Le sournois danger du socialisme

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Les miracles de saint Jean Bosco

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Voici quatre extraits issus de la vie de saint Jean Bosco dans lequel nous découvrons ses nombreux miracles. À méditer pour se rappeler les beautés de la sainteté.

« Deux signes d’espérance au Valdocco ». Tiré de « Don Bosco ». Page 143 et 144

« Dans le bas-fond du Valdocco, où la neige s’accumule avec le début de l’hiver, don Bosco accueille avec modestie deux signes d’espérance.

Pour la première fois un de ses garçons prend la soutane. Il s’appelle Ascanio Savio ; ils sont du même pays. Il a fréquenté l’oratoire depuis le moment où il se tenait près du Refuge. Maintenant, il devrait entrer au séminaire, mais celui de Turin est fermé et celui de Chieri le sera bientôt. La Curie archiépiscopale lui permet d’accomplir la cérémonie de la prise de soutane ou Cottolengo et de rester ensuite à l’oratoire pour aider don Bosco.

Il n’y restera pas toujours. Après quatre années il entrera au séminaire et deviendra prêtre diocésain. Mais il dira de don Bosco :

« Je l’aimais comme s’il avait été mon père. »

Et don Bosco écrivait à son sujet :

« Je lui confiai immédiatement une partie de la surveillance, des catéchismes et la direction des différentes classes. De cette manière, je commençai à être un peu soulagé. »

Premier agneau devenu pasteur.

Le second événement a un caractère complètement différent.

À l’oratoire on célébrait une fête solennelle. Plusieurs centaines de jeunes étaient préparés à faire la communion. Don Bosco célèbre la messe convaincu que dans le tabernacle se trouve le ciboire habituel plein d’hosties consacrées. Malheureusement, il est presque vide. Joseph Buzzetti, chargé de la sacristie (de quoi ce garçon n’est-il pas chargé ?) a oublié de préparer un autre ciboire et s’en rend compte après la consécration, donc trop tard.

Don Bosco, lorsque les garçons commencent à se présenter pour recevoir l’eucharistie, s’aperçoit qu’il va falloir les renvoyer tous à leur place. Ne pouvant s’y résigner, il commence à distribuer les quelques hosties qui sont au fond du ciboire.

Et voilà que, à son étonnement et à celui du pauvre Buzzetti qui tient le plateau, les hosties ne diminuent pas. Tout le monde communie.

C’est Joseph Buzzetti, abasourdi, qui raconte le fait à ses camarades. Et il le racontait encore en 1864 aux premiers Salésiens. Don Bosco était alors présent et, le visage grave, le certifia :

« Oui, il y avait peu d’hosties dans le ciboire et malgré cela j’ai pu communier tous ceux qui s’approchèrent de la sainte table et ils étaient nombreux. J’étais ému mais tranquille. Je pensais : le miracle de la consécration est plus grand que celui de la multiplication. Mais le Seigneur soit béni pour tout. »

Tandis que l’Italie était ébranlée par des événements retentissants, dans un coin perdu de la banlieue de Turin le Seigneur multipliait silencieusement sa présence parmi les garçons d’un pauvre prêtre. Signe mystérieux mais très éclairant. »

« Quatre sous de polenta ». Tiré de « Don Bosco ». Page 149

« Dans la dernière période de 1849, pendant que – disent les chroniques – beaucoup de gens, autour de Turin souffrent de la faim, l’histoire de don Bosco enregistre certains mystérieux événements. Nous pourrions les appeler (si l’expression n’est pas excessive) « les humbles miracles qu’un prêtre obtient pour les humbles ».

Giuseppe Brosio, le bersagliere, raconte le premier dans une lettre à don Bonetti :

« Un jour, alors que j’étais chez don Bosco, se présenta un homme qui venait demander l’aumône. Il raconta qu’il avait cinq enfants, qui n’avaient pas mangé depuis un jour entier. Don Bosco fouille ses poches. Il y trouve seulement quatre sous (vingt centimes) et les lui donne avec sa bénédiction. »

Quand nous fûmes seuls, don Bosco me dit qu’il regrettait de ne pas avoir eu plus d’argent : s’il avait eu cent lires, il les lui aurait données.

Je lui dis :

« Comment pouvez-vous savoir qu’il a dit la vérité ? Si c’était un escroc ?
– Non, il est sincère et loyal. J’ajoute même : il est travailleur et très attaché à sa famille.
– Comment le savez-vous ? »

Alors, don Bosco me prit par la main, me regarda dans les yeux et, à mi-voix, me dit :

« Je l’ai lu dans son cœur.
– Ça, alors ! Mais dans ce cas-là vous voyez aussi mes péchés ?
– Oui, j’en sens l’odeur » me répond-il en souriant.

Et je dois dire qu’il me lisait vraiment dans le cœur. Si j’oubliais quelque chose en confession, il me mettait sous les yeux la réalité telle qu’elle était. J’habitais pourtant à un kilomètre de chez lui. J’avais un jour accompli un geste de générosité qui avait exigé de moi un grand sacrifice, et personne n’en savait rien. J’allai à l’oratoire ; dès qu’il me vit, don Bosco me prit la main et me dit :

« Quelle belle récompense tu t’es préparée pour le paradis !
– Qu’est-ce que j’ai fait ? » lui demandai-je.

Et lui me rappela point par point ce qui s’était passé. Quelque temps plus tard, dans Turin, je rencontrai l’homme auquel il avait donné quatre sous. Il me reconnut, m’arrêta et me dit qu’avec les sous il était allé acheter de la farine pour la polenta et que lui et sa famille en avait mangé à satiété. Il ajouta :

« Dans la famille nous l’appelons : le prêtre du miracle de la polenta, parce que, avec quatre sous, on a de la farine à peine pour deux personnes ; or, nous étions sept à manger. » »

« Je l’ai appelé par son nom : Carlo ! ». Tiré de « Don Bosco ». Page 150

« Le second, c’est la marquise Maria Fassati, née de Maistre, qui le raconte, par lettre, en français. Elle écrit :

« J’ai entendu ce récit de la bouche même de don Bosco et j’ai essayé de l’écrire avec la plus grande fidélité. »

Un jour on vint chercher don Bosco pour un jeune homme qui fréquentait ordinairement l’oratoire et qu’on dit être gravement malade. Don Bosco était absent et ne revint à Turin que deux jours après, il ne put se rendre chez le malade que le lendemain vers 4 heures de l’après-midi ; en arrivant à la maison où il demeurait, il vit les tapis noirs sur la porte avec le nom du jeune homme qu’il venait chercher. Il monte néanmoins pour voir et consoler les pauvres parents ; il les trouve tout en larmes et ils lui racontent que leur enfant était mort depuis le matin. Don Bosco demanda alors s’il pouvait monter à la chambre où était le corps du défunt pour le revoir encore une fois. Un domestique l’y conduisit.

« En entrant dans la chambre, dit don Bosco, il me vint en pensée qu’il n’était pas mort ; je m’approchai du lit et l’appelai par son nom : Carlo ! Alors il ouvrit les yeux et me salua d’un air étonné : Oh ! Don Bosco, s’écria-t-il, que vous m’avez éveillé d’un rêve affreux ! »

À ce moment plusieurs personnes qui étaient dans la chambre fuirent tout épouvantées, et jetant de grands cris renversèrent les lumières, et don Bosco se hâta de déchirer le linceul dans lequel était cousu le jeune homme, qui continua à parler ainsi.

« Il me semblait, dit-il qu’on me poussait dans une longue caverne sombre, et si étroite que je pouvais à peine respirer ; au bout je voyais comme un espace plus large et plus éclairé où beaucoup d’âmes subissaient un jugement et mon angoisse et ma terreur allait toujours croissant car j’en voyais un grand nombre de condamnées, enfin mon tour était venu et j’allais partager leur sort affreux pour avoir mal fait ma dernière confession, lorsque vous m’avez réveillé ! »

Cependant le père et la mère de Carlo étaient accourus, apprenant que leur enfant vivait ; le jeune homme les salua cordialement mais leur dit de ne pas espérer sa guérison. Après les avoir embrassés, il demanda à être seul avec don Bosco, à qui il raconta qu’il avait eu le malheur de tomber dans une faute qu’il avait crue mortelle, que se voyant très mal, il l’avait envoyé chercher avec la ferme intention de s’en confesser, mais que ne l’ayant pas trouvé on lui avait amené un autre prêtre qu’il ne connaissait pas et auquel il n’avait jamais osé découvrir ce péché. Dieu venait de lui montrer qu’il avait mérité l’enfer pour cette confession sacrilège. Aussitôt il se confessa avec beaucoup de douleur, et dès qu’il eut reçu la grâce de l’absolution il ferma les yeux et expira doucement.

Je tiens ce récit de la bouche de don Bosco lui-même et j’ai tâché de l’écrire aussi fidèlement que possible. » (1)

(1) Pietro Stella, après avoir passé au crible ce fait en 25 pages de critique historique serrée, et souligné la probabilité douteuse de certains détails admis dans le « récit officiel » fait par don Lemoyne dans le volume III des M.B., conclut : « pour en revenir au récit de don Bosco et au fait objectif, il serait souhaitable que l’on adoptât la relation Fassati » (Pietro Stella, Don Bosco dans l’histoire de la religiosité catholique, vol. I, « la vie et les œuvres », Pas-Verlag, Zürich, 1968, p. 257). C’est ce que nous avons fait.

N.D.T : Le texte français de la lettre de la marquise Fassati a été recopié dans l’ouvrage de Pietro Stella cité plus haut. La marquise Fassati n’était pas la marquise de Sévigné. »

« Une corbeille de châtaignes qui ne se vide jamais ». Tiré de « Don Bosco ». Page 151

« Le troisième fait, c’est Giuseppe Buzzetti qui le rapporte, et il est confirmé par Carlo Tomatis, qui fut parmi les premiers garçons hébergés par don Bosco.

Le jour des morts, don Bosco emmène tous les enfants qui fréquentent l’oratoire le dimanche et les jours de fête, visiter le cimetière et prier. Il a promis, pour le retour, des châtaignes cuites. Il en a fait acheter trois gros sacs.

Maman Marguerite n’a pas compris ce qu’il veut et en a fait cuire seulement trois ou quatre kilos.

Joseph Buzzetti, le très jeune « économe », arrive à la maison avec les autres, voit l’affaire et dit :

« Don Bosco en sera malade. Il faut le prévenir tout de suite. »

Mais dans la cohue du retour de toute la troupe affamée, Buzzetti ne réussit pas à s’expliquer. Don Bosco prend le petit panier et commence à distribuer des châtaignes avec la vieille louche toute trouée. Dans le tohu-bohu Buzzetti lui crie :

« Pas tant que ça ! Il n’y en aura pas pour tout le monde.
– Mais il y en a trois sacs à la cuisine.
– Non, il n’y a que ça ! Que ça ! » essaie de lui répondre Buzzetti pendant que les garçons hurlent et poussent par vagues successives.

Don Bosco est décontenancé.

« Mais j’en ai promis à tout le monde. Continuons tant qu’il en restera. »

Il continue à distribuer une louche à chacun. Buzzetti regarde nerveusement les quelques poignées restées au fond du panier et la file d’attente de plus en plus longue. Un autre commence à observer lui aussi. Et tout d’un coup, il se fait comme un silence. Les centaines d’yeux écarquillés ne perdent plus de vue ce panier qui ne se vide plus…

Il y en eut pour tout le monde. Et ce fut sans doute la première fois ce soir-là que les garçons, les mains pleines de pauvres châtaignes, crièrent : « Don Bosco est un saint ! » »

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Seigneur, ne le laissez pas mourir

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Voici un extrait issu de la vie de saint Jean Bosco dans lequel nous le découvrons à l’article de la mort suivi d’une guérison causée par la pénitence de ses jeunes. Dans le second extrait, on le voit en train de sauver un ex-prisonnier qui est méprisé de tous.

« Seigneur, ne le laissez pas mourir ». Tiré de « Don Bosco ». Page 118 et 119

« Premier dimanche de juillet 1846. Après une épuisante journée passée à l’oratoire dans une chaleur torride, en retournant à sa chambre du Refuge, don Bosco s’évanouit. On le transporte jusqu’à son lit : « Toux, inflammations violentes, crachements de sang continuels ». Ces paroles signifient selon toute probabilité : « pleurite avec forte fièvre, hémoptysie », conjonction de troubles extrêmement graves à cette époque pour un malade qui a déjà souffert de vomissements de sang.

« En quelques jours, je fus considéré comme perdu. »

On lui administre le viatique et l’onction des malades. Sur les chantiers des petits maçons, dans les ateliers des jeunes mécaniciens, la nouvelle se répand immédiatement : « Don Bosco va mourir ».

Tous les soirs, vers la petite chambre du Refuge où don Bosco agonise, arrivent des groupes de pauvres garçons affolés. Ils portent encore leurs vêtements salis par le travail, le visage blanchi par la chaux. Ils n’ont pas dîné pour courir au Valdocco. Ils pleurent, ils prient :

« Seigneur, ne le laissez pas mourir. »

Le médecin a suspendu toute visite, et l’infirmier (tout de suite posté par la marquise de Barolo au chevet de don Bosco) interdit à qui que ce soit l’entrée de la chambre du malade. Les garçons désespèrent :

« Laissez-moi au moins le regarder.
– Je ne le ferai pas parler.
– J’ai un seul mot à lui dire, un seul.
– Si don Bosco savait que je suis là, il me ferait certainement entrer. »

Don Bosco reste pendant huit jours entre la vie et la mort. Pendant ces huit jours, des garçons, travaillant, sous un soleil de plomb, ne burent pas une gorgée d’eau pour arracher au ciel sa guérison. Dans le sanctuaire de la Consolata les petits maçons se succèdent nuit et jour. Il y a toujours quelqu’un agenouillé devant la Madone. Si les yeux se ferment de fatigue (après douze heures de travail), ils résistent au sommeil parce que don Bosco ne doit pas mourir.

Certains, avec la générosité spontanée des enfants, promettent à la Vierge de réciter le chapelet toute leur vie, d’autres de jeûner au pain et à l’eau pendant un an.

Le samedi, don Bosco subit la crise la plus grave. Il n’a plus de force, le plus petit effort provoque un vomissement de sang. Dans la nuit, beaucoup craignent la fin. Mais elle ne vient pas.

C’est au contraire l’amélioration qui arrive : la grâce arrachée à la Vierge par ces garçons qui ne peuvent plus rester sans père.

Un dimanche de la fin de juillet, dans l’après-midi, en s’appuyant sur un bâton, don Bosco se dirige vers l’oratoire. Les enfants volent à sa rencontre. Les plus grands l’obligent à s’asseoir sur un fauteuil, le soulèvent sur les épaules et le portent en triomphe jusque dans la cour. Ils chantent, ils pleurent, les petits amis de don Bosco, et, lui aussi il pleure.

Ils entrent dans la petite chapelle et remercient ensemble le Seigneur. Quand le silence se fait, tendu, don Bosco réussit à prononcer quelques paroles :

« Ma vie, c’est à vous que je la dois. Mais, soyez-en persuadés : à partir d’aujourd’hui, je la dépenserai entièrement pour vous. »

Pour moi, ce sont des paroles les plus importantes que don Bosco ait prononcées au cours de sa vie. Elles sont le « vœu solennel » par lequel il s’est consacré aux jeunes et seulement à eux. Ses autres plus grandes paroles (véritable suite donnée à celles-ci), il les dira sur son lit de mort :

« Dites à mes garçons que je les attends tous au paradis. »

Les forces extrêmement réduites dont il peut disposer ce jour-là, il les dépense à parler seul à seul avec ses jeunes « pour échanger contre des choses réalisables, les vœux et les promesses dans lesquelles, sans la réflexion nécessaire, beaucoup se sont engagés quand j’étais en danger de mort ». Geste extrêmement délicat.

Les médecins prescrivent une longue convalescence, un repos total et don Bosco monte aux Becchi, chez son frère et sa mère. Mais il promet à ses garçons :

« À la chute des feuilles je serai de nouveau ici, au milieu de vous. » »

« La bourse ou la vie ». Tiré de « Don Bosco ». Page 120 et 121

« Il voyage à califourchon sur un âne, fait une étape à Castelnuovo parce qu’il a été secoué par le bourricot et arrive vers le soir aux Becchi.

La cour retentit de la rumeur joyeuse des neveux et nièces lui souhaitant la bienvenue, Antoine s’est construit une maisonnette en face de celle qu’il habitait quand il était jeune. Il a cinq enfants : François, quatorze ans ; Marguerite, douze ans ; Thérèse, neuf ; Jean, six et Françoise, une vivante petite fille d’à peine trois ans.

Joseph aussi, en face de la demeure familiale, a édifié une maison qu’il habite avec sa femme, maman Marguerite et ses quatre enfants : Philomène, onze ans maintenant ; Rose-Dominique, huit ; François, cinq et Louis qui vagit encore au berceau.

Don Bosco est hébergé chez Joseph. L’air de ses collines, l’affection discrète de la maman, les randonnées de plus en plus longues qu’il fait vers le soir à travers les vignes où le raisin commence à rougir, lui rendent la vie et les forces.

De temps en temps, il écrit à don Borel pour avoir des nouvelles de ses garçons. Il remercie « don Pacchiotto, don Bosio, l’abbé Vola, don Trivero », qui donnent un coup de main.

Au cours d’une promenade, pendant le mois d’août, il est allé jusqu’à Capriglio. En revenant à travers un petit bois, il entend une voix dure qui lui ordonne :

« La bourse ou la vie ».

Effrayé, il répond :

« Je suis don Bosco, je n’ai pas d’argent ».

Il dévisage l’homme qui sort des broussailles en brandissant une serpette et, sur un autre ton, il continue :

« Cortèse, c’est toi qui veux me tuer ? »

Il a reconnu dans ce visage barbu un jeune homme qui était devenu son ami dans les prisons de Turin. Le garçon, lui aussi, se souvient et voudrait rentrer sous terre.

« Don Bosco, pardonnez-moi ; je suis un misérable. »

Il raconte à bâtons rompus une histoire douloureuse et fréquente. Sorti de prison, on ne l’a plus reçu chez lui.

« Même ma mère me tourne le dos. Ils m’ont dit que je suis la honte de la famille. »

Du travail, inutile d’en parler. Dès qu’on apprend qu’il a fait de la prison, on lui ferme la porte au nez.

Avant d’arriver aux Becchi, don Boscol l’a confessé et lui a dit :

« À présent, viens avec moi. »

Il le présente aux siens :

« J’ai rencontré ce vieil ami, ce soir, il dînera avec nous. »

Le lendemain matin, après la messe, il lui donne une lettre qui le recommande à un prêtre et à quelques bons patrons de Turin. Il l’embrasse.

Octobre 1846, Au cours de ses longues promenades solitaires, don Bosco a mis en forme, tranquillement, son projet pour l’avenir immédiat. À son retour à Turin, il ira loger dans les chambres que lui a louées Pinardi. Là, il donnera l’hospitalité, aux sans famille.

L’endroit, malheureusement, n’est pas recommandable pour un prêtre seul. Non loin de là, se trouve une « maison douteuse » : la maison Bellezza, avec l’auberge La Jardinière où les ivrognes chantent jusqu’au milieu de la nuit. Il faudrait qu’il habite avec une personne qui le préserverait de ces soupçons et médisances qui circulent rapidement.

Il a pensé à sa mère. Mais comment le lui dire ? Marguerite a cinquante-huit ans. Aux Becchi, elle est reine. Comment l’arracher à sa maison, à ses petits-enfants, aux habitudes tranquilles de chaque jour ? Peut-être don Bosco se sent-il encouragé par la perspective d’une mauvaise saison qui s’annonce pour la campagne. Les récoltes de 1846 ont été mauvaises et en 1847, on en prévoit de pires.

« Maman, lui dit-il un soir en rassemblant tout son courage, pourquoi ne viendriez-vous pas avec moi passer un moment ? J’ai loué trois pièces au Valdocco et, prochainement, j’y logerai des garçons abandonnés. Vous m’avez dit un jour que vous ne viendrez jamais chez moi si je devenais riche. Pour le moment justement je suis pauvre et chargé de dettes. De plus c’est un risque pour un prêtre d’habiter seul dans ce quartier. »

La vieille dame reste pensive. C’est une proposition à laquelle elle ne s’attendait pas. Avec douceur, don Bosco insiste :

« Ça ne vous dirait rien de servir de maman à mes garçons ?
– Si tu crois que c’est la volonté de Dieu, murmure-t-elle, je viens. » »

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