L’importance cruciale des mots

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Remède contre la tentation

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Dans ce siècle troublé par le relativisme et autres techniques d’enfumage spirituel, il est nécessaire de rappeler les bases du christianisme. Revenons brièvement sur ce qu’est la tentation et son remède grâce aux écrits du vénérable saint François de Sales.

Extraits de « introduction à la vie dévote » de saint François de Sales. Quatrième partie.

Définition de la tentation (extrait du chapitre 3)

« Satan, le monde et la chair voyant une âme épousée au Fils de Dieu, lui envoient des tentations et suggestions par lesquelles :

      1. Le péché lui est proposé
      2. Sur quoi elle se plaît ou elle se déplaît
      3. Enfin elle consent ou elle refuse

Qui sont en somme les trois degrés pour descendre a l’iniquité : la tentation, la délectation et le consentement. Et bien que ces trois actions ne se connaissent pas si manifestement en toutes autres sortes de péchés, cependant elles se connaissent palpablement aux grands et énormes péchés.

Quand la tentation de quelque péché que ce soit durerait toute notre vie, elle ne saurait nous rendre désagréables à la divine Majesté, pourvu qu’elle ne nous plaise pas et que nous n’y consentions pas ; la raison est, parce qu’en la tentation nous n’agissons pas mais nous souffrons, et puisque nous n’y prenons point plaisir, nous ne pouvons aussi en avoir aucune sorte de faute. Saint Paul souffrait longuement les tentations de la chair, et tant s’en faut que pour cela il fût désagréable a Dieu, qu’au contraire Dieu était glorifié par celles-ci (2 Co 12,7). La bienheureuse Angèle de Foligny sentait des tentations charnelles si cruelles qu’elle fait pitié quand elle les raconte. Grandes furent aussi les tentations que souffrit saint François et saint Benoît, lorsque l’un se jeta dans les épines et l’autre dans la neige pour les mitiger, et néanmoins ils ne perdirent rien de la grâce de Dieu pour tout cela, mais l’augmentèrent de beaucoup.

Il faut donc être fort courageuse, Philothée, dans les tentations, et ne se tenir jamais pour vaincue pendant qu’elles vous déplairont, en bien observant cette différence qu’il y a entre sentir et consentir, qui est qu’on les peut sentir, encore qu’elles nous déplaisent, mais on ne peut consentir sans qu’elles nous plaisent, puisque le plaisir, pour l’ordinaire, sert de degré pour venir au consentement. Que donc les ennemis de notre salut nous présentent tant qu’ils voudront d’amorces et d’appâts, qu’ils demeurent tous-jours à la porte de notre cœur pour entrer, qu’ils nous fassent tant de propositions qu’ils voudront ; mais tandis que nous aurons résolution de ne point nous plaire en tout cela, il n’est pas possible que nous offensions Dieu. Il n’est pas toujours au pouvoir de l’âme de ne point sentir la tentation, bien qu’il y soit toujours en son pouvoir de ne point y consentir ; c’est pourquoi, encore que la tentation dure et persévère longtemps, elle ne peut nous nuire tandis qu’elle nous est désagréable. »

Remède contre la tentation (chapitre 7)

« Sitôt que vous sentirez en vous quelques tentations, faites comme les petits enfants quand ils voient le loup ou l’ours en la campagne ; car tout aussitôt ils courent entre les bras de leur père et de leur mère, ou pour le moins les appellent a leur aide et secours. Recourez de même à Dieu, réclamant sa miséricorde et son secours ; c’est le remède que Notre-Seigneur enseigne (Mt 26,41) : Priez afin que vous n’entriez point en tentation.

Si vous voyez que néanmoins la tentation persévère ou qu’elle accroisse, courez en esprit embrasser la sainte Croix, comme si vous voyiez Jésus-Christ crucifié devant vous. Protestez que vous ne consentirez point à la tentation et demandez-Lui secours contre celle-ci, et continuez toujours à protester de ne vouloir point consentir, tant que la tentation durera.

Mais en faisant ces protestations et ces refus de consentement, ne regardez pas en face l’objet de la tentation, ne vous y arrêtez pas, mais seulement regardez Notre-Seigneur. Car si vous regardiez la tentation, principalement quand elle est forte, elle pourrait ébranler votre courage.

Divertissez votre esprit par quelques occupations bonnes et louables ; car ces occupations, entrant dans votre cœur, en y prenant place, chasseront les tentations et suggestions malignes.

Le grand remède contre toutes tentations grandes ou petites, c’est de déployer son cœur et de confesser les suggestions, ressentiments et affections que nous avons à notre directeur spirituel. Notez que la première condition que le malin fait avec l’âme qu’il veut séduire, c’est du silence ; comme font ceux qui veulent séduire les femmes et les filles, qui de prime abord défendent qu’elles ne communiquent point les propositions aux pères ni aux maris. Au contraire, Dieu, en ses inspirations, demande sur toutes choses que nous les fassions reconnaître par nos supérieurs et conducteurs.

Que si après tout cela, la tentation s’opiniâtre à nous travailler et persécuter, nous n’avons rien à faire, sinon à nous opiniâtrer de notre côté en la protestation de ne vouloir point consentir. Ainsi l’âme, quoique troublée, ne peut jamais être offensée pendant qu’elle dit non.

Ne disputez point avec votre ennemi et ne lui répondez jamais une seule parole, sinon celle que Notre-Seigneur lui répondit, avec laquelle il le confondit (Mt 4,10) : Arrière, ô Satan, tu adoreras le Seigneur ton Dieu et à lui seul tu serviras.

Et comme la chaste femme ne doit répondre un seul mot ni regarder en face le vilain poursuivant qui lui propose quelque déshonnêteté, mais le quittant tout court, doit au même instant retourner son cœur du côté de son époux et se souvenir de la fidélité qu’elle lui a promise.

La dévote âme, se voyant assaillie de quelque tentation, ne doit nullement s’amuser à disputer ni répondre, mais tout simplement se retourner du côté de Jésus-Christ, son Époux, et lui renouveler derechef sa fidélité, et de vouloir être à jamais uniquement toute sienne. »

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L’hypocrisie du monde

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Voilà un enseignement de saint François de Sales que chacun devrait connaître sur l’hypocrisie du monde : le refus de la vie spirituelle en Jésus-Christ. On reconnaît l’imposteur à une chose : il vomit le nom sacré de Jésus. C’est autour de Notre Seigneur que le discernement du bien et du mal peut se faire. Celui qui reconnaît la divinité de Jésus-Christ est bon, comme l’était le bon larron, tandis que l’ennemi, pécheur endurci et sbire du diable, fait tout pour faire oublier aux autres les Lois du Père transmises par Son Fils Jésus-Christ.

Premier chapitre de la quatrième partie de « introduction à la vie dévote » par le vénérable saint François de Sales.

QU’IL NE FAUT PAS S’AMUSER AUX PAROLES DES ENFANTS DU MONDE

« Tout aussi tôt que les mondains s’apercevront que vous voulez suivre la vie dévote, ils décocheront sur vous mille traits de leur cajolerie et médisance ; les plus malins calomnieront votre changement d’hypocrisie, bigoterie et artifices ; ils diront que le monde vous a fait mauvais visage et qu’à son refus vous recourez a Dieu ; vos amis s’empresseront à vous faire un monde de remontrances, fort prudentes et charitables à leur avis. Vous tomberez, diront-ils, en quelque humeur mélancolique, vous perdrez crédit au monde, vous vous rendrez insupportable, vous vieillirez avant le temps, vos affaires domestiques en pâtiront ; il faut vivre au monde comme au monde, on peut bien faire son salut sans tant de mystères ; et mille semblables bagatelles.

Ma Philothée, tout cela n’est qu’un sot et vain babil ; ces gens-la n’ont nul soin, ni de votre santé, ni de vos affaires. Si vous étiez du monde, dit le Sauveur (Jn 15,19), le monde aimerait ce qui est sien ; mais parce que vous n’êtes pas du monde, partant il vous hait. Nous avons vu des gentilshommes et des dames passer la nuit entière, même plusieurs nuits de suite à jouer aux échecs et aux cartes ; y a-t-il une attention plus chagrine, plus mélancolique et plus sombre que celle-là ? Les mondains néanmoins ne disaient mot, les amis ne se mettaient point en peine ; et pour la méditation d’une heure, ou pour nous voir lever un peu plus matin qu’à l’ordinaire, pour nous préparer à la Communion, chacun court au médecin pour nous faire guérir de l’humeur hypocondriaque et de la jaunisse. On passera trente nuits à danser, nul ne s’en plaint ; et pour la veille seule de la nuit de Noël, chacun tousse et crie au mal de ventre le jour suivant. Qui ne voit que le monde est un juge inique, gracieux et favorable pour ses enfants, mais âpre et rigoureux aux enfants de Dieu ?

Nous ne saurions être bien avec le monde qu’en nous perdant avec lui. Il n’est pas possible que nous le contentions ; car il est trop bizarre. Jean est venu, dit le Sauveur (Mt 11,18), ne mangeant ni ne buvant, et vous dites qu’il est endiablé ; le Fils de l’homme est venu en mangeant, et buvant, et vous dites qu’il est Samaritain. Il est vrai, Philothée ; si nous nous relâchons par condescendance a rire, jouer, danser avec le monde, il s’en scandalisera ; si nous ne le faisons pas, il nous accusera d’hypocrisie ou mélancolie. Si nous nous parons, il l’interprétera à quelque dessein ; si nous négligeons notre extérieur, ce sera pour lui vileté de cœur. Nos gaietés seront par lui nommées dissolutions, et nos mortifications tristesses, et nous regardant ainsi de mauvais œil, jamais nous ne pouvons lui être agréables. Il agrandit nos imperfections et publie que ce sont des péchés ; de nos péchés véniels il en fait des mortels, et nos péchés d’infirmité, il les convertit en péchés de malice. Ainsi, comme dit saint Paul (1 Co 13,4), la charité est bénigne, au contraire le monde est malin. La charité ne pense point de mal, au contraire le monde pense toujours mal ; et quand il ne peut accuser nos actions il accuse nos intentions. Soit que les moutons aient des cornes ou qu’ils n’en aient point, qu’ils soient blancs ou qu’ils soient noirs, le loup ne laissera pas de les manger s’il peut.

Quoi que nous fassions, le monde nous fera toujours la guerre ; si nous sommes longuement devant le confesseur, il demandera qu’est-ce que nous pouvons tant dire ; si nous y sommes peu, il dira que nous ne disons pas tout. Il épiera tous nos mouvements, et pour une seule petite parole de colère, il protestera que nous sommes insupportables. Le soin de nos affaires lui semblera avarice, et notre douceur, niaiserie ; et quant aux enfants du monde, leurs colères sont générosités, leurs avarices, économie (commentaire du blog La France Chrétienne : ceci est particulièrement vrai en 2016 avec le syndrome de la bien-pensance). Les araignées gâtent toujours l’ouvrage des abeilles.

Laissons cet aveugle, Philothée : qu’il crie tant qu’il voudra, comme un chat-huant, pour inquiéter les oiseaux du jour. Soyons fermes en nos desseins, invariables en nos résolutions ; la persévérance fera bien voir si c’est certes et tout de bon que nous sommes sacrifiés à Dieu et rangés à la vie dévote. Les comètes et les planètes sont presque également lumineuses en apparence ; mais les comètes disparaissent en peu de temps, n’étant que de certains feux passagers, et les planètes ont une clarté perpétuelle. Ainsi l’hypocrisie et la vraie vertu ont beaucoup de ressemblance en l’extérieur ; mais il est aisé de les différencier, parce que l’hypocrisie n’a point de durée et se dissipe comme la fumée en montant ; mais la vraie vertu est toujours ferme et constante. Ce ne nous est pas une petite commodité pour bien assurer le commencement de notre dévotion, que d’en recevoir de l’opprobre et de la calomnie ; car nous évitons par ce moyen le péril de la vanité et de l’orgueil, qui sont comme les sages-femmes d’Égypte, auxquelles le Pharaon infernal a ordonné de tuer les enfants mâles d’Israël le jour même de leur naissance (Ex 1,15). Nous sommes crucifiés au monde et le monde nous doit être crucifié (Ga 6,14) : il nous tient pour fous, tenons-le pour insensé.  »

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