Les alpinistes, un conte chrétien pour tous

« Nous étions en 2029. Les enfants chahutaient joyeusement en attendant leur professeur. Les rires résonnaient dans la vieille classe qui sentait bon le bois peint. Un magnifique crucifix était placé juste au-dessus du grand tableau noir. La joie rayonnait parmi les jeunes élèves, c’est comme si Jésus-Christ était parmi eux. Soudainement, on entendit la démarche tranquille du père Éric. Ses pas retentissaient dans le long couloir. Son souffle haletant se rapprochait de plus en plus. Enfin, sa main se posa sur la poignée de la porte vieillie. Sa grande silhouette apparut dans la classe masculine. Il avait le visage un peu rond, les yeux clairs, les cheveux roux. C’était un Normand, on le voyait à ses larges mains.

Il lança un grand sourire aux enfants chamailleurs et dit :
« Bonjour les enfants ! »
Les enfants se levèrent en chœur pour rendre hommage à sa noble fonction, avant de répondre dans un même souffle :
« Bonjour père Éric ! »
Un large sourire illumina le visage du père Éric : il aimait profondément ces enfants.
« Asseyez-vous les enfants. Avant de commencer, je vais vous raconter une belle histoire comme tous les matins. Aujourd’hui, le conte s’intitule les alpinistes. Qui peut me dire ce qu’est un alpiniste ? »
Un garçon leva le doigt.
« Denis, à toi, dit le père Éric.
– C’est un monsieur qui grimpe le long des montagnes.
– Oui, mais encore. »
Un autre élève tendit la main.
« Patrice, nous t’écoutons, lança le père Éric.
– C’est un montagnard qui a l’art de monter le long des parois.
– Oui, Patrice. C’est très bien. Un alpiniste est comparable à un chrétien et je vais vous dire pourquoi. Voici l’histoire :

Il était une fois deux alpinistes nommés Judas et Jean. Judas était grand, musclé, taillé pour vaincre la montagne, tandis que Jean était petit et plutôt maigre. Judas était aussi orgueilleux que sportif tandis que Jean était humble et doux. Les alpinistes arrivèrent au pied de la montagne : Judas la regardait fièrement comme un challenge supplémentaire, tandis que Jean la contemplait d’un regard émerveillé.
« Je vais te battre comme la dernière fois, lança Judas.
– Je te le souhaite, répliqua humblement Jean.
– Rendez-vous là-haut ! » rétorqua Judas en commençant à grimper.

Judas faisait jouer ses muscles et l’agilité de ses doigts pour escalader la paroi abrupte. Jean, lui, priait. Il priait pour obtenir le courage de gravir la montagne. Il se concentrait sur le sommet en pensant au chemin qui restait à parcourir. Il donnait toute sa confiance à Dieu tandis que Judas ne comptait que sur lui-même.

Judas escaladait la paroi à une vitesse très rapide. Il est évident qu’il voulait arriver le premier afin de mettre en valeur ses qualités d’alpiniste. Il voulait se glorifier, auprès de Jean, de sa victoire personnelle.

Jean escaladait tranquillement en priant. Il dédiait chaque pas accompli à la sainte Vierge Marie, à Jésus-Christ ou à un saint. Il méditait l’Évangile pendant qu’il grimpait. Pour lui, le chemin déjà réalisé n’était rien. Il se focalisait sur le sommet de la montagne mais prenait le temps d’arriver. Ce parcours était un moyen de s’humilier devant la grandeur de la montagne, symbole de l’immensité de la Création. La montagne était la parabole de la foi, son sommet représentant la perfection chrétienne. Pour lui, l’escalade était comparable à une vie : pour atteindre l’excellence de la foi, il fallait s’épurer de ses péchés, s’abaisser pour être élevé. Jean était un véritable chrétien qui avait saisi le message des saintes Évangiles.

Judas, pendant ce temps, montait à un rythme effréné. Il admirait la contraction de ses muscles. Si la montagne était un miroir, il se serait admiré longuement. Il se faisait confiance et c’était, pour lui, le principal : l’autre n’étant que le reflet de la médiocrité. Il voulait la gloire en pensant qu’elle pourrait durer éternellement. Il n’avait pas conscience que ses muscles vieillissaient en même temps que son corps. Il se moquait éperdument des qualités de l’âme et de ses conséquences sur la civilisation. Pour lui, l’homme bon ou mauvais ne changeait rien. Il s’admirait comme s’il s’était l’auteur de sa propre création, l’orgueil de Narcisse n’était rien comparé au sien. Pendant qu’il escaladait, il ne regardait pas vraiment les parois de la montagne puisque celle-ci n’était destinée qu’à assouvir sa propre gloire. Son regard ne voyait que la réussite.

Jean, loin derrière, continuait de monter tranquillement en priant et en faisant confiance à Dieu. Il admirait les parois de la montagne. Il observait chaque fleur, chaque pétale, chaque trace de vie. Il louait le Seigneur pour la beauté du monde. Il grimpait par la force de sa confiance et cherchait à s’améliorer à chaque pas. Pour lui, la victoire ne lui revenait pas : elle appartenait au Créateur de toute chose.

Après plusieurs heures d’escalade, Judas arriva en haut du sommet. Jean termina bien après lui. En haut de la montagne, il y avait un vieil homme habillé de blanc qui était assis et semblait les attendre. Le vieillard dit :
« À votre avis, le vainqueur est-il celui qui arrive le premier ou celui qui cherche à s’améliorer ?
– Le champion est celui qui arrive en tête ! lança Judas.
– Peu importe la victoire, dit Jean, ce qui compte vraiment, c’est l’épuration de son âme.
– En vérité je vous le dis, Jean est le premier et Judas le dernier car celui qui compte uniquement sur ses propres forces ne se soucie pas de ses frères et méprise Son Père. Celui qui ne cherche pas à s’épurer de ses péchés fait le mal par aveuglement et détruit l’ordre naturel : il n’est plus digne d’être le gardien de la terre. Tandis que celui qui prie et cherche à s’améliorer fait la joie de ses frères et le bonheur de Son Père. La récompense appartient aux justes. En vérité, en vérité, je vous le dis, Judas m’a trahi une seconde fois », conclut l’homme avant de disparaître soudainement.

Les enfants écoutaient le père Éric d’un air émerveillé. Son histoire si juste et si belle les édifièrent. Il conclut ainsi l’histoire :
« Les enfants, soyez comparables à Jean, cet alpiniste qui se montre digne de Notre-Seigneur, car, vous l’aurez compris le vieil homme situé en haut de la montagne représente Jésus-Christ au moment de notre mort lorsqu’il effectue notre jugement personnel. La montagne est la parabole de la vie. Les deux alpinistes représentent les hommes : Jean fait partie des justes, dignes fils d’Abel tandis que Judas fait partie des iniques, descendants impies de Caïn. Ceux qui se montrent égoïstes ne cherchent que leur propre profit au mépris de tout ce qui les entoure, tandis que ceux qui se montrent bons sont dignes d’être à la droite du Seigneur. Mes enfants, montrez-vous méritant envers Dieu pendant toute votre vie et vous serez largement récompensés. Nous allons faire une pause de cinq minutes avant de commencer le cours. »

Un silence émerveillé régnait dans la classe. Les enfants méditaient l’histoire du jour. La scolarité dans la Nouvelle France cherchait à édifier les âmes par l’enseignement de la voie droite. »

Stéphane, 15 juin 2017
Blog la France Chrétienne

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Le plancher de verre

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Une multitude d’êtres vivants habitaient sur une planète dont le sol était constitué d’une mince épaisseur de verre. L’endroit était fragile. Les minéraux et les végétaux poussaient paisiblement. Les animaux, quant à eux, par nature, marchaient le plus habilement possible afin de ne pas abîmer le sol. Les premiers êtres humains suivaient des codes comportementaux très stricts afin de garantir la paix sur l’ensemble de la planète. Chaque individu pleurait sur ses fautes pour chercher à s’améliorer tout en faisant le bien autour de lui. La planète resplendissait tout comme le verre qui recouvrait le sol.

Un beau jour, un enfant qui estimait que ces règles étaient trop strictes décida de se rebeller. Au lieu de marcher prudemment, il sautillait en s’esclaffant. Au bout de quelque temps, un grand nombre d’enfants dansotaient par effet d’imitation. Arrivés à l’âge adulte, ces individus rebelles mirent au monde des enfants qui se conformèrent à ces règles plus souples. Ainsi, en grandissant, leurs enfants ne sautillaient plus mais sautaient le plus loin possible. De génération en génération, les hommes modifiaient de manière imperceptible leur comportement.

Quelques siècles plus tard, les lointains descendants de ces premières générations rebelles sautaient de tout leur poids en hurlant le plus fort possible. Ils s’insultaient les uns les autres, buvaient, fumaient, volaient les biens appartenant à leurs frères. La plupart des adultes étaient totalement corrompus et abrutis. C’est par un matin de pluie qu’un grondement sourd se fit entendre. Le verre qui recouvrait le sol se fissura. Les hommes, surpris par cet étrange événement, se mirent en colère et sautèrent de plus en plus fort sur le verre afin de manifester leur mécontentement.

Les oiseaux, pris de panique, s’envolèrent. Ces mouvements soudains effrayèrent les meutes de chiens qui détalèrent le plus loin possible. Leurs jappements dérangèrent les vaches qui broutaient paisiblement. La frayeur les fit se déplacer, à leur tour, en direction du désert. C’est à cet endroit que vivaient les éléphants. Étonnés par l’exode des vaches, les pachydermes barrirent avant de détaler. Le déplacement de ces gros animaux accentua la fissure. Une complainte terrifiante s’éleva dans les airs. Tant et si bien qu’une peur générale entraîna des mouvements de panique de plus en plus violents sur l’ensemble de la planète.

Les arbres commencèrent à jaunir, les oiseaux moururent, les chiens se dévorèrent les uns les autres et les hommes se frappèrent à coups de massue tout en sautant sur la fissure. Le comportement absurde des êtres humains entraîna la brisure du verre qui tapissait le sol. Soudainement, l’immense partie du verre vola en éclat. La plupart des arbres, des animaux et des hommes disparurent dans les abysses qui se trouvaient sous le sol.

Un calme assourdissant envahit la planète. Quelque temps plus tard, le plancher de verre se reconstitua sous l’impulsion divine. Lorsque le sol fut stabilisé, quelques êtres humains qui s’étaient cachés en emportant avec eux des minéraux et des animaux sortirent de leur cachette. Ils rédigèrent des règles sur des morceaux d’écorces afin qu’elles ne se perdent plus. Sans ces lois de silence et de prière, les hommes étaient amenés à agir de manière insensée. La rébellion entraînait des catastrophes terrifiantes tandis que le respect des lois de Dieu garantissait l’harmonie sur la planète. Lorsque les hommes acceptaient d’aimer Dieu et de faire preuve de charité les uns envers les autres, en plus de garantir la paix, ils permettaient aux arbres et aux animaux de s’épanouir. Plus la charité débordait, plus la planète resplendissait.

Moralité, lorsque les hommes perdent le sens de la bonté, piétinant les lois du Père que le Fils, Jésus-Christ, a annoncées aux hommes, foulant aux pieds les grâces du Saint-Esprit, refusant les commandements du Dieu Trinitaire, le mal se répand sur la planète au point d’entraîner une incommensurable destruction. Lorsque les hommes perdent le sens du sacré, les cataclysmes finissent par accomplir la Justice divine. Le comportement effronté des hommes finit par se retourner contre eux. Gardons à l’esprit que l’animal n’est pas responsable de ses actes contrairement à l’être humain.

Nous sommes, en ce début de XXIe siècle, à la veille de grands bouleversements puisque beaucoup d’individus ont décidé de refuser Dieu et Ses commandements. L’orgueil, l’avarice, l’avidité et l’individualisme ont fait reculer la charité. Or, sans abnégation, c’est la loi du plus fort qui s’applique. Par un effet de cause à effet, tel un jeu de domino qui s’effondre, ces principes de plus en plus malsains entraînent les guerres et les châtiments. Nous sommes prévenus. Il est temps d’en prendre conscience et de se ressaisir avant qu’il ne soit trop tard.

Étienne de Calade

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La renaissance de la Croix

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Michel marchait d’un pas résolu dans la ville assombrie par la pollution et la criminalité banalisée. Le ciel était couvert. Une pluie souillée de produits toxiques venait de s’abattre brutalement sur la capitale grisâtre. La radio venait d’annoncer que si de grandes résolutions n’étaient pas prises dans les prochains mois, l’humanité allait prochainement sombrer dans le chaos le plus total. La faim dans le monde avait décimée, l’année passée et sur l’ensemble de la planète, des millions d’individus. À l’échelle de la terre, les richesses étaient concentrées sur deux immenses métropoles. Ce qui avait fait la gloire de l’humanité était tombé, depuis longtemps, dans l’oubli. La pauvreté, la violence et la maladie régnaient en despote.

La première lueur du soleil attira l’œil aguerri de l’individu, ce qui lui décrocha un sourire. Michel était un homme brun de très grande taille. Ses mains étaient larges, ses doigts étaient longs et parfaitement droits. Michel avait une carrure imposante. Il mesurait 2m31. Sa personnalité était tellement charismatique que son regard suffisait à apaiser les tensions.

Michel tourna sur la gauche pour passer, comme chaque jour, par cette petite ruelle glauque qui menait à son domicile. Ses bruits de pas résonnaient le long des murs fissurés et salis par une crasse visqueuse. Un peu plus loin, devant lui, deux hommes se frappaient violemment. L’un était petit, vêtu de blanc, tandis que l’autre devait frôler les 2 mètres. Il était entièrement recouvert d’une combinaison noire. Michel avançait prudemment dans la pénombre. Un peu avant qu’il n’arrive à leur hauteur, la lumière blafarde d’un réverbère éclaira le visage des deux hommes qui venaient de se retourner pour l’observer.

« Qu’est-ce que tu fais là, toi ? demanda le géant revêtu de noir.
– Je ne fais que passer. Ne vous occupez pas de moi, répondit Michel d’une voix grave.
– C’est un peu trop tard, mon gars, annonça l’homme baraqué.
– Laisse le partir, Molosse, répliqua le petit homme d’une voix nasillarde.
– Toi, le minus, ferme-la ! gronda le géant qui bloqua le passage à l’étranger.
– Laissez-moi passer, voulez-vous, dit Michel en posant amicalement la main sur l’épaule de l’homme dont la tête lui arrivait à peine au menton.
– Non, pas question. J’ai envie de te mettre une branlée ! annonça le rebelle d’une voix puissante.
– Vous risqueriez de le regretter. Je vous conseille de vous en aller maintenant avant qu’il ne soit trop tard, répliqua Michel d’une voix posée.
– C’est ce qu’on va voir. Tu te crois fort alors que tu n’es qu’un vulgaire humain » répondit l’homme vêtu de noir en arborant un affreux rictus.

Le géant agrippa le petit homme blanc avant de le serrer de toutes ses forces contre lui. Leurs corps se mélangèrent dans un affreux craquement d’os. Sous les yeux épouvantés de Michel, les deux hommes se fondirent en une seule et unique créature à la peau écailleuse et au visage reptilien. La bête grandissait à vue d’œil en même temps qu’elle prenait sa forme définitive. À la fin de sa douloureuse transformation, le monstre dépassait Michel d’environ deux têtes. Ses muscles saillants étaient bordés d’épines osseuses. Sa peau était de couleur verdâtre. De grandes griffes acérées remplaçaient les doigts de ses mains tandis que des serres jaunâtres lui servaient de doigts de pieds. Michel recula nerveusement contre le mur situé un peu plus loin derrière lui.

« Alors, minable, que dis-tu de ma nouvelle force ? demanda le monstre d’une voix caverneuse.
– Je ne vois en toi qu’une abomination, répondit Michel qui revenait un peu de sa surprise.
– Tu ne sais donc pas reconnaître la puissance ? Agenouille-toi devant moi. Ainsi, je t’épargnerai en te donnant une mort immédiate, répondit la bête.
– Il n’est pas question que je m’incline devant toi. Tu es grand et fort, certes, mais tu restes une horreur blasphématoire, répondit Michel d’une voix monotone.
– Je suis beaucoup plus grand que l’humanité réunie. Te rends-tu compte que je peux t’arracher la tête d’un seul coup de griffes ? gronda le monstre.
– Oui, j’en suis conscient. Mais je vais te poser une seule question : qui est comme Dieu ? dit Michel en fixant sereinement le monstre.
– Assez ! Tu n’es qu’un larbin alors que moi je suis le sublime Mani-Rex ! tonna la bête.
– Je suis l’un des représentants du genre humain. Je suis également leur plus grand défenseur, répliqua doucement Michel.
– Pourquoi souris-tu ? s’enerva Mani-Rex.
– Parce que tu vas bientôt retourner d’où tu viens ! dit Michel en s’agenouillant pour psalmodier des paroles en latin.
– Que fais-tu là ?! Cette langue est morte depuis des siècles. J’ai détruit la vraie foi en ton Dieu Trinitaire par mes mensonges et mes accusations ! Je suis le prince de ce monde, m’entends-tu ?! » hurla Mani-Rex avant de pousser un cri guttural.

Tandis que Michel priait, son corps devenait brillant, son torse s’élargissait. Il écarta les bras avant de se relever. Une force tombée du Ciel frappa ses deux paumes de main tournées vers le haut. Son visage s’élargit afin de retrouver son ineffable beauté. Deux ailes blanches sortirent de son dos avant de se déplier majestueusement. Michel atteignit bientôt la taille de Mani-Rex.

« Ce n’est pas vrai ! Encore toi ! hurla la bête en grimaçant outrageusement.
– Contrairement à ce que tu croyais, les chrétiens continuent de prier Dieu dans le secret de leur cœur ! lança Michel d’une voix douce.
– Tu oses revenir sur mon territoire, moi qui suis la puissance même ! s’écria Mani-Rex en levant les bras pour montrer ses énormes muscles.
– Tu es l’accusateur, l’imposteur, le père du mensonge ! répondit calmement Michel.
– Je vais te découper en morceau, l’archange ! hurla le démon en déployant d’immenses ailes noires.
– Je suis Michel, celui qui a toujours terrassé la bête. Sois anathème pour l’éternité ! » lança-t-il en sortant, d’un fourreau accroché dans le dos, une majestueuse et brillante épée sur laquelle était gravée une croix étincelante.

Mani-Rex avança jusqu’à Michel, pendant qu’il déployait ses griffes, avant de lui balancer sa lourde patte. L’archange se baissa pour le contourner en même temps qu’il abattit le tranchant de son épée sur son avant-bras gauche. L’épée coupa net le poignet du fils de Satan. La main écailleuse tomba lourdement sur le sol. La bête hurla tandis que Michel fit un tour sur lui-même pour entailler profondément l’épaule droite de Mani-Rex. Le monstre décolla pour lui donner un coup de patte dans le torse. Une plaie béante s’ouvrit instantanément. L’archange porta la main à la poitrine en s’aidant de l’épée pour ne pas tomber, avant de finir par s’agenouiller pour prier. Une lumière divine répara miraculeusement sa cruelle blessure. Mani-Rex, effrayé par la puissance de l’archange que lui octroyait Dieu, s’envola. Michel jeta son épée, à la manière d’un lanceur de javelot, dans la direction du lâche. L’arme vola dans les airs pour finir par s’enfoncer, jusqu’à la garde, dans les écailles dorsales du fourbe. Mani-Rex hurla dans les ténèbres avant de retomber lourdement sur le sol. Michel accourut dans sa direction. Il dégagea la glorieuse épée de Justice après avoir posé le pied droit sur le corps monstrueux pour finir par trancher l’épaisse gorge d’un unique coup de glaive.

Le corps de la bête reprit progressivement forme humaine avant de tomber en poussière, comme si son cadavre venait de vieillir de mille années en seulement quelques instants. Le règne de Satan venait de prendre fin. Michel était revenu ce soir pour terrasser définitivement la Bête. La vraie foi allait pouvoir réparer les dégâts que le monstre avait causés sur terre. Il y avait un travail incommensurable, mais, Michel allait pouvoir, après être redevenu invisible, inspirer les hommes afin que des générations de saints viennent sauver l’Église et rétablir la paix selon les commandements de Jésus-Christ.

L’archange leva son épée en direction des Cieux. Un rayon de soleil éclaira la magnifique croix pendant que la lumière du jour se répandait sur la ville. Une atmosphère paisible, toute divine, remplaça l’ancienne qui était pesante et sombre. L’herbe verdissait, les arbres et les fleurs repoussaient, le ciel retrouvait sa couleur bleu azur, l’eau des rivières et des fleuves redevenait transparente, les murs blanchissaient, la couche de pollution disparaissait. Une brise vivifiante à l’odeur exquise de fleurs soufflait doucement. L’archange, en extase, rendit gloire à Dieu avant de disparaître. Quelques femmes, étonnées par la beauté du paysage, tombèrent à genou en louant le Seigneur. Au loin, les premiers clochers retentissaient pour louer l’amour de Dieu. Le son des cloches se généralisa pendant que l’allégresse se déversait sur la population. Un magnifique nuage blanc formant la phrase « Quis ut Deus » persista dans le ciel pendant plusieurs longues minutes. Des cris de joie s’élevèrent et se répandirent. Dieu était de nouveau loué. Vive Jésus !

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Mort à bas prix

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L’homme, parfaitement rasé, habillé d’un magnifique costume gris, se tenait droit devant l’immense stand sur lequel était inscrit en lettres capitales « choisissez votre mort low cost ». Une foule de badauds l’écoutait.

« Approchez, mesdames et messieurs, profitez-en, choisissez votre mort à bas prix. Vous avez le choix : injection létale, coma éthylique, overdose par la drogue de votre choix, assassinat déguisé, suicide organisé, exécution rapide, euthanasie, mort lente, mort accidentelle, allez-y, tout doit partir ! scandait l’homme à la voix arrogante.

– S’il vous plaît ! lança un homme de petite carrure en levant le doigt.

– Oui, quelle mort souhaitez-vous monsieur ? cria l’homme d’une voix tonitruante

– Justement, j’ai envie de vivre. J’ai passé ma jeunesse à travailler dur. Je suis veuf depuis une dizaine d’années et je vois ce stand qui propose la mort de notre choix. Mais, je vous dis que je veux vivre. Alors proposez-moi un voyage vers une destination de rêve !

– Allons, mon bon monsieur, vous devez être raisonnable. Regardez le monde autour de vous. Il n’y a pas assez de place pour tout le monde. Vous, les hommes biologiques, devez mourir afin de laisser la place aux plus méritants. Pensez à ceux qui se sont fait améliorer grâce à la technologie. Eux sont les tenants du nouveau monde, pas vous ! s’esclaffa l’homme en dévoilant un bras bionique après avoir relevé l’une de ses manches.

– Je suis outré monsieur ! C’est grâce à nous que vous avez pu créer cette infâme société. Vous nous avez menti toutes ces années pour en arriver-là. Vous avez su jouer avec nos sentiments pour nous faire accepter cette civilisation mortifère ! s’énerva l’homme moustachu à la peau hâlée.

– Ce sujet a déjà été longuement traité par l’ensemble des médias. Les hommes du passé, c’est-à-dire ceux qui refusent la technologie, doivent mourir. Nous vous offrons une mort à bas prix alors profitez-en, avant que nous ne faisions le choix de vous l’imposer ! lança l’immonde présentateur qui ressemblait à une star américaine.

– Cela tombe bien. Mes amis et moi avons une technologie qui va certainement vous amuser. L’homme siffla entre ses doigts, une troupe armée jusqu’aux dents entra dans la galerie marchande.

– Vous n’avez pas le droit de venir ici pour me menacer ! hurla le présentateur. C’est vous qui devez mourir, pas moi ! Je suis un cyborg ! Pas vous ! »

Une salve de fusil mitrailleur transperça le présentateur bionique pendant que des bruits d’explosion se firent entendre dans la galerie. Une partie des badauds sortirent des armes de poings avant de poser un brassard bleu roi en signe de ralliement. La résistance s’était organisée et avait décidé de ne plus plier aux mensonges des hérésies. La peur se trouvait désormais dans le camp des cyborgs. Les résistants ne reculeraient devant rien pour éliminer jusqu’au dernier robot. La guerre contre les machines étaient désormais déclarée.

Étienne de Calade

Le renard et le corbeau

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Un corbeau, alléché par l’odeur du gâteau que tenait un renard perché dans un arbre, lui tint à peu près ce discours.

« Bonjour, Maître renard, comment allez-vous ce matin ? dit le corbeau en déployant les ailes.
– Je vais bien, je vous remercie de prendre de mes nouvelles, dit le renard au poil soyeux.
– Accepteriez-vous de me donner une part de ce gâteau qui m’a l’air succulent ? demanda le volatile en contemplant le renard perché.
– Certainement pas, mon bon monsieur, répondit le renard d’un air supérieur.
– Je vous signale tout de même que j’ai faim, nous sommes en hiver et je n’ai rien mangé depuis de nombreux mois, répondit l’oiseau au plumage noir.
– Ce n’est pas mon problème, monsieur. En ce qui me concerne, j’ai à manger et à boire. Vous n’aviez qu’à m’imiter, vous n’auriez pas rencontré ce genre de problème à l’heure qu’il est, répondit le renard en fixant le corbeau d’un air malicieux.
– Cher renard, si je vous avais imité, je serai certainement dans cet arbre, sur une branche située plus en hauteur que celle sur laquelle vous vous tenez actuellement, répondit l’oiseau sur un ton solennel.
– Hé bien, pourquoi ne l’avez-vous pas fait, alors ? répondit le renard d’un air curieux.
– Je ne l’ai pas fait pour une simple raison. J’aurai dû accepter de troquer mon honnêteté contre une bonne dose de malice et d’égoïsme et ceci m’aurait fendu le cœur, répondit sagement le corbeau.
– Vous insinuez ainsi que je serai un être perverti ? demanda le renard en élevant un peu la voix.
– Je ne l’insinue pas, mon ami, je l’affirme, répondit l’oiseau en sautillant sur le sol.
– Pour quelle raison, serai-je devenu cet être pervers que vous décrivez tant bien que mal ? demanda le renard en léchant le gâteau.
– Vous êtes devenu un être pervers après m’avoir, dans un lointain passé, volé mon fromage. Vous en souvenez-vous seulement ? demanda l’oiseau d’un air interrogateur.
– Bien sûr, que je m’en rappelle, s’esclaffa le renard, j’ai été bien plus malin que vous.
– Oui, je dois le reconnaître puisque vous avez transformé mon fromage en gâteau, en vous appropriant, de ci et de là, beaucoup d’autres aliments. J’en conclus que vous avez trompé un grand nombre d’animaux pour être en mesure de confectionner votre énorme pâtisserie, répondit le corbeau sur un ton accusateur.
– Quelle est la loi qui m’en empêche ? demanda le renard sur son arbre perché.
– La loi est la même pour tout le monde, mon ami, c’est ce que vous avez sans cesse répété jusqu’à présent. Mais dès que vous avez accompli votre larcin, c’est à dire, transformé mon fromage en gâteau, vous vous êtes empressé de grimper dans cet arbre, rétorqua l’oiseau sur un ton autoritaire.
– Et alors ? répondit du tac au tac l’animal au poil roux.
– Vous savez pertinemment que cet arbre n’est pas soumis à la loi du système. En étant perché là-haut, vous êtes couvert par une sorte d’immunité qui n’a de légale que votre inaccessibilité, répondit le corbeau.
– Cela signifie, par conséquent, que je suis plus intelligent que vous, répondit le renard d’un air triomphal.
– Je ne suis pas d’accord avec vous. Votre égocentrisme vous fait croire que vous êtes supérieur aux autres animaux, mais moi, je vois en vous un être cupide et borné, répondit le corbeau en souriant.
– Si j’étais cupide, je ne vous aurai jamais donné de mon gâteau ! rétorqua le renard sur le ton de la colère.
– Jusqu’à présent, vous ne m’avez donné que des miettes. La preuve en est la suivante. Votre gâteau est entier et vous voulez me faire croire que vous le partagez avec nous ? répondit le corbeau sur un ton professoral.
– Bon, j’avoue. Je veux bien vous en donner un petit morceau mais promettez-moi de ne le dire à personne pour que je ne sois pas obligé d’en donner à tout le monde, chuchota le renard.
– Je ne fonctionne pas à la corruption, mon ami. Si vous ne souhaitez pas partager votre gâteau, vous devrez à un moment ou à un autre en assumer les conséquences qui pourraient être graves pour vous, rétorqua sèchement le corbeau.
– Si vous le prenez ainsi, je monterai plus haut dans l’arbre afin qu’aucun animal ne puisse jamais m’attraper. Ainsi, vous n’aurez jamais de mon gâteau, s’écria le renard.
– Ce n’est pas grave, cher ami. Vous pensez qu’en vous mettant plus en sécurité en utilisant la ruse et l’égoïsme comme moteur, vous vous en sortirez ? demanda sèchement le corbeau.
– Bien sûr que oui ! s’esclaffa le renard.
– Je demande à voir. N’oubliez pas que votre gâteau a une date de péremption et que cet arbre peut être scié. Mes amis les pic-verts sont nombreux et peuvent faire des dégâts sur un arbre. Si ensuite je rameutais les aigles, lorsque vous serez à terre, ceux-ci vous emporteront dans les cieux et vous feront tomber d’une hauteur de mille pieds afin de vous briser les reins, répondit le corbeau.
– Vous me faites des menaces ? C’est bien cela ? répondit le renard d’une voix mal assurée.
– Mes paroles restent pour l’instant au stade de menaces, mais un jour, qui sait, peut-être que mes amis et moi seront suffisamment affamés et fatigués de vous voir perché dans votre arbre pour vous faire chuter et manger, sous votre nez, votre gâteau entier, rétorqua fermement le corbeau.
– Ah, si c’est cela, j’accepte de vous donner mon gâteau, mais par pitié, ne me faites pas de difficultés. Je reconnais que je me suis protégé de vos lois en montant dans cet arbre et que j’ai gardé le gâteau pour moi tout seul. Votre intelligence a percé mon secret bien caché depuis le 18e siècle, date à laquelle je vous ai volé votre fromage, répondit le renard.
– Je vois que la mémoire et la raison vous reviennent subitement. N’oubliez pas que vous n’avez pas seulement volé un fromage, vous avez également volé de nombreux ingrédients à mes amis les animaux. Nous sommes nombreux et vous êtes seul. Il suffit que je m’envole et que je le dise à mes amis pour que vous soyez démasqué, répondit le corbeau en levant une aile d’un air menaçant.
– Oui, je reconnais que je vous ai trompé. Mais admettez tout de même que vous m’avez volé la vedette pendant presque dix-sept siècles. Je suis donc un jeune imposteur comparé à vous, répondit d’un air malicieux le renard.
– Nous ne sommes pas de la même trempe, mon ami. Mes qualités principales sont mon honnêteté, ma loyauté, ma moralité ainsi que ma royauté, répondit le corbeau.
– Vous ne manquez pas de culot. Un corbeau est tout sauf un roi ! s’écria le renard en faisant tomber le gâteau.
– Je vous remercie pour le gâteau que vous venez de faire tomber. Je vous ai eu par la persuasion. Pour votre gouverne, sachez que vous vous êtes fait doublement berné. Je ne suis pas un corbeau, dit l’oiseau en enlevant son déguisement.
– En vérité, vous êtes une colombe ! Vous êtes donc réellement digne d’être roi ! Je me suis fait avoir, quel misérable suis-je ! s’écria le renard en se frappant la tête avec les pattes.
– Oui, effectivement, je suis bien une colombe. Vous avez cru que j’étais un corbeau, mais même au 18e siècle je n’en étais pas un ! s’esclaffa le noble oiseau.
– Ah, le misérable ! maugréa le renard.
– Vous ne m’avez pas reconnu, mais moi, pour ma part, je sais qui vous êtes réellement. Sous votre costume de renard se cache un cochon. Je peux vous le garantir grâce au constat que j’en ai fait. Vous êtes pervers, égocentrique, avide de gâteau et comploteur. Je reconnais bien là la marque de cet affreux animal » rétorqua la colombe blanche en s’envolant.

Le cochon s’extirpa de son déguisement de renard. Sa queue en tire-bouchon sortie, l’animal grogna et leva furieusement la patte en direction de la colombe. Quelques heures plus tard, les pics-verts s’attaquèrent à l’arbre pour le faire tomber. Le cochon grimpa jusqu’au sommet de l’arbre qui penchait de plus en plus sous l’assaut furieux des oiseaux aux longs becs acérés. Le lendemain matin, l’arbre tomba et le cochon mourut écrasé.

La moralité est la suivante, on peut se cacher sous les meilleurs déguisements, si nous sommes illégitimes à cause de notre comportement, nous devrons forcément le payer à un moment ou à un autre et rendre jusqu’au dernier centime ce que l’on a volé pendant des siècles.

Texte initialement rédigé le 21 décembre 2013
Étienne de Calade

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Les temps nouveaux

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On dit souvent que les anciens appelaient cela le progrès ou le modernisme. Je me réveille chaque matin dans une parfaite solitude. De la fenêtre, je vois le temps qui court à sa perte. Je sens la froideur humaine. Les hommes sont devenus aussi cruels que des reptiles. C’est dans un lointain passé que leur cœur a pris la fuite. Lui qui connaissait l’histoire de l’humanité ne pouvait se résigner à subir l’horreur des temps nouveaux. Ce cœur libre, comme l’est la colombe, n’existe plus que dans nos rêves les plus beaux.

Heureux oiseau, noble créature, tu es maintenant loin de cette horreur funeste pendant que je suis dans l’obligation de regarder, d’un œil éteint, ce monde idolâtre. Partout où je donne la tête, ce n’est que futilité et raideur.

J’avance sans regarder mes pieds et j’ai pourtant la tête basse pour ne pas voir l’impensable. Je souffre en silence. J’ai l’impression d’être enfermée dans une cage d’acier pendant que je marche dans cette foule de zombis illusionnés par la réalité augmentée et par leurs prothèses cybernétiques. Je passe sous une voûte pendant que des images de l’océan y sont diffusées. Ces poissons n’existent plus que dans ces scènes de synthèse.

Je sors du tunnel, la lumière revient. J’observe, pétrifiée d’horreur, le spectacle tridimensionnel se déroulant au-dessus de ma tête. Le spot publicitaire holographique vomit la promotion de produits à la fois futiles et grotesques. Les rues de ce siècle sont propres mais j’ai pourtant l’impression de marcher dans un bidonville rempli de détritus et de déchets toxiques.

L’horreur frappe seulement ceux qui subissent de plein fouet leur peine quotidienne. L’implant oculaire de réalité virtuelle a remplacé les chaînes des captifs d’autrefois. Maintenant, les citadins ne marchent plus avec les pieds entravés : c’est leur tête qui est faite prisonnière pendant que leur corps est libre de ses mouvements.

C’est exactement l’inverse des esclaves au temps de l’empire romain. La fausse liberté contemporaine me donne la nausée. Mes yeux se posent sur l’hologramme d’un individu mi-homme mi-femme qui est outrageusement vêtu. Ce spectre danse éternellement dans les rues de cette ville abasourdie par une technologie dénuée de sens.

Je vais rendre l’âme si je ne me reprends pas immédiatement. Je suis née dans un vingt-deuxième siècle sordide et répugnant qui a toutes les apparences de la perfection. On y mange et on y dort sans contraintes apparentes. Nos cerveaux connectés à cette intelligence artificielle doivent chanter les louanges de ces nouveaux dieux païens, sous peine d’être condamnés à mort par crémation instantanée. Des personnages habillés en combinaisons dorées répètent inlassablement les mêmes sermons sur la beauté de la technologie. Ils vantent les mérites des corps hybrides, ces cyborgs qui, pendant les spectacles nocturnes, se mélangent impudiquement dans d’immondes râles bestiaux.

La technologie a tué la beauté chez l’être humain. Nos cerveaux se délectent d’étranges substances synthétiques produites par ces puces implantées dans nos têtes. La morale est désormais inconnue. J’ai eu la chance de pouvoir lire en secret les magnifiques livres interdits de nos ancêtres qui racontaient l’histoire d’un Dieu trinitaire parfait. De nos jours, il faut obéir à la réalité virtuelle, sans se poser de question. Le soir venu, nous devons danser, vêtus d’une tenue transparente, devant nos maîtres assoiffés de perversités. Nous sommes leurs jouets. Je suis une martyre des temps nouveaux.

Ces dominants, descendants de ce que l’on appelait autrefois les « dirigeants de multinationales », se régalent de la perfection de nos corps cybernétiques soumis à leur imagination dépravée. Pendant que ces sadiques nous chevauchent sans compassion, je me souviens de ces lectures fabuleuses afin d’oublier ma souffrance morale. J’aurai préféré vivre enchaînée, comme une esclave dans la Rome Antique, pour que mon esprit puisse vagabonder librement.

Je sais maintenant que l’enfer se trouve ici, dans cet empire technologique gouverné par la compagnie HappySlave. Nos maîtres dominent le monde de leur impudeur inhumaine. Je me demande souvent pourquoi nos aïeux n’ont jamais rien tenté pendant qu’ils le pouvaient encore. Aujourd’hui, tout ce que nous pouvons faire, c’est prier pour le salut de nos âmes…

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