Mémoires du Curé de Versailles – Le venin du Père Gerberon

Mémoires du Curé de Versailles

Chapitre VI – Jansénistes et Jésuites (suite)
Le venin du Père Gerberon

Lorsque le Roi pouvait espérer de voir le calme dans son royaume à l’égard de toutes ces disputes sur la grâce, il eut la douleur d’apprendre que la paix qu’il avait procurée avec tant de peine était de nouveau troublée par plusieurs écrits qui renouvelaient les mêmes contestations et répandaient partout l’esprit de division et de discorde.

Il en parut de ce genre qui avait pour titre : « L’exposition de la foi » ; le P. Gerberon en était l’auteur. Il commençait à faire beaucoup de bruit dans le monde, les partisans de la nouvelle doctrine le répandaient partout, on le lisait avec empressement, le venin était caché sous de belles paroles, on y attaquait la vérité par les apparences de la vérité, les simples pouvaient très facilement se laisser séduire par les raisonnements de cet auteur qui sous de belles paroles cachait un venin très dangereux. Mais après qu’il eut paru, il fut condamné par le zèle de M. Le cardinal de Noailles, archevêque de Paris, qui en fit la censure.

Cette ordonnance de ce grand prélat ne plut ni à Messieurs de Port-Royal ni aux jésuites. Les premiers se voyaient flétris par cette condamnation d’un livre qu’ils regardaient comme la défense de leur prétendue innocence et capable de faire revenir bien des gens des sentiments qu’on avait de leurs opinions. Les autres n’en parurent pas satisfaits, parce qu’il semblait qu’on les y attaquait sur la facilité qu’ils avaient, comme on le disait, d’accuser bien d’honnêtes gens du jansénisme, ce qu’on y défendait très expressément, déclarant qu’il y avait une très grande injustice de donner le nom odieux de jansénistes à des personnes sages, vertueuses et habiles sans qu’elles eussent donné aucun fondement raisonnable de faire contre eux de si injustes accusations.

Rien ne paraissait à tous ceux qui aiment l’Eglise de plus sage que cette ordonnance, puisque d’un côté on y condamnait une très mauvaise doctrine et de l’autre on mettait à couvert la réputation de plusieurs ecclésiastiques à qui l’on imposait un crime dont ils n’étaient pas coupables. On vit peu de temps après des écrits sanglants contre cette sage censure. Le Père Gerberon, bénédictin de la congrégation de Saint-Maur, qui s’était sauvé en Hollande dans la crainte d’être puni sur le sujet du jansénisme dont il était un outré défenseur, écrivit d’un style très piquant contre M. le cardinal de Noailles dont il attaquait vivement la censure, donnant par cette satire une preuve indubitable que le jansénisme n’était pas un fantôme, puisqu’il y combattait cette ordonnance de ce très digne prélat uniquement parce qu’elle condamnait ce qui avait été déjà tant de fois condamné à Rome par les papes et par le consentement unanime des évêques.

Lien vers le fichier PDF : https://lafrancechretienne.files.wordpress.com/2018/03/memoires_du_cure_de_versailles_le_venin_du_pere_gerberon.pdf

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