Que signifie l’expression « Fils de l’homme » ?

Que pourrait signifier l’expression « filius hominis », c’est-à-dire « Fils de l’homme » ?

Notre Seigneur s’appelle plusieurs fois lui-même « Fils de l’homme » dans le Nouveau Testament, que pourrait signifier cette expression ? Selon l’Ancien Testament, « Je regardais, au cours des visions de la nuit, et je voyais venir, avec les nuées du ciel, comme un Fils d’homme ; il parvint jusqu’au Vieillard, et on le fit avancer devant lui. Et il lui fut donné domination, gloire et royauté ; tous les peuples, toutes les nations et toutes les langues le servirent. Sa domination est une domination éternelle, qui ne passera pas, et sa royauté, une royauté qui ne sera pas détruite. » (Livre de Daniel, 7:13-14)

Le Fils de l’homme pourrait également désigner un enfant. Or, que dit Jésus-Christ sur les petits ? « À ce moment-là, les disciples s’approchèrent de Jésus et lui dirent : Qui est donc le plus grand dans le royaume des Cieux ? Alors Jésus appela un petit enfant : il le plaça au milieu d’eux, et il déclara : Amen, je vous le dis : si vous ne changez pas pour devenir comme les enfants, vous n’entrerez pas dans le royaume des Cieux. Mais celui qui se fera [humble] comme cet enfant, celui-là est le plus grand dans le royaume des Cieux. Et celui qui accueille un enfant comme celui-ci en mon nom, il m’accueille, moi. »

Vous remarquerez que le terme [humble] situé entre crochet n’existe que dans la version latine du Novum Testamentum : « Quicumque ergo humiliaverit se sicut parvulus iste, hic est maior in regno caelorum. » (Secundum Matthaeum 18:4). Le terme humilitas dérivé de humus (terre) signifie en latin être tiré de la terre (en tant que fils d’Adam). Par extension, l’humilité signifie se percevoir tel que l’on est, après avoir ôté tout orgueil ou autre pathologie de l’esprit.

Si l’on considère le texte de l’évangile selon saint Matthieu 18:4, un enfant est un être sans péché puisque Jésus-Christ dit : « Celui qui est un scandale, une occasion de chute, pour un seul de ces petits qui croient en moi, il est préférable pour lui qu’on lui accroche au cou une de ces meules que tournent les ânes, et qu’il soit englouti en pleine mer. » La version latine est beaucoup plus précise : « qui autem scandalizaverit unum de pusillis istis, qui un me credunt, expedit ei ut suspendatur mola asinaria in collo eius, et demergatur in profondum maris. »

La « mola asinaria » est une meule romaine antique constituée d’une énorme pierre volcanique qui permet de moudre du grain en faisant tourner un âne autour d’un conteneur en pierre dans lequel on récupère le grain moulu par une ouverture. Cette meule est encore utilisée aujourd’hui en Sardaigne sous une forme un peu plus moderne.

Par conséquent, Jésus-Christ annonce que celui qui ne blesserait ne serait-ce qu’un seul enfant ferait mieux de se jeter tout au fond de la mer avec une énorme pierre volcanique autour du cou. Le châtiment corporel permettrait à l’auteur du crime de ne pas être jugé dans les Cieux puisque celui-ci aurait déjà reçu sa punition ici-bas.

Pour confirmer ceci, Jésus-Christ continue ensuite : « Malheureux le monde à cause des scandales ; cependant, malheureux celui par qui le scandale arrive ! Si ta main ou ton pied est pour toi une occasion de chute, coupe-le et jette-le loin de toi. Mieux vaut pour toi entrer dans la vie éternelle manchot ou estropié, que d’être jeté avec tes deux mains ou tes deux pieds dans le feu éternel. Et si ton œil est pour toi une occasion de chute, arrache-le et jette-le loin de toi. Mieux vaut pour toi entrer borgne dans la vie éternelle, que d’être jeté avec tes deux yeux dans la géhenne de feu. » (saint Matthieu 18:7-9) « Vae mundo a scandalis. Necesse est enim ut veniant scandala : verumtamen vae homini illi, per quem scandalum venit. Si autem manus tua, vel pes tuus scandalizat te : abscide eum, et proiice abs te : bonum tibi est ad vitam ingredi debilem, vel claudum, quam duas manus, vel duos pedes habentem mitti in ignem aeternum. Et si oculus tuus scandalizat te, erue eum, et proiice abs te : bonum tibi est cum uno oculo in vitam intrare, quam duos oculos habentem mitti in gehennam ignis » (secundum Matthaeum 18:7-9)

Et enfin : « gardez-vous de mépriser un seul de ces petits, car, je vous le dis [en vérité], leurs anges dans les cieux voient sans cesse la face de mon Père qui est aux cieux » (saint Matthieu 18:10) « Videte ne contemnatis unum ex his pusillis : dico enim vobis, quia angeli eorum in caelis semper vident faciem patris mei, qui in caelis est. » (secundum Matthaeum 18:10)

Après cette petite analyse, on peut poser l’hypothèse suivante : le terme « Filius hominis » désignerait l’enfant sans péché. Jésus-Christ est donc comparable au petit enfant qui recevrait l’éternelle gloire de son père. Dès lors, cette supposition permet de dessiner l’esquisse de la sainte Trinité puisque le Fils hérite du Père.

Si nous souhaitons avoir la vie éternelle, nous devons cultiver l’idée de l’omnipotente justice de Dieu puisque celle-ci nous invite à fournir le meilleur de nous-même. Il s’agit, malgré nos faiblesses, de donner gratuitement un authentique amour charitable.

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La solitude métaphysique

Qu’est-ce que la solitude métaphysique ? Il s’agit d’une sensation d’isolement qui dépasse l’entendement. Nous la rencontrons surtout dans les moments où nous marchons au milieu d’une foule composée d’individus préoccupés par leurs propres intérêts. Une personne qui circule parmi un grand nombre d’individus connaît cette sensation de solitude extrême alors qu’elle n’a jamais été aussi entourée. L’individualisme est la cause primordiale de la solitude métaphysique.

Nous, personnes du XXIe siècle, sommes, bien souvent, perdues dans des pensées égoïstes et matérialistes. Dans ce cadre-là, il n’y a nulle place pour ceux qui ne font pas partie de ces vaines réflexions. Nous avançons comme si la mort n’avait pas de prise sur nous, comme si nous allions vivre éternellement. Au lieu de nous focaliser sur la réalité, nous nous laissons porter par les événements sans nous soucier de la conséquence de nos actes. D’autant plus que chacun d’entre nous cherche à mettre ses points de vue en valeur pour briller davantage que les autres. Nos outres sont remplies d’un subtil orgueil.

Dans une telle civilisation, l’adolescent qui cherche à se connaître est confronté à cette solitude métaphysique. Les questions qu’ils se posent ne trouvent jamais une réponse simple puisque chaque personne qu’il rencontre lui donne un conseil à chaque fois différent. C’est comme s’il criait dans une grotte et que ses cris lui revenaient comme autant d’échos déformés. À notre époque, les personnes qui se posent des questions existentielles se trouvent seules face à leurs craintes. C’est dans ce cadre-là qu’elles risquent de tomber sous l’influence d’individus mal intentionnés, comme les gourous, les libertins ou autres brigands.

L’individualisme a fragilisé notre civilisation puisqu’il n’y a plus aucune unité. Ce qu’il reste du catholicisme est en train de se dissoudre dans un magma d’informations. Autrefois, la foi en Jésus-Christ était un héritage précieux pour nos ancêtres, il s’agissait d’un trésor qui était soigneusement transmis au sein de la société catholique. Le modernisme a dissous la foi dans un inaudible tintamarre. La violence n’est plus physique comme au temps des cruels empereurs romains puisqu’elle est surtout devenue morale, et donc, impalpable. Nous pouvons parler d’une guerre de l’information perpétuelle qui s’accentue avec le développement de la technologie : chaque nouvelle idée en remplace une autre plus attachée à l’héritage du passé. La dissolution de la foi est un événement qui est difficilement perceptible parmi ce marasme.

La solitude métaphysique explique également l’isolement des personnes âgées et des malades. La multitude d’informations éloigne les gens de l’essentiel. L’adulte ne se souvient plus qu’il a autrefois été un enfant entouré et aimé. Il considère désormais sa vieille mère comme un poids qui l’empêche de se réaliser complètement. C’est comme si chacun d’entre nous disait : « cachez-moi ce passé que je ne saurais voir ». Parmi tant d’informations diffusées quotidiennement, la famille finit par se dissoudre. Nous n’entendons plus les cris et les pleurs de ceux qui souffrent puisque nous sommes essentiellement focalisés sur nos propres peurs. L’individualisme entraîne un repli sur soi, un refus de contempler l’autre dans son intégrité.

L’homme est un être dominé par ses sens. Lorsque la civilisation émet des sons discordants et diffuse des images contradictoires, les individus se protègent en cherchant le réconfort dans des petites choses. Les œuvres reflètent le mal-être contemporain et les idéaux meurent au rythme de cette décadence. Le vrai, le bien et le beau sont remplacés par d’autres concepts plus abstraits et, donc, dénués de sens. On ne sait pas pourquoi on se jette des seaux d’eau glacée sur la tête, mais on continue tout de même de le faire puisqu’il s’agit d’une mode lancée sur les réseaux sociaux. La douce mélodie du temps se transforme progressivement en un bruit terrifiant qui emporte tout sur son passage telle une tornade. L’imitation est un phénomène inhérent à l’être humain, doux lorsque quelque souverain montre le bon exemple, dangereux lorsqu’il est employé sans vergogne pour détruire l’héritage du passé.

Le bruit est un phénomène passager. Il faut qu’un jour le silence se fasse. Or, le silence annonce la mort, la fatalité, la guerre et le jugement. Une civilisation en mutation doit nécessairement cesser d’émettre des informations pour être en mesure de se construire sur de nouvelles bases. La guerre est donc une phase préalable à l’instauration d’une nouvelle ère. Si nous voulons survivre dans ces périodes de transition, nous devons surtout cultiver le passé, même, et surtout, si le modernisme nous affirme qu’il ne faut jamais chercher à renouer avec l’histoire. Nous devons nous concentrer sur la vraie foi et regarder l’hostie consacrée comme notre seul et véritable trésor. Les divins commandements sont éternels tandis que le monde retournera indubitablement à la poussière.

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