Daniel dans la fosse aux lions

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« Daniel dans la fosse aux lions » extrait de « les principaux faits de l’histoire sainte » de l’abbé L. Bataille. Page 145 à 147

« Charmé de sa haute intelligence, Darius associa Daniel à son gouvernement et voulut même lui confier la suprême direction de ses États. Mais les Satrapes ou gouverneurs du pays, jaloux de cette faveur accordée à un étranger, concertèrent un plan pour le perdre. Ils allèrent tous ensemble trouver Darius et lui firent cette proposition qui était de nature à flatter son orgueil.

« Roi Darius, vivez à jamais ! Tous les princes de l’empire vous demandent de publier un édit par lequel il sera prescrit, pendant 30 jours, à vos sujets quels qu’ils soient, de ne faire aucune demande ni à un homme, ni à un Dieu ; mais d’avoir uniquement recours à votre autorité souveraine. »

Sans soupçonner le piège, Darius publia l’Édit.

Or, Daniel avait coutume, trois fois le jour, de se prosterner, la face tournée vers Jérusalem, et d’adorer le Dieu de ses pères. Ainsi que ses ennemis l’avaient prévu, les promulgations de l’édit ne changèrent rien à ses habitudes ordinaires. Il fut donc surpris dans l’attitude de la prière et dénoncé au roi. Cruellement affligé de cette accusation imprévue, Darius chercha un moyen de soustraire le sage Hébreu aux rigueurs de la loi. Mais les Satrapes, devinant sa pensée, lui dirent :

« Songe, ô roi, que les décrets des Mèdes et des Perses sont irrévocables ! »

Darius se crut obligé de céder et Daniel fut jeté dans la fosse aux lions.

« Ô Daniel, lui dit le roi, puisse ton Dieu, ce Dieu que tu sers avec tant de constance, te préserver de la mort ! »

La fosse fut ensuite refermée par une pierre et scellée de l’anneau royal.

Darius rentra au palais le cœur plein d’amertume ; il refusa toute nourriture et, la nuit, il ne put dormir. Le lendemain, dès l’aube, il se leva et courut à la fosse aux lions.

« Daniel ! s’écria-t-il d’une voix pleine de sanglots ; Daniel ! le Dieu auquel tu es si fidèle, n’a-t-il point sauvé ta vie de la dent des lions ? »

Et Daniel, du fond de la fosse, répondit :

« Ô roi, vivez à jamais ! Le Dieu que j’adore m’a envoyé son ange protecteur : il a fermé la gueule des lions qui ne m’ont fait aucun mal. »

Darius, transporté de joie, fit immédiatement retirer Daniel, et l’on constata avec admiration que son corps ne portait aucune trace de blessure. Les Satrapes furent alors condamnés au même supplice qu’ils avaient voulu faire subir à un innocent. Ils furent jetés dans la fosse avec leurs femmes et leurs enfants et, aussitôt, ils furent tous étranglés par les lions. Ensuite le roi renouvela l’ordonnance de Nabuchodonosor qui prescrivait à tous les sujets de révérer le Dieu des Juifs, comme étant le Dieu vivant, éternel et tout-puissant. Quant à Daniel, il continua à jouir des faveurs du roi et à servir fidèlement son Dieu jusqu’à sa mort.

Daniel fit, au sujet du Messie, deux prophéties principales : la première, donnée à l’occasion du songe de Nabuchodonosor, détermine la succession des quatre grands empires et l’avènement du Christ qui doit établir un royaume universel et éternel.

La seconde fait connaître l’époque précise de la venue du Messie.

« L’ange Gabriel m’a révélé, dit-il, que depuis le jour où l’ordre sera donné de rebâtir Jérusalem jusqu’à l’avènement du Christ-Roi, il y aura sept semaines et soixante-deux semaines (69 années * 7 c’est-à-dire 483 années * 360 jours = 173 880 jours prophétiques). Et après ces soixante-neuf semaines, le Christ sera mis à mort ; et alors son peuple sera répudié ; et une nation victorieuse détruira la cité et le sanctuaire ; et ce sera une désolation et une ruine entière. »

Cette dernière prophétie fut accomplie à la lettre. Car l’autorisation de rebâtir les murs de Jérusalem fut donnée par le roi Persan Artaxercès, l’an 454 avant Jésus-Christ. Et depuis ce temps jusqu’au baptême de Notre-Seigneur (l’an 29), il y a exactement 483 ans. Et au milieu de la semaine (en années) qui suivit, Jésus-Christ fut mis à mort et les sacrifices de la loi ancienne cessèrent définitivement. L’an 70 après Jésus-Christ, Jérusalem et le temple furent détruits par les Romains et la nation Juive dispersée à jamais.

Réflexions. Au sujet de l’épreuve que subit Daniel, remarquons ceci : 1° que plus on est élevé en position, plus on a des jaloux et des envieux ; 2° qu’il ne faut jamais compter sur la stabilité des faveurs humaines ; 3° que le juste, pour combler la mesure de ses mérites, doit passer par l’épreuve et la persécution ; 4° que Dieu n’abandonne jamais ses fidèles serviteurs et qu’il déjoue les complots des méchants, aussi bien qu’il dompte la fureur des animaux et des éléments. »

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Le songe de Nabuchodonosor

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Le songe de Nabuchodonosor mérite d’être lu, relu et correctement interprété car il a souvent été repris à des fins intéressées…

« Songe de Nabuchodonosor » extrait de « les principaux faits de l’histoire sainte » de l’abbé L. Bataille. Page 137 à 139

« Peu de temps après cet épisode de Suzanne, un autre événement ménagé par la Providence, donna à Daniel une réputation sans égale dans l’empire Babylonien.

Nabuchodonosor eut un songe dont il demeura fort effrayé à son réveil, mais sans pouvoir s’en souvenir. En vain il convoqua tous les devins de son royaume ; aucun d’eux ne put dire quel avait été le songe du roi, ni par conséquent l’interpréter, Nabuchodonosor ordonna de faire périr tous ces savants dont la science était vaine. Mais Daniel, informé du fait, invoqua le Seigneur et demanda à parler au roi.

Il lui dit :

« Ô roi, les mages et les devins ne peuvent vous découvrir le mystère dont il s’agit ; mais il y a dans le ciel un Dieu qui lit dans les profondeurs des mystères. Et c’est ce Dieu qui a voulu dérouler sous vos regards les secrets de l’avenir. Voici, ô roi, quel a été votre songe.

Vous avez vu se dresser devant vous une immense statue dont le regard était terrible. La tête de cette statue était d’un or très pur ; la poitrine et les bras d’argent ; le ventre et les cuisses d’airain ; les jambes de fer et les pieds moitié fer et moitié argile. Et vous considériez cette apparition, lorsqu’une pierre, se détachant elle-même d’une montagne voisine, roula jusqu’à la statue et l’atteignit aux pieds. Alors le fer, l’argile, l’airain, l’argent et l’or se brisèrent ensemble et la statue fut réduite en une poussière légère que le vent dissipa. Cependant, la pierre qui avait frappé la statue, se mit à grandir et elle devint une montagne qui couvrit toute la terre.

Grand roi, tel fut votre songe ; en voici l’interprétation :

Vous êtes le roi des rois ; le Dieu du ciel vous a donné l’empire, la force et la gloire, et il a soumis toutes choses à votre puissance. Ainsi, c’est vous qui êtes la tête d’or. Après vous, s’élèvera un autre empire, moindre que la vôtre, figuré par le buste d’argent de la statue. Un troisième empire lui succédera qui sera d’airain et commandera à la terre. Et un quatrième empire, qui sera de fer, brisera et broiera l’univers, comme le fer brise et broie toutes les substances. Mais cet empire aura un mélange d’argile ou de faiblesse, et ses différentes provinces ne pourront jamais s’unir et se fondre ensemble. Et dans ce temps, Dieu suscitera un royaume nouveau, qui réduira en poudre tous les empires précédents et subsistera éternellement ; c’est la pierre, détachée de la montagne, qui a brisé la statue et couvert la terre. »

En entendant ces paroles du jeune Hébreu, Nabuchodonosor fut frappé d’admiration. Il se prosterna le visage contre terre et adora le Dieu d’Israël, disant :

« Ton Dieu est véritablement le Dieu des dieux, le Seigneur des rois et le maître de l’avenir, puisqu’il a pu te découvrir des choses aussi cachées. »

Ensuite, il donna à Daniel de magnifiques présents, le combla d’honneur et l’établit gouverneur de toutes les provinces de la Babylonie. Et sur sa demande, il lui adjoignit comme sous-gouverneurs, ses trois amis Ananias, Misaël et Azarias.

La suite des événements est venue confirmer la vérité de cette grande prophétie de Daniel. L’empire des Assyriens et des Mèdes (Babylone) a été vaincu et remplacé par celui des Perses ; celui-ci par l’empire des Grecs (Alexandre le Grand) ; ce troisième par l’empire des Romains. C’est alors que Jésus-Christ, la pierre angulaire, est descendu de lui-même des hauteurs des cieux et a fondé le royaume de son Église. Celle-ci s’est développée peu à peu, a grandi et s’est étendue par toute la terre. Nulle puissance ne peut prévaloir contre elle et elle subsistera jusqu’à la fin des temps.

Réflexions. Dieu tient dans ses mains le cœur des hommes et les destinées des peuples. Il gouverne tout par sa Providence et fait servir à l’exécution de ses desseins tous les événements qui agitent le monde. Sans négliger le soin des plus petits détails de notre existence, il embrasse, d’un seul coup d’œil, les faits successifs des siècles. Et tous ces faits, dispersés dans l’histoire, arrivent à l’heure et à l’endroit voulu pour réaliser ses desseins, directement ou indirectement. La succession des quatre grands empires destinés à préparer le monde à l’établissement stable et universel de l’Église de Jésus-Christ, est une preuve frappante de la sagesse avec laquelle il dirige toutes choses. »

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