assez, et le pouvoir qu’il avait de sauver le monde, et la volonté qu’il avait de le faire et de faire naître de la femme celui qu’il avait promis. Ce miracle suffisait pour affermir l’espérance des hommes ; et la mémoire en étant encore assez fraîche parmi eux, Dieu fit ses promesses à Abraham qui était tout environné d’idolâtres, et il lui fit connaître le mystère du Messie qu’il devait envoyer. Au temps d’Isaac et de Jacob, l’abomination était répandue sur toute la terre ; mais ces Saints vivaient en la foi ; et Jacob mourant et bénissant ses enfants, s’écrie, par un transport qui lui fait interrompre son discours : J’attends, ô mon Dieu, le Sauveur que vous avez promis ; Salutare tuum expectabo, Domine. (Genes. 48, 18.)

Les Égyptiens étaient infectés et d’idolâtrie et de magie ; le peuple de Dieu même était entraîné par leurs exemples. Mais cependant Moïse et d’autres voyaient celui qu’ils ne voyaient pas, et l’adoraient en regardant les biens éternels qu’il leur préparait.

Les Grecs et les Latins ensuite ont fait régner les fausses divinités ; les poêtes ont fait diverses théologies ; les philosophes se sont séparés en mille sectes différentes : et cependant il y avait toujours au cœur de la Judée des hommes choisis qui prédisaient la venue de ce Messie qui n’était connu que d’eux.

Il est venu enfin en la consommation des temps ; et depuis, quoiqu’on ait vu naître tant de schismes et d’hérésies, tant renverser d’États, tant de changements en toutes choses ; cette Église, qui adore celui qui a toujours été adoré, a subsisté sans interruption. Et ce qui est admirable, incomparable et tout-à-fait divin, c’est que cette religion, qui a toujours duré, a toujours été combattue. Mille fois elle a été à la veille d’une destruction universelle ; et toutes les fois qu’elle a été en cet état, Dieu l’a relevée par des coups extraordinaires de sa puissance. C’est ce qui est étonnant, et qu’elle s’est maintenue sans fléchir et plier sous la volonté des tyrans. »

Lien vers le fichier PDF : https://lafrancechretienne.files.wordpress.com/2017/11/les_pensees_de_pascal_iv_marques_de_la_veritable_religion_v.pdf

Nouveau livre à paraître : « de la gnose au transhumanisme »

 

Nouveau livre à paraître : « de la gnose au transhumanisme »
Sommaire téléchargeable au format PDF : https://lafrancechretienne.files.wordpress.com/2017/11/de_la_gnose_au_transhumanisme_sommaire_final.pdf

Le livre sera bientôt disponible aux éditions de l’Aéropage sur Amazon au format Kindle et version papier

Cahier de la France catholique n°2 – novembre 2017

Voici un deuxième cahier qui rassemble sept articles pertinents sélectionnés parmi les derniers de ceux du blog la France Chrétienne. Vous pouvez le diffuser comme bon vous semble.

Si vous le souhaitez, vous pouvez participer au mouvement de résistance en envoyant vos textes catholiques au blog la France Chrétienne. Pour cela, laissez un commentaire sur le blog afin que vous puissiez recevoir notre e-mail.

Dieu sauve la France catholique !

Lien vers le fichier PDF : https://lafrancechretienne.files.wordpress.com/2017/11/cahier_de_la_france_catholique_numero_2_novembre_2017_v02.pdf

Conclusions de l’oeuvre de l’abbé Fleury

Nous invitons le lecteur désireux d’en savoir plus sur le christianisme de lire l’ouvrage de l’abbé Fleury, « les mœurs des Israélites et des chrétiens ». Voici les conclusions de son magnifique livre.

« Suivant de si grandes autorités, j’ai cru qu’il était bon de représenter à tout le monde quelles ont été et quelles doivent être les mœurs des chrétiens. Je n’ai rien dit ici qui ne soit familier aux gens de lettres, et tiré des livres qu’ils ont entre les mains ; ils verront même que j’en ai beaucoup omis. Mais la plupart de ces faits ne sont pas assez connus du commun des fidèles, et les peuvent édifier. Ils verront qu’il ne faut pas réduire la religion chrétienne à de simples pratiques, comme plusieurs croient. Faire quelque petite prière, le soir ou le matin, assister le dimanche à une messe basse, ne distinguer le carême que par la différence des viandes, et s’en dispenser sur de légers prétextes ; ne s’approcher des sacrements que rarement, et avec si peu d’affection, que les fêtes les plus solennelles deviennent des jours fâcheux et pénibles ; vivre au reste autant occupés des affaires ou des plaisirs sensibles, que des païens pourraient l’être : ce ne sont pas là les chrétiens que j’ai tâchés de dépeindre.

Peut-être aussi que quelques-uns de ceux qui se sont séparés de nous, sous prétexte de réformation, verront ici que leur schisme est mal fondé, que la primitive Église n’était pas telle qu’ils se l’imaginent, et que nos maximes sont autres que l’on ne leur fait entendre. Ils verront que leurs réformateurs ont trop légèrement condamné des pratiques très anciennes ; comme la communion sous une espèce, la vénération des reliques et des images, la prière pour les morts, l’abstinence de certaines viandes, le vœu de continence, la vie monastique ; et que sous prétexte d’ôter des superstitions, ils ont introduit un christianisme grossier, où l’on ne voit personne qui embrasse les conseils de l’Évangile, et où les préceptes mêmes ne sont pas mieux observés que parmi ceux dont ils se sont séparés.

Enfin, j’espère que la vue de ces mœurs si saintes, pourra faire quelque impression sur ceux qui sont assez aveuglés pour confondre la vraie religion avec les fausses, que l’erreur ou la mauvaise politique a introduites. Si quelqu’un d’eux fait réflexion sur les grands changements que l’Évangile a produits dans les mœurs de toutes les nations, et sur la différence qu’il y a toujours eue entre les vrais chrétiens et les infidèles, il verra que le christianisme a des fondements plus solides qu’il ne pensait ; et qu’il faut croire qu’il s’est établi par de grands miracles, puisqu’il serait encore plus incroyable qu’un tel changement fût arrivé sans miracles. Ces miracles avaient fait une si forte impression, que l’on ne s’est avisé que bien tard de les révoquer en doute. Pour parler de ce que nous connaissons distinctement, il n’y a guère plus de trois cents ans, que quelques Italiens, gens d’esprit, mais très ignorants de la religion, étant choqués de plusieurs abus qu’ils avaient devant les yeux, ont introduit ce libertinage. Charmés de la beauté des anciens auteurs grecs et latins, et de ce qu’ils y apprenaient de la politique de ces peuples et de leur manière de vivre, ils ne pouvaient rien goûter hors de là, d’autant plus que les maximes de ces anciens s’accordaient mieux que les nôtres avec la corruption du cœur humain, et les mœurs du commun des hommes.

Les nouvelles hérésies ont augmenté ce mal. Les disputes sur les fondements de la religion, ont ébranlé ou détruit la foi en plusieurs, qui n’ont pas laissé de continuer, par divers motifs temporels, à professer extérieurement la religion catholique ; et chez les hérétiques, le nombre a été bien plus grand de ceux qui, n’étant plus arrêtés par aucune autorité, ont poussé jusqu’au bout les conséquences de leurs mauvais principes, et en sont venus à ne savoir que croire, et à regarder la religion comme une partie de la politique. Cette malheureuse doctrine s’est aisément étendue. Les jeunes gens ayant ouï leurs pères ou ceux qui leur paraissaient gens d’esprit, faire quelque méchante raillerie sur la religion, ou même leur dire sérieusement qu’elle était sans fondement, s’en sont tenus là, sans approfondir davantage, trouvant ces maximes plus conformes à leurs passions. On se flatte par la vanité de se distinguer du vulgaire ignorant, et de s’élever au-dessus de la simplicité de nos pères. La paresse trouve aussi son compte à demeurer dans le doute, ou à décider au hasard sans se donner la peine d’examiner. Mais que l’on dise ce que l’on voudra, les faits qué j’ai posés demeureront constants, et il sera toujours vrai, comme dit si souvent Origène contre Celse, que Jésus-Christ a réformé le monde, et l’a rempli de vertus inconnues jusqu’alors.

Voilà ce que j’avais à dire touchant les mœurs des Israélites et des chrétiens. Voilà l’extérieur de la vie des fidèles de l’ancien et du nouveau Testament. Dans le premier discours, on peut voir, ce me semble, meilleur usage des biens temporels, et la manière la plus raisonnable de passer la vie que nous menons sur la terre. Dans le second discours, j’ai voulu montrer quelle est la vie de ceux dont la conversation est dans le ciel et qui, étant encore dans la chair, ne vivent que selon l’esprit ; cette vie toute spirituelle et toute surnaturelle, qui est l’effet propre de la grâce de Jésus-Christ. Trop heureux si à l’occasion de cet écrit, quelqu’un prenait une idée véritable de la vie raisonnable et chrétienne, et s’appliquait sérieusement à la pratiquer ! »

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