Mémoires du Curé de Versailles – L’affaire de la régale

Mémoires du Curé de Versailles

Chapitre III – Le Pape
L’affaire de la régale

Il faut avouer de bonne foi qu’on aurait rendu un service très important au Roi de l’avoir détourné par de sages conseils d’entreprendre cette affaire de la régale et de ne pas le porter à la soutenir d’une manière si vive, le sujet ne le méritant pas assez et d’ailleurs la possession dans laquelle étaient les églises des quatre provinces étant un titre plus que suffisant pour les maintenir dans leur exemption.

Il est fâcheux qu’on ait à reprocher à des évêques une lâche complaisance en de pareille occasions, leur étant très facile de faire de très humbles remontrances au Roi qui assurément a de grands sentiments de religion, et ne devant pas se livrer, comme ils le firent, à la volonté de M. De Harlay, archevêque de Paris, que tout le monde savait être vendu à la cour et qui cherchait beaucoup moins les intérêts de l’Église que les siens, n’y ayant eu personne de son temps qui recherchât avec plus d’empressement la faveur de son prince.

Chacun sait que cette conduite de nos évêques français attira sur eux l’indignation du Pape qui leur écrivit un bref très véhément et qui est capable de les flétrir dans l’esprit des pays étrangers catholiques. Ce Pape poussa plus loin son ressentiment, car il prit la résolution de refuser des bulles pour des évêchés et pour des abbayes à tous ceux qui s’étaient trouvés à cette assemblée, à moins qu’ils ne rétractassent ce qui s’y était fait. Il exécuta en effet ce qu’il avait résolu, car depuis longtemps il n’y avait eu dans l’Église un Pape d’une fermeté plus inflexible.

Le Roi ne voulut point aussi que ceux qui ne s’étaient pas trouvés à cette assemblée et qu’il nomma à des évêchés prissent des bulles de Rome à moins qu’on ne les accordât également aux autres, ce qui causa de grands désordres dans les églises particulières qui se trouvèrent pendant plusieurs années privées de leurs Pasteurs. On y voulut suppléer par un moyen qui jusqu’alors ne s’était point pratiqué, car le Roi voulut que les chapitres de ces églises vacantes choisissent pour grands vicaires ceux qu’il avait nommés à des évêchés. Ainsi l’on vit dans l’Église de France des évêques transférés à d’autres évêchés quitter leurs propres églises et aller recevoir des chapitres les pouvoirs de vicaires généraux dans celles dont ils n’étaient pas encore pourvus, ce qui paraissait être un renversement de la discipline de l’Église.

Le successeur d’innocent XI, qui fut Alexandre VIII, tint la même conduite, car, quoique élevé sur le Saint-Siège par la faction des cardinaux français et qu’il en eût l’obligation au Roi, promettant toujours, il ne fit jamais rien de ce qu’on souhaitait, et même, peu de jours avant sa mort, ayant déclaré qu’il ne pouvait se résoudre à aller paraître devant le tribunal de Jésus-Christ ayant cette affaire sur la conscience, il fit publier une bulle très forte contre la régale, confirmant tout ce que son prédécesseur avait fait à cette occasion.

Lien vers le fichier PDF : https://lafrancechretienne.files.wordpress.com/2018/03/memoires_du_cure_de_versailles_l_affaire_de_la_regale.pdf

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