Les dogmes orthodoxes du catholicisme

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Voici un nouvel article qui est tiré de l’indispensable ouvrage de l’abbé de Broglié, « Dieu, la conscience, le devoir ».

« L’amour du bien, du vrai et du beau », extrait de « Dieu, la conscience et la morale ». Page 43 à 44

« Puis viennent l’amour du bien, du beau et du vrai.

L’amour du bien se nomme aussi sentiment du devoir ; il se rattache à la conscience morale, et sert de mobile aux bonnes actions.

L’amour de la beauté est peut-être le sentiment le plus général et le plus puissant qui existe dans le cœur humain ; il est inspiré par tous les genres de beautés, depuis la beauté physique des corps jusqu’à celle des idées pures.

L’amour du vrai, enfin, est si puissant sur le cœur des hommes que Virgile a pu louer les héros qui ont sacrifié leur vie pour la vérité : Vitam impendere vero. C’est aussi cet amour du vrai qui inspire les efforts courageux des savants qui cherchent à découvrir les lois de la nature ou qui pénètrent les premiers dans des pays inconnus.

Nous devons enfin mentionner un sentiment très puissant d’une espèce particulière, qui se trouve chez tous les peuples ; c’est le sentiment religieux. Le propre de ce sentiment, c’est que les objets auxquels il se rapporte sont à la fois invisibles et concrets. C’est un être personnel, le Dieu suprême, ou bien d’autres êtres surnaturels et invisibles ; ce sont les âmes des défunts, c’est une nouvelle vie après la mort, qui sont les objets de la religion.

Le sentiment religieux réunit en lui-même les caractères des affections personnelles, et ceux de l’amour des idées immatérielles. Dans les dogmes et dans la morale religieuse se trouvent les idées du beau, du vrai et du bien ; mais ces idées se rapportent à de véritables personnes, à un monde de réalités invisibles.

Les idées religieuses se manifestant sur la terre sous forme de sociétés visibles, le sentiment religieux devient l’amour d’un culte et d’une église particulière ; il devient alors, comme le patriotisme, un sentiment inspiré par une idée collective. On voit combien sont variés les objets qui provoquent dans notre âme cet ordre d’émotion que nous avons appelé sensibilité morale.

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Il y a enfin des objets qui ont un rapport avec les croyances religieuses, et qui peuvent ainsi être l’objet de notre amour par reflet du sentiment religieux ; ce sont les objets bénits et consacrés, ou les symboles des idées religieuses.

Dans tous ces cas, les objets matériels ne sont aimés et haïs que d’une manière indirecte, par l’effet de l’amour de nous-même, de celui des autres personnes, de l’amour de la beauté ou du sentiment religieux.

Ces objets peuvent-ils être aimés directement pour eux-mêmes ? La réponse semble devoir être négative. Dépouillez les objets matériels de toute utilité, de toute beauté, de tout rapport avec une personne déterminée, et de tout caractère religieux, et vous les dépouillerez par là même de toute influence sur le cœur humain. Ce ne seront plus que de simples objets de perception, que la science pourra classer et comparer, mais qui laisseront la partie sensible de l’âme dans une complète indifférence. »

« Le plaisir, l’intérêt et le devoir », extrait de « Dieu, la conscience et la morale ». Page 46 à 47

« L’homme peut choisir, mais il ne choisit pas au hasard. Avant de choisir, il délibère ; cette délibération porte sur les motifs de ses actions. Il examine s’il doit agir de telle manière, si cela est bien, si cela est utile, si cela est honorable, si cela est agréable.

Les motifs de faire telle ou telle action sont fournis par la raison. Ils se ramènent, en général, à trois motifs principaux, le plaisir, l’intérêt et le devoir.

Le plaisir, c’est notre propre jouissance, notre jouissance actuelle.

L’intérêt, c’est le bonheur considéré dans l’avenir, ce sont les conséquences éloignées, heureuses ou malheureuses, de nos actions.

Le devoir est un motif à part, c’est le bien absolu ; c’est l’idée qu’une action est obligatoire ou défendue, qu’il est bien ou mal en soi de la faire. Le devoir peut être poursuivi indépendamment du plaisir ou de l’intérêt. Fais ce que dois, advienne que pourra, telle est la maxime du devoir pur.

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Mais il y a un cas tout différent : c’est celui où l’homme choisit non entre deux moyens, mais entre deux fins, c’est-à-dire entre deux objets désirables par diverses raisons, mais d’espèce et de nature différentes.

Tel est le choix entre le plaisir et le devoir. Le plaisir est agréable, le devoir est bon en soi. Aucune comparaison, aucune balance ne peut être établie entre deux motifs de nature si différente. Agréable, obligatoire sont deux idées diverses, comme le seraient la longueur et le poids d’un objet. On ne saurait dire lequel est le plus grand, le plus fort ni le meilleur entre un mètre et un kilogramme ; on ne saurait dire non plus lequel est le plus fort du motif du plaisir et de celui du devoir. Le plaisir est plus fort aux yeux de celui qui cherche sa jouissance ; le devoir est plus fort aux yeux de celui qui veut être vertueux. (Note du blog la France chrétienne : la recherche de jouissance est la plaie du XXIe siècle).

Mais la détermination entre ces deux désirs, de jouir ou d’être vertueux, se fait par la volonté elle-même. »

« Les vertus et les vices », extrait de « Dieu, la conscience et la morale ». Page 49

« Le jeu de la volonté libre ne subit pas seulement l’influence de la sensibilité, il est aussi modifié par l’habitude.

Les habitudes intellectuelles et morales sont analogues aux habitudes corporelles. Ce sont également des tendances et des facilités à agir, produites par des actes répétés.

L’homme fait plus facilement ce qu’il a fait souvent : il accomplit plus difficilement les actes qui sont nouveaux pour lui.

La liberté, cependant, n’est pas détruite. Elle peut réagir contre les habitudes et en triompher.

Elle peut aussi se servir de la force de l’habitude pour parvenir à ses fins.

En répétant courageusement des actes difficiles, l’homme acquiert plus de facilité à les faire. Il acquiert ainsi une force dont sa liberté peut disposer.

Les bonnes habitudes morales se nomment vertus. Les vertus ne s’acquièrent que par des efforts répétés et persévérants.

Les mauvaises habitudes morales se nomment vices ; ils se produisent naturellement, lorsque la volonté s’abandonne aux passions prédominantes. »

« Les lois de l’association des idées », extrait de « Dieu, la conscience et la morale ». Page 50 à 52

« La volonté exerce aussi son action sur l’intelligence. Elle dirige notre esprit et le fixe sur certains objets. Cette application de la volonté à l’intelligence porte le nom d’attention.

L’attention est souvent pénible ; nous avons de la peine à maîtriser et à diriger nos pensées ; il y a des distractions involontaires.

Les distractions ou les pensées non dirigées par l’attention proviennent de deux causes ; elles naissent, d’une part, des perceptions d’objets extérieurs et des sensations physiques qui interviennent au milieu de nos occupations.

Elles proviennent également d’une évolution interne et involontaire de nos pensées qui se succèdent l’une à l’autre et dont chacune provoque la naissance de la suivante. Ainsi la pensée d’un soldat rappelle celle de la guerre ; celle-ci, celle d’une blessure, d’un hôpital ; de là nous passons à l’idée d’une sœur de charité ; cette idée nous fait penser au dévouement, à la religion, à Dieu, et ainsi de suite.

Ce mouvement involontaire et continu de nos pensées est soumis à des lois très compliquées et très difficiles à déterminer que l’on nomme lois de l’association des idées. Les idées se succèdent souvent suivant leur ressemblance ; quelquefois une idée provoque l’idée contraire ; d’autres fois une idée est suggérée par un détail d’une idée précédente ; quelquefois c’est le son des mots qui fait naître une pensée inattendue.

L’attention ou la pensée volontaire est obligée de lutter contre ce mouvement irrégulier de la pensée. Elle le fait souvent en se servant des lois même de l’association des idées. Les objets matériels qui nous entourent nous rappellent les pensées sur lesquelles notre attention doit se fixer. En disposant convenablement comme des jalons ou des points de repère ces objets, en plaçant notre corps (qui obéit à la volonté mieux que l’esprit) dans le voisinage de certains objets ou en lui faisant prendre certaines attitudes, nous amenons notre intelligence vers certaines pensées et nous la fixons sur les objets qu’elle doit examiner.

L’attention n’est pas la seule action de la volonté libre sur l’intelligence. Elle agit aussi sur le jugement.

Il y a certains jugements tellement évidents qu’ils sont involontaires. Tels sont les axiomes ou les jugements qui résultent de la perception.

Mais il en est d’autres que l’intelligence ne prononce qu’après examen et d’une manière réfléchie. Dans ce cas, il dépend de notre volonté soit de suspendre notre jugement et de continuer l’enquête sur la vérité, soit même de suspendre notre jugement sans continuer la recherche et en détournant notre esprit vers un autre objet, soit au contraire de prononcer un jugement, d’affirmer une opinion, de déclarer que tel fait existe ou n’existe pas.

Cette action libre de la volonté sur l’intelligence engage notre responsabilité. Il peut y avoir faute à juger avec précipitation, à juger témérairement, surtout quand il s’agit du prochain. Il peut, au contraire, y avoir faute à suspendre trop longtemps son jugement, à rester dans le doute ou la défiance. »

« La double sensibilité morale », extrait de « Dieu, la conscience et la morale ». Page 53

Mais il y a aussi des mouvements de cœur, des sentiments ou des affections qui sont délibérés, qui résultent de l’union de l’affection spontanée avec la volonté libre.

Les mouvements délibérés peuvent être méritoires ou coupables ; il y a de bonnes, de saintes affections ; il y a des affections mauvaises.

Le rôle de la volonté consiste à choisir parmi les mouvements spontanés du cœur, à adopter les uns, à les embrasser et à s’y complaire, à repousser et à réprimer les autres.

Quand la volonté accomplit ce choix avec le devoir pour règle, elle rend le cœur bon ; les bons sentiments se développent, les sentiments qui deviendraient coupables, s’ils étaient volontaires, sont réprimés ; il n’en reste que les premiers mouvements qui ne dépendent pas de nous.

Quand, au contraire, la volonté s’abandonne aux passions mauvaises, ces mouvements, qui n’étaient pas répréhensibles tant qu’ils étaient spontanés, deviennent coupables par l’adhésion de la volonté ; ils se développent et le cœur se corrompt, tandis que les bons sentiments sont réprimés et s’affaiblissent.

Il y a donc une double sensibilité morale, l’une indélibérée, qui précède l’action de la volonté ; l’autre délibérée, qui en est la conséquence. C’est cette dernière seule qui engage la responsabilité de l’homme et le rend vertueux ou coupable, digne de blâme ou d’éloge. »

« Distinction de l’âme et du corps », extrait de « Dieu, la conscience et la morale ». Page 55 à 57

« Lorsque nous faisons un mouvement à la suite d’une sensation ou pour parer à un danger, c’est le même être qui éprouve la sensation et qui ordonne le mouvement ; c’est celui qui craint qui prend une précaution. Partout se retrouve l’unité, partout dans l’âme la diversité aboutit à un centre unique.

De plus, ce centre est durable. L’âme est identique. Elle se reconnaît elle-même lorsqu’elle se souvient de son passé. Cette identité est d’autant plus évidente que nos pensées, nos sensations, nos facultés, notre caractère sont plus différents suivant les époques de notre vie. C’est au milieu d’un immense changement de propriétés, de phénomènes, d’habitudes, de circonstances, que notre moi se retrouve lui-même, se sent le même être.

Cette identité durable de l’âme peut encore être démontrée par une de ses conséquences. Nous nous sentons responsables de nos actes passés. Nous sentons qu’ils peuvent nous être imputés à juste titre, que nous devons souffrir pour expier nos mauvaises actions, qu’il est juste que le bonheur soit la récompense de nos bonnes œuvres.

Or, la responsabilité serait-elle concevable si l’être qui a agi hier n’était pas le même que celui à qui on demande compte de son acte aujourd’hui ? Si le condamné était un autre individu que l’assassin, toute condamnation serait injuste.

Notre identité est donc aussi certaine à nos propres yeux que la justice des châtiments et des récompenses est certaine pour notre conscience.

Centre unique et identique, l’âme n’est point une abstraction, une pure idée, comme le serait une ligne ou un point géométrique. Elle est une force, une activité constamment en exercice, se sentant toujours agir. Elle agit spontanément : sous l’influence de ses sensations, de ses pensées, de ses désirs, l’âme produit de nouveaux sentiments, de nouvelles pensées, de nouveaux désirs ; son activité se traduit dans son corps par des mouvements.

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Il y a en l’homme deux êtres, le corps, et l’âme qui fait vivre le corps, qui sent, qui veut et qui pense.

Cette âme, distincte du corps entier, serait-elle identique à un des organes du corps, au cerveau, par exemple ?

Nullement. Le cerveau est multiple, il est un composé de molécules. Le cerveau n’a pas d’identité, ses molécules se renouvellent et se substituent les unes aux autres. Le cerveau, simple masse de chair, est aussi incapable de liberté et d’intelligence que le corps entier.

Distincte du corps, distincte du cerveau, l’âme serait-elle une matière subtile, un souffle, comme l’ont cru les anciens ?

Cela est encore impossible. Une matière subtile est toujours composée de molécules ; un souffle n’est autre chose que l’assemblage d’un certain nombre d’atomes de gaz ; ces atomes se meuvent passivement d’après les lois de la mécanique. Il n’y a encore rien là qui puisse être le support de l’unité, de l’activité, de la liberté, de l’intelligence de notre âme.

Il faut donc conclure que l’âme est un être d’une espèce particulière, un cire différent par nature du corps, un être immatériel, invisible et intangible.

On objecte à cette idée qu’on ne voit pas l’âme, d’où on conclut qu’elle n’existe pas.

Cette objection est frivole. On ne voit pas l’âme, non parce qu’elle n’existe pas, mais parce qu’elle est invisible par nature.

On ne voit pas l’âme, mais on la sent par la conscience. Elle ne tombe pas sous les sens extérieurs, mais elle est saisie par le sens intérieur.

Chaque espèce de phénomènes ou d’êtres est perceptible selon sa nature par divers procédés.

On ne voit pas les sons ; on n’entend pas les couleurs ; de même on n’entend ni ne voit l’âme, mais on la sent intérieurement.

On la voit aussi et on l’entend, mais d’une manière indirecte, au travers du corps qu’elle anime. En présence d’un homme vivant, nous sentons que nous sommes en rapport avec une personne, avec un être individuel.

En présence d’un cadavre, nous sentons qu’il n’y a personne, que l’être individuel a disparu, qu’il n’y a plus que des éléments matériels.

On raconte qu’un matérialiste, auprès du lit de mort d’un agonisant, dit à un de ses amis, un instant après la mort : « Avez-vous vu passer l’âme ? » A quoi l’autre répondit : « Avez-vous vu passer la vie ? »

Aux yeux d’un observateur impartial et de bon sens, quand un être plein de vie, d’amour, en pleine possession d’une volonté énergique, vient à être remplacé par un cadavre inerte, quelqu’un a disparu ; il y a eu soit départ, soit destruction d’un être. Il n’y a pas eu une simple modification de la matière. »

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La décadence morale du XXIe siècle

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Les événements contemporains s’expliquent par l’absence d’enseignement moral et théologique. Bien évidemment, une partie de la population française nie ce fait pour la simple raison qu’elle est maintenue dans les filets spirituels de l’ennemi. Il faut le dire haut et fort : la civilisation occidentale est devenue orgueilleuse au plus haut point.

Ce phénomène n’est pas nouveau puisqu’il remonte à la nuit des temps, lorsque l’humanité rejette la supériorité divine. Ce sujet sera d’ailleurs abordé, en temps voulu, grâce aux merveilleux écrits de l’abbé de Broglié. Pour l’instant, contentons-nous de découvrir le programme officiel des écoles du XIXe siècle.

Un constant s’impose : beaucoup d’adultes du XXIe siècle ne connaissent plus ce que les enfants du XIXe siècle savaient. Par conséquent, la décadence contemporaine est un effet de cette absence de connaissance. Même si les gens ne veulent pas entendre ce genre de discours en cette année 2016, ils n’auront plus le choix lorsque la guerre civile aura commencé à tout dévaster. C’est à ce moment-là que nous interviendrons pour reprendre le contrôle de la nation afin qu’une dictature homicide ne puisse pas s’instaurer malicieusement.

« Programmes officiels du 27 juillet 1882 » tiré de « Dieu, la conscience, le devoir » de l’abbé de Broglié

Annexés à l’arrêté ministériel réglant l’organisation pédagogique et le plan d’études des écoles primaires publiques.

MORALE.

COURS ELEMENTAIRE (de 7 à 9 ans). — Entretiens familiers. Lecture avec explications (récits ; exemples, préceptes, paraboles et fables). Enseignement par le cœur. Exercices pratiques tendant à mettre la morale en action dans la classe même :

1° Par l’observation individuelle des caractères (tenir compte des prédispositions des enfants pour corriger leurs défauts avec douceur ou développer leurs qualités) ;

2° Par l’application intelligente de la discipline scolaire comme moyen d’éducation (distinguer soigneusement le manquement au devoir de la simple infraction au règlement, faire saisir le rapport de la faute à la punition, donner l’exemple dans le gouvernement de la classe d’un scrupuleux esprit d’équité, inspirer l’horreur de la délation, de la dissimulation, de l’hypocrisie, mettre au-dessus de tout la franchise et la droiture et pour cela ne jamais décourager le franc-parler des enfants, leurs réclamations, leurs demandes, etc.) ;

3° Par l’appel incessant au sentiment et au jugement moral de l’enfant lui-même (faire souvent les élèves juges de leur propre conduite, leur faire estimer surtout chez eux et chez les autres l’effort moral et intellectuel, savoir les laisser dire et les laisser faire, sauf à les amener ensuite à découvrir par eux-mêmes leurs erreurs ou leurs torts) ;

4° Par le redressement des notions grossières (préjugés et superstitions populaires, croyances aux sorciers, aux revenants, à l’influence de certains nombres, terreurs folles, etc.) ;

5° Par l’enseignement à tirer des faits observés par les enfants eux-mêmes ; à l’occasion, leur faire sentir les tristes suites des vices dont ils ont parfois l’exemple sous les yeux ; de l’ivrognerie, de la paresse, du désordre, de la cruauté, des appétits brutaux, etc., en leur inspirant autant de compassion encore pour les victimes du mal que d’horreur pour le mal lui-même ; — procéder de même par voie d’exemples concrets et d’appels à l’expérience immédiate des enfants pour les initier aux émotions morales, les élever, par exemple, au sentiment d’admiration pour l’ordre universel et au sentiment religieux en leur faisant contempler quelques grandes scènes de la nature ; au sentiment de la charité, en leur signalant une misère à soulager, en leur donnant l’occasion d’un acte effectif de charité à accomplir avec discrétion, aux sentiments de la reconnaissance et de la sympathie par le récit d’un trait de courage, par la visite à un établissement de bienfaisance, etc.

COURS MOYEN (de 9 à 11 ans). — Entretiens, lectures avec explications, exercices pratiques. — Même mode et mêmes moyens d’enseignement que précédemment, avec un peu plus de méthode et de précision. — Coordonner les leçons et les lectures de manière à n’omettre aucun point important des programmes ci-dessous :

I. L’enfant dans la famille. Devoir envers les parents et les grands-parents. — Obéissance, respect, amour, reconnaissance. — Aider les parents dans leurs travaux ; les soulager dans leurs maladies ; venir à leur aide dans leurs vieux jours.

Devoirs des frères et sœurs. — S’aimer les uns les autres ; protection des plus âgés à l’égard des plus jeunes ; action de l’exemple.

Devoirs envers les serviteurs. — Les traiter avec politesse, avec bonté.

L’enfant dans l’école. — Assiduité, docilité, travail, convenance. — Devoirs envers l’instituteur. — Devoirs envers les camarades.

La patrie. — La France, ses grandeurs et ses malheurs. — Devoirs envers la patrie et la société.

II. Devoirs envers soi-même. — Le corps : propreté, sobriété et tempérance ; dangers de l’ivresse, gymnastique.

Les biens extérieurs. — Économie (conseils de Franklin ; éviter les dettes ; funestes effets de la passion du jeu ; ne pas trop aimer l’argent et le gain ; avarice). Le travail (ne pas perdre de temps, obligation du travail pour tous les hommes, noblesse du travail manuel).

L’âme. — Véracité et sincérité ; ne jamais mentir. — Dignité personnelle, respect de soi-même. — Modestie : ne point s’aveugler sur ses défauts. — Éviter l’orgueil, la vanité, la coquetterie, la frivolité. — Avoir honte de l’ignorance et de la paresse. — Courage dans le péril et dans le malheur ; patience, esprit d’initiative. — Dangers de la colère. Traiter les animaux avec douceur ; ne point les faire souffrir inutilement. — Loi Grammont, sociétés protectrices des animaux.

Devoirs envers les autres hommes. — Justice et charité (ne faites pas à autrui ce que vous ne voudriez pas qu’on vous fît ; faites aux autres ce que vous voudriez qu’ils vous fissent). — Ne porter atteinte ni à la vie, ni à la personne, ni aux biens, ni à la réputation d’autrui. — Bonté, fraternité. — Tolérance, respect de la croyance d’autrui.

N. B. Dans tout ce cours, l’instituteur prend pour point de départ l’existence de la conscience, de la loi morale et de l’obligation. Il fait appel au sentiment et à l’idée du devoir, au sentiment et à l’idée de responsabilité, il n’entreprend pas de les démontrer par exposé théorique.

Devoirs envers Dieu. — L’instituteur n’est pas chargé de faire un cours ex professo sur la nature et les attributs de Dieu ; l’enseignement qu’il doit donner à tous indistinctement se borne à deux points : d’abord, il leur apprend à ne pas prononcer légèrement le nom de Dieu ; il associe étroitement dans leur esprit à l’idée de la cause première et de l’Être parfait un sentiment de respect et de vénération, et il habitue chacun d’eux à environner du même respect cette notion de Dieu, alors même qu’elle se présenterait à lui sous des formes différentes de celles de sa propre religion.

Ensuite, et sans s’occuper des prescriptions spéciales aux diverses communions, l’instituteur s’attache à faire comprendre et sentir à l’enfant que le premier hommage qu’il doit à la divinité, c’est l’obéissance aux lois de Dieu, telles que les lui révèlent sa conscience et sa raison.

COURS SUPÉRIEUR (de 11 à 13 ans). — Entretiens, lectures, exercices pratiques comme dans le cours élémentaire et le cours moyen. Celui-ci comprend de plus, en une série régulière de leçons dont le nombre et l’ordre pourront varier, un enseignement élémentaire de la morale en général et plus particulièrement de la morale sociale, d’après le programme ci-après :

I. La famille. — Devoirs des parents et des enfants ; devoirs réciproques des maîtres et des serviteurs.

II. La société. — Nécessité et bienfaits de la société. La justice, condition de toute société, La solidarité, la fraternité humaine. Applications et développements de l’idée de justice ; respect de la vie et de la liberté humaine, respect de la propriété, respect de la parole donnée, respect de l’honneur et de la réputation d’autrui. La probité, l’équité, la délicatesse. Respect des opinions et des croyances. Applications et développements de l’idée de charité ou de fraternité. Ses divers degrés, devoir de bienveillance, de reconnaissance, de tolérance, de clémence, etc. Le dévouement, forme suprême de la charité, montrer qu’il peut trouver place dans la vie de tous les jours.

III. La patrie. — Ce que l’homme doit à la patrie : l’obéissance aux lois, le service militaire, discipline, dévouement, fidélité au drapeau. — L’impôt (condamnation de toute fraude envers l’État). — Le vote (il est moralement obligatoire, il doit être libre, consciencieux, désintéressé, éclairé). — Droits qui correspondent à ces devoirs ; liberté individuelle, liberté de conscience, liberté du travail, liberté d’association, garantie de la sécurité de la vie et des biens de tous. La souveraineté nationale. Explication de La devise républicaine : Liberté, Égalité, Fraternité-. Dans chacun de ces deux chapitres du cours de morale sociale, on fera remarquer A, l’élève, sans entrer dans des discussions métaphysiques :

1° La différence entre le devoir et l’intérêt, même lorsqu’ils semblent se confondre, c’est-à-dire le caractère impératif et désintéressé du devoir.

2° La distinction entre la loi écrite et la loi morale : l’une fixe un minimum de prescriptions que la société impose à tous ses membres sous des peines déterminées ; l’autre impose dans le secret de sa conscience un devoir que nul ne le contraint à remplir, mais auquel il ne peut faillir sans se sentir coupable envers lui-même et envers Dieu.

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