Les lois morales qui sauveront la France

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La France est en train de perdre tous ses repères chrétiens. L’athéisme progresse en même temps que le vol des populations par les puissances financières mondialisées. La propriété privée est en passe de disparaître, la justice s’étiole pour céder la place à un fascisme étatique, la morale fléchit devant un code inique qui n’est pas chrétien, la violence barbare remplace la tranquillité intimement liée à l’esprit de devoir, le travail n’existe plus dans sa définition première à cause de la progression de la robotisation et de l’intelligence artificielle.

Le seul moyen de sauver la France est de restaurer pleinement ce qui a fait son glorieux triomphe : la loi morale découlant des enseignements de Notre Seigneur Jésus-Christ.

Nous commencerons par un épilogue avant de publier l’intégralité de la morale pratique rédigée par l’abbé de Broglié.

« Épilogue » extrait de « Dieu, la conscience, le devoir » de l’abbé de Broglié. Page 257 à 261

« Nous avons reconnu que la loi morale est gravée dans le cœur de l’homme, qu’il se sent libre de l’accomplir s’il le veut, qu’il se sent obligé de l’accomplir, et que sa conscience le menace d’un Châtiment très rigoureux s’il viole cette loi.

Cela posé, il semble que les hommes devraient, étant poussés par le double motif du devoir et de l’intérêt, obéir généralement à la loi morale, et que les violations de cette loi devraient être des exceptions.

Malheureusement, c’est le contraire qui a lieu.

La plupart des hommes violent très souvent la loi morale. Le désordre moral se rencontre partout sur la terre.

Bien plus, en s’examinant lui-même, l’homme se sent dominé par de mauvais penchants. Il peut sans doute leur résister, mais il ne le peut qu’avec beaucoup d’efforts. Il fait le mal facilement. Il est obligé de lutter pour faire le bien. Ce fait incontestable de la prédominance du mal moral en ce monde conduit à se poser trois questions :

1° D’où vient cette faiblesse, cette dégradation morale de l’humanité ?
2° Existe-t-il un remède préservatif, c’est-à-dire un moyen de fortifier la volonté dans le sens du bien ?
3° Existe-t-il un remède réparateur, c’est-à-dire un moyen d’obtenir le pardon des fautes, d’expier le mal commis ?

Nous allons examiner quelle réponse a été faite à ces questions par les philosophes, par la tradition des anciens peuples et par la révélation chrétienne.

I. En général, les philosophes ont constaté le fait de la faiblesse morale de l’homme sans chercher à l’expliquer. Rousseau cependant a enseigné que l’homme était naturellement bon, et qu’il était gâté par l’état de société. Mais l’expérience se prononce contre ce système. Les sauvages sont très grossiers et très vicieux. D’ailleurs l’état de société est nécessaire à l’homme, il ne peut donc être la cause de sa faiblesse morale.

Enfin, la conclusion de ce système serait que l’éducation, l’instruction, les sciences, la civilisation seraient la cause principale ou même unique de la corruption des hommes. Or, cette conclusion est évidemment fausse.

À la seconde question, savoir s’il existe un moyen de corriger les hommes, beaucoup de philosophes modernes en indiquent un, l’instruction. Ils adoptent donc une conclusion contraire à celle de Rousseau. Cette conclusion est vraie, mais en partie seulement. L’instruction contribue à moraliser les hommes, mais elle ne les délivre pas de leurs passions. Il y a des peuples instruits qui sont très corrompus.

D’autres soutiennent que l’homme, par l’énergie seule de sa volonté, peut arriver à pratiquer constamment la loi morale. C’est ce qu’ont enseigné les Stoïciens, qui prétendaient que le sage arrivait sur la terre à une perfection absolue. Malheureusement, l’expérience dément ces prétentions orgueilleuses.

D’autres prétendent que l’homme a le droit de se laisser aller à ses penchants. Il est clair qu’une telle opinion détruit la morale.

Sur la troisième question, celle du pardon, les philosophes gardent le silence. Cela est d’autant plus étrange qu’elle est éminemment pratique. Tout homme qui a la conscience tant soit peu délicate, sait bien qu’il ne vit pas constamment d’une manière conforme à cette voix intérieure de Dieu, et doit se demander s’il existe pour lui un moyen d’expier ses fautes.

II. Les anciennes traditions de presque tous les peuples expliquent cette faiblesse morale de l’humanité par une déchéance primitive. L’homme, disent-elles, était bon autrefois, mais il s’est corrompu, et la corruption a passé des pères aux enfants.

Ces traditions sont également toutes remplies de l’idée de l’expiation et du pardon.

Elles admettent certains rites, tels que les sacrifices au moyen desquels l’homme peut se réconcilier avec Dieu.

III. La révélation chrétienne complète et précise sur cet important sujet les notions fournies par la raison et la tradition.

En premier lieu, elle reconnaît l’existence de ces mauvais penchants prédominants dans le cœur, et elle en indique la source. Elle déclare qu’ils sont une conséquence de la déchéance primitive de l’humanité résultant de la faute d’Adam.

L’Église catholique, il est vrai, affirme que l’homme déchu conserve sa raison et son libre arbitre, bien que la raison soit obscurcie et le libre arbitre affaibli pour le bien.

Elle reconnaît que l’homme peut par lui-même pratiquer certaines vertus, mais qu’il a besoin d’un secours surnaturel pour accomplir pendant toute sa vie les devoirs les plus difficiles que la loi morale prescrit. En second lieu, la révélation enseigne que ce secours surnaturel est à sa disposition et qu’il existe un remède pour fortifier la volonté et rendre l’homme capable de remplir tous ses devoirs. Ce remède c’est la grâce divine, offerte à tous les hommes, et obtenue par la prière et les sacrements.

En troisième lieu, la révélation enseigne que Dieu peut pardonner les fautes des hommes, bien qu’il n’y soit pas obligé. Elle enseigne également que, Jésus-Christ ayant mérité le pardon par sa mort, Dieu l’offre à tous les hommes de bonne volonté, à certaines conditions faciles à remplir, dont la plus essentielle est un repentir sincère.

Ici, nous devons reconnaître que l’enseignement de la révélation complète sur des points essentiels de la morale, l’enseignement de la raison humaine. Seul, l’enseignement révélé reconnaissant la faiblesse de l’homme, et lui offrant un secours et un pardon, peut imposer à l’homme une morale à la fois sévère et praticable. Les philosophes qui n’admettent pas la grâce de Dieu et ne parlent pas du pardon, sont obligés ou de demander à l’homme une perfection impraticable, ou de laisser fléchir la loi morale assez pour qu’elle se mette à la portée de la faiblesse humaine. Mais la conscience proteste contre l’une et l’autre de ces doctrines. L’homme se sent plus faible que les premiers ne le disent, et obligé à des devoirs plus rigoureux que. ne le veulent les seconds.

Aussi, peut-on dire que la religion chrétienne est la meilleure école de morale, même naturelle, et que le véritable homme vertueux est celui qui est formé par l’Évangile et qui se propose l’imitation du modèle incomparable que ce livre nous propose dans la personne de Jésus-Christ.

Nous laissons la parole, pour développer cette idée qui sera la conclusion de ce livre, au grand orateur chrétien de notre siècle, au père Lacordaire :

« Je me demande si la vertu existe sur terre, si réellement le cœur de l’homme est capable d’une prudence qui embrasse tous les intérêts de l’humanité, d’une justice qui rende à chacun ce qui lui est dû dans l’ordre des biens sensibles et des biens de l’âme, d’une tempérance qui assujettisse le corps à la loi de l’esprit, d’une force qui aille jusqu’à donner sa vie pour le droit et la vérité. Je me demande s’il y a des hommes qui cherchent Dieu comme le terme de leur existence passagère, comme le principe certain de leur félicité et de leur perfection. »

Je me demande, par-dessus tout, s’il y a des hommes qui aiment Dieu, je ne dis pas comme nous aimons les hommes, mais comme nous aimons les plus viles créatures, un cheval, un chien, l’air, l’eau, la lumière et la chaleur. Je me demande ces choses, à moi d’abord et à vous ensuite, et j’attends ma réponse et la vôtre avec une terreur qui doit décider de ma vie. J’entends des bouches hardies me dire que la vertu n’est qu’un nom. J’entends, d’un bout à l’autre de l’histoire, la protestation des sceptiques, le sarcasme des égoïstes, le rire des débauchés, la joie des fortunes acquises par la sueur et le sang des autres, le cri plaintif des cœurs qui n’espèrent plus, et, seul, du haut de ces raisonnements qui m’ont conduit à l’idée du vrai, du bien, du juste, du saint, le regard fixé sur mon âme et sur ce que j’appelle encore Dieu, j’attends une parole qui me précipite ou m’affermisse à jamais. Qui est-ce qui me la dira ?

C’est moi qui vous la dirai. Vous cherchez l’homme juste, l’homme, fort, l’homme saint, l’homme qui aime Dieu : je le connais et je vais vous dire son nom.

Il y a dix-huit siècles, Néron régnait sur le monde. Héritier des crimes qui l’avaient précédé sur le trône, il avait eu à cœur de les surpasser et de se faire par eux, dans la mémoire de Rome, un nom qu’aucun de ses successeurs ne pourrait plus égaler. Il y avait réussi. Un jour, on lui amena dans son palais un homme qui portait des chaînes et qu’il avait désiré voir. Cet homme était étranger : Rome ne l’avait point nourri, et la Grèce ignorait son berceau. Cependant, interrogé par l’empereur, il répondit comme un Romain, mais comme un Romain d’une autre race que celle des Fabius et des Scipion, avec une liberté plus grave, une simplicité plus haute, un je ne sais quoi de grave et de profond qui étonna César. En l’entendant, les courtisans se parlèrent à voix basse, et les débris de la tribune aux harangues s’émurent dans le silence du Forum. Depuis, les chaînes de cet homme se sont brisées ; il a parcouru le monde. Athènes l’a reçu et a convoqué pour l’entretenir les restes du Portique et de l’Académie. L’Égypte l’a vu passer au pied de ses temples, où il dédaignait de consulter la sagesse ; l’Orient l’a connu et toutes les mers l’ont porté. Il est venu s’asseoir sur les grèves de l’Armorique, après avoir erré dans les forêts delà Gaule ; et les rivages de la Grande-Bretagne l’ont accueilli comme un hôte qu’ils attendaient. Quand les vaisseaux de l’Occident, las des barrières de l’Atlantique, s’ouvrirent de nouvelles routes vers des mondes nouveaux, il s’y élança aussi vite qu’eux, comme si nulle terre, nulle montagne, nul désert n’eût dû échapper à l’ardeur de sa course et à l’empire de sa parole, car il parlait, et la même liberté qu’il avait déployée en face du Capitole asservi, il la déployait en face de l’univers.

Voyageur à mon tour au mystère de la vie, j’ai rencontré cet homme. Il portait à son front les cicatrices du martyre, mais ni le sang versé, ni le cours des siècles ne lui avait ôté la jeunesse du corps et la virginité de l’âme. Je l’ai vu, je l’ai aimé. Il m’a parlé dé la vertu, et j’ai cru à la sienne. Il m’a parlé de Dieu, et j’ai cru à sa parole. Son souffle versait en moi la lumière, la paix, l’affection, l’honneur, je ne sais quelles prémices d’immortalité qui me détachaient de moi-même, et enfin je connus, en aimant cet homme, qu’on pouvait aimer Dieu, et qu’il était aimé, en effet. Je tendis la main à mon bienfaiteur, et je lui demandai son nom. Il me répondit, comme il avait fait à César : « Je suis chrétien. » »

« Morale pratique » extrait de « Dieu, la conscience, le devoir » de l’abbé de Broglié. Page 176 à 256

Table des matières

CHAPITRE I
I. Devoir de conserver sa vie, sa santé et ses facultés
II. Devoirs relatifs à la modération des appétits corporels
III. Devoirs relatifs aux soins extérieurs qui concernent le corps
CHAPITRE II
I. Devoirs relatifs à la sensibilité morale
II. Devoirs relatifs à l’intelligence
III. Devoirs relatifs à la volonté
IV. Devoirs relatifs aux objets qui complètent la personne humaine
V. Devoirs relatifs aux animaux et aux êtres inanimés
VI. Devoir individuel général et suprême
CHAPITRE III
I. Distinction des devoirs de justice et de charité
II. Fondement et division des devoirs de justice
III. Fondement des devoirs de charité
IV. Importance relative des devoirs de justice et de charité
CHAPITRE IV
I. Sa nature et ses objets
II. Origine de la propriété
III. Mode de transmission de la propriété
IV. Cause de l’inégalité des biens
V. Utilité sociale de la propriété individuelle et héréditaire, et de l’inégalité des biens
VI. Légitimité du droit de propriété
CHAPITRE V
I. Du respect de la vie du prochain
II. Du respect de la liberté du prochain
III. Du respect de la conscience du prochain, de ses croyances et de ses opinions
IV. Du respect de la réputation du prochain
V. Injures, railleries, paroles blessantes
CHAPITRE VI
I. Respect de la propriété
II. De la restitution
III. De la restitution par suite de la possession du bien d’autrui
IV. De la restitution pour cause de dommage
V. Circonstances de la restitution
VI. Solution de quelques cas particuliers
CHAPITRE VII
I. Existence et fondement du devoir de dire la vérité
II. Étendue du devoir de dire la vérité
III. De la fidélité aux engagements en général
IV. Des engagements de simple fidélité
V. Des engagements de stricte justice
CHAPITRE VIII
I. Du contrat de vente
II. De la formation du contrat de vente
III. De l’exécution du contrat de vente
IV. De l’usure
V. Du jeu et du pari
CHAPITRE IX
I. Du pardon des injures
II. Des œuvres de charité et en particulier de l’aumône
CHAPITRE X
I. Institution divine de la famille
II. Du mariage au point de vue de la loi naturelle, de la loi civile et de la loi religieuse
III. Unité et perpétuité du lien conjugal
IV. Devoirs résultant de l’institution de la famille
CHAPITRE XI
I. Choix d’une profession
II. De la science nécessaire pour remplir une profession
III. Du zèle dans l’accomplissement de son emploi
IV. Rapports sociaux résultant de diverses professions
CHAPITRE XII
I. Définition de l’État, de la nation, et de la patrie
II. Fondement de l’autorité publique
III. Droits et obligations de l’autorité civile
IV. Devoirs des citoyens envers l’État ou la patrie
V. Devoirs des gouvernants
CHAPITRE XIII
I. Distinction du droit des gens naturel et du droit des gens positif
II. Principes du droit des gens naturel
III. Principes du droit des gens positif
CHAPITRE XIV
I. Culte intérieur
II. Culte extérieur
III. Respect du nom de Dieu
IV. Droits de la conscience en matière de religion. Liberté des cultes

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Les incalculables erreurs de l’athéisme

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Voici un article majeur qui complète les autres. L’abbé de Broglié avait, en son temps, rédigé une œuvre catholique qui semble prophétique. En effet, toutes les tares qu’il dénonce se retrouvent dans notre époque. Le XIXe siècle semble prouver que la religion catholique atteignait son apogée avant le grand déclin du XXe siècle, avec ses terribles guerres mondiales. Le XXIe siècle, quant à lui, pauvres de nous, semble toucher le fond de la benne à ordures avec d’innombrables fléaux spirituels.

La grande apostasie est là, devant nous, avec les zombies du pokemon go, les orgueilleux qui ne pensent qu’à se photographier avec des perches selfies pendant de graves événements, les individus qui sont littéralement scotchés à leur téléphone portable au point d’être seul pendant les réunions familiales, les oublieux du passé qui ne souhaitent se consacrer qu’à une technologie invasive et despotique comme s’ils étaient eux-mêmes des robots sans besoins physiologiques, etc… !

Pendant ce temps mystérieux où la majorité semble dormir d’un sommeil hypnotique, la barbarie commence son œuvre de destruction. Lorsque la violence atteindra son apogée, il sera temps de réagir et de remettre de l’ordre. Mais ceci ne sera pas possible avant 2017. Pour l’instant, découvrons le formidable article de l’abbé de Broglié, les passages importants étant placés en italiques.

Extraits de « Des faux systèmes de morale » tirés de « Dieu, la conscience, le devoir », page 109 à 124

« 

I. Morale du devoir pur

Nous entendons par morale du devoir pur celle qui prend pour principe l’obligation morale sans la rattacher à Dieu et sans admettre la sanction de la vie future.

Les partisans de cette morale partent du même principe qui nous a servi de point de départ, c’est-à-dire du sentiment de l’obligation morale.

L’homme, disent-ils, se sent obligé à faire le bien et à éviter le mal. Il sent qu’il doit être honnête.

Cette règle unique lui suffit pour se conduire. Il n’a pas besoin de savoir sur quoi se fonde le devoir, ni s’il y a un principe supérieur qui commande de le faire. La conscience commande et cela suffit.

Quant à la sanction, elle est également inutile. On doit faire le devoir parce que c’est le devoir, et non pour une récompense, ni par la crainte d’un châtiment.

Bien plus, disent ces philosophes, l’idée de la sanction telle qu’elle est énoncée dans la morale religieuse nuirait à l’idée du devoir et l’affaiblirait. L’homme qui croit en Dieu et à la vie future ferait le bien pour gagner le ciel et éviter l’enfer, il agirait d’une manière intéressée. Au contraire, l’homme qui n’a pas ces croyances fait le bien par pur sentiment du devoir, sans intérêt. Il sait qu’il n’a ni récompense à espérer ni châtiment à craindre, il n’en fait pas moins son devoir. Cette manière d’agir est donc plus noble et plus généreuse que la première.

Il y a dans ce système une certaine grandeur; il y a aussi une vérité partielle. Néanmoins, il suffit de l’examiner pour reconnaître qu’il est insuffisant, souvent illusoire et toujours dangereux.

Et d’abord, il importe de bien distinguer en quoi ce système du devoir pur diffère de la morale spiritualiste que nous avons exposée.

Lorsque les moralistes qui admettent le devoir sans sanction disent que le devoir oblige par lui-même, ils ont raison. La loi est gravée dans notre conscience et ne cesse pas d’obliger parce que nous ignorons le législateur. Ce n’est pas pour produire l’obligation, c’est pour l’expliquer qu’un principe supérieur est nécessaire.

Un homme qui serait sincèrement athée ne serait pas pour cela dispensé de faire son devoir.

Quelle est donc, au point de vue de l’obligation, la différence entre les moralistes que nous combattons et ceux qui soutiennent la morale religieuse ? Les uns et les autres sentent en eux-mêmes l’obligation du devoir ; les uns et les autres la reconnaissent, la respectent et veulent s’y soumettre ; mais les uns, ceux qui croient en Dieu, comprennent pourquoi cette obligation leur est imposée. Cette obligation se rattache dans leur intelligence d’une manière logique à la condition de l’homme, créature qui doit obéir à son créateur et tendre vers la fin qui lui est assignée. Pour les autres, ceux qui croient au devoir en étant athées, cette obligation qu’ils sentent, et qu’ils acceptent, est inexplicable ; le sentiment du devoir qui est en eux, au lieu de s’unir harmonieusement à une conception rationnelle du monde qui lui soit conforme est un sentiment aveugle et un instinct dont la source est inconnue. Aussi quelques-uns de ceux qui soutiennent cette doctrine ont-ils dit que l’honnêteté est une espèce de folie, une folie noble et généreuse. Nous n’irons pas jusque-là, mais nous dirons que le sentiment du devoir, séparé de l’idée de Dieu, est une notion incomplète et tronquée qui s’impose à la conscience sans satisfaire la raison.

Au point de vue de la sanction, l’opposition est plus complète entre la morale du devoir pur et la morale religieuse. Le partisan du devoir pur ne croit pas à la sanction ; il y renonce et prétend s’en passer. L’homme religieux croit à la sanction, l’espère et se fait même un devoir de l’espérer.

S’ensuit-il que la morale religieuse puisse être qualifiée de morale intéressée et réprouvée à ce titre comme une morale basse et sans générosité ?

S’ensuit-il que la morale du devoir séparée de l’idée de la sanction soit réellement plus noble et plus élevée que la morale spiritualiste ?

Il va nous être facile de répondre à ces deux questions.

La réponse à la première résulte de ce que nous avons dit plus haut en expliquant la nature de l’obligation et de la sanction.

L’homme qui fait le bien et évite le mal, en pensant à la récompense et au châtiment, n’agit pas exclusivement ni principalement pour obtenir une jouissance ou éviter une souffrance. Il agit principalement et d’abord eu vue du devoir, en vue du bien absolu, puis, conséquemment, accessoirement, il croit que la bonne action sera récompensée et la mauvaise action punie.

Supposons un homme qui ne veuille pas commettre un vol, parce qu’il sait que le vol est une faute et sera puni. Si cet homme était disposé de telle sorte qu’il fut prêt à commettre ce vol, dans le cas où cette action devrait lui procurer une jouissance et non un châtiment, cet homme agirait d’une manière purement intéressée, il ne ferait pas un acte moral.

Mais si sa résolution principale est de ne pas commettre le vol parce que le vol est un mal, et qu’il se serve de la crainte du châtiment pour fortifier sa résolution, pour détester davantage le mal et résister à l’attrait de la cupidité, il fait alors un acte moral, mais il fait aussi un acte désintéressé, puisque son intention principale porte sur le devoir.

Observons, en second lieu, que bien que le spiritualiste ne renonce pas à la récompense parce qu’elle est la conséquence naturelle du bien, il n’est pas nécessaire qu’il y pense toujours. Il agira souvent par la seule vue du devoir, par pur dévouement, en s’oubliant lui-même. Néanmoins, quand il réfléchira aux conséquences de son acte, il sentira qu’il a droit à la récompense et quand son attention se portera sur le désir inné de bonheur qui est dans notre nature, il sentira que ce bonheur peut légitimement être mérité par la vertu.

Ainsi la morale spiritualiste n’est nullement une morale basse ; elle n’est une morale intéressée que dans la mesure où cela est nécessaire, par l’effet de l’amour naturel de l’homme pour lui-même et du désir de bonheur qui est dans le fond de notre être.

Elle place les motifs désintéressés à la première place, et le mobile intéressé ne vient qu’après et n’est que secondaire.

Ajoutons que la morale spiritualiste nous représente le principe du bien, l’auteur de la loi, comme une personne, comme un père qui nous aime.

De cette idée naissent des sentiments de reconnaissance et d’amour qui élèvent l’âme au-dessus de l’intérêt personnel. L’homme religieux, sans doute, désire être uni au Dieu qu’il aime, mais il veut aussi se dévouer pour Dieu ; la récompense ou l’union avec l’être aimé se confond avec l’amour même.

Les basses idées d’un calcul ou d’un salaire disparaissent devant ces sentiments élevés.

Que dirons-nous maintenant de la morale du devoir pur, sans Dieu et sans vie future ?

Est-elle réellement, à cause de sa prétention au désintéressement absolu, supérieure à la morale religieuse ?

Non, elle est simplement une morale irrationnelle et contre nature.

Que demande-t-elle en effet ?

Que l’homme qui a l’instinct inné de chercher son propre bonheur renonce à cette recherche et accepte d’être absolument malheureux ;

Que l’homme fasse de bonnes actions, en renonçant à attribuer à ces actions leur caractère méritoire, qu’il fasse des actions essentiellement dignes de récompense et ne croie pas à l’existence de cette récompense ;

Que l’homme soit parfaitement juste, qu’il le soit jusqu’au sacrifice, et que cependant il croie vivre dans un monde où la justice ne règne pas, où le mal peut triompher et le bien être vaincu ; qu’il se sacrifice pour l’ordre universel, sachant que cet ordre est injuste à son égard ; qu’il rende à chacun ce qui lui est dû, sachant qu’à lui-même justice ne sera pas rendue.

Sans doute, un homme qui est convaincu qu’il n’y a pas de Dieu ni de vie future, est obligé de se réfugier dans cette morale du devoir pur ; il doit obéir à cette loi si étrange qui lui impose la justice et ne la lui rend pas.

Mais cet état est un désordre et un malheur, et non un état moral supérieur.

Nous pouvons expliquer notre pensée par une comparaison.

Deux hommes ont chacun un poids égal à transporter d’un endroit à un autre. L’un a l’usage de ses deux jambes ; l’autre est boiteux et s’appuie sur une béquille. Le second fera en transportant son poids une œuvre plus difficile, peut-être même plus méritoire que le premier. Mais, néanmoins, l’état du premier est préférable à celui du second.

De même, dans l’accomplissement du devoir, celui qui ne s’appuie que sur l’obligation et ne connaît pas la sanction a plus de peine à remplir son devoir. Mais celui qui, obéissant à sa nature, poursuit à la fois le devoir et la récompense, le bien général d’abord et son propre bien comme conséquence, est évidemment dans un état plus sain, plus harmonieux, plus normal que le premier.

Ajoutons une dernière considération. Si l’homme qui croit à la vie future est exposé à s’attacher trop à la récompense, l’homme qui n’y croit pas est exposé au péril de faire reposer sa vertu sur l’orgueil. Ne reconnaissant pas Dieu, ne croyant pas à une rétribution, c’est en lui-même seul qu’il trouve le type et la règle de la justice. C’est sa propre dignité, sa propre excellence qu’il poursuit en restant vertueux. Lorsqu’il est juste, il se sent supérieur à l’ordre du monde où l’injustice règne, puisque, selon sa croyance, tout finit à la mort. Or, l’orgueil est une forme de l’égoïsme ; être vertueux par orgueil, c’est tout aussi bien être égoïste que de l’être par amour de la récompense.

Ne demandons pas à l’homme plus que sa nature ne le veut et ne le permet. Qu’il connaisse et cherche d’abord le devoir, c’est-à-dire le bien en soi, le bien désintéressé. Qu’il ne cherche le bonheur que comme récompense, c’est-à-dire comme conséquence du devoir accompli, mais qu’il puisse aimer et chercher le bonheur de cette manière, qu’il ait le droit et le devoir d’espérer qu’il l’obtiendra par la justice de Dieu. Qu’il soit juste lui-même, mais qu’en même temps il croie à la justice universelle. Une telle morale, mieux adaptée aux besoins de l’humanité, praticable pour tous les hommes, est supérieure à la morale exagérée des stoïciens, qui poursuivent le devoir sans vouloir être récompensés.

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Les erreurs du bouddhisme

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La métempsycose est l’une des plus graves erreurs du bouddhisme. Pour s’en convaincre, lisons ce qu’en dit l’abbé de Broglié.

« Destinée de l’homme après la mort » extrait de « Dieu, la conscience, le devoir » de l’abbé de Broglié, page 101 à 104

« Quels seront maintenant le sort et la destinée de l’homme après la mort.

Cette question, différente de la précédente, n’est pas susceptible d’être résolue d’une manière aussi certaine.

On peut, en effet, tout en admettant une rétribution du bien et du mal après cette vie, faire sur la destinée de l’homme après la mort diverses hypothèses.

On peut d’abord se demander si le sort de l’homme est arrêté d’une manière définitive par la mort, ou si, au contraire, après l’épreuve de cette vie, il n’y aurait pas des épreuves ultérieures.

Il ne semble pas que cette question puisse être tranchée d’une manière absolue par la raison seule.

Voici néanmoins ce que l’on peut dire à ce sujet.

Il existe une opinion selon laquelle l’âme ne quitterait un corps que pour passer dans un autre. La nouvelle existence qu’elle commencerait serait la récompense ou le châtiment de l’existence antérieure. L’âme serait, dans cette existence, glorieuse ou humiliée, heureuse ou malheureuse, en proportion des mérites antérieurement acquis.

Nous pouvons dire au sujet de ce système :

1° Que c’est une hypothèse sans fondement ;

2° Que les conséquences de cette doctrine sont funestes pour la moralité humaine.

Et d’abord cette hypothèse est sans fondement.

Aucune raison tirée de l’expérience se porte à croire qu’au moment qu’un individu meurt, un autre naisse, et que l’âme du premier passe dans le second. Quand un homme meurt, les éléments du corps rentrent dans la circulation générale de la matière ; mais rien n’indique que son âme trouvera immédiatement un nouvel organisme auquel elle s’unirait en repassant ainsi subitement de la vieillesse à l’enfance.

La métempsycose ne pourrait donc pas avoir lieu en vertu d’une loi naturelle et physique. Il faudrait supposer une intervention de Dieu qui donnerait à chaque âme un nouveau corps. Mais cette manière d’agir ne parait pas conforme à la sagesse de Dieu.

En effet :

1° Pourquoi soumettre à une nouvelle épreuve une âme qui a déjà eu le temps de choisir entre le bien et le mal ? La justice exige qu’elle soit récompensée ou châtiée ; elle ne demande pas autre chose.

2° Dans ce système, l’âme aurait oublié les fautes dont elle subit la punition, et la vertu dont elle subit la récompense. Ne serait-ce pas une manière bien étrange de récompenser et de punir ? Une âme qui, en commençant une vie nouvelle, a oublié entièrement l’ancienne, est-elle bien la même personne, responsable de ses actes passés ?

3° Est-ce une récompense suffisante, qu’une vie nouvelle dans laquelle on est exposé à perdre son bonheur en retombant dans le mal ?

Ce système est donc une hypothèse sans fondement. Mais de plus cette doctrine est très dangereuse pour la morale. En effet :

1° Les bons seraient découragés par la perspective d’épreuves indéfinies accompagnées de la possibilité constante de retourner au mal et à la souffrance. Nous pouvons voir un effet de ce découragement produit par la pensée de cette série indéfinie d’existences, dans la doctrine de Bouddha qui offre aux hommes, comme suprême bonheur et récompense de la vertu, l’anéantissement, qu’il considère comme le seul moyen d’échapper au cercle funeste des existences successives.

2° Les méchants ne seraient plus retenus par le frein de la crainte de Dieu. Ils pourraient toujours se dire : Pendant l’existence actuelle je vais me livrer à mes passions. Dans une autre, je me repentirai.

3° Les souffrances et les infirmités des hommes étant considérées comme des châtiments des fautes passées, les gens malheureux sur la terre seraient dignes de mépris, et les prospérités actuelles étant regardées comme une récompense deviendraient un sujet légitime d’orgueil. Dans l’Inde où régnait la doctrine de la métempsycose, les brahmanes en firent sortir la division en castes ; ils considéraient les parias comme des hommes qui, dans une vie antérieure, avaient mérité d’être leurs esclaves.

Ces conséquences funestes tendent à prouver que la doctrine de la métempsycose est fausse, car Dieu n’aurait pas pu établir un système du monde conduisant a des conséquences immorales.

Nous devons donc considérer comme plus probable, au point de vue de la raison, l’opinion opposée, à savoir, que la vie actuelle est un temps d’épreuves qui se termine à la mort, et qu’à partir de la mort le sort définitif de l’âme est irrévocablement fixé. Cette opinion est d’ailleurs confirmée par la tradition la plus ancienne de tous les peuples du monde.

Quelle sera maintenant cette destinée ?

Le bon sens nous porte à distinguer trois classes d’hommes.

1° Celle des hommes vertueux, qui ont mérité une récompense ;

2° Celle des imparfaits, qui ont hésité entre le bien et le mal, ont commis des fautes et cherché à les réparer ;

3° Celle des hommes qui se sont jetés du côté du mal avec obstination et perversité.

Les premiers ont droit à une récompense, et on peut espérer que leur bonheur sera éternel, sans cependant que cela soit certain, car la conscience n’exige qu’une rétribution proportionnée aux mérites et rien ne prouve que l’éternité soit nécessaire pour cette proportion.

Les seconds auront une expiation à subir, mais après leur peine subie, on peut croire qu’ils parviendront à un bonheur éternel.

Quant aux hommes de la troisième classe, leur épreuve étant finie, il n’y a pas lieu de penser qu’ils pourront se repentir et revenir au bien. Leur état est donc un état de malheur irrévocable et irréparable. Mais les peines qu’ils subiront seront-elles éternelles ou finiront-ils par être anéantis ?

Sur ce dernier point, là raison ne peut pas se prononcer, parce que nous ignorons le rapport fixé par la justice entre les fautes et les peines, la nature de l’existence future et l’influence de la durée sur la gravité des châtiments. On peut observer que l’idée des peines éternelles se rencontre dans la tradition d’un grand nombre de peuples, ce qui ne permet pas de croire qu’elle soit, comme certaines personnes le disent de nos jours, contraire à la raison et à la conscience humaine.

En résumé, nous ne pouvons pas nous prononcer avec certitude, par la raison seule, sur ce qui doit arriver à l’homme après la mort. La seule chose que nous puissions savoir, c’est que la rétribution du bien et du mal qui ne s’accomplit pas sur cette terre s’accomplira dans une autre existence ; c’est le point essentiel en ce qui concerne la morale. Les autres questions, quelque intéressantes qu’elles soient, sont moins importantes.

Néanmoins on comprend que l’homme doit désirer avoir de cet avenir mystérieux une connaissance plus précise, et qu’une révélation divine enseignant à l’humanité d’une manière plus complète ce qu’il doit espérer ou craindre après la mort, est un immense bienfait. »

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Les preuves de l’existence du Vrai Dieu

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Dieu existe et l’apologétique est là pour nous le rappeler. Le texte majeur de l’abbé de Broglié, s’il était encore enseigné de nos jours à l’école primaire, permettrait de rappeler aux âmes que Dieu n’est pas un mythe mais une réalité tangible, perceptible, réelle et concrète. Le Vrai Dieu est d’une nature parfaite sur tous les plans. Plutôt que de plagier cet indispensable texte, contentons-nous de le publier.

Étienne de Calade.

« Les preuves de l’existence du Vrai Dieu » extrait de « Dieu la conscience et la morale » de l’abbé de Broglié, page 86 à 91.

« I – Attributs de Dieu.

Nous avons reconnu qu’il existe un Dieu, auteur de l’ordre physique et de l’ordre moral.

Que savons-nous maintenant de cet être, et comment pouvons-nous en déterminer les attributs ?

Nous avons pour cela deux principes sûrs :

En premier lieu, Dieu est la cause universelle du monde et des êtres que le monde contient.

Par conséquent, Dieu doit posséder d’une manière éminente toutes les perfections de ces êtres, tout ce qui, dans ces êtres, est tel qu’il vaille mieux le posséder qu’en être privé.

Sans cela, il y aurait dans l’effet ce qu’il n’y a pas dans la cause ; le moins produirait le plus.

En second lieu, Dieu est le premier des êtres ; il est la cause première, il n’est produit ni causé par un autre être.

Par conséquent, on ne doit admettre en Dieu aucune propriété qui suppose qu’il soit produit par une cause supérieure.

Au moyen du premier principe, nous avons déjà reconnu que Dieu possède les propriétés de l’âme humaine, l’intelligence, la conscience de soi, l’amour, la bonté, la justice.

En effet, s’il ne possédait pas ces propriétés, il serait inférieur à l’homme.

Au moyen du second principe nous voyons d’abord que Dieu n’a pas de corps, qu’il est un pur esprit ; un être simple.

En effet, s’il avait un corps, il serait composé d’éléments distincts liés ensemble. De plus, comme il lui faudrait une âme, puisqu’il possède l’intelligence et l’amour, propriétés de l’âme, il faudrait que son âme fût unie à son corps.

Mais alors il faudrait qu’une cause supérieure eût réuni et assemblé les éléments qui composeraient le corps de Dieu, qu’elle eût joint le corps et l’âme de Dieu ensemble.

Dieu ne serait donc plus le premier être. Il y aurait un Être supérieur qui ne pourrait plus avoir de corps, et qui serait le seul Vrai Dieu.

Dieu est donc un être simple, un pur esprit.

Par un raisonnement semblable en partant de ce que Dieu est le premier être, nous découvrons d’autres attributs. Dieu doit être éternel, sans commencement ni fin. Il doit être infiniment parfait, car s’il n’avait qu’une perfection limitée, la limite aurait dû être posée par un être supérieur qui serait le vrai Dieu. Il doit être immuable, car tout changement est une imperfection.

Nous pouvons donc définir ainsi Dieu considéré en lui-même :

Dieu est un pur esprit, éternel, immuable, infiniment parfait, doué d’intelligence et d’amour.

11 – Dieu créateur du monde

Dieu est évidemment le principe de l’ordre qui existe dans le monde.

L’ordre ne peut être que l’œuvre d’une intelligence.

Mais Dieu est-il le principe du monde lui-même ? Comment le produit-il ?

Les réponses à cette question sont très diverses parmi les philosophes. Elle est cependant facile à résoudre d’après les principes que nous avons posés.

Il y a quatre principales opinions au sujet de ces rapports entre Dieu et le monde.

1) Selon la première opinion, Dieu ne serait que le principe de l’ordre ; la substance du monde ne serait pas l’œuvre de Dieu, elle serait éternelle. Dieu serait, comme les ouvriers humains, obligé de chercher en dehors de lui une matière première de son œuvre.

2) Selon la seconde, Dieu serait le monde même. Dieu serait le grand Tout comprenant tous les êtres. Cette doctrine s’appelle le panthéisme.

3) Selon la troisième, le monde sortirait de Dieu par émanation ; Dieu tirerait le monde de lui-même, comme l’araignée fait sa toile.

4) Selon la quatrième enfin, Dieu créerait le monde de rien, par sa seule volonté.

1) La première opinion n’est plus soutenue de nos jours. On ne comprend pas, en effet, ce que serait cette matière première du monde, en laquelle il ne pourrait pas y avoir d’ordre, ni de lois, puisque l’ordre vient de Dieu. Quelque loin que la science pénètre dans l’intérieur des corps, elle trouve partout l’ordre, le nombre, la mesure ; les atomes chimiques se combinent dans des proportions arithmétiques ; les molécules élémentaires ont des formes géométriques.

D’un autre, côté, comment cette matière première imparfaite serait-elle éternelle ? Dieu est éternel, mais il est en même temps parfait et immuable ; c’est un mystère qui est au-dessus de notre raison. Mais une matière imparfaite, destinée à être organisée, ne peut pas être éternelle ; ce serait une absurdité.

2) La seconde opinion, ou le panthéisme, est enseignée de nos jours par beaucoup de philosophes. C’est cependant une doctrine contraire à la raison et même au bon sens.

Dire que Dieu est la même chose que le monde, c’est dire qu’un pur esprit, infiniment parfait, intelligent, juste et bon, est la même chose qu’un monde composé de matière, plein d’imperfections, et qu’une nature aveugle et inconsciente, qui ne connaît ni le bien ni le mal.

C’est une contradiction absolue. Selon cette doctrine encore, nous serions une partie de Dieu, nous serions Dieu ; quelle absurdité !

Enfin, si Dieu était tout, Dieu serait aussi bien le criminel que l’homme vertueux ; ce serait Dieu qui commettrait les crimes.

Observons que Dieu, tel que le conçoivent les panthéistes, n’a aucun rapport avec le principe moral que notre conscience atteste et réclame. Ce que la conscience demande, cet Être en qui elle croit, c’est un être supérieur à l’homme, par conséquent au monde entier ; c’est un législateur et un juge. C’est parce que le principe de la loi morale et sa sanction ne se trouvent ni dans l’homme ni dans le monde que la conscience demande un Être supérieur. Lui dire que cet Être n’est autre que le monde même, c’est se moquer.

Dire que Dieu est le monde, c’est dire qu’il n’y a pas de véritable Dieu. Le panthéisme est un athéisme déguisé.

3) La troisième opinion n’est pas plus admissible. Comment, si Dieu est un esprit pur, le monde pourrait-il émaner de la substance de Dieu ?

L’émanation suppose une division de la substance, qui n’est possible que quand il s’agit d’une substance matérielle. L’araignée produit sa toile de la substance de son corps qui est divisible. Il est absurde de supposer que Dieu tire le monde de sa substance qui est spirituelle, simple et sans parties.

4) Reste la dernière opinion, la seule conforme à la raison.

Elle consiste à dire que Dieu a créé le monde par sa seule volonté.

Sans doute nous ne comprenons pas comment il a pu le faire. Sans doute Dieu, en créant l’univers par sa volonté seule, a fait une œuvre que nous ne pouvons pas accomplir.

L’homme et tous les êtres inférieurs ne peuvent que transformer une matière déjà existante.

Dieu seul peut créer, comme Dieu seul est éternel, comme Dieu seul est parfait.

Dieu est un être supérieur à tous les autres, différent de tous les autres, un être transcendant. Il ne faut pas lui appliquer les règles qui résultent de l’expérience appliquée aux êtres inférieurs.

Les autres êtres sont imparfaits, ils ont une puissance limitée. Dieu est tout puissant. Les autres êtres sont causes partielles ; ils ont reçu le pouvoir d’exercer leur action sur une certaine portion de la matière.

Dieu leur a tracé leur tâche, et leur fournit la matière nécessaire.

Dieu, cause universelle, cause première, crée l’univers entier ; il lui donne à la fois sa matière, sa forme, sa substance et son organisation. Il fait cela, et il peut le faire seul, parce qu’il est l’Être éternel, le Tout-Puissant, l’Être suprême.

III – Dieu souverain maître

Si Dieu est le créateur de l’univers, il s’ensuit qu’il en est le maître et le Seigneur souverain. La justice gravée dans notre conscience, qui est l’image de la justice éternelle, déclare que l’œuvre appartient à l’ouvrier qui l’a faite. Ce principe, fondement de la propriété limitée de l’homme sur certaines parties de l’univers, est le fondement de l’absolue et universelle souveraineté de Dieu.

Le monde a donc un maître souverain. L’homme, l’être le plus haut placé dans la hiérarchie des créatures qui nous soient connues, a également un maître auquel il doit obéir et qu’il doit respecter. L’autorité suprême de ce maître est éternelle et indestructible.

Cette vérité, conséquence dernière du raisonnement appliqué à l’ordre, moral et à l’ordre physique, est l’explication des opinions diverses qui règnent parmi les hommes sur l’origine du monde.

En vertu du principe de causalité gravé dans la raison de l’homme, en vertu du principe que le moins ne saurait produire le plus, l’intelligence remonte jusqu’à une cause universelle et suprême, jusqu’au Dieu parfait et créateur.

Mais la conséquence directe de cette démonstration étant que l’homme est obligé de reconnaître un maître, l’orgueil humain regimbe et résiste. Un grand nombre d’hommes veulent être leurs propres maîtres, ou n’avoir au-dessus d’eux que des maîtres qu’ils méprisent ou qu’ils peuvent changer ou renverser. Ils s’efforcent alors, par des sophismes, d’ébranler la grande vérité que proclament à la fois la raison et la conscience. Ils ne veulent pas de Dieu, parce qu’ils ne veulent pas de maître.

Mais la conscience droite, interrogée de bonne foi, répond que nous avons au-dessus de nous un maître et un juge, contre lequel nous pouvons nous révolter par l’abus de notre liberté, mais auquel nous ne pouvons pas échapper. »

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Les dogmes orthodoxes du catholicisme

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Voici un nouvel article qui est tiré de l’indispensable ouvrage de l’abbé de Broglié, « Dieu, la conscience, le devoir ».

« L’amour du bien, du vrai et du beau », extrait de « Dieu, la conscience et la morale ». Page 43 à 44

« Puis viennent l’amour du bien, du beau et du vrai.

L’amour du bien se nomme aussi sentiment du devoir ; il se rattache à la conscience morale, et sert de mobile aux bonnes actions.

L’amour de la beauté est peut-être le sentiment le plus général et le plus puissant qui existe dans le cœur humain ; il est inspiré par tous les genres de beautés, depuis la beauté physique des corps jusqu’à celle des idées pures.

L’amour du vrai, enfin, est si puissant sur le cœur des hommes que Virgile a pu louer les héros qui ont sacrifié leur vie pour la vérité : Vitam impendere vero. C’est aussi cet amour du vrai qui inspire les efforts courageux des savants qui cherchent à découvrir les lois de la nature ou qui pénètrent les premiers dans des pays inconnus.

Nous devons enfin mentionner un sentiment très puissant d’une espèce particulière, qui se trouve chez tous les peuples ; c’est le sentiment religieux. Le propre de ce sentiment, c’est que les objets auxquels il se rapporte sont à la fois invisibles et concrets. C’est un être personnel, le Dieu suprême, ou bien d’autres êtres surnaturels et invisibles ; ce sont les âmes des défunts, c’est une nouvelle vie après la mort, qui sont les objets de la religion.

Le sentiment religieux réunit en lui-même les caractères des affections personnelles, et ceux de l’amour des idées immatérielles. Dans les dogmes et dans la morale religieuse se trouvent les idées du beau, du vrai et du bien ; mais ces idées se rapportent à de véritables personnes, à un monde de réalités invisibles.

Les idées religieuses se manifestant sur la terre sous forme de sociétés visibles, le sentiment religieux devient l’amour d’un culte et d’une église particulière ; il devient alors, comme le patriotisme, un sentiment inspiré par une idée collective. On voit combien sont variés les objets qui provoquent dans notre âme cet ordre d’émotion que nous avons appelé sensibilité morale.

/…

Il y a enfin des objets qui ont un rapport avec les croyances religieuses, et qui peuvent ainsi être l’objet de notre amour par reflet du sentiment religieux ; ce sont les objets bénits et consacrés, ou les symboles des idées religieuses.

Dans tous ces cas, les objets matériels ne sont aimés et haïs que d’une manière indirecte, par l’effet de l’amour de nous-même, de celui des autres personnes, de l’amour de la beauté ou du sentiment religieux.

Ces objets peuvent-ils être aimés directement pour eux-mêmes ? La réponse semble devoir être négative. Dépouillez les objets matériels de toute utilité, de toute beauté, de tout rapport avec une personne déterminée, et de tout caractère religieux, et vous les dépouillerez par là même de toute influence sur le cœur humain. Ce ne seront plus que de simples objets de perception, que la science pourra classer et comparer, mais qui laisseront la partie sensible de l’âme dans une complète indifférence. »

« Le plaisir, l’intérêt et le devoir », extrait de « Dieu, la conscience et la morale ». Page 46 à 47

« L’homme peut choisir, mais il ne choisit pas au hasard. Avant de choisir, il délibère ; cette délibération porte sur les motifs de ses actions. Il examine s’il doit agir de telle manière, si cela est bien, si cela est utile, si cela est honorable, si cela est agréable.

Les motifs de faire telle ou telle action sont fournis par la raison. Ils se ramènent, en général, à trois motifs principaux, le plaisir, l’intérêt et le devoir.

Le plaisir, c’est notre propre jouissance, notre jouissance actuelle.

L’intérêt, c’est le bonheur considéré dans l’avenir, ce sont les conséquences éloignées, heureuses ou malheureuses, de nos actions.

Le devoir est un motif à part, c’est le bien absolu ; c’est l’idée qu’une action est obligatoire ou défendue, qu’il est bien ou mal en soi de la faire. Le devoir peut être poursuivi indépendamment du plaisir ou de l’intérêt. Fais ce que dois, advienne que pourra, telle est la maxime du devoir pur.

/…

Mais il y a un cas tout différent : c’est celui où l’homme choisit non entre deux moyens, mais entre deux fins, c’est-à-dire entre deux objets désirables par diverses raisons, mais d’espèce et de nature différentes.

Tel est le choix entre le plaisir et le devoir. Le plaisir est agréable, le devoir est bon en soi. Aucune comparaison, aucune balance ne peut être établie entre deux motifs de nature si différente. Agréable, obligatoire sont deux idées diverses, comme le seraient la longueur et le poids d’un objet. On ne saurait dire lequel est le plus grand, le plus fort ni le meilleur entre un mètre et un kilogramme ; on ne saurait dire non plus lequel est le plus fort du motif du plaisir et de celui du devoir. Le plaisir est plus fort aux yeux de celui qui cherche sa jouissance ; le devoir est plus fort aux yeux de celui qui veut être vertueux. (Note du blog la France chrétienne : la recherche de jouissance est la plaie du XXIe siècle).

Mais la détermination entre ces deux désirs, de jouir ou d’être vertueux, se fait par la volonté elle-même. »

« Les vertus et les vices », extrait de « Dieu, la conscience et la morale ». Page 49

« Le jeu de la volonté libre ne subit pas seulement l’influence de la sensibilité, il est aussi modifié par l’habitude.

Les habitudes intellectuelles et morales sont analogues aux habitudes corporelles. Ce sont également des tendances et des facilités à agir, produites par des actes répétés.

L’homme fait plus facilement ce qu’il a fait souvent : il accomplit plus difficilement les actes qui sont nouveaux pour lui.

La liberté, cependant, n’est pas détruite. Elle peut réagir contre les habitudes et en triompher.

Elle peut aussi se servir de la force de l’habitude pour parvenir à ses fins.

En répétant courageusement des actes difficiles, l’homme acquiert plus de facilité à les faire. Il acquiert ainsi une force dont sa liberté peut disposer.

Les bonnes habitudes morales se nomment vertus. Les vertus ne s’acquièrent que par des efforts répétés et persévérants.

Les mauvaises habitudes morales se nomment vices ; ils se produisent naturellement, lorsque la volonté s’abandonne aux passions prédominantes. »

« Les lois de l’association des idées », extrait de « Dieu, la conscience et la morale ». Page 50 à 52

« La volonté exerce aussi son action sur l’intelligence. Elle dirige notre esprit et le fixe sur certains objets. Cette application de la volonté à l’intelligence porte le nom d’attention.

L’attention est souvent pénible ; nous avons de la peine à maîtriser et à diriger nos pensées ; il y a des distractions involontaires.

Les distractions ou les pensées non dirigées par l’attention proviennent de deux causes ; elles naissent, d’une part, des perceptions d’objets extérieurs et des sensations physiques qui interviennent au milieu de nos occupations.

Elles proviennent également d’une évolution interne et involontaire de nos pensées qui se succèdent l’une à l’autre et dont chacune provoque la naissance de la suivante. Ainsi la pensée d’un soldat rappelle celle de la guerre ; celle-ci, celle d’une blessure, d’un hôpital ; de là nous passons à l’idée d’une sœur de charité ; cette idée nous fait penser au dévouement, à la religion, à Dieu, et ainsi de suite.

Ce mouvement involontaire et continu de nos pensées est soumis à des lois très compliquées et très difficiles à déterminer que l’on nomme lois de l’association des idées. Les idées se succèdent souvent suivant leur ressemblance ; quelquefois une idée provoque l’idée contraire ; d’autres fois une idée est suggérée par un détail d’une idée précédente ; quelquefois c’est le son des mots qui fait naître une pensée inattendue.

L’attention ou la pensée volontaire est obligée de lutter contre ce mouvement irrégulier de la pensée. Elle le fait souvent en se servant des lois même de l’association des idées. Les objets matériels qui nous entourent nous rappellent les pensées sur lesquelles notre attention doit se fixer. En disposant convenablement comme des jalons ou des points de repère ces objets, en plaçant notre corps (qui obéit à la volonté mieux que l’esprit) dans le voisinage de certains objets ou en lui faisant prendre certaines attitudes, nous amenons notre intelligence vers certaines pensées et nous la fixons sur les objets qu’elle doit examiner.

L’attention n’est pas la seule action de la volonté libre sur l’intelligence. Elle agit aussi sur le jugement.

Il y a certains jugements tellement évidents qu’ils sont involontaires. Tels sont les axiomes ou les jugements qui résultent de la perception.

Mais il en est d’autres que l’intelligence ne prononce qu’après examen et d’une manière réfléchie. Dans ce cas, il dépend de notre volonté soit de suspendre notre jugement et de continuer l’enquête sur la vérité, soit même de suspendre notre jugement sans continuer la recherche et en détournant notre esprit vers un autre objet, soit au contraire de prononcer un jugement, d’affirmer une opinion, de déclarer que tel fait existe ou n’existe pas.

Cette action libre de la volonté sur l’intelligence engage notre responsabilité. Il peut y avoir faute à juger avec précipitation, à juger témérairement, surtout quand il s’agit du prochain. Il peut, au contraire, y avoir faute à suspendre trop longtemps son jugement, à rester dans le doute ou la défiance. »

« La double sensibilité morale », extrait de « Dieu, la conscience et la morale ». Page 53

Mais il y a aussi des mouvements de cœur, des sentiments ou des affections qui sont délibérés, qui résultent de l’union de l’affection spontanée avec la volonté libre.

Les mouvements délibérés peuvent être méritoires ou coupables ; il y a de bonnes, de saintes affections ; il y a des affections mauvaises.

Le rôle de la volonté consiste à choisir parmi les mouvements spontanés du cœur, à adopter les uns, à les embrasser et à s’y complaire, à repousser et à réprimer les autres.

Quand la volonté accomplit ce choix avec le devoir pour règle, elle rend le cœur bon ; les bons sentiments se développent, les sentiments qui deviendraient coupables, s’ils étaient volontaires, sont réprimés ; il n’en reste que les premiers mouvements qui ne dépendent pas de nous.

Quand, au contraire, la volonté s’abandonne aux passions mauvaises, ces mouvements, qui n’étaient pas répréhensibles tant qu’ils étaient spontanés, deviennent coupables par l’adhésion de la volonté ; ils se développent et le cœur se corrompt, tandis que les bons sentiments sont réprimés et s’affaiblissent.

Il y a donc une double sensibilité morale, l’une indélibérée, qui précède l’action de la volonté ; l’autre délibérée, qui en est la conséquence. C’est cette dernière seule qui engage la responsabilité de l’homme et le rend vertueux ou coupable, digne de blâme ou d’éloge. »

« Distinction de l’âme et du corps », extrait de « Dieu, la conscience et la morale ». Page 55 à 57

« Lorsque nous faisons un mouvement à la suite d’une sensation ou pour parer à un danger, c’est le même être qui éprouve la sensation et qui ordonne le mouvement ; c’est celui qui craint qui prend une précaution. Partout se retrouve l’unité, partout dans l’âme la diversité aboutit à un centre unique.

De plus, ce centre est durable. L’âme est identique. Elle se reconnaît elle-même lorsqu’elle se souvient de son passé. Cette identité est d’autant plus évidente que nos pensées, nos sensations, nos facultés, notre caractère sont plus différents suivant les époques de notre vie. C’est au milieu d’un immense changement de propriétés, de phénomènes, d’habitudes, de circonstances, que notre moi se retrouve lui-même, se sent le même être.

Cette identité durable de l’âme peut encore être démontrée par une de ses conséquences. Nous nous sentons responsables de nos actes passés. Nous sentons qu’ils peuvent nous être imputés à juste titre, que nous devons souffrir pour expier nos mauvaises actions, qu’il est juste que le bonheur soit la récompense de nos bonnes œuvres.

Or, la responsabilité serait-elle concevable si l’être qui a agi hier n’était pas le même que celui à qui on demande compte de son acte aujourd’hui ? Si le condamné était un autre individu que l’assassin, toute condamnation serait injuste.

Notre identité est donc aussi certaine à nos propres yeux que la justice des châtiments et des récompenses est certaine pour notre conscience.

Centre unique et identique, l’âme n’est point une abstraction, une pure idée, comme le serait une ligne ou un point géométrique. Elle est une force, une activité constamment en exercice, se sentant toujours agir. Elle agit spontanément : sous l’influence de ses sensations, de ses pensées, de ses désirs, l’âme produit de nouveaux sentiments, de nouvelles pensées, de nouveaux désirs ; son activité se traduit dans son corps par des mouvements.

/…

Il y a en l’homme deux êtres, le corps, et l’âme qui fait vivre le corps, qui sent, qui veut et qui pense.

Cette âme, distincte du corps entier, serait-elle identique à un des organes du corps, au cerveau, par exemple ?

Nullement. Le cerveau est multiple, il est un composé de molécules. Le cerveau n’a pas d’identité, ses molécules se renouvellent et se substituent les unes aux autres. Le cerveau, simple masse de chair, est aussi incapable de liberté et d’intelligence que le corps entier.

Distincte du corps, distincte du cerveau, l’âme serait-elle une matière subtile, un souffle, comme l’ont cru les anciens ?

Cela est encore impossible. Une matière subtile est toujours composée de molécules ; un souffle n’est autre chose que l’assemblage d’un certain nombre d’atomes de gaz ; ces atomes se meuvent passivement d’après les lois de la mécanique. Il n’y a encore rien là qui puisse être le support de l’unité, de l’activité, de la liberté, de l’intelligence de notre âme.

Il faut donc conclure que l’âme est un être d’une espèce particulière, un cire différent par nature du corps, un être immatériel, invisible et intangible.

On objecte à cette idée qu’on ne voit pas l’âme, d’où on conclut qu’elle n’existe pas.

Cette objection est frivole. On ne voit pas l’âme, non parce qu’elle n’existe pas, mais parce qu’elle est invisible par nature.

On ne voit pas l’âme, mais on la sent par la conscience. Elle ne tombe pas sous les sens extérieurs, mais elle est saisie par le sens intérieur.

Chaque espèce de phénomènes ou d’êtres est perceptible selon sa nature par divers procédés.

On ne voit pas les sons ; on n’entend pas les couleurs ; de même on n’entend ni ne voit l’âme, mais on la sent intérieurement.

On la voit aussi et on l’entend, mais d’une manière indirecte, au travers du corps qu’elle anime. En présence d’un homme vivant, nous sentons que nous sommes en rapport avec une personne, avec un être individuel.

En présence d’un cadavre, nous sentons qu’il n’y a personne, que l’être individuel a disparu, qu’il n’y a plus que des éléments matériels.

On raconte qu’un matérialiste, auprès du lit de mort d’un agonisant, dit à un de ses amis, un instant après la mort : « Avez-vous vu passer l’âme ? » A quoi l’autre répondit : « Avez-vous vu passer la vie ? »

Aux yeux d’un observateur impartial et de bon sens, quand un être plein de vie, d’amour, en pleine possession d’une volonté énergique, vient à être remplacé par un cadavre inerte, quelqu’un a disparu ; il y a eu soit départ, soit destruction d’un être. Il n’y a pas eu une simple modification de la matière. »

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La décadence morale du XXIe siècle

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Les événements contemporains s’expliquent par l’absence d’enseignement moral et théologique. Bien évidemment, une partie de la population française nie ce fait pour la simple raison qu’elle est maintenue dans les filets spirituels de l’ennemi. Il faut le dire haut et fort : la civilisation occidentale est devenue orgueilleuse au plus haut point.

Ce phénomène n’est pas nouveau puisqu’il remonte à la nuit des temps, lorsque l’humanité rejette la supériorité divine. Ce sujet sera d’ailleurs abordé, en temps voulu, grâce aux merveilleux écrits de l’abbé de Broglié. Pour l’instant, contentons-nous de découvrir le programme officiel des écoles du XIXe siècle.

Un constant s’impose : beaucoup d’adultes du XXIe siècle ne connaissent plus ce que les enfants du XIXe siècle savaient. Par conséquent, la décadence contemporaine est un effet de cette absence de connaissance. Même si les gens ne veulent pas entendre ce genre de discours en cette année 2016, ils n’auront plus le choix lorsque la guerre civile aura commencé à tout dévaster. C’est à ce moment-là que nous interviendrons pour reprendre le contrôle de la nation afin qu’une dictature homicide ne puisse pas s’instaurer malicieusement.

« Programmes officiels du 27 juillet 1882 » tiré de « Dieu, la conscience, le devoir » de l’abbé de Broglié

Annexés à l’arrêté ministériel réglant l’organisation pédagogique et le plan d’études des écoles primaires publiques.

MORALE.

COURS ELEMENTAIRE (de 7 à 9 ans). — Entretiens familiers. Lecture avec explications (récits ; exemples, préceptes, paraboles et fables). Enseignement par le cœur. Exercices pratiques tendant à mettre la morale en action dans la classe même :

1° Par l’observation individuelle des caractères (tenir compte des prédispositions des enfants pour corriger leurs défauts avec douceur ou développer leurs qualités) ;

2° Par l’application intelligente de la discipline scolaire comme moyen d’éducation (distinguer soigneusement le manquement au devoir de la simple infraction au règlement, faire saisir le rapport de la faute à la punition, donner l’exemple dans le gouvernement de la classe d’un scrupuleux esprit d’équité, inspirer l’horreur de la délation, de la dissimulation, de l’hypocrisie, mettre au-dessus de tout la franchise et la droiture et pour cela ne jamais décourager le franc-parler des enfants, leurs réclamations, leurs demandes, etc.) ;

3° Par l’appel incessant au sentiment et au jugement moral de l’enfant lui-même (faire souvent les élèves juges de leur propre conduite, leur faire estimer surtout chez eux et chez les autres l’effort moral et intellectuel, savoir les laisser dire et les laisser faire, sauf à les amener ensuite à découvrir par eux-mêmes leurs erreurs ou leurs torts) ;

4° Par le redressement des notions grossières (préjugés et superstitions populaires, croyances aux sorciers, aux revenants, à l’influence de certains nombres, terreurs folles, etc.) ;

5° Par l’enseignement à tirer des faits observés par les enfants eux-mêmes ; à l’occasion, leur faire sentir les tristes suites des vices dont ils ont parfois l’exemple sous les yeux ; de l’ivrognerie, de la paresse, du désordre, de la cruauté, des appétits brutaux, etc., en leur inspirant autant de compassion encore pour les victimes du mal que d’horreur pour le mal lui-même ; — procéder de même par voie d’exemples concrets et d’appels à l’expérience immédiate des enfants pour les initier aux émotions morales, les élever, par exemple, au sentiment d’admiration pour l’ordre universel et au sentiment religieux en leur faisant contempler quelques grandes scènes de la nature ; au sentiment de la charité, en leur signalant une misère à soulager, en leur donnant l’occasion d’un acte effectif de charité à accomplir avec discrétion, aux sentiments de la reconnaissance et de la sympathie par le récit d’un trait de courage, par la visite à un établissement de bienfaisance, etc.

COURS MOYEN (de 9 à 11 ans). — Entretiens, lectures avec explications, exercices pratiques. — Même mode et mêmes moyens d’enseignement que précédemment, avec un peu plus de méthode et de précision. — Coordonner les leçons et les lectures de manière à n’omettre aucun point important des programmes ci-dessous :

I. L’enfant dans la famille. Devoir envers les parents et les grands-parents. — Obéissance, respect, amour, reconnaissance. — Aider les parents dans leurs travaux ; les soulager dans leurs maladies ; venir à leur aide dans leurs vieux jours.

Devoirs des frères et sœurs. — S’aimer les uns les autres ; protection des plus âgés à l’égard des plus jeunes ; action de l’exemple.

Devoirs envers les serviteurs. — Les traiter avec politesse, avec bonté.

L’enfant dans l’école. — Assiduité, docilité, travail, convenance. — Devoirs envers l’instituteur. — Devoirs envers les camarades.

La patrie. — La France, ses grandeurs et ses malheurs. — Devoirs envers la patrie et la société.

II. Devoirs envers soi-même. — Le corps : propreté, sobriété et tempérance ; dangers de l’ivresse, gymnastique.

Les biens extérieurs. — Économie (conseils de Franklin ; éviter les dettes ; funestes effets de la passion du jeu ; ne pas trop aimer l’argent et le gain ; avarice). Le travail (ne pas perdre de temps, obligation du travail pour tous les hommes, noblesse du travail manuel).

L’âme. — Véracité et sincérité ; ne jamais mentir. — Dignité personnelle, respect de soi-même. — Modestie : ne point s’aveugler sur ses défauts. — Éviter l’orgueil, la vanité, la coquetterie, la frivolité. — Avoir honte de l’ignorance et de la paresse. — Courage dans le péril et dans le malheur ; patience, esprit d’initiative. — Dangers de la colère. Traiter les animaux avec douceur ; ne point les faire souffrir inutilement. — Loi Grammont, sociétés protectrices des animaux.

Devoirs envers les autres hommes. — Justice et charité (ne faites pas à autrui ce que vous ne voudriez pas qu’on vous fît ; faites aux autres ce que vous voudriez qu’ils vous fissent). — Ne porter atteinte ni à la vie, ni à la personne, ni aux biens, ni à la réputation d’autrui. — Bonté, fraternité. — Tolérance, respect de la croyance d’autrui.

N. B. Dans tout ce cours, l’instituteur prend pour point de départ l’existence de la conscience, de la loi morale et de l’obligation. Il fait appel au sentiment et à l’idée du devoir, au sentiment et à l’idée de responsabilité, il n’entreprend pas de les démontrer par exposé théorique.

Devoirs envers Dieu. — L’instituteur n’est pas chargé de faire un cours ex professo sur la nature et les attributs de Dieu ; l’enseignement qu’il doit donner à tous indistinctement se borne à deux points : d’abord, il leur apprend à ne pas prononcer légèrement le nom de Dieu ; il associe étroitement dans leur esprit à l’idée de la cause première et de l’Être parfait un sentiment de respect et de vénération, et il habitue chacun d’eux à environner du même respect cette notion de Dieu, alors même qu’elle se présenterait à lui sous des formes différentes de celles de sa propre religion.

Ensuite, et sans s’occuper des prescriptions spéciales aux diverses communions, l’instituteur s’attache à faire comprendre et sentir à l’enfant que le premier hommage qu’il doit à la divinité, c’est l’obéissance aux lois de Dieu, telles que les lui révèlent sa conscience et sa raison.

COURS SUPÉRIEUR (de 11 à 13 ans). — Entretiens, lectures, exercices pratiques comme dans le cours élémentaire et le cours moyen. Celui-ci comprend de plus, en une série régulière de leçons dont le nombre et l’ordre pourront varier, un enseignement élémentaire de la morale en général et plus particulièrement de la morale sociale, d’après le programme ci-après :

I. La famille. — Devoirs des parents et des enfants ; devoirs réciproques des maîtres et des serviteurs.

II. La société. — Nécessité et bienfaits de la société. La justice, condition de toute société, La solidarité, la fraternité humaine. Applications et développements de l’idée de justice ; respect de la vie et de la liberté humaine, respect de la propriété, respect de la parole donnée, respect de l’honneur et de la réputation d’autrui. La probité, l’équité, la délicatesse. Respect des opinions et des croyances. Applications et développements de l’idée de charité ou de fraternité. Ses divers degrés, devoir de bienveillance, de reconnaissance, de tolérance, de clémence, etc. Le dévouement, forme suprême de la charité, montrer qu’il peut trouver place dans la vie de tous les jours.

III. La patrie. — Ce que l’homme doit à la patrie : l’obéissance aux lois, le service militaire, discipline, dévouement, fidélité au drapeau. — L’impôt (condamnation de toute fraude envers l’État). — Le vote (il est moralement obligatoire, il doit être libre, consciencieux, désintéressé, éclairé). — Droits qui correspondent à ces devoirs ; liberté individuelle, liberté de conscience, liberté du travail, liberté d’association, garantie de la sécurité de la vie et des biens de tous. La souveraineté nationale. Explication de La devise républicaine : Liberté, Égalité, Fraternité-. Dans chacun de ces deux chapitres du cours de morale sociale, on fera remarquer A, l’élève, sans entrer dans des discussions métaphysiques :

1° La différence entre le devoir et l’intérêt, même lorsqu’ils semblent se confondre, c’est-à-dire le caractère impératif et désintéressé du devoir.

2° La distinction entre la loi écrite et la loi morale : l’une fixe un minimum de prescriptions que la société impose à tous ses membres sous des peines déterminées ; l’autre impose dans le secret de sa conscience un devoir que nul ne le contraint à remplir, mais auquel il ne peut faillir sans se sentir coupable envers lui-même et envers Dieu.

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