La fabrication de la légende noire du Moyen Âge

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Voici une indispensable conférence de Claire Colombi à écouter : la fabrication de la légende noire du Moyen Âge

Texte complet de la conférence

http://christroi.over-blog.com/2016/11/la-fabrication-de-la-legende-noire-du-moyen-age-par-claire-colombi.html

Vidéos de la conférence

Hitler, socialiste antisémite et raciste

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Les articles sur l’Ancien Testament ont été publiés. La partie du Nouveau Testament sera publiée l’année prochaine, à partir du mois de juin 2017, sur le blog https://saintmichelarchange.wordpress.com/. Vous retrouverez sur ce même blog saintmichelarchange, à partir du mois de septembre, l’histoire de Maman Marguerite, mère de saint Jean Bosco, suivi de l’histoire de saint Dominique Savio. Le travail a été conséquent.

J’en profite pour vous faire connaître une facette cachée du parti nazi : celui-ci était socialiste. Le parti s’appelait tout d’abord « Parti des Travailleurs Allemands » avant de se transformer en « Parti National-Socialiste des Travailleurs Allemands ». Son antisémitisme et son racisme lui ont assuré une odieuse progression en se basant sur la rapine et le meurtre de populations soi-disant inférieures.

Cette immonde doctrine rappelle le malthusianisme et son ambition moderne (le transhumanisme) de dépeupler la planète sans prendre soin des hommes qui y habitent. Il est plus facile de « tuer l’homme » par toutes sortes de moyens (finance totalitaire, technologie liberticide, chômage de masse, migrations de peuples qui ne se comprennent pas (cela rappelle l’invasion des peuples européens sur le continent américain. Ces mouvements de masse ont déclenché la guerre civile entre les néo-américains et les tribus autochtones amérindiennes. Cela a fini par engendrer le terrible génocide amérindien), etc.) que de chercher « à l’anoblir ».

Par conséquent, la doctrine nazie, comme tant d’autres, est opposée à l’histoire sacrée des Hébreux et de leurs successeurs Chrétiens, peuples dignes de la vraie foi en Jésus-Christ, Fils de Dieu, Béni à jamais. Si la France est aujourd’hui athée, elle retrouvera la vraie foi après avoir grandement souffert. Il s’agit d’une promesse formelle.

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Hitler, socialiste antisémite et raciste

Du DAP au NSDAP

En octobre 1919, Adolf Hitler adhère au Parti des Travailleurs Allemands, Deutsche Arbeiterpartei (DAP), séduit par Anton Drexler, l’un de ces fondateurs, qui lui avait remis une brochure dont il était l’auteur, intitulé « Mon éveil politique ». Le DAP, créé la même année, était un parti d’influence révolutionnaire antisémite, anti-occidental, anti-slave et… anti-capitaliste.

Du Parti des Travailleurs Allemands, le nom sera modifié en Parti National-Socialiste des Travailleurs Allemands (NSDAP) suivant les recommandations de Hitler lui-même en 1920. C’est un peu plus tard, en avril 1921, qu’il prit la tête du NSDAP.

Il est à noter que le DAP/NSDAP fût fondé avec des socialistes révolutionnaires, principalement Anton Drexler. Ce fait est rappelé par l’historien William Shirer dans « Le Troisième Reich, des origines à la chute ».

Les 25 points du DAP

Quelques mois avant le changement de nom du Parti des Travailleurs Allemands (DAP), Adolf Hitler présente lui-même un programme en 25 points, votés et approuvés devant une assemblée de 2,000 membres, le 24 février 1920 à Munich, dans la brasserie Hofbräuhaus.

Parmi ces 25 points, quelques intitulés que ne renieraient certainement pas, bien des partis de gauche, encore aujourd’hui :

7. Nous exigeons que l’État s’engage à procurer à tous les citoyens des moyens d’existence.
11. La suppression du revenu des oisifs et de ceux qui ont la vie facile, la suppression de l’esclavage de l’intérêt.
13. Nous exigeons la nationalisation de toutes les entreprises appartenant aujourd’hui à des trusts.
14. Nous exigeons une participation aux bénéfices des grandes entreprises.
15. Nous exigeons une augmentation substantielle des pensions des retraités.
16. Nous exigeons la création et la protection d’une classe moyenne saine, la remise immédiate des grands magasins à l’administration communale et leur location, à bas prix, aux petits commerçants. La priorité doit être accordée aux petits commerçants et industriels pour toutes les livraisons à l’État, aux Länder ou aux communes.
17. Nous exigeons une réforme agraire adaptée à nos besoins nationaux, la promulgation d’une loi permettant l’expropriation, sans indemnité, de terrains à des fins d’utilité publique – la suppression de l’imposition sur les terrains et l’arrêt de toute spéculation foncière.
20. L’extension de notre infrastructure scolaire doit permettre à tous les Allemands bien doués et travailleurs l’accès à une éducation supérieure, et par là à des postes de direction. Les programmes de tous les établissements d’enseignement doivent être adaptés aux exigences de la vie pratique. L’esprit national doit être inculqué à l’école dès l’âge de raison (cours d’instruction civique). Nous demandons que l’Etat couvre les frais de l’instruction supérieure des enfants particulièrement doués de parents pauvres, quelle que soit la classe sociale ou la profession de ceux-ci.
21. L’État doit se préoccuper d’améliorer la santé publique par la protection de la mère et de l’enfant, l’interdiction du travail de l’enfant, l’introduction de moyens propres à développer les aptitudes physiques par l’obligation légale de pratiquer le sport et la gymnastique, et par un puissant soutien à toutes les associations s’occupant de l’éducation physique de la jeunesse.
25. Pour mener tout cela à bien, nous demandons la création d’un pouvoir central puissant, l’autorité absolue du parlement politique central sur l’ensemble du Reich et de ses organisations, ainsi que la création de Chambres professionnelles et de bureaux municipaux chargés de la réalisation, dans les différents Länder, des lois-cadre promulguées par le Reich.

Source : http://webresistant.over-blog.com/article-hitlerisme-rohmisme-le-socialisme-hitlerien-111215699.html

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Le Monde Diplomatique, mai 2005, texte de Götz Aly, « Ainsi Hitler acheta les Allemands ». Götz Aly est également l’auteur de « L’Etat du peuple de Hitler. Pillage, guerre raciale et socialisme national » paru en 2005.

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La politique de Hitler a longtemps bénéficié d’un solide consensus, résultat d’une propagande massive et d’une répression féroce. L’historien Götz Aly révèle, lui, comment les nazis mirent à profit le pillage de l’Europe, à commencer par celui des biens juifs, pour assurer aux Allemands un niveau de vie élevé.

Par Götz Aly

 

Historien, Berlin. Ce texte est extrait de son livre Hitlers Volkstaat. Raub, Rassenkrieg und Nationaler Sozialismus (L’Etat du peuple de Hitler. Pillage, guerre raciale et socialisme national), publié en mars 2005 chez S.Fischer (Francfort), et dont la traduction en français sortira chez Flammarion (Paris) en octobre 2005.

Ce livre traite une question simple, qui n’a toujours pas trouvé de réponse : comment cela a-t-il pu arriver ? Comment les Allemands ont-ils pu, chacun à son niveau, permettre et commettre des crimes de masse sans précédent, en particulier le génocide des juifs d’Europe ? Si la haine attisée par l’Etat de toutes les populations « inférieures », des « polacks », des « bolcheviques » et des « juifs », faisait sans doute partie des conditions nécessaires, elle ne constitue pas une réponse suffisante.

Dans les années précédant le régime hitlérien, il n’y avait pas plus de ressentiment chez les Allemands que chez les autres Européens ; leur nationalisme n’était pas plus raciste que celui des autres nations. Il n’y a pas eu de Sonderweg (exception allemande) qui permettrait d’établir une relation logique avec Auschwitz. L’idée qu’une xénophobie spécifique, un antisémitisme exterminateur, se serait développée très tôt en Allemagne ne repose sur aucune base empirique. Supposer qu’un fourvoiement aux conséquences particulièrement funestes aurait nécessairement des causes spécifiques et lointaines est une erreur. Le Parti national-socialiste allemand des travailleurs (NSDAP) doit la conquête et la consolidation de son pouvoir à un ensemble de circonstances, et les facteurs les plus importants se situent après 1914, pas avant.

La relation entre peuple et élite politique sous le national-socialisme se trouve au centre de cette étude. Il est établi que l’édifice du pouvoir hitlérien fut, dès le premier jour, extrêmement fragile, et il faut se demander comment il fut stabilisé, de manière approximative, certes, mais suffisante pour durer douze années enflammées et destructrices. C’est pourquoi il convient de préciser la question posée d’abord de façon générale («Comment cela a-t-il pu arriver?») : comment une entreprise qui apparaît de manière rétrospective aussi ouvertement mystificatrice, mégalomane et criminelle que le nazisme a-t-elle pu faire l’objet d’un consensus politique d’une ampleur que nous avons aujourd’hui du mal à expliquer ?

Pour essayer d’apporter une réponse convaincante, je considère le régime nazi sous un angle qui le présente comme une dictature au service du peuple. La période de la guerre, qui fait également ressortir très clairement les autres caractéristiques du nazisme, permet de répondre au mieux à ces questions si importantes. Hitler, les Gauleiter (chefs régionaux) du NSDAP, une bonne partie des ministres, secrétaires d’Etat et conseillers ont agi en démagogues classiques, se demandant systématiquement comment assurer et consolider la satisfaction générale, achetant chaque jour l’approbation de l’opinion, ou, à tout le moins, son indifférence. Donner et recevoir fut la base sur laquelle ils érigèrent une dictature consensuelle toujours majoritaire dans l’opinion, l’analyse de l’effondrement intérieur à la fin de la première guerre mondiale ayant fait apparaître les écueils que devait éviter leur politique de bienfaisance populaire.

Pendant la seconde guerre mondiale, les responsables nazis tentèrent donc d’une part de distribuer les vivres de façon que leur répartition soit ressentie comme juste, surtout par les plus modestes ; d’autre part, ils firent tout pour maintenir la stabilité au moins apparente du reichsmark (RM) afin de prévenir tout scepticisme lié au souvenir de l’inflation de guerre de 1914 à 1918 ou de l’effondrement de la monnaie allemande en 1923 ; enfin, ils firent en sorte, ce qui n’avait pas été le cas pendant la première guerre mondiale, de rétribuer suffisamment les familles, qui recevaient près de 85% des salaires nets antérieurs des soldats mobilisés ; contre moins de la moitié pour les familles britanniques et américaines dans la même situation. Il n’était pas rare que les épouses et les familles des soldats allemands aient plus d’argent qu’avant la guerre ; elles bénéficiaient aussi des cadeaux rapportés en masse par les permissionnaires et des colis envoyés des pays occupés par la poste aux armées.

Pour renforcer cette illusion d’acquis garantis et susceptibles encore de s’accroître, Hitler obtint que ni les paysans, ni les ouvriers, ni même les employés et les petits et moyens fonctionnaires ne soient touchés de manière significative par des impôts de guerre, ce qui représentait là encore une différence essentielle par rapport à la Grande-Bretagne et aux Etats-Unis. Mais cette exonération de la grande majorité des contribuables allemands s’accompagna d’une augmentation considérable de la charge fiscale pour les couches sociales disposant de gros ou de très gros revenus. L’impôt exceptionnel de 8 milliards de reichsmarks que durent verser les propriétaires immobiliers fin 1942 constitue ainsi un exemple frappant de la politique de justice sociale pratiquée ostensiblement par le IIIe Reich, tout comme l’exonération fiscale des primes pour le travail de nuit, le dimanche et les jours fériés accordée après la victoire sur la France, et considérée jusque récemment par les Allemands comme un acquis social.

Autant le régime nazi fut impitoyable dans le cas des juifs et des populations considérées, d’un point de vue racial, comme inférieures ou étrangères (fremdvölkisch), autant sa conscience de classe le poussait à répartir les charges à l’avantage des plus faibles.

Il va de soi que les seules classes fortunées (4% des contribuables allemands gagnaient alors plus de 6000RM par an) ne pouvaient apporter par leurs impôts les fonds nécessaires au financement de la seconde guerre mondiale. Mais alors, comment la guerre la plus coûteuse de l’histoire mondiale fut-elle financée pour que la majorité de la population s’en trouve le moins affectée possible ? La réponse est évidente : Hitler a épargné les aryens moyens aux dépens du minimum vital d’autres catégories de personnes.

Pour conserver les faveurs de son propre peuple, le gouvernement du Reich a aussi ruiné les monnaies d’Europe en exigeant des frais d’occupation toujours plus élevés. Pour assurer le niveau de vie de sa population, il fit voler aux autres des millions de tonnes de denrées alimentaires pour nourrir ses soldats, et expédier ce qui restait en Allemagne. De même que les armées allemandes étaient censées se nourrir sur le dos des pays occupés, elles devaient régler leurs dépenses courantes avec l’argent de ces pays, et elles y parvinrent largement.

Les soldats allemands déployés à l’étranger –autrement dit, presque tous– et l’ensemble des prestations fournies à la Wehrmacht dans les pays occupés, les matières premières, produits industriels et denrées alimentaires achetés sur place pour la Wehrmacht ou destinés à être expédiés en Allemagne, tout cela était payé en monnaie autre que le reichsmark. Les responsables appliquaient expressément les principes suivants : si quelqu’un doit mourir de faim, que ce soient les autres ; si l’inflation de guerre est inévitable, qu’elle touche tous les pays sauf l’Allemagne.

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Rome hier, nous aujourd’hui. Le déclin sordide

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Le philosophe célèbre George Santayana a écrit : « Ceux qui ignorent les leçons de l’Histoire devront les revivre ».

Nous devons en conséquence écouter les historiens qui ont recueilli des preuves sur le passé. Beaucoup ont écrit sur Rome. Écoutons les !

L’histoire regorge d’exemples de grandes nations qui ont atteint une position de pouvoir, prospéré pendant un certain temps, ont commencé à décliner, et, enfin, ont été emportés dans l’oubli.

L’exemple le plus remarquable de ces superpuissances du passé est l’Empire romain. Il y a deux mille ans, la richesse et la force militaire de Rome défiaient l’imagination du monde antique. Mais quand le « pain gratuit et le cirque » sont devenus plus importants pour les gens que le travail acharné et le patriotisme, Rome a commencé à s’effriter.

À travers les œuvres historiques de Edward Gibbon, Philip Myers, Samuel Dill, Jérôme Carcopino et d’autres, nous apprenons que la disparition de la puissante Rome a été provoquée par les mêmes maladies nationales qui sont actuellement prédominantes aux États-Unis et dans d’autres nations dans l’Ouest : la criminalité endémique, l’inflation, une rupture du foyer et l’augmentation des divorces, une explosion dans la bureaucratie gouvernement, le bien être social généralisé, le déclin du patriotisme, et l’effondrement de la volonté nationale.

Jetons un coup d’oeil de plus près à la Rome antique.

Comme l’Amérique ou l’Europe, Rome a été construite sur la base solide d’une structure familiale stable. Mais au début du deuxième-siècle après JC, la plupart des pères romains avaient succombé aux tendances de l’époque: «Ayant abandonné l’habitude de contrôler leurs enfants, ils ont laissé leurs enfants les gouverner, et ont pris plaisir à se saigner à blanc pour satisfaire les caprices coûteux de leur progéniture. Le résultat a été que leur a succédé une génération d’oisifs et de gaspilleurs, qui avaient pris l’habitude de luxe et perdu tout sens de la discipline « (Carcopino, vie quotidienne dans l’Antiquité).

Dans le même temps Rome a vu «une épidémie de divorces”, écrit le même auteur. Il cite Sénèque comme ayant déclaré: «Ils se marient pour le divorce».

Était-ce si différent de notre société moderne?

Carcopino nous dit que « les droits des femmes » était un mouvement fortement développé dans la société romaine: « Certaines femmes éludaient les devoirs de la maternité de peur de perdre leur bonne mine, certains ont acquis la fierté d’être derrière leurs maris dans aucune de leurs sphères d’activité, et rivalisaient avec eux dans des épreuves de force. Certaines ne se contentaient pas de vivre leur vie aux côtés de leur mari, mais étaient portées sur une autre vie sans lui. Il est évident que les mariages malheureux doivent avoir été innombrables «.

Les résultats ? Une dégradation continue dans la structure de la famille et de la désintégration de la relation parent-enfant.

Qu’en est-il des écoles romaines ?

« Ils ont sapés, au lieu de les renforcer, les mœurs des enfants, ils ont mal géré les corps des enfants au lieu de les développer, et s’ils ont réussi à fournir à leurs esprits un certain nombre d’informations, ils ne sont pas interrogés pour leur faire exécuter une tâche plus noble ».

« Les élèves ont quitté l’école avec leurs bagages lourds de quelques banales notions acquises et laborieuses de si peu de valeur, qu’au quatrième siècle Végèce ne pouvait pas prendre pour acquis que les nouvelles recrues pour l’armée seraient assez alphabétisés pour tenir les livres pour le corps d’armée ».

L’éducation lamentable de ces jeunes Romains ne leur a laissé aucun ensemble de valeurs morales, et aucun sens du patriotisme. “Les vertus romaines d’honnêteté, la franchise, la frugalité et de patriotisme se sont flétries et sont mortes. Ce qui restait était un peuple pour qui ni les vices des gouvernants, ni les attaques de plus en plus audacieuses d’ennemis étrangers ne pouvaient secouer de leur apathie.”

Du pain et des jeux

Au lieu de faire face à ces problèmes qui s’accumulaient, le peuple romain a afflué vers les théâtres. Cette tentative d’évasion à travers la fantaisie et de divertissement n’ont servi qu’à affaiblir davantage la fibre morale érodée des Romains.

« Dans toutes les grandes villes des provinces, le théâtre a tenu le même lieu de mauvaise prééminence dans la vie sociale des habitants.” La société romaine était brute et immorale. Ça a été l’une des principales raisons auxquelles il faut attribuer l’affaiblissement de la vie morale à l’origine du déclin de la société romaine ».

« Absorbés par les représentations sensations sur la scène, ils ont perdu toute pensée pour les affaires de la vie réelle » (Myers, Rome: Son Rise and Fall).

Serait-ce ce même état déplorable qui se répète en Amérique et ailleurs aujourd’hui?

Les Romains se délectaient dans les frissons et l’excitation des superproductions du sport. Ils étaient « ravis de joie barbare ». Cette désintégration totale de la fibre morale de Rome a marqué l’effondrement final de l’empire.

Un autre facteur important qui a contribué à la chute de Rome fut l’énorme afflux d’étrangers: « Cette orientalisation de la population de Rome avait une incidence plus importante que ce qui lui est généralement attribué » (T. Frank, Américain Historical Review, Juillet 1916).

Alors que les problèmes se multiplient dans les frontières de l’Empire romain, les autorités ont eu recours à libérer documents dans un effort pour apaiser les foules.

Le bien-être social était une des réalités de la vie romaine. Les maux qui ont résulté de cette charité mal dirigée de l’État peuvent difficilement être surestimés.

« Le farniente et tous ses vices d’accompagnement ont été encouragés à un tel degré que nous pouvons affirmer que c’est l’une des principales causes de la démoralisation de la société ».(Myers, Rome: Her Rise and Fall).

Alors que les problèmes ont continué de croître, le gouvernement est venu avec une autre réponse désastreuse – encore plus de gouvernement ! Cette vaste bureaucratie ne peut conduire qu’à une chose – des impôts plus élevés. “Il y avait des impôts fonciers, les taxes foncières, les taxes d’occupation, taxes de vote.” En conséquence, « le désir d’entreprendre a été réduit chez les hommes entreprenants.”

Finalement, la charge fiscale est devenue tellement insupportable que les locataires ont quitté les fermes et les marchands abandonnèrent leurs entreprises. À ce stade, « le gouvernement est intervenu et a lié les locataires au sol, le début du servage, et les hommes d’affaires et les ouvriers à leurs occupations et leurs métiers. L’entreprise privée a été écrasée et l’État a été contraint de prendre en charge de nombreux types d’entreprises pour garder la machine en marche ».

« Cela a conduit à encore plus étrangler avec l’imposition et les dévaluations répétées de la monnaie, ce qui a affaibli fatalement la classe moyenne » et décimé ses leaders naturels. La tentative de guérir la maladie résultant de l’embrigadement complet de l’état totalitaire a simplement donné un chèque temporaire à la désintégration progressive. « (Haskell)

Les parallèles incroyables qui existent entre l’ancienne société romaine et notre société moderne américaine ne peuvent être niés.

Source : http://algarath.com/2016/08/06/rome-hier-aujourdhui-declin-sordide/

Les sociétés secrètes engendrent la guerre civile en Italie au XIXe siècle

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Voici deux extraits tirés de la vie de saint Jean Bosco dans lesquels nous découvrons une partie de l’histoire de l’Italie qui n’est plus enseignée au XXIe siècle. Ce livre ayant été rédigé vers le milieu du XXe siècle, il sera difficile d’accuser Teresio Bosco d’être un théoricien du complot puisqu’il se contente de rappeler ce que fut l’histoire italienne. La vérité n’a pas pour finalité la complaisance : elle est seulement enseignée pour édifier les âmes !

« L’histoire avait fait son chemin ». Tiré de « Don Bosco ». Page 50 et 51

« Pendant que Jean avait vécu son enfance difficile au milieu des collines de Castelnuovo, l’histoire avait fait son chemin. Nous n’avons, pas plus que dans les pages précédentes, l’intention de brosser un tableau complet de l’histoire italienne. Mais il nous semble essentiel d’en dégager quelques traits principaux puisque c’est sur ce fond que se déroulent les événements les plus marquants de la vie personnelle de Jean Bosco. Et c’est aussi de cette histoire qu’il reçoit impressions, idées, sensibilité.

Contre la restauration inflexible et rétrograde des princes, les sociétés secrètes, qui organisent soulèvements et rébellions, se sont infiltrées en Italie dans les années 1815-1820.

En janvier 1820, une étincelle jaillit en Espagne. À Cadix, une révolte militaire oblige Ferdinand VII à mettre fin à son absolutisme et à concéder une Constitution : une loi garantit à toute personne les libertés essentielles et le droit de vote. Le roi lui-même jure d’observer cette Constitution.

L’étincelle fait éclater l’incendie en Italie six mois après. Un petit détachement de cavalerie, dans le royaume des Deux-Siciles, s’insurge aux cris de Vive la liberté et la Constitution ! Dans les huit jours, pour ne pas perdre son trône, Ferdinand de Naples accorde la Constitution de Cadix et jure sur l’Évangile de la respecter.

Le 10 mars 1821 (Jean Bosco avait six ans), la révolte militaire commence aussi dans le Piémont, sous les ordres du comte Santorre di Santarosa. Alessandria amène la bannière bleue de la maison de Savoie et hisse sur la citadelle les trois couleurs (qui rappellent la Révolution française et les droits de l’homme qu’elle avait proclamés). Les garnisons de Pinerolo et Vercelli se soulèvent aussi. De Fossano, un colonel, marche sur Turin à la tête d’un régiment.

Le roi Victor-Emmanuel 1er, terrifié, se précipite de Moncalieri à Turin, rassemble le Conseil de la couronne et s’entend proposer de concéder la Constitution pour ne pas tout perdre. Il allait le faire lorsque arrive la nouvelle que l’Autriche a décidé d’intervenir en Italie « pour rétablir l’ordre ».

Accablé par les événements, Victor-Emmanuel 1er renonce au trône en faveur de son frère Charles-Félix. Ce dernier, se trouvant à Modène à ce moment-là, chez son beau-père, déclara « régent » le jeune prince Charles-Albert (vingt-trois ans). »

« Allez dire au prince... » Tiré de « Don Bosco ». Page 51 et 52

« Charles-Albert était entré en contact avec Santarosa, il en appréciait les idées, mais il n’avait jamais pu se décider pour l’absolutisme ou pour les « libéraux ». Déjà se manifestait en lui le caractère indécis qui lui vaudra le surnom de « Roi Tentenna », c’est-à-dire familièrement le roi « barguigneur » : qui met du temps à se décider. Il veut à tout prix au moins une chose : conserver son droit au Trône et le défendre contre les Autrichiens et les libéraux.

En présence d’une immense foule qui, sous les fenêtres du palais Carignan, exige la Constitution (savait-on exactement de quoi il s’agissait ?), Charles-Albert cède. Le soir du 13 mars 1821, il signe la Constitution de Cadix et, deux jours après, jure de la respecter. Il constitue un nouveau gouvernement dans lequel Santarosa devient ministre de la Guerre.

Quand Charles-Félix reçoit à Modène une lettre de Charles-Albert qui lui rend compte de tout ce qui s’est passé, il devient furieux. Il crie au gentilhomme Costa qui lui a apporté la lettre :

« Allez dire au prince, s’il a encore une goutte de sang royal dans les veines, qu’il parte immédiatement pour Novarre et y attendre mes ordres. »

Charles-Albert paraît d’abord décidé à résister, mais des nouvelles catastrophiques arrivent de Naples : une armée autrichienne a écrasé les troupes libérales, le parlement est dissous, le régime constitutionnel renversé. Le jeune prince se retire à Novarre. De là, il publie une proclamation dans laquelle il renonce à la régence et invite à la soumission au roi. Aussitôt après il part pour Florence, en exil.

Le retour de Charles-Félix au Piémont fut précédé par l’arrivée d’une armée autrichienne qui sema la déroute parmi les volontaires de Santarosa et « rétablit l’ordre ». Soixante-dix chefs de la révolte furent condamnés à mort (soixante-huit d’entre eux avaient déjà fui en Suisse et en France), trois cents officiers et trois cents fonctionnaires civiles furent épurés, les universités de Turin et de Gênes fermées pour un an.

« Tous ceux qui ont étudié à l’Université sont corrompus, écrivait Charles-Félix à son frère en exil. Les méchants sont tous des gens instruits, et les bons, tous des ignorants. »

Les « mouvements de 1821 », comme ils sont appelés dans les livres d’histoire, furent des événements qui impliquèrent uniquement la bourgeoisie, les classes moyennes de la population. Les classes paysannes et ouvrières restèrent indifférentes à tout cela et même parfois nettement hostiles. Les classes moyennes (commerçants, petits entrepreneurs, petits industriels, fonctionnaires civils et militaires) à travers la « révolution libérale » visaient un seul objectif : se transformer en groupes de pouvoir, en caste privilégiée à la place de l’ancienne aristocratie. Les réformes exigées et sanctionnées par la Constitution de Cadix, n’étaient ni populaires, ni démocratiques. Le droit de vote était accordé seulement à ceux qui avaient un certain niveau de richesse : eux seuls pouvaient envoyer leurs représentants au parlement et défendre, évidemment, leurs intérêts. Comme déjà la Révolution française l’avait voulu, la révolution libérale voulait abolir tous les privilèges ; tous, sauf un : la richesse. »

Lien vers le fichier PDF : http://www.fichier-pdf.fr/2016/05/19/les-societes-secretes-guerre-civile-italie-xixe-siecle/

Le mystérieux escalier de la chapelle Loretto

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Cette chapelle se trouve dans la ville de Santa Fe (Sainte Foi), dans l’Etat du Nouveau-Mexique aux Etats-Unis.

La construction de cette chapelle de style gothique débuta en 1873. En 1878, quand elle fut terminée, les Sœurs constatèrent que l’architecte avait oublié l’escalier pour monter à la tribune : il n’y avait aucun moyen d’y accéder. Les propositions d’escaliers faites par les charpentiers étaient très compliquées et auraient pris trop de place dans la chapelle. Monter une échelle n’aurait pas été prudent pour les religieuses et les filles pensionnaires.

Les Sœurs de Loretto firent donc appel à leur foi et décidèrent de faire une neuvaine (c’est-à-dire une prière pendant neuf jours de suite) au bon saint Joseph, patron des charpentiers : il viendrait à leur secours.

Le neuvième jour, un homme se présenta et proposa de réaliser cet escalier, à la condition de rester seul durant cette période qui dura trois mois. Il était arrivé à dos d’âne et n’avait aucun chargement de bois.

À la fin de la construction, l’homme disparut sans se faire payer ni dire au revoir. Les Sœurs décidèrent de payer au moins le bois ; elles se dirigèrent vers le seul entrepôt de bois de Santa Fe : mais non, l’ouvrier n’avait pas acheté de bois, et en plus le bois employé à la construction ne provient pas du Nouveau-Mexique. Les religieuses ont conclu que saint Joseph était venu pour construire l’escalier.

De nombreux experts (architectes, ingénieurs) se sont penchés sur cet escalier mystérieux, car il est tout à fait fascinant qu’il tourne deux fois sur 360 degrés sans support central. Seuls le haut et le bas touchent le sol de la chapelle et celui de la tribune. Construit sans clous, il est entièrement fait en bois, y compris les chevilles.

L’escalier a 33 marches : ce chiffre correspond aux 33 années de vie terrestre de Jésus. Malgré les instruments rudimentaires de l’artisan, les marches sont étonnamment précises quant à la forme et la courbure.

Par contre il n’y avait pas de rampe, et les Sœurs par respect pour saint Joseph qui était venu lui-même le construire, refusèrent d’y apporter des modifications. Elles revinrent sur cette décision une dizaine d’années plus tard, et un ouvrier de Sante Fe ajouta une rampe.

Pendant plus d’un siècle, on se demandait sans trouver la réponse quelle espèce de bois l’ouvrier avait utilisée, et d’où il provenait. Le bois utilisé fut analysé en 1994 et la conclusion fut la suivante : il n’existe aucune espèce de ce bois sur la terre. Celui qui s’en approche le plus est le sapin d’Alaska. En 1971 la chapelle a été achetée par la famille Kirkpatrick et transformée en un musée. Pour des raisons de sécurité, quelques renforcements ont été réalisés sur l’escalier. La chapelle demeure aussi belle qu’avant. L’intérieur est resté intact : l’autel, la sainte Table, le chemin de la Croix, la chaire, les vitraux, tout est encore en place.

L’escalier en spirale émerveille ! Il est d’une rare beauté.

On peut l’admirer, mais on ne permet pas aux visiteurs d’y monter. En le regardant, on se demande comment il tient debout… mais il n’y a rien pour le supporter. C’est impossible ? Mais pas pour saint Joseph.

Auteur : Abbé Hervé Gresland
Source : http://www.amissfs.com/textecomplet.php?lid=56

La révolution française et Napoléon Bonaparte racontés par Teresio Bosco

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Voici trois extraits tirés de la vie de saint Jean Bosco qui méritent d’être publiés afin de rappeler ce que sont réellement la révolution française, l’empire de Bonaparte ainsi que ses douloureuses conséquences.

« Un événement qui allait changer la face du monde ». Tiré de « Don Bosco ». Page 13 et 14

« La mort, la faim, l’insécurité : premiers souvenirs d’un enfant qui deviendra un père pour des masses d’orphelins et, dans ses maisons, donnera du pain à d’innombrables jeunes gens pauvres.

La petite tragédie de la famille Bosco, sur une colline écartée, s’ajoutait à la grande tragédie qui, comme une tempête, avait bouleversé l’Europe et l’Italie dans les dernières décades.

Vingt ans auparavant (1789), à Paris, avait éclaté la Révolution française, un événement qui allait changer la face du monde. Nous n’avons pas l’intention d’en retracer l’histoire mais il nous semble nécessaire d’en relever certains aspects, qui eurent une influence profonde jusque dans la vie de Jean Bosco.

Dans toute l’Europe, l’atmosphère était devenue subitement surchargée d’innovations et d’aspirations. En Italie aussi se répercutaient les échos de transformations formidables. Après des siècles de société pétrifiée sous la domination absolue du roi et des nobles, la France explosait. La bourgeoisie et le peuple revendiquaient la reconnaissance de leurs droits et l’abolition des privilèges de la noblesse et du haut clergé. Les mots « liberté » et « égalité » n’étaient plus murmurés mais criés au grand jour.

Comme dans toutes les époques de changements radicaux, de formidables décisions très justifiées étaient mêlées à des violences factieuses et arbitraires.

Les grands bourgeois qui menaient la Révolution firent en sorte que le droit de voter fût réservé aux seuls propriétaires.

« L’intervention dans les décisions gouvernementales du peuple sans instruction ni maîtrise de soi, déclaraient-ils, conduit à des excès. »

La Révolution, de ce fait, abolissait tous les privilèges sauf celui de la richesse. Les bourgeois obtenaient la liberté, et les pauvres restaient pauvres.

Parallèlement, on procédait à une « déchristianisation » massive : interdiction du culte chrétien, fermeture des églises, destruction des images chrétiennes, persécution des prêtres, substitution du « culte de la Raison » à celui de Dieu (avec de grotesques mascarades jusque dans la cathédrale Notre-Dame de Paris).

L’Europe regardait, interdite. Les événements de Paris paraissaient, au cours de ces mois, des manifestations de folie collective ; même les personnes les plus engagées, qui avaient sympathisé avec la Révolution dès le commencement, étaient décontenancées.

Lorsque, dans les années qui suivirent, on parlera avec frayeur de « révolution », c’est en pensant à la période de la terreur de Paris. Sous le terme méprisant de « révolution démocratique » on entendra « le déchaînement violent et désordonné de la populace. »

« Un général de vingt-sept ans : Napoléon. » Tiré de « Don Bosco ». Page 14 et 15

« 1796, une armée de la Révolution arrive en Italie sous les ordres d’un général de vingt-sept-ans : Napoléon Bonaparte. Dans la vallée du Pô, il est victorieux des Autrichiens au cours de combats sanglants. Les soldats français parlent de fraternité, d’égalité, de liberté. Malgré les ombres de la terreur, ces mots éveillent un enthousiasme énorme parmi les jeunes générations. Le royaume de Sardaigne (Piémont-Savoie-Sardaigne) est aboli. Le roi part pour l’exil.

Mais Napoléon est un génie turbulent. Plus que le triomphe de la Révolution il poursuit les éclatants et meurtriers succès de la gloire militaire.

Les tragiques événements de ces années en Italie, les enfants les étudient aujourd’hui en classe (note du blog Saint Michel Archange: ce qui n’est, hélas, plus vrai en 2016). En 1799, Napoléon est en Égypte ; les Austro-Russes envahissent encore une fois l’Italie du Nord : sur les petits chevaux de la steppe, les Cosaques (barbes longues et touffues, lances menaçantes) entrent de nouveau dans les villes. Napoléon revient ; et la guerre reprend, semant la misère jusque dans les riches campagnes de la Plaine padane (les Romains appelaient le Pô : Padanus).

Puis Napoléon extorque de l’argent et des soldats à toutes les régions d’Italie ; ils lui servent pour la guérilla en Espagne et la campagne de Russie, ce lointain et mystérieux pays qu’il envahit à la tête de la plus grande armée de tous les temps. Dans l’hiver rigoureux de Moscou, c’est la débâcle totale et la retraite désastreuse. Napoléon voit mourir autour de lui 600 000 hommes. Parmi eux, 25 000 Italiens ; 20 000 avaient déjà été tués en Espagne.

Du 16 au 19 octobre 1813, dans la plaine de Leipzig, la gigantesque « bataille des nations » marque la fin du grand empire français et (dans l’esprit de beaucoup de gens) l’enterrement des idéaux de la Révolution.

Une fois de plus, les Alpes et franchissant l’Isonzo, descendent vers le bassin du Pô Autrichiens, Allemands, Croates. Tous proclament qu’ils viennent « libérer l’Italie », mais comme tous les libérateurs, personne ne les a appelés et ils se dédommagent en pillant campagnes et villes. Après le dernier sursaut des Cent-Jours et la bataille de Waterloo, Napoléon finira sa vie sur une petite île de l’Atlantique.

L’Europe et l’Italie sont fatiguées, remplies de ruines et d’orphelins. Les campagnes ont été ravagées par la guerre et dépeuplées par les « levées » qui réquisitionnaient de force les jeunes gens pour les envoyer mourir sur de lointains champs de bataille.

Le peuple qui a crié : « Liberté ! » pendant des années, cherche maintenant uniquement la paix.

C’est dans le contexte de cette grande tragédie des peuples que la famille Bosco vécut en 1817, limitée mais pesante, sa propre tragédie. »

« Le roi retarde l’horloge de quinze années ». Tiré de « Don Bosco ». Page 15 à 17.

« Jean Bosco apprendra par les livres d’histoire qu’il est né au commencement d’une époque nouvelle, appelée Restauration. Elle avait débuté le 1er novembre 1814, par l’ouverture à Vienne du Congrès des nations victorieuses dans la lutte contre Napoléon. Pour la plus grande partie de l’Italie, cette période durera jusqu’en 1847, c’est-à-dire jusqu’au commencement du relèvement politique de l’Italie, appelé « Risorgimento » (Renaissance).

La restauration est une époque de grandes ambiguïtés. Les rois détrônés par la Révolution et par Napoléon reviennent, selon la volonté du Congrès, s’asseoir sur leurs trônes et prétendent, de quelques traits de plume, effacer vingt-cinq années d’histoire.

L’Italie, à la fête de Vienne, est divisée en huit parts, comme une galette : le royaume de Sardaigne (il comprend le Piémont, la Sardaigne, la Savoie, Nice, et on lui attribue comme acquisition la république de Gênes), le royaume lombardo-vénitien (étroitement soumis à l’Autriche), le duché de Modène, ceux de Parme et Plaisance, le grand-duché de Toscane, la principauté de Lucca, les États pontificaux, le royaume des Deux-Siciles.

Victor-Emmanuel 1er rentre à Turin. Il est dans un carrosse de gala, entouré de nobles vêtus à la mode de l’Ancien Régime, avec perruque poudrée à queue.

La foule, le long des rues, acclame le roi. La population de la campagne désire une chose par-dessus tout : la paix. Mais cette paix, les perruques poudrées des nobles veulent la garantir en rétablissant « tout comme avant ». Ils prétendent ignorer les réalités nouvelles, positives qui, même à travers les campagnes sanglantes de Napoléon, ont germé et se sont affermies en Italie.

L’histoire a fait son chemin et rien ne peut la faire revenir en arrière. La bourgeoisie s’est affirmée comme une classe sociale nouvelle. Les marchandises et les hommes circulent sur le solide réseau routier construit par les ingénieurs napoléoniens.

Pendant des centaines d’années, la grande masse de la population est née, a vécu, est morte sous la même autorité, dans le même village, pétrifiée dans ses petites autarcies, dans ses coutumes séculaires. Les armées de Napoléon ont brisé cette inertie. L’émigration interne, même si elle a été souvent provoquée par des raisons tragiques, est devenue un phénomène de masse.

Sur les diligences voyagent aussi livres et journaux. Peu de gens savent lire, mais l’envie de savoir est maintenant une qualité répandue. Ceux qui savent lire, même peu nombreux, propagent les nouvelles ; les horizons s’élargissent. Au Congrès de Lubiana, en 1821, François IV de Modène fera cette mise en garde :

« La liberté de la presse, la multiplication des écoles, la possibilité accordée à tous d’apprendre à lire et à écrire, voilà les mauvaises graines d’où germent les révolutions. »

Dans le Piémont l’agriculture va prendre rapidement un développement nouveau, florissant. On abat les dernières forêts dans les plaines et sur les collines. De larges régions sont devenues cultivables. Des milliers de mûriers sont plantés ; ils permettront une extension accélérée de l’élevage du ver à soie.

Subitement de tous côtés, vont surgir les manufactures, les ateliers, les martinetti (appareils pour soulever les gros fardeaux). L’industrie va s’organiser, les prix se stabiliseront.

Victor-Emmanuel 1er, le lendemain de son retour, abolit les lois des quinze dernières années et remet en vigueur celles qui avaient précédé Napoléon. Les nobles et le haut clergé retrouvent tous leurs privilèges. D’un seul coup la bourgeoisie perd beaucoup de droits qu’elle avait obtenus à grand-peine.

Conséquences ? Pendant que le roi retarde son horloge de quinze années, les intellectuels bourgeois comme Silvio Pellico, émigrent à Milan. Les jeunes des grandes familles frondent dans l’opposition, entrent dans les sociétés secrètes et mettent leurs espérances en un très jeune prince de la maison de Savoie-Carignan, Charles-Albert, qui paraît attentif aux temps nouveaux.

Les échos de ces événements arrivent très amortis sur les collines de Montferrat, où Jean Bosco passe les années pauvres et paisibles de son enfance. »

Lien vers le fichier PDF : http://www.fichier-pdf.fr/2016/05/12/la-revolution-francaise-napoleon-bonaparte-teresio-bosco/

Film à voir : la bataille de Vienne

Ce film, tourné en langue anglaise, n’est étonnamment pas traduit en français. Il est bien évident que la bien-pensance gouvernementale ne souhaite pas que la population s’informe sur l’histoire de l’Europe. Vu que les médias déconseillent fortement de le regarder, je vous invite à le voir, même s’il est sous-titré.

Sous-titres du film (non disponibles en langue française) : http://www.opensubtitles.org/fr/search/sublanguageid-all/idmovie-145802

Maintenant, voici la véritable histoire de la bataille de Vienne – 12 septembre 1683

L’expansion musulmane

Le prophète Mahomet ayant décrété la nécessité d’une guerre sainte, le jihad, destinée à propager l’Islam autant par la parole que par l’épée, les conquêtes musulmanes commençèrent rapidement.
Les chrétiens perdirent très tôt leurs possessions du Proche-Orient, puis l’Espagne, et ne continrent les Maures qu’en 732, lors de la bataille livrée par Charles Martel entre Tours et Poitiers.
Les croisades, qui regroupèrent de nombreuses nations chrétiennes, se soldèrent finalement par un échec.

L’an 1.300 vit les Turcs ottomans devenir prédominants au sein des contrées musulmanes. Ceux-ci se lançèrent rapidement à l’assaut des possessions byzantines et du reste des Balkans. Bien organisés, les Turcs furent victorieux des Serbes à Kossovo, d’une coalition chrétienne à Nicopolis, puis des Hongrois et Polonais à Varna (1444). En 1453, le sultan Mehmet II s’empara de Constantinople.

L’objectif suivant ne pouvait être que le Saint Empire romain germanique et les villes de Vienne et Rome devinrent des objectifs prioritaires. Au XVI ème siècle, les Turcs s’emparèrent de Rhodes, furent victorieux des Hongrois à Mohacs (1526) et mirent, en vain, le siège devant Vienne (1529).

Au début du XVII ème siècle, les Tartares, vassaux des Ottomans, attaquèrent l’Ukraine et des régions frontalières de la Pologne. Victorieux des Polonais à Cacora en 1620, les Turcs s’emparèrent de la forteresse polonaise majeure de Kamienec Podolski mais furent toutefois vaincu, en 1621, à Chocim par une force composée de Polonais et de Cosaques.

Jean III Sobieski

En 1674, Sobieski s’empara de la couronne de Pologne. Désireux de récupérer les territoires occidentaux de Prusse et de Silésie perdus au profit du Brandebourg et de l’Empire allemand, il tenta, durant les années 1677 et 1678, de parvenir à un accord avec les Ottomans. Une paix durable ne put être conclue car le sultan Mehmet IV s’était laissé convaincre par son belliciste grand vizir, Kara Mustapha, d’écraser la Pologne.

En 1683, les Ottomans reprirent leurs offensives en Hongrie, propriété des Habsbourg. La Pologne, alliée à l’Empire, envoya ses forces au secours de ses alliés…

L’armée ottomane

Composée d’effectifs provenant de régions diverses, l’armée ottomane était un conglomérat de Turcs, Serbes, Croates, Albanais , Grecs, Valaques, Moldaves, Hongrois, Géorgiens, Arabes, Tartares,…

La force de l’armée ottomane résidait dans son emploi d’un corps très efficace et des plus disciplinés, celui des janissaires. A l’origine, le corps des janissaires « jeni czeri » était constitué de garçons recrutés, entre l’âge de 8 ans et de 14 ans, au sein des contrées chrétiennes conquises. Les garçons étaient convertis à l’Islam, apprenaient la langue turque et le maniement des armes. Les plus brillants éléments étudiaient les lois et étaient formés au commandement de la troupe. Lors des combats de Vienne, en 1683, 50.000 janissaires, principalement armés de mousquets et se distiguant par leur fanatisme musulman, constitueront l’élite de la force turque.

L’armée turque de l’époque avait parfait sa technique de pose de mines, consistant à creuser des tunnels sous les fortifications avant d’y poser des charges de poudre mises à feu à l’aide de mèches.

Le corps de cavalerie majeur comptait 15.000 hommes. Aux côtés de cette cavalerie principale, on trouvait des troupes provinciales dont la plus intéressante était la cavalerie tartare, très légère et experte dans les missions de reconnaissance et les raids sur les lignes de communication de l’ennemi. Armés d’arcs, de sabres ou de lances, ces cavaliers tartares n’utilisaient jamais d’armes à feu et refusaient souvent de participer à une bataille rangée.

Au total, toutes formations confondues, l’armée ottomane disposera de 200.000 combattants.

L’armée impériale

L’armée impériale et des électeurs allemands reposait surtout sur son infanterie, dotée d’une importante puissance de feu. On avait privilégié l’usage du mousquet aux dépens des piques et des armures. On avait aussi introduit dans les rangs un fort contingent de grenadiers.

L’importance donnée à l’arme à feu avait entraîné le déclin de la cavalerie dont les charges à l’arme blanche avaient pratiquement disparu. La nouvelle tactique de la cavalerie consistait plutôt aux tirs par rangs successifs.

Les calibres en usage dans l’artillerie avaient été unifiés et le déplacement des pièces de campagne avait été facilité.

L’armée polonaise

L’armée polonaise de l’époque se présentait comme l’une des meilleures d’Europe et était constituée de deux grandes tendances…
On trouvait une armée de recrutement nationale, encore à forte tendance féodale surtout en matière de cavalerie.
On trouvait également une armée composée de mercenaires étrangers, plus importante en nombre, et construite sur le modèle occidental.

Très bien instruite et très performante, l’armée polonaise souffrit en permanence d’un problème de manque d’effectifs.

Le cavalier lourd, husarz, armé d’une lance de 5 mètres, constituait l’essentiel de la cavalerie. Rangés sur deux rangs, les hussards chargeaient à la lance et n’utilisaient l’épée que si la lance venait à se briser. Capables de combattre à pied et inspirant la terreur à leurs adversaires ils furent bien souvent victorieux mais lors de confrontations contre des armées occidentales, comme celles de la Suède par exemple, ils furent souvent repoussés par le feu des mousquets.
A Vienne, on comptera 3.200 hussards polonais. Ils seront épaulés par 8.000 cavaliers semi-lourds et 2.400 cavaliers légers.

L’infanterie polonaise, composée de paysans, et dotée d’une bonne puissance de feu grâce à des mousquets légers, disposait d’environ 11.000 hommes lors de la bataille.

Les Polonais utilisèrent enfin 28 canons de campagne lors de leurs opérations autour de Vienne…

Le siège de Vienne

Au début de l’offensive ottomane, l’armée autrichienne de l’empereur Léopold Ier , disposant à peine de 27.000 hommes, ne parvint pas à contenir l’envahisseur sur les frontières, ni à arrêter les Turcs sur les rives du Raab.

Léopold dut se résoudre à quitter Vienne dont il confia la défense à 11.000 hommes dirigés par le comte Ernest Starhemberg. La défense allait durer 62 jours. Les Turcs commençèrent à saper les défenses de Vienne le 14 juillet 1683. Le roi polonais honora ses obligations en dégarnissant les défenses de son propre pays mais non sans menacer le comte Thököly, qui dirigeait la Hongrie pour le compte des Ottomans, de terribles représailles si celui-ci profitait de cette situation.

La première armée de renforts à parvenir sur la rive gauche du Danube fut celle de Maximillien-Emmanuel, électeur de Bavière. Forte de 11.000 hommes, elle constituait une force bien entraînée et des plus fiables.
Dans le courant du mois d’août, elle fut rejointe par celle de Souabe-Franconie (9.000 hommes) conduite par le comte Georges-Frédéric Waldeck, puis par celle de Saxe (11.500 hommes) sous le commandement de Jean-Georges III.
La dernière armée à parvenir sur place, mais aussi la plus attendue, fut la force polonaise de 27.000 hommes de Jean Sobieski.

Ce dernier fut placé au commandement de l’ensemble des forces lors du conseil de guerre de Stettelsdorf, le 4 septembre 1683. Sobieski décida de placer ses forces au nord-ouest de Vienne avec, à gauche l’armée impériale, au centre les contingents allemands, et à droite les forces polonaises.

Les sapeurs de Mustapha avaient réussi à démolir une partie des murs de Vienne mais, étrangement, les Turcs ne prirent aucune disposition contre Sobieski après avoir appris son arrivée imminente .
Au matin du 12 septembre 1683, l’armée de Sobieski marcha à la rencontre des Turcs. Mustapha lança une contre-attaque avec le gros de ses troupes et le combat fut acharné de l’aube au crépuscule. Le combat se joua sur le flanc droit lorsque l’infanterie polonaise attaqua les Janissaires retranchés dans des bois et parvint à s’emparer du terrain.

À 15 heures, quatre groupes de cavalerie, l’un austro-allemand et les trois autres constitués de hussards polonais, soit 20 000 hommes en tout, chargèrent en descendant des collines avec le roi Sobieski à leur tête. Ils poussèrent jusqu’au camp ottoman, tandis que la garnison de Vienne effectuait une sortie et se joignait au combat. Les janissaires du grand vizir se battirent jusqu’au dernier cependant que le reste de l’armée ottomane se retira en désordre, abandonnant sur place canons et provisions. En moins de trois heures la bataille était gagnée et les Turcs forcés à une retraite désordonnée, drapeau du Prophète en tête.
Dans le butin que récupèrent les vainqueurs figuraient 500 sacs de café qui permirent aux Viennois d’être les premiers Européens à siroter une tasse de café à la crème fouettée accompagné de sucre ou de lait pour en adoucir le goût (et agrémentée d’une patisserie originale de l’époque : un petit pain brioché en forme de croissant de lune, symbole du drapeau turc). Le café-crème et le croissant étaient nés !

Le début du reflux ottoman

Les Turcs perdirent environ 15.000 hommes et les alliés 4.000 (dont 1.500 tués). Kara Mustapha paya la déroute de sa tête, le 25 décembre 1683.
Fortement affaiblie, la Turquie dut abandonner la majeure partie des Balkans et fut réduite à signer le traité de Karlovitz, en 1699, face à une Sainte Ligue renforcée par des pays tels que la République de Venise, la Papauté et la Russie.

La période de l’expansion ottomane était révolue.

Source:les plus grandes batailles de l’histoire.